> Michel Habart (Autre)

ISBN : 2851810197
Éditeur : L'Arche (1997)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres

Pygmalion est, selon Ovide un sculpteur qui tombe amoureux d une statue d ébène qu il a lui-même créée. Vénus, la déesse de l amour, est indulgente avec sa passion et rend la belle statue vivante. Pour Bernard Shaw, c est le... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Sharon, le 13 juin 2011

    Sharon
    Le film My fair Lady est connu (j'ai l'impression d'écrire une lapalissade) mais qui lit encore l'oeuvre originale de George Bernard Shaw, Pygmalion, écrite en 1941 ? J'avais envie de découvrir ce texte, sans trop d'a-priori (je n'ai pas vu le film depuis très longtemps).
    Le mythe de Pygmalion est à l'origine un sculpteur qui trouve son oeuvre si belle qu'il est incapable d'aimer une femme de chair et supplie les dieux de rendre vivante sa statue - il sera exaucé. Ici, nous n'avons pas un mais deux Pygmalions, deux hommes qui, au premier acte, se cherchaient et se sont bien trouvés. D'un côté, nous avons le colonel Pickering, auteur du sanskrit parlé, et vieux garçon, de l'autre, nous avons Henry Higgins, auteur de l'Alphabet universel de Higgins, aussi sensible aux sentiments des autres que peu l'être un bélier en train d'enfoncer une porte. Vieux garçon également, il est le désespoir de sa charmante maman : elle ne parvient ni à le marier, ni à changer ses manières qui font fuir définitivement ses invités s'il a le malheur d'être présent.
    Ces deux hommes font un pari : transformer une vendeuse de fleurs, Eliza Doolittle, à l'accent cockney très prononcé, en véritable duchesse. Cela n'a l'air de rien, pourtant les enjeux de ce pari sont une satire évidente de la société anglaise. L'accent de chaque personnage définit immédiatement à quelle catégorie sociale il appartient, de quelle région il est originaire et peu importe les mérites de cette personne. Je me suis rendue compte à cette lecture à quelle point la société anglaise avait crée un clivage entre les différentes classes sociales et comme les préjugés ont la vie dure. En effet, s'il est possible de gravir l'échelle sociale - ce que fait monsieur Doolittle, le père d'Eliza, il est impossible, une fois que l'on est à son sommet, de se rabaisser à des tâches subalternes. Ainsi, madame Eynsford Hill, issue du meilleur des mondes, ne peut même pas travailler pour subvenir à ses besoins, ne peut non plus envisager que ses enfants puissent trouver une position sociale équivalente à ce qu'elle était, avant qu'ils soient ruinés. Il ne leur reste plus que la possibilité de faire un beau mariage, avec un(e) riche héritier(e) afin de redorer leur blason. de même, que deviendra Eliza, après la réussite de l'expérience ?
    Higgins, dans son égoïsme, ne se pose pas la question. Ce n'est pas tant qu'il soit imbu de lui-même, c'est qu'il n'a pas acquis la maturité nécessaire pour prendre en compte dans ses raisonnements quelqu'un d'autre que lui-même. le colonel Pickering, un peu plus sensible que lui (juste un peu) ne se questionne guère plus. Tous deux ont oublié qu'ils travaillaient avec une jeune femme, qu'ils n'ont pas ménagé, même s'ils ont prévu quelques chocolats en récompense, et que celle-ci ne rentrerait pas gentiment dans sa chambre après le pari. Higgins a beau dire "le grand secret Eliza, ce 'n'est pas d'avoir de mauvaises manières, ou de bonnes manières, ou toute espèce possible de manières, mais d'avoir les mêmes manières avec toute créature humaine", il a beau avoir qu'elle lui manquerait, Eliza a repris l'indépendance qu'elle avait avant de le connaître - la maîtrise de l'anglais et les bonnes manières en plus.
    Eliza reviendra-t-elle ? Si vous souhaitez le savoir, lisez le dénouement que propose l'auteur "pour les imaginations affaiblies" .

