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ISBN : 2070370607
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.6/5 (sur 255 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Genet a choisi comme personnages "Les Bonnes". Au début de la pièce, deux sueurs, Claire et Solange, seules dans la chambre de Madame, "d'une dame un peu cocotte et un peu bourgeoise" , pendant son absence, jouent pour elles, et entre elles, des variations sur le thème ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 26 octobre 2013

    Nastasia-B
    Une drôle de pièce que ces Bonnes ; une histoire louche qui crée du malaise et qui résiste à toute explication logique.
    Il faut distinguer deux choses : d'une part, le fait divers réel, l'affaire des sœurs Papin dans les années 1930 et qui présente un intérêt qui lui est propre et auquel on n'est pas forcé d'adhérer pour aborder la pièce de théâtre ; d'autre part, le drame de Jean Genet qui en est largement inspiré et qui joue sur un autre registre que le fait divers.
    Cette pièce est troublante ; on y côtoie la mythomanie, la schizophrénie et surtout la paranoïa de deux sœurs, employées en tant que domestiques dans une maison bourgeoise.
    Les deux jeunes femmes ne cessent de jouer leur rôle et celui de leur maîtresse vis-à-vis de laquelle elles nourrissent une profonde haine et un désir de meurtre.
    On voit se dérouler devant nous leur hystérie de duo, leur folie, entrecoupée de passages lucides et ancrés dans le réel, au milieu de ce qui est fantasmé et joué.
    Je dois reconnaître que c'est assez déstabilisant, on ne sait jamais si elles se parlent réellement ou si elles rabâchent pour la millième fois un scénario échafaudé et des Dialogues imaginaires avec leur maîtresse.
    Jean Genet s'arrange pour faire entrer en scène la maîtresse de maison en plein milieu de la pièce afin que nous puissions mesurer la métamorphose dans l'attitude des jeunes femmes envers leur patronne, attitude qui devient subitement, maladivement déférente et qui tranche si fortement avec la violence et le fiel déversés à son propos durant tout le début de la représentation.
    De même, on accède à un autre éclairage sur l'attitude plutôt bienveillante et généreuse de la maîtresse du logis et la façon dont ses comportements sont interprétés par les domestiques, comme étant méprisants, condescendants et méritant une juste haine.
    Bref, une pièce intéressante, très intéressante même d'une point de vue psychologique et psychiatrique, qui m'a fait me documenter sur l'affaire originelle, mais une pièce que je n'ai pas spécialement trouvée agréable au ressenti.
    Ceci dit, ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par isalune, le 18 juin 2013

    isalune
    Ça parle de deux bonnes sœurs.
    Non.
    Ça parle de deux sœurs qui sont bonnes.
    ...
    Ça parle de deux bonnes qui sont sœurs, voilà, et qui jouent à ce qu'Elles nomment la "cérémonie", un jeu de rôles où Elles miment les relations entre Madame et ses bonnes, en exagérant l'humiliation et la condescendance supérieure...
    La pièce met mal à l'aise de par ses Dialogues acerbes ; mal accueillie par la critique et le public à sa sortie (1947) car inclassable et dérangeante, Elle est devenue incontournable et inspiration - avec le roman L'Analphabète de Ruth Rendell, lui-même librement inspiré du fait-divers célèbre qui vit les sœurs Papin assassiner leurs patronnes - du film "La Cérémonie" où Huppert et Bonnaire rivalisent de noirceur.
    Lecture intéressante.
    Is@ juin 2013
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    • Livres 5.00/5
    Par Mirliton, le 18 avril 2012

    Mirliton
    Genet s'inspire d'un fait réel dans sa pièce, le meurtre par les soeurs Papin de leur maîtresse et de sa fille.
    A la sortie de la pièce, beaucoup ont voulu y voir une représentation de la lutte des classes, une révolte du marginal contre la société conformiste,...
    Mais Les Bonnes sont hors de toute réalité. La pièce se construit dès le début comme un huis clos perverti, où les apparences règnent et prennent le pas sur le réel. Les Bonnes jouent à être Bonne, à être Madame, à être Criminelles... mais qui sont-elles au final? Possédées par leur condition, dépossédées de toute humanité, elles ne retrouvent d'identité que lorsqu'elles jouent un rôle. Et ce dernier finit par avoir raison d'elles: Claire et Solange sont contraintes de devenir les masques qu'elles ont forgés, ceux de la Sainte et de la Criminelle.
    Genet joue avec les conventions théâtrales et sociales pour montrer toute la cruauté des relations humaines et du regard destructeur que nous portons les uns sur les autres. C'est ici l'échec de l'identité: il est impossible d'être soi-même, cela n'existe pas. Et l'issue de ce jeu de dupes est nécessairement fatale: c'est sans doute une de ses pièces les plus cruelles (malgré le grotesque qui la colore), davantage que Le balcon où les miroirs virevoltants du déguisement entretiennent le tourbillon. Dans Les Bonnes, la fin est un couperet, un jugement sans appel.
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  • Par imadbelghit, le 02 mai 2010

