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ISBN : 2800128704
Éditeur : Dupuis (1999)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 177 notes)
Résumé :
Nous sommes en 1943, à Cambeyrac, dans l'Aveyron. C'est la guerre. Pourtant, au village, tout semble calme. Julien, lui, s'ennuie un tantinet. Pas étonnant: il passe ses journées derrière les volets clos d'une maison abandonnée. Car Julien se cache : tout le monde le croit mort. Et lui n'a pas l'intention de démentir et d'être expédié en Allemagne... Alors, il se contente d'être spectateur. Pas très drôle. Heureusement, il y a Cécile, la serveuse du café "Les tilleu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
Dionysos8904 décembre 2012
  • Livres 4.00/5
Avec le Sursis, Jean-Pierre Gibrat nous livre sa version d' "Un village français" dans un album de bande dessinée de qualité.
Dans cette première partie d'un diptyque, Gibrat pose le contexte : un envoyé au STO s'évade de son train, mais tout son village le croit mort car celui-ci a déraillé juste après son évasion. de ce postulat de départ, naît une situation cocasse mais révélatrice de cette période si particulière que fut l'Occupation.
D'un sujet somme toute classique, Jean-Pierre Gibrat nous livre une palette très intéressante de son talent. Même si le scénario est franchement classique, nous profitons par contre de planches tout bonnement magnifiques, telles d'humbles peintures à l'eau détaillant ici un bout de tissu pour une robe à carreaux, là un détail architectural, ou ici encore le galbe d'une peau féminine. Des dessins magnifiés qui tiennent parfaitement à flot ce Sursis, qui ne s'explique pas dans cet opus.
Ce premier tome ne peut donc pas vraiment se lire seul, et la deuxième partie du diptyque est nécessaire pour cerner comme il convient cette oeuvre de Gibrat.
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canel
canel06 février 2013
  • Livres 4.00/5
Juin 1943. En route pour le service du travail obligatoire en Allemagne, Julien saute du train et retourne incognito dans son village aveyronnais. Il y vit caché, avec la complicité de la bienveillante Adèle, sa tante institutrice. Réfugié dans la maison déserte d'un Juif déporté, il assiste du haut de son "perchoir" aux événements du village (marché noir, collaboration, antisémitisme... mais aussi Résistance et répression allemande ou milicienne). le lecteur est invité à ce poste d'observateur - observateur parfois voyeur.
Une belle page d'Histoire, non dénuée de quelques traits d'humour, et riche d'enseignements - même si l'on pense avoir vu et revu ce genre de récit, notamment en film. le graphisme est superbe, réaliste et joliment mis en couleur. Une préface très intéressante explique en détail les choix de l'auteur : cadre géographique, caractéristiques et visages des personnages, option prise par Julien, situations, coloris... Gibrat, jusqu'alors dessinateur, s'est essayé pour la première fois au travail de scénariste dans cette série - c'est réussi.
J'enchaîne directement sur la suite !
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TheWind
TheWind08 février 2014
  • Livres 3.00/5
« Mort. Tranquille. Peinard. » Tranquille, peinard, dans un grenier, au-dessus d'une salle de classe, vue sur la place du village, autant dire aux premières loges pour observer la petite vie des habitants de Cambeyrac. Planqué là, parce qu'on le croit mort, mais surtout parce que Julien Sarlat refuse de jouer au miraculé de peur de ne pouvoir cette fois-ci échapper au STO.
Ainsi commence le diptyque de Gibrat.
Et dès les premiers jours passés dans sa planque, l'avenir paraît bien maussade à Julien. « Je sens que je vais m'emmerder » annonce-t-il, allongé, bras croisés, sur le vieux lit de fer grinçant au seul interlocuteur qui puisse l' « entendre » : un mannequin casqué qu'il a baptisé « Maginot ».
Nous voilà bien ! Alors que c'est la guerre, que la Résistance s'organise et s'active, que la Milice devient de plus en plus tendue, Gibrat, lui, confine son personnage principal, ne lui autorisant que quelques sorties nocturnes. Il en fait même un anti-héros, à la fois égoïste, peu courageux et plutôt flemmard. Oui, je trouve Gibrat drôlement « culotté », pardonnez-moi l'expression. Ne prend-il pas le risque d'ennuyer ses lecteurs avec ce héros qui passe son temps à parler avec un mannequin, à observer derrière les persiennes les allées et venues des villageois, à écouter de loin les commentaires des uns et des autres et surtout à reluquer les belles jambes de son amoureuse ? Bon j'exagère un peu, bien sûr, mais c'est tout de même l'idée générale de l'ambiance du premier tome.
Pour tout vous dire, je me suis un peu ennuyée. Mais, je pardonne à Gibrat. Et pour cause ! Ses planches sont superbes, les personnages croqués avec précision, finesse et délicatesse, ses décors réalistes et joliment ciselés, ses couleurs agréables et limpides. Les dialogues plaisants, empreints de simplicité et d'authenticité. Et la fin... magistrale !
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Sejy
Sejy28 août 2012
  • Livres 4.00/5
La France sous l'Occupation. Voilà un thème que je trouve éminemment casse-gueule. J'ai gardé en mémoire des témoignages de grands-parents, des lectures ou autres documentaires en noir et blanc qui m'évoquent toute la tristesse et l'horreur de cette période sombre, et quand je feuillette cette oeuvre, un élément me déstabilise alors immédiatement : les couleurs ! Des aquarelles lumineuses, certes magnifiques, mais qui libèrent spontanément une atmosphère guillerette, tellement badine qu'elle en serait presque déplacée. Cette approche picturale semble délibérée et, braqué par l'appréhension de l'indécence, je ne suis pas certain d'avoir envie d'aller où Gibrat veut m'emmener.