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-pygmalion-76558663.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 07 octobre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    Bernard Shaw (1856-1950) est Irlandais et auteur de célèbres pièces de théâtre dont beaucoup ont été adaptées en film. Acerbe et provocateur, pacifiste et anticonformiste, il obtint le prix Nobel de littérature en 1925. Sa verve humoristique, parfaitement adaptée au théâtre, en fait l'un des plus grands représentants anglophone. Pygmalion, écrit en 1913, est souvent considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre.
    Le livre
    Le professeur Higgins est un phonéticien réputé, mais également un grand misanthrope. Rencontrant par hasard une jeune vendeuse de fleurs, il se vante de pouvoir la faire passer pour une duchesse à la cour royale en 6 mois, uniquement en lui faisant perdre son accent populaire et en l'éduquant. La jeune vendeuse, Eliza, le prend au mot et le retrouve pour lui rappeler sa proposition. Seulement, il n'est pas anodin de tirer une jeune femme de la pauvreté, et de lui offrir à rêver au-dessus de sa condition, il faut également savoir qu'en faire ensuite ...
    Ce que j'en ai pensé
    J'ai découvert Bernard Shaw lorsque j'étais en stage à la médiathèque du Centre culturel irlandais à Paris (dont je vous recommande la visite, leur fonds est très bien fourni et intéressant !) et je m'étais promis de lire au moins Pygmalion, qui paraissait être son oeuvre la plus importante. Mieux vaut tard que jamais ! Et je regrette par ailleurs de ne pas l'avoir fait avant !
    C'est une pièce de théâtre incontournable d'après moi ! J'y ai trouvé un quelque chose de tellement différent de ce qu'est le théâtre traditionnel. Dans le même genre que Brecht, Shaw renouvelle le théâtre et la littérature en y apportant sa verve, la critique acerbe d'une société bourgeoise où prévaut le conformisme. En l'occurrence, il prouve que les bonnes manières, la noblesse et la délicatesse ne découlent pas d'une quelconque richesse ou titre mais de l'éducation. Certes, on peut douter qu'en lui faisant simplement perdre son accent, Higgins ait fait d'Eliza une princesse. Mais il montre que c'est justement en éduquant des gens pauvres, coincés à la place qui les a vu naître, sans avenir, que l'on crée une véritable noblesse car elle viendra d'une transformation, d'un véritable effort sur soi-même et non pas de sa richesse ou autre. Une valorisation du mérite en somme, qu'il développe d'une certaine façon dans une fin ... étonnante !
    Le personnage de Higgins est à la fois savoureux et détestable : savoureux par son misanthropisme et sa misogynie qui lui donne un cynisme assez drôle; détestable par son attitude envers Eliza, et ce jusqu'au bout !
    Eliza est par contre très attachante : petite vendeuse de fleurs à qui l'on donne sa chance et qui en profite. Mais j'ai souffert avec elle de l'attitude d'Higgins tout au long, prévoyant la catastrophe au moment où Higgins l'abandonne, comme un jouet cassé ...
    Bref à découvrir ou à redécouvrir pour mettre un peu de fraîcheur dans votre conception du théâtre ...



    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-gy
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Aela
    De loin l'oeuvre la plus célèbre de George Bernard Shaw. Représentée pour la première fois au théâtre à Londres en 1914, elle a inspiré des cinéastes et on retiendra toujours la magnifique interprétation de la regrettée Audrey Hepburn dans le rôle de la jeune fleuriste Eliza Doolittle, issue des couches populaires de la société britannique et au langage fortement teinté d'accent Cockney. Rappelons rapidement l'histoire universellement connue: le professeur Higgins, célibataire excentrique, spécialiste de phonétique, va faire un pari avec un autre linguiste, le colonel Pickering et assure qu'en trois mois, il pourra enseigner à la ravissante fleuriste comment se tenir et parler comme une duchesse. le pari va être remporté haut la main par l'original professeur mais à la fin de la pièce, la créature "pygmalionnée" Eliza va se révolter contre son "créateur" et va trouver son indépendance en ouvrant une boutique de... fleurs.
    Une pièce très divertissante, féministe avant la lettre et qui nous permet de savourer toutes les nuances d'anglais, en fonction des couches sociales auxquelles appartiennent les locuteurs.
    C'est aussi une très belle mise en accusation de la société britannique où l'accent suffit à gagner le respect des couches fortunées et où la division en classes sociales ne correspond nullement au mérite.
    Une oeuvre drôle et qui fait réfléchir sur notre société...
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    • Livres 5.00/5
    Par Mirliton, le 18 avril 2012

