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ISBN : 2070370607
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.7/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Genet a choisi comme personnages « Les Bonnes ». Au début de la pièce, deux sueurs, Claire et Solange, seules dans la chambre de Madame, « d'une dame un peu cocotte et un peu bourgeoise » , pendant son absence, jouent pour elles, et entre elles, des variations sur le th... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nanne, le 20 septembre 2011

    Nanne
    Voici une vraie pièce de théâtre qui bouscule les canons classiques du genre. Une pièce où se mêle le drame ambigu de la misère sociale et la violence d'une situation de soumission devenue insupportable. Avec "Les Bonnes", Jean Genet a voulu établir un réel malaise chez le spectateur. Et il y réussit très bien ! le thème, à lui seul, suffit à susciter la gêne. Directement inspiré d'un fait divers des années 1930, "Les Bonnes" raconte les relations ambivalentes, ambisexuées de deux sœurs - Christine et Léa Papin -, dans le monde feutrée de la bourgeoisie de province de l'époque.
    C'est un huis clos entre Claire et Solange. Dans la solitude de leur mansarde, Elles échangent leur rôle comme on se prête un vêtement. Elles s'inventent une vie pour mieux s'extraire de leur condition de bonnes à tout faire, de domestiques, de soubrettes, de sans-grades. Claire, dans un état de psychose paranoïaque, devient Madame, la maîtresse de maison. Elle décharge alors toute la haine, l'aversion, l'antipathie, le mépris qu'Elle porte en Elle. Cette amertume, Elle la déverse contre Madame, contre la société, se la renvoie à Elle-même, à sa sœur. Solange devient Claire dans ces moments, subordonnée à Madame, assujettie à la violence de sa sœur. Tout ce qu'Elles n'osent renvoyer au visage de Madame, Elles se le crachent à la figure, tel un venin mortel.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2011/09/la-folie-des-soeur..
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  • Par imadbelghit, le 02 mai 2010

    imadbelghit
    Les Bonnes constitue une expérience novatrice dans l'oevre dramatique de Jean Genet. le lieu investi par les trois personnages de la pièce (les deux bonnes Claire et Solange, avec la maîtresse de maison) interpelle particulièrement le spectateur. C'est un lieu d'autant plus étouffant pour Les Bonnes que l'espace dramatique, censé insérer un hors scène euphorique, est quasi absent. le hors scène imaginaire, la Guyane en l'occurrence, est rare dans cette pièce de théâtr où le lieu dominant reste la chambre de Madame.Les personnages sont pressés par l'espace prémonitoire de l'espace carcéral.
    Dans cette pièce bouleversante de Genet, même si l'espace extérieur n'est pas aussi étouffant que la chambre, il reste nuisible pour Les Bonnes. En effet, Le Balcon n'est pas mieux perçu puisqu'il démasque le jeu des deux bonnes qui s'accaparet du rôle de madame durant son absence. Bref, l'espace des Bonnes, représenté par le huis clos qu'est la Chambre de Madame, fait écho à l'espace dramatique essentiellement carcéral. Genet met en scène un lieu étouffant où se meuvent des personnages étouffés par le poids d'une société partiale et extrémement conformiste.
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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 12 juin 2012

    ATOS
    Les bonnes. Les Diaboliques. Peut être... L'effet miroir de la servitude : une certitude. Un regard et surtout une mise en scène de la domesticité, de la servilité. Femmes folles dans un système établi qui ne peut à bien y regarder que conduire à une pure sauvagerie. Un véritable pousse au crime. Une machine de destruction puisqu'Elle destructure, dépersonnalise les êtres. Les Bonnes se mettent en scène chaque jour. A trop jouer de la sorte qui est on vraiment ? Nous sommes tous " au service de" , ...de qui? de quoi? Prenons garde à notre propre mise en scène. C'est ce que je veux retenir de cette pièce. Une étonnante mise en garde. Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 5.00/5
    Par Mirliton, le 18 avril 2012

    Mirliton
    Genet s'inspire d'un fait réel dans sa pièce, le meurtre par les soeurs Papin de leur maîtresse et de sa fille.
    A la sortie de la pièce, beaucoup ont voulu y voir une représentation de la lutte des classes, une révolte du marginal contre la société conformiste,...
    Mais Les Bonnes sont hors de toute réalité. La pièce se construit dès le début comme un huis clos perverti, où les apparences règnent et prennent le pas sur le réel. Les Bonnes jouent à être Bonne, à être Madame, à être Criminelles... mais qui sont-elles au final? Possédées par leur condition, dépossédées de toute humanité, elles ne retrouvent d'identité que lorsqu'elles jouent un rôle. Et ce dernier finit par avoir raison d'elles: Claire et Solange sont contraintes de devenir les masques qu'elles ont forgés, ceux de la Sainte et de la Criminelle.
    Genet joue avec les conventions théâtrales et sociales pour montrer toute la cruauté des relations humaines et du regard destructeur que nous portons les uns sur les autres. C'est ici l'échec de l'identité: il est impossible d'être soi-même, cela n'existe pas. Et l'issue de ce jeu de dupes est nécessairement fatale: c'est sans doute une de ses pièces les plus cruelles (malgré le grotesque qui la colore), davantage que Le balcon où les miroirs virevoltants du déguisement entretiennent le tourbillon. Dans Les Bonnes, la fin est un couperet, un jugement sans appel.
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    • Livres 3.00/5
    Par MonsieurTouki, le 05 janvier 2013

