ISBN : 2804015637
Éditeur : Editions Labor (2002)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Mannequins de cire, diables, Mephisto, vieilles dames d'âge indéfinissable, vieux antiquaires et statues peuplent les douze contes fantastiques de ce recueil : "Le diable à Londres", "L'amateur de reliques", "Brouillard", "Voler la Mort", "Tu fus pendu"... La mort et le... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 20 janvier 2011

    sentinelle
    Auteur belge d'origine flamande mais d'expression française, Michel de Ghelderode (1898-1962) est surtout connu pour ses pièces de Théâtre (La Balade du grand macabre, Fastes d'Enfer, La Farce des ténébreux). Comme leurs titres l'indiquent, l'auteur privilégie les thématiques récurrentes que sont la mort, les ténèbres, le monde du rêve et de l'imaginaire, la peur, l'angoisse et la déchéance.
    Ce recueil de nouvelles ne contredira pas l'œuvre théâtrale tant nous y retrouvons les mêmes obsessions. Mais d'abord abordons le style de Michel de Ghelderode : très belle écriture poétique mais encore faut-il ne point pécher par excès tant cette écriture peut parfois mener à un certain raffinement un peu précieux si pas affecté.
    Si l'ensemble du recueil présente une merveilleuse unité dans le style et les thématiques abordées, conférant par là une grande aisance dans la lecture, les nouvelles sont malgré tout loin d'être aussi réussies les unes que les autres.
    Il n'empêche, de véritables petites pépites jalonnent ce recueil, dont les excellents « le jardin malade » et « Tu fus pendu ». Paradoxalement, c'est une des moins intéressantes nouvelles, « Sortilèges », qui donne le titre au présent recueil, comme quoi…
    Pour en revenir au contenu, beaucoup de thématiques funestes s'en donnent donc à cœur joie : les masques et les fausses apparences, la décrépitude et la putréfaction, l'isolement et l'abandon, l'insondable, le rêve et les fantasmagories, la contagion et l'envahissement... mais surtout cette mort omniprésente, cette mort en mouvement, cette mort récalcitrante, cette mort qui nous hante, qui nous tente et nous fait peur, cette mort qui se joue de nous. Et puis aussi ce rire fugace et tragique à la fois, parfois malicieux, souvent grimaçant tels ces masques de carnaval à faciès drôles et inquiétants à la fois.
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    • Livres 5.00/5
    Par GribouilleChat, le 29 septembre 2010

    GribouilleChat
    12 nouvelles fantastiques qui évoquent le monde intérieur de l'auteur ainsi que ses goûts. On retiendra en particulier :
    « le Diable à Londres » : le narrateur, désœuvré dans les brouillards londoniens a son attention attirée par une plaque fixée à une porte : Méphisto et le voilà introduis dans l'antre de ce qu ne pourrait être qu'un vulgaire prestidigitateur si…
    « le jardin malade » : le narrateur emménage avec son chien dans un ancien hôtel particulier en décrépitude. le plus remarquable de ces lieux est le jardin, établi sur un ancien cimetière monastique, qui reçoit la visite régulière d'une enfant (que le narrateur confond tout d'abord avec un fantôme) et d'un chat tout droit sorti de l'Enfer.
    « Sortilèges » qui donne son titre au recueil s'inspire directement du peintre James Ensor. le narrateur, très déprimé, prend le train pour la mer et arrive dans une ville en plein carnaval (on imagine sans peine qu'il s'agit d'Ostende), parcourue de masques gais ou sinistre. Il va vivre dans ces circonstances une aventure inoubliable.
    On a enfin l'occasion de se procurer à nouveau ce recueil dans un format de poche (le précédente édition datait des années 60 et figurait au catalogue de la « célèbre » - du moins pour les amateurs de fantastique – collection Marabout fantastique ) et on est à nouveau fasciné par l'imaginaire de Ghelderode. Ses thèmes favoris – pourrait-on dire ses hantises ? – apparaissent ici accessibles : statues qui s'animent, jardins hantés, diables familiers, présence récurrente de la mort… l'univers ghelderodien est bien là . Cette lecture qui peut paraître plus simple que celle des pièces, pourra représenter une introduction à l'univers théâtral de l'auteur, dans lequel on retrouvera les mêmes thèmes développés différemment selon la trame dramatique, explicites ou sous-jacents mais toujours présents.


    Lien : http://users.skynet.be/litterature/litteraturebelge/sortileges.htm#s..
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 15 janvier 2011

    Quelles herbes, connues des nécromants, fait naître cet humus et pourquoi cette végétation reste-t-elle moite et suante, comme si la sève ne circulait pas en ses réseaux, mais bien la charnelle putréfaction qu'elle pompe dans ce terroir funéraire ? J'imagine que ses racines traversent des cages thoraciques ; je songe, non sans perversité mentale, à tout ce que le sol peut contenir qu'on ne déblaya jamais. Vais-je resté hanté par ce cimentière ? Tout m'y ramène : cette odeur d'iodoforme induisant l'esprit à funèbres pensers et exprimée de tout : des pierres, des plantes, de moi-même ; les phosphorescences nocturnes ; ces plaintes, ces complaintes, comme si l'on officiait quelque part, au plus profond de la nuit. Il s'en faudra de peu ou je m'hallucinerai.
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  • Par sentinelle, le 15 janvier 2011

    Misère ! soliloquais-je, que les jours donnés par Dieu sont longs à traîner ! que la vie est insipide à qui n'a pas le tempérament du pécheur ! que l'éternité est insupportable sous une administration autre que celle du diable !
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  • Par sentinelle, le 15 janvier 2011

    Ah ! vous êtes heureux dans vos murs isolants, de ne rien savoir des temps modernes !... On ne calligraphie plus, on n'écrit plus qu'au moyen de machines ou d'instruments barbares ; mieux : le dernier des imbéciles est lettré ou instruit, voire porteur de diplômes, bien que peu de gens sachent écrire ou lire ou parler avec un minimum de correction...
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  • Par sentinelle, le 15 janvier 2011

    [...] que j'eusse aimé être Pilatus, dans un éternel silence : un homme oublié des hommes, qui sait écrire merveilleusement et qui n'écrit jamais, sachant que tout est vanité.
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  • Par sentinelle, le 15 janvier 2011

    Pareille à une vague dressée et suspendue sur moi, la végétation me menace ; je serai roulé en elle, avec des silex et des ossements, un jour... Ma volonté mollit sous l'action de la chaleur. On ne saurait assez prendre garde aux lieux où l'on s'établit.
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Video de Michel de Ghelderode

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Les plages du Nord ; 7 : Ostende : Max Ernst, James Joyce, Michel de Ghelderode et Paul Delvaux
- à 1'30, Willy VAN DENBUSCH, directeur du Musée d'Art Moderne : parle de James ENSOR et de Constant PERMEKE, peintres d'Ostende et de la côte belge, enracinés en terre flamande, et évoque ses projets pour le Musée et le quartier populaire d'Ostende (au total 6'45) - à 10'15, Xavier TRICOT, historien d'art : évoque sa passion pour ENSOR (au total 4'10) - à 13'35, Norbert HOSTYN,...








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