    Mirliton
    La pièce reprend un vieux mythe, mais nettement rajeuni, et dans une version cocasse. Les personnages, tous sympathiques et comiques, entretiennent des dialogues alertes où les jeux de mots piquants s'enchaînent.
    Mais la pièce n'est pas pour autant dépourvue de profondeur: la réflexion sur ce qui fait le fond de l'humain (son langage? son apparence? les marqueurs sociaux en général? son caractère?) se construit progressivement, remettant en cause les certitudes solidement ancrées au début, tout en restant assez pessimiste sur le déterminisme social.
    Bernard Shaw reste toujours dans l'humour, tout en lançant à plusieurs reprises des réflexions plus poussées. le livre va bien plus loin que son adaptation à l'écran.
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    • Livres 5.00/5
    Par patacaisse, le 07 février 2011

    patacaisse
    J'ai adoré ! Elisa décide de demander à Higgins, professeur de phonétique de lui apprendre à parler correctement pour qu'elle puisse arrêter de vendre des fleurs dans la rue.
    Higgins, qui a un caractère abrupte, fait le pari avec le colonel Pickering qu'il peut la faire passer pour une duchesse après 6 mois de cours. Sauf qu'Elisa qui a un carctère bine trempé rend la question de son avenir problématique.
    La pièce est enjoué, les dialogues drôles, les personnages sont attachants. J'ai adoré lire cette pièce qui m'a fait bien rire.
    J'ai déjà vu le film plusieurs fois mais la pièce est beaucoup plus drôle à mon avis.

    Lien : http://patacaisse.wordpress.com/2011/02/07/pygmalion-de-george-berna..
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Le grand secret, Eliza, ce n'est pas d'avoir de bonnes ou de mauvaises manières, ni toute autre espèce de manières, mais de réserver les mêmes manières pour chaque créature humaine.
    The great secret, Eliza, is not having bad manners or good manners, but having the same manner for all human souls.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Mrs Higgins - Mais enfin que mon fils vous-a-t-il donc fait?
    Doolittle - Ce qui'l a fait ? Il m'a conduit à ma perte. Il a réduit mon bonheur à néant. Il m'a livré, pieds et poings liés, à la merci de la morale bourgeoise.
    Mrs Higgins - But what has my son done to you, Mr Doolittle?
    Doolittle - Done to me! Ruined me. Destroyed my happiness. Tied me up and delivered me into the hands of middle-class morality.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Autrefois je vendais des fleurs. Je ne me vendais pas. Maintenant que vous avez fait de moi une femme du monde, je ne ferai rien d'autre.
    I sold flowers. I did'nt sell myself. Now you've made a lady of me I'm not to sell anything else.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    C'est presque irrésistible. Elle est d'une bassesse si délicieuse, d'une saleté si affreuse..
    It's almost irresistible. She's so deliciously low - so horribly dirty...
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  • Par Missbouquin, le 07 octobre 2011

    "Qu'est-ce que la vie sinon une suite de folies inspirées ? Le difficile, c'est d'en trouver l'occasion"
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Vidéo de  George Bernard Shaw

Bande annonce (en anglais) de "My fair lady", film musical américain de George Cukor sorti en 1964, adapté de la comédie musicale-homonyme, elle-même inspirée de la pièce de George Bernard Shaw, "Pygmalion" (1914).











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