    MonsieurTouki
    L'histoire, toute simple, théâtralisée, est celle d'une relation entre deux soeurs, Claire et Solange, « bonnes à bourgeois » en plein XXème siècle. Cette relation prend des formes étranges : paranoïa et ambi-sexualité sont mêlées au milieu de la violence du propos, de la tragédie de la situation. elles s'inventent une vie, fantasment sur leur « maître », Monsieur et éprouvent une véritable haine pour Madame qu'elles jouent à tour de rôle.
    Le malaise. Voilà ce que l'on ressent. Cette pièce doit, davantage que les autres, être vue plus que lue. Les indications scéniques de départ de l'auteur sont longues et orientent précisément la mise en scène. le malaise doit être communiqué.
    Les émotions noires émergent des deux soeurs, elles se déversent sur le spectateur, lui font froid dans le dos. La condition de bonne, celle longtemps niée, nous apparaît. Oui, certaines gens sont au service d'autres. Oui, la réalité devient malaise… l'on peut s'interroger de ce paradoxe.
    Le paradoxe du conformisme? Celui de la norme? A voir… là n'est pas le sujet… le ressenti se cantonne à un mélange entre malaise et incompréhension car bon, comme il est écrit : « Madame nous aime comme ses fauteuils ».
    Finem Spicere,
    Monsieur Touki.
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 14 juin 2010

    Claire/Madame : Et ces gants ! Ces éternels gants ! Je t’ai dit souvent de les laisser à la cuisine. C’est avec ça sans doute que tu espères séduire le laitier. Non, non, ne mens pas, c’est inutile. Pends-les au-dessus de l’évier. Quand comprendras-tu que cette chambre ne doit pas être souillée ? Tout, mais tout ce qui vient de la cuisine est crachat. Sors. Et emporte tes crachats. ! Mais cesse !
    Solange/Claire : Je vous hais ! Je vous méprise. Vous ne m’intimidez plus. Réveillez le souvenir de votre amant, qu’il vous protège. Je vous hais ! Je hais votre poitrine pleine de souffles enbaumés. Votre poitrine…d’ivoire ! Vos cuisses…d’or ! Vos pieds…d’ambre ! (Elle crache sur la robe rouge.) Je vous hais !
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  • Par Nanne, le 20 septembre 2011

    Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce ! Mais nous ne sommes pas des ingrates, et tous les soirs dans notre mansarde; comme l'a ordonné Madame, nous prions pour elle. Jamais nous n'élevons la voix et devant elle nous n'osons même pas nous tutoyer. Ainsi Madame nous tue avec sa douceur ! Avec sa bonté, Madame nous empoisonne. Car Madame est bonne ! Madame est belle ! Madame est douce !
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  • Par Nanne, le 20 septembre 2011

    Vous me détestez, n'est-ce pas ? Vous m'écrasez sous vos prévenances, sous votre humilité, sous les glaïeuls et le réséda. On s'encombre inutilement. Il y a trop de fleurs. C'est mortel. Je serai belle. Plus que vous ne le serez jamais.

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  • Par liratouva2, le 14 juin 2010

    Elle peut en mourir. Ce matin elle ne tenait plus debout.
    Tant mieux. Qu’elle en claque. (…) Sa beauté ! Ses diam’s ! C’est facile d’être bonne quand on est une bonne !...Mais être bonne quand on est bonne ! On se contente de parader pendant qu’on fait le ménage ou la vaisselle.

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  • Par gill, le 29 avril 2013

    En l'absence de leur maîtresse, deux bonnes, dont l'une joue à la patronne, se disent de cruelles vérités.
    Présentée en 1946, cette pièce courte mais incisive est l'occasion pour l'auteur du "balcon" de donner la parole aux opprimés et aux maudits.
    Du Théâtre plus engagé qu'il n'en a l'air.
    (extrait de "la bibliothèque idéale" présentée par Bernard Pivot et parue en 1988 aux éditions "Albin Michel")
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Vidéo de Jean Genet

"Un chant d'amour" de Jean Genet, 1950, moyen métrage de 25 minutes.
Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l'aide d'un trou creusé dans le mur, sous l'œil du gardien qui les observe par le judas.











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