L'impression se confirme à la lecture, mais je pense déceler un parti pris narratif qui soudainement m'apparaît assez génial : placer le contexte de guerre hors champ en concentrant notre attention sur la chronique du quotidien d'un village de l'Aveyron, sur les portraits de sa petite communauté et plus particulièrement l'idylle entre Cécile et Julien. L'auteur joue ainsi la gamme d'un réalisme intimiste et romancé qui nous dévoile la grande Histoire, mais à travers les hommes. le lourd climat ne s'évanouit jamais totalement et demeure en filigrane, mais l'on s'attache avant tout aux gens et à leurs aspirations profondes, à leurs indifférences ou leurs emportements. Goûtant aux petites joies éphémères et à quelques autres moments de vie, l'on baisse très vite la garde. Pourtant, par quels faits ponctuels plus saillants, crimes ou actes héroïques, le cadre dramatique, qui se cantonnait jusqu'alors à un espace conjectural, devient brusquement plus palpable. La peur et l'angoisse nous reviennent d'autant plus fortes en pleine figure ; au-delà de la vision de la guerre, ce qui terrorise vraiment, c'est de prendre conscience de tout ce qu'elle peut faire perdre.
Je suis admiratif du brio avec lequel Gibrat mène sa barque. L'intensité émotionnelle est complexe et ne souffre d'aucun temps mort. Évoluant sur le fil du rasoir, le récit ne tombe jamais dans un lyrisme excessif, un pathétisme pesant ou dans une légèreté trop inconvenante. Tout est parfaitement maitrisé. Les personnages sont étonnants de réalisme. J'aime notamment le caractère de Julien, son côté égoïste inconscient emprunt d'une couardise et d'une lucidité de circonstance. Les dialogues parsemés de quelques touches de bonne humeur et les monologues intérieurs, créent de jolies connivences et font étalage de leur excellence littéraire. Quant à ce pinceau qu'au commencement je jugeais inadéquat, il est exceptionnel. de la justesse des sentiments (la sensualité de l'héroïne est presque tangible) à la beauté des paysages campagnards, la palette interprète sa partition en virtuose, du début à la fin.
À peine oserais-je regretter un petit peu plus d'ampleur psychologique chez quelques personnages (quelles sont donc les motivations des miliciens ?) et un chouia moins de pétulance dans certains échanges verbaux.
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spleen
spleen19 août 2014
  • Livres 4.00/5
Après la belle découverte du Corbeau de Jean-Pierre Gibrat, il était logique, voire indispensable de continuer par le sursis.
Toujours la même période, celle de la seconde guerre mondiale en 1943 mais cette fois dans un petit village de l'Aveyron.
Julien échappe au STO en sautant du train et se réfugie chez sa tante Adèle , institutrice dans ce typique village où se côtoient partisans et miliciens , communistes et pétainistes .
Situation plutôt classique mais si bien illustrée par l'auteur avec des dessins magnifiques et des couleurs éclatantes comme la robe à pois de Cécile, l'amoureuse de Julien.
J'aurais bien aimé que Julien, belle gueule certes , mais bien planqué, brille aux yeux de sa belle par quelque action d'éclat mais il reste encore un tome que je vais m'empresser de dévorer et savourer ...
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado05 février 2015
- Messieurs, messieurs! Un jour sur deux sans alcool et tous les jours sans politique, c'est la devise de la maison!
...
- Qu'est-ce que je vous sers, monsieur Basile ?
- N'importe ! Un pastis, tiens !
- Je suis désolée. Aujourd'hui, c'est un jour sans alcool !
- Ah? Tant pis, ce n'est pas grave... Donne-moi celui de demain !
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canelcanel06 février 2013
(...) finalement, il y a eu moins de suicides pendant la guerre [1939-1945] qu'avant et après. Sans doute parce que tout le monde était malheureux en même temps, partageait les mêmes catastrophes, portait sa part du fardeau.
(préface, paroles de l'auteur)
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polluluxpollulux12 novembre 2013
Aujourd'hui, j'ai enfin une bonne raison d'être debout derrière mes persiennes. Il y a un enterrement... et c'est le mien! Voici le corbillard!... Ca me fait tout drôle quand même, ce type qui me remplace dans le cercueil... Pauvre gars... Cela dit, il a de la suite dans les idées...
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raph731raph73106 mars 2014
- N'insiste pas, Edouard, monsieur Basile doit avoir peur de se salir les fesses dans une voiture de collabo !
- Tout juste mon cher !
- On dit déjà que la milice a les mains sales, alors je ne suis pas sûr qu'elle ait le cul propre !
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TheWindTheWind08 février 2014
Tu vois, Maginot, pour une prochaine vie, j'ai bien envie de choisir le chat, moi ! ...Pas de mobilisation générale, pas de travail obligatoire, pas plus en Allemagne qu'ailleurs. T'as juste à te laisser dorloter les pattes en l'air.
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Vidéo de Jean-Pierre Gibrat
Le Vol du Corbeau, Théâtre, interview Jean Pierre Gibrat
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