ISBN : 2226220720
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Récits, hommage à ses parents disparus, dont tout lecteur ne peut que ressentir la puissance, l’émotion et la beauté. Dans Variations sibériennes, Sylvie Germain évoque un voyage dans le Transsibérien juste après la mort de sa mère. Tout en s’imprégnant de cette « terre... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 09 avril 2011

    nadejda
    «Il va, le Transsibérien, il va il va, il épouse le temps, macéré de patience. Il traverse une géographie du temps, d'ouest en est. Il va à rebours du trajet du soleil. Il désheure le corps, et peu à peu, l'esprit des passagers. Il fait matin en plein sommeil, et vif éveil au milieu de la nuit. Demain grignote chaque aujourd'hui.»
    Comment dire Le monde sans vous, père et mère ? Dans le Transsibérien qui l'emporte, l'éloigne, Sylvie Germain à travers les poètes qu'elle aime, la beauté des paysages traversés, les peuples disparus qu'elle évoque, tente d'apprivoiser le vide de l'absence. Elle nous offre là l'un de ses textes les plus poignants.
    Le chant qu'elle élève à «la candeur souveraine du bleu du lac Baïkal» dont elle dit qu' «Il est aussi une vulve bleu satin chaste dans sa nudité qui est ostension de splendeur» est à l'image de tout ce livre, un hymne à l'amour.

    C'est bien souvent que les larmes affleurent en le lisant et il rejoint un autre livre qui ne me quitte pas «La pleurante des rues de Prague» où Sylvie Germain évoquait, dans la sixième apparition de la pleurante, la mort de son père survenue alors qu'elle vivait en Tchécoslovaquie.
    Ces deux disparitions se répondent dans "Le monde sans vous" où elle reprend d'autres textes écrits pour la mort du jardinier amoureux des roses. Des poètes bercent l'évocation de sa mère, des peintres ravivent celle de son père.
    «Et pas de dernier mot. Juste des mots nomades, infusés du silence même qui irradie des disparus, du grand silence qui flue de l'extrême lointain vers lequel ils s'en vont, inexorablement. Juste des mots légers comme des caresses, des signes de salutation, des sourires encore pâles, souvent brouillés de larmes, mais non dépourvus de clarté. Des mots, de simples mots sans prétention, moins pour chercher à bâtir de superbes tombeaux que pour tenter d'ouvrir en grand les tombeaux vides, et de les maintenir tels.»
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 22 février 2012

    Cath36
    Orfèvre des mots, oui, Sylvie Germain l'est. Et comme toujours la beauté à laquelle elle nous ouvre nous fait flotter entre deux mondes, le monde d'ici-bas et celui d'en haut, auquel ses phrases magnifiques nous aident à accéder, de livre en livre, comme le révélateur laissait apparaître petit à petit la photo (avant l'ère du numérique où tout se fait si vite et si mal).
    Jamais de leçon de morale chez Sylvie Germain, ni d'idées toutes faites et désespérément réductrices, mais une invitation à un travail sur soi dans lequel deuil et douleur, bien et mal sont transcendés par l'amour, et par lequel l'espérance se dégage de sa gangue informe et pesante pour nous ouvrir à la joie de la beauté . Certes ce n'est pas toujours facile à lire, et pourtant ! quel hommage, dans ce livre, à ses parents tous les deux décédés, et à ce monde si particulier de la Sibérie, qui garde en elle, jalousement cachée et parfois indûment violée, toute la mémoire de nos origines. Il faut se laisser porter par ce langage qui semble quelquefois un peu décousu, mais dont l'extrême précision métaphorique nous ouvre à un au-delà de nous-mêmes auquel il est habituellement si difficile d'accéder.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 15 mai 2012

