ISBN : 2070361179
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
André Gide, exalté, sensuel, lyrique. Les Nourritures Terrestres, oeuvre de jeunesse, est un hymne panthéiste. Il célèbre la vie, la nature, le désir. Sa composition est kaléidoscopique. Les genres y sont mêlés : notes d... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (12)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 21 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture... et actualité littéraire...
    Au secours, Gide revient!
    21 mars
    On nous reparle beaucoup de Gide: normal, c'est le 140e anniversaire de sa naissance, les vitrines des libraires lui tressent des couronnes, les livres qui le célèbrent abondent (1). Lui qui adorait la gloire mais se fichait des honneurs, qu'en aurait-il pensé? Dans ce pays, autrefois, la littérature savait discerner parmi les siens celui qui défendait le mieux la langue française, offrait un bel exemple à la jeunesse et méritait de la représenter à l'étranger. Nous eûmes Chateaubriand, Victor Hugo, Anatole France. Entre Barrès et Malraux, ce fut lui le roi, à la satisfaction générale. A sa mort, Jean Paulhan, peut-être, faute d'être digne de s'asseoir dans son fauteuil, aurait pu accepter une sorte de Régence. Camus parti, c'est Sartre, finalement, qui rafla la mise. Depuis, nous sommes - joyeusement - orphelins.
    Chaque écrivain, en France, s'il veut être lu, doit devenir un personnage. André Gide s'est prêté au jeu avec un certain art: le jeune homme à cape de berger et barbiche symboliste (les mêmes que son petit camarade André Suarès) s'est transformé en intellectuel, capable de dire la vérité sur le Congo ou l'URSS, de jouer du Chopin au piano en plissant ses yeux d'archer mongol, puis en vieillard noble, préfaçant Goethe ou traduisant Shakespeare en robe de chambre. Je ne parle pas des mérites littéraires, qui ne peuvent pas nuire au succès de l'entreprise (encore que!), mais d'une certaine attitude. Ce qui l'a sauvé, c'est qu'il n'a jamais été très moderne, ce qui arrive quand on aspire à devenir un écrivain classique.
    Un sans-faute ou presque. le "Journal" commence, en janvier 1890 (Gide a 21 ans), par une visite à Verlaine, ronchonnant, sur son lit d'hôpital. On imagine le tableau. Trente ans plus tard (eh oui, trente ans! à l'époque, les diaristes n'étaient pas des jean-foutre), on lit dans le même "Journal", à la date du 28 octobre 1920: "Hier soir, j'ai ressorti tous mes "journaux" de jeunesse. Je ne les relis pas sans exaspération - et n'était l'humiliation salutaire que je trouve à leur lecture, je déchirerais tout. Chaque progrès dans l'art d'écrire ne s'achète que par l'abandon d'une complaisance. En ce temps, je les avais toutes, et me penchais sur la page blanche comme on fait devant un miroir".
    C'est tout Gide, cela. Nul ne se connaît, nul surtout ne se décèle et ne s'écrit mieux que lui. le principal événement est en lui-même. Il le sait quand il se palpe, froidement, en puritain contrarié ou en sybarite, empêtré de réticences et de feintes, rêvant de petits garçons, tirant le diable par la manche et le meilleur parti de ses contradictions. Gide feint de s'ignorer quand il se devine, et, quand il s'esquive ou se dérobe, il se révèle mieux encore. Un faux-cul? Un professeur de lucidité, je vous dis. Il ne faut jamais critiquer Gide, on se ridiculise, il fait ça mieux que personne.
    J'aime bien ce qu'écrit Bernard Fauconnier dans un article récent: "Ces variations du moi par lesquelles l'écrivain, feignant de se livrer pieds et poings liés au jugement du lecteur, entre en concurrence avec son oeuvre pour exhausser sa propre image relèvent tout à la fois chez Gide de l'orgueil et du jeu, du plaidoyer et de l'aveu singulier. La confession est le moyen le plus subtil de masquer l'essentiel. Gide n'use pas du genre sans quelque perversité et détours suspects. Non seulement il écrit, mais il se regarde écrire; et, se regardant, il entend que tout le monde en profite. Ecrivant il se juge, et prie son lecteur de juger aussi son jugement. Mais ces déboutonnages successifs composent, au total, un débraillé fort étudié" (2)
    Je trouve le "Journal" de Drieu la Rochelle plus sensible et plus honnête, jusque dans ses aveuglements et son infamie. Qui a dit que la sincérité était le premier mouvement d'un homme qui ne sait pas dissimuler? Cela ne se peut pas, voyons. Si l'on veut être sincère, il faut du temps, du calme, du confort, donc du calcul. En fait, il faut taire ce qu'on pense de peur d'être mal compris! De la prudence, surtout de la prudence - c'est l'une de ses principales vertus, son pire défaut étant la pingrerie. Un étourdi n'est pas sincère, il est étourdi! Si l'on veut être vraiment sincère, il faut être un peu hypocrite, voilà!