    imadbelghit
    Les Bonnes constitue une expérience novatrice dans l'oevre dramatique de Jean Genet. le lieu investi par les trois personnages de la pièce (les deux bonnes Claire et Solange, avec la maîtresse de maison) interpelle particulièrement le spectateur. C'est un lieu d'autant plus étouffant pour Les Bonnes que l'espace dramatique, censé insérer un hors scène euphorique, est quasi absent. le hors scène imaginaire, la Guyane en l'occurrence, est rare dans cette pièce de théâtr où le lieu dominant reste la chambre de Madame.Les personnages sont pressés par l'espace prémonitoire de l'espace carcéral.
    Dans cette pièce bouleversante de Genet, même si l'espace extérieur n'est pas aussi étouffant que la chambre, il reste nuisible pour Les Bonnes. En effet, Le Balcon n'est pas mieux perçu puisqu'il démasque le jeu des deux bonnes qui s'accaparet du rôle de madame durant son absence. Bref, l'espace des Bonnes, représenté par le huis clos qu'est la Chambre de Madame, fait écho à l'espace dramatique essentiellement carcéral. Genet met en scène un lieu étouffant où se meuvent des personnages étouffés par le poids d'une société partiale et extrémement conformiste.
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    • Livres 3.00/5
    Par Nanne, le 20 septembre 2011

    Nanne
    Voici une vraie pièce de théâtre qui bouscule les canons classiques du genre. Une pièce où se mêle le drame ambigu de la misère sociale et la violence d'une situation de soumission devenue insupportable. Avec "Les Bonnes", Jean Genet a voulu établir un réel malaise chez le spectateur. Et il y réussit très bien ! le thème, à lui seul, suffit à susciter la gêne. Directement inspiré d'un fait divers des années 1930, "Les Bonnes" raconte les relations ambivalentes, ambisexuées de deux sœurs - Christine et Léa Papin -, dans le monde feutrée de la bourgeoisie de province de l'époque.
    C'est un huis clos entre Claire et Solange. Dans la solitude de leur mansarde, Elles échangent leur rôle comme on se prête un vêtement. Elles s'inventent une vie pour mieux s'extraire de leur condition de bonnes à tout faire, de domestiques, de soubrettes, de sans-grades. Claire, dans un état de psychose paranoïaque, devient Madame, la maîtresse de maison. Elle décharge alors toute la haine, l'aversion, l'antipathie, le mépris qu'Elle porte en Elle. Cette amertume, Elle la déverse contre Madame, contre la société, se la renvoie à Elle-même, à sa sœur. Solange devient Claire dans ces moments, subordonnée à Madame, assujettie à la violence de sa sœur. Tout ce qu'Elles n'osent renvoyer au visage de Madame, Elles se le crachent à la figure, tel un venin mortel.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2011/09/la-folie-des-soeur..
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 26 octobre 2013

    CLAIRE : Je hais les domestiques. J'en hais l'espèce odieuse et vile. Les domestiques n'appartiennent pas à l'humanité. Ils coulent. Ils sont une exhalaison qui traîne dans nos chambres, dans nos corridors, qui nous pénètre, nous entre par la bouche, qui nous corrompt. Moi, je vous vomis. [...] Vos gueules d'épouvante et de remords, vos coudes plissés, vos corsages démodés, vos corps pour porter nos défroques. Vous êtes nos miroirs déformants, notre soupape, notre honte, notre lie.
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  • Par Nastasia-B, le 25 octobre 2013

    CLAIRE : Je vois où tu veux en venir. J'écoute bourdonner déjà tes accusations, depuis le début tu m'injuries, tu cherches l'instant de me cracher à la face.
    SOLANGE : Madame, Madame, nous n'en sommes pas encore là. Si Monsieur...
    CLAIRE : Si Monsieur est en prison, c'est grâce à moi, ose le dire ! Ose ! Tu as ton franc-parler, parle.

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  • Par liratouva2, le 14 juin 2010

    Claire/Madame : Et ces gants ! Ces éternels gants ! Je t’ai dit souvent de les laisser à la cuisine. C’est avec ça sans doute que tu espères séduire le laitier. Non, non, ne mens pas, c’est inutile. Pends-les au-dessus de l’évier. Quand comprendras-tu que cette chambre ne doit pas être souillée ? Tout, mais tout ce qui vient de la cuisine est crachat. Sors. Et emporte tes crachats. ! Mais cesse !
    Solange/Claire : Je vous hais ! Je vous méprise. Vous ne m’intimidez plus. Réveillez le souvenir de votre amant, qu’il vous protège. Je vous hais ! Je hais votre poitrine pleine de souffles enbaumés. Votre poitrine…d’ivoire ! Vos cuisses…d’or ! Vos pieds…d’ambre ! (Elle crache sur la robe rouge.) Je vous hais !
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  • Par Nastasia-B, le 29 octobre 2013

    SOLANGE : Personne ne nous aime !
    CLAIRE : Elle, elle nous aime. Elle est bonne. Madame est bonne ! Madame nous adore.
    SOLANGE : Elle nous aime comme ses fauteuils. Et encore ! Comme la faïence rose de ses latrines. Comme son bidet.

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  • Par Nanne, le 20 septembre 2011

    Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce ! Mais nous ne sommes pas des ingrates, et tous les soirs dans notre mansarde; comme l'a ordonné Madame, nous prions pour elle. Jamais nous n'élevons la voix et devant elle nous n'osons même pas nous tutoyer. Ainsi Madame nous tue avec sa douceur ! Avec sa bonté, Madame nous empoisonne. Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce !
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Vidéo de Jean Genet

"Un chant d'amour" de Jean Genet, 1950, moyen métrage de 25 minutes.
Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l'aide d'un trou creusé dans le mur, sous l'œil du gardien qui les observe par le judas.











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