    ATOS
    Un monde sans vous
    Un monde sans vous – toute une terre en nous.
    Tout au long de cet atlas amoureux, Sylvie Germain ne nous parle que d'amour. L'amour primaire, l'amour terre . La terre muette, la terre fablier ,la terre en sommeil , la terre joueuse, la terre terminale. La mère première.
    La terre dans tout notre état.
    Savait elle en prenant le Transsibérien jusqu'à Vladivostok qu'elle prendrait avec elle tous ces mots? « Les mots sont des chiens d'aveugle » écrivait Serge Wellens.
    Alors commence un voyage, un regard mis en mots. La cécité? L'absence de la personne.
    L'absence de la mère et de tous ses autres.
    Les autres dont on devine l'amour que Sylvie Germain a pour leurs mots. Pour leurs dits, pour tous les mots d'Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Boris Pasternak, Serge Wellens. .
    Tous ces autres en voyage, en partance, en exil, en recherche. Tous chamans.
    Un livre résurgence. Des mots qui vous atteignent par capillarité.
    La Sibérie, le centre du Loin.
    Un voyage à rebours. Recherche d'une passerelle entre les vivants et les morts. Tous ces mots remontent en nous, nous respirons la terre, nous la regardons. Sylvie Germain nous la dit.
    Et les couleurs se déploient, défilent, nous enveloppent et nous entraînent vers l'œil bleu du lac Baïkal, vers les abîmes. Au plus profond.
    S'extirper de la terre, la parcourir et puis la retrouver. Se fondre en elle. Sylvie Germain prend un poignée de Lettres: T a ï g a , la soupèse et la décortique. Elle nous montre l'humus des mots.
    Vivre pour renaître, et, transmettre.
    Rien n'est plus grouillant de vie que la terre. Paradoxe. Là reposent les absents.
    Symbiose entre la terre et les hommes.
    Kaléidoscope ou notules en marge du père, Il n'y a plus d'images,Cependant.
    Image du père. Beauté du père. Poussière d'or. Poussière d'étoile. Père passeur – homme lumière homme mémoire. Homme sable. Homme pierre.
    Il apparaît dans le Songe de Piero della Francesca, dans le St Christophe de Patinir.
    Et c'est une magnifique parole que nous délivre Sylvie Germain sur ce père, ce père conteur.
    Son amour de la terre s'enracine dans cette filiation. le temps des roses. le temps de choses, celui des hommes.
    Alors vient le temps du laisser partir, du laisser aller, accepter ce non savoir qu'est la mort tout en évitant tous les faux savoirs, seulement accueillir le vide de l'absence, accepter l'inconnu du devenir de cet absent.
    Le carnet de tous nos voyages, le récit de toutes nos vies.
    Un très bel écrit.
    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 08 avril 2011

    claracambry
    Comment vous parler de ce livre ? Il s'agit d'un des plus beaux hommages qu'il m'ait été permis de lire. L'année dernière, Sylvie Germain a voyagé à bord du transsbérien. Un voyage à travers la Sibérie qui l'a mené jusqu' Vladivostok. Imprégnée par cette nature, ces terres porteuses d'un passé, variation sibériennes a vu le jour. Premier récit intimiste d'une alchimie rare où elle convie des poètes comme Pasternak , Cendrars ou Madestalm et les esprits qui dorment dans cette terre. Et il s'agit d'une apothéose des mots qui se marie à l'histoire d'une terre, d'un pays. de ce texte où elle parle de sa mère avec sensibilité, l'émotion, la pudeur perlent entre chaque ligne. Eblouie, j'ai lu, j'ai contemplé et je me suis abreuvée de récit respectueux.
    la suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2011/04/sylvie-germain-le-monde-sans-vous.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/04/sylvie-germain-le-monde-sans-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 23 avril 2011

    Nina
    Dans le cadre de l'année France-Russie, France Culture s'est associée à l'un des projets les plus ambitieux mené par Culturesfrance : le voyage d'une vingtaine d'écrivains et poètes français dans le transsibérien, de Moscou à Vladivostok. Ce voyage s'est déroulé du 27 mai au 15 juin 2010 (Extrait du site de France culture)
    Et Sylvie Germain faisait partie des invités.
    On imagine ce train mythique qui s'enfonce vers les contrées les plus lointaines de Russie aux consonances magiques et romanesques : la Sibérie, le lac Baïkal, l'Oural, la Taïga, Vladivostok... Avec à son bord l'une de nos écrivaines dont la richesse de l'imaginaire est une extraordinaire source de créativité. Alors que va devenir ce voyage, ces quelques milliers de kilomètres parcourus, ces paysages entraperçus derrière les vitres du wagon, les forêts, l'immensité, la neige, les villes traversées, à travers le regard de l'écrivaine ? Et quel chemin de traverse va t'elle prendre pour nous raconter cette épopée ?

    Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/#
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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 22 février 2012

    Et c'est ainsi que le désert est entré en lui, au lieu que lui-même y pénètre. Il y a eu retournement. Tous les livres lus sont retombés au silence, ne laissant plus en lui qu'un long murmure de sable, de vent, de roches et de soleil, et qu'un désir à nu devenu patience, humilité. le désert dès l'enfance a tant ébloui son imagination, son coeur, tant éveillé sa curiosité, qu'il a marqué en profondeur sa pensée, ses goûts, ses valeurs, il s'est transformé en lui en une géographie intellectuelle et morale. Il s'est glissé dans sa vie de part en part.
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  • Par Cath36, le 22 février 2012

    Se peut-il que la mort soit venue te saisir, toi ma mère la vivante, qu'elle t'ait fait basculer d'un coup et sans retour dans un gouffre qui n'est ni d'azur ni de terre, ou bien des deux peut-être, la terre étant pétrie de poussières stellaires ?
    Se peut-il que la mort soit une autre façon d'explorer la vie, d'avoir accès à sa source ? Y est-on plus réel ? Y est-on plus vivant ?
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  • Par claracambry, le 08 avril 2011

    La lyre de l’amoureux n’a pas sa place en Sibérie, et il n’est pas besoin de crécelle du lépreux – le cri aigu d’un aigle striant le ciel, le craquement d’un arbre disloqué par le gel, le grondement des fleuves en débâcle, l’écho lointain d’un hululement d’esprit ou de loup errant, d’un chant de femme veillant sur les braises du foyer, suffisent. Ce sont le vent, les bêtes, les fleuves et les forêts qui tiennent la lyre et tournent la crécelle.
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  • Par Cath36, le 22 février 2012

    Mais s'il fut orpailleur du langage, il n'en devint jamais orfèvre. Le plaisir et la jouissance des mots l'ont emporté sur le souci de perfection. L'or qu'il a toujours aimé chercher n'est pas de métal, il est plutôt cet or humide qui luit dans la chair des fruits ou dans les flaques de boue au soleil, cet or léger qui vibre sur le corps des abeilles.
    C'est de cet or-là, pétri dans la matière et la saveur des choses de la terre, qu'il a nourri sa bouche. Il est un Chrysostome à la voix légèrement sourde, calme et douce. Et l'or incrusté dans la chair et le souffle du corps a pris la vulnérabilité du pollen qui tremble au coeur des roses.
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  • Par Cath36, le 22 février 2012

    C'est pourquoi un peu de nuit tremble toujours au coeur des roses, ce coeur poudreux où tourne l'un des pivots invisibles du temps. Une nuit plurielle où s'entremêlent divers pans de mémoire, confuse autant qu'aiguë, où se murmurent appels, plaintes et chants, échos en fugue et répons. Une nuit mouvante où se balance le désir qui tantôt chavire côté tristesse, tantôt se redresse côté joie. La joie d'avoir aimé. Joie devenue gratitude et demeurée telle par-delà la disparition, le deuil.
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Vidéo de Sylvie Germain

Rendez-vous nomades de Sylvie Germain .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/rendez-vous-nomades-de-sylvie-germain-368.htmlComment et pourquoi devient-on ce que l'on est ? Croyant ou non, quelle est la place de Dieu dans nos vies ? Et quel rôle peut jouer le livre, l'écrit dans nos existences. Autant de réflexions que nous livre Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades ».Après « Le livre des nuits », « Magnus » ou « L'inaperçu », retrouvez la poésie d'écriture de Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades », un essai publié chez Albin Michel.Sylvie Germain est sur WTC.








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