    Enfin, je ne pardonne pas à Gide son jugement péremptoire sur Oscar Wilde: "Wilde n'est pas un grand écrivain". Wilde lui a-t-il dit un jour: "J'ai mis tout mon génie dans ma vie; je n'ai mis que mon talent dans mes oeuvres", comme il le rapporte dans son livre de souvenirs ("Oscar Wilde", Mercure de France, 1989)? Peut-être. Mais n'est-ce pas le genre de phrase qu'un écrivain prononce en soupirant avec L'Espoir secret d'être contredit par un ami? Quel genre d'ami était Gide?
    Quand il rencontre Oscar Wilde à Paris, en novembre 1891, il n'a que 22 ans: il ne croit pas au génie d'Oscar Wilde mais il admire cet écrivain, de quinze ans son aîné, fêté et célèbre, libre de ses goûts, et qui fait peser sur lui, avec un mélange inextricable d'effroi et de fascination, des charmes qui le glacent. le jeune homme qui s'apprête à épouser sa cousine va découvrir en Algérie des plaisirs défendus: Gide doit à Oscar sa première expérience homosexuelle avec un jeune flûtiste arabe. Je crois qu'il ne lui a jamais pardonné!
    Gide se débarassera de sa fascination à travers le personnage de Ménalque, faune épais et caricatural, dans "Les Nourritures terrestres" et dans "L'immoraliste". S'il se montre plus nuancé dans ses souvenirs, il évitera toujours de le revoir et ne se rendra pas à son enterrement. Par lâcheté? Non, car Gide n'était pas lâche. Plutôt pour se punir du péché, pour se venger de l'ivresse, pour en répudier la menace et se disculper du vertige éprouvé devant la folle liberté d'Oscar Wilde. Prude dans ses émois, prudent dans ses actes, Gide ne supporte pas la façon dont Oscar s'expose en public en éclatant d'un rire exagéré, scandaleux - Ha! Ha! quite divine, my dear! le plus anglican des deux, c'est Gide. Oscar était, à tout point de vue, catholique en songe et romain.
    Bref, "Corydon" pour l'époque, c'était bien. Aujourd'hui, un petit manuel, "Comment devenir pédéraste et renoncer définitivement à l'imparfait du subjonctif", en sept leçons, avec un petit glossaire des expresions utiles en langue arabe, ferait l'affaire.
    (1) Signalons en vrac: les deux volumes de "Romans et récits. oeuvres lyriques et dramatiques" d'André Gide (Gallimard, La Pléiade), "L'univers ludique d'André Gide. Les Soties" de Bertrand Fillaudeau (José Corti), "Corydon citoyen. Essai sur André Gide et l'homosexualité" de Monique Nemer (Gallimard), "Gide. L'Assignation à être" de Sandra Travers de Faultrier (Michalon), "L'Ecriture du jour. le Journal d'André Gide" d'Eric Marty (Seuil), "André Gide ou la vocation du bonheur, t. 1, 1869-19911" de Claude Martin (Fayard).
    (2) Dans le dossier du Magazine littéraire (n°484, mars 2009) consacré à Gide, "le plus moderne des classiques".
    source : http://fredericferney.typepad.fr/mon_weblog/2009/03/au-secours-gide-revient.html



    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 18 juillet 2011

    colimasson
    Difficile d'accrocher aux premiers passages des Nourritures (et des suivants aussi, mais l'habitude aidant, l'exaltation forcée du ton choque moins lorsqu'on avance dans la lecture). On ouvre le livre en lisant qu'il faut se débarrasser des livres, et même si on comprend que par « livres », Gide entend plus vraisemblablement parler de la culture et du savoir en général, cette affirmation d'une indépendance et d'une liberté totales vis-à-vis de la culture laisse à sourire… Gide apparaît aux premiers abords comme un homme rempli de paradoxes. On sent qu'il tente de prendre ses distances avec l'enseignement qu'il a reçu, sans pouvoir toutefois s'empêcher d'y revenir. Au milieu de tout ça, le lecteur est un peu perdu… Lorsque les dix premières pages d'un livre ne cessent de se contredire, faut-il jeter le livre au feu ou essayer d'aller voir plus loin, au moins pour rire un peu ?
    Bon, j'ai eu envie de rire…
    Tout n'est pas mauvais dans ces Nourritures, et de nombreux passages sauront rappeler au lecteur contemporain (forcément moderne, stressé, et blasé) qu'il faut savoir profiter des choses simples que la Nature peut nous offrir (c'est-à-dire des fruits purs, des fleurs, de la rosée, des jardins, des parcs et même des villes, si elles sont grandes, belles et ensoleillées). Quid des autres productions de la Nature, des inventions pas toujours reluisantes de son rejeton l'être humain ? Car la Nature, si on l'entend dans sa définition la plus étendue, regroupe également des éléments qui déplairaient certainement à Gide, qui n'entend dans ce terme-là que les productions simples et bêtes qui sortent de la terre.
    Certains passages sont très mignons :
    « Et notre vie aura été devant nous comme ce verre plein d'eau glacée, ce verre humide que tiennent les mains d'un fiévreux, qui veut boire, et qui boit tout d'un trait sachant bien qu'il devrait attendre, mais ne pouvant pas repousser ce verre délicieux à ses lèvres, tant est fraîche cette eau, tant l'altère la cuisson de la fièvre. »
    Ils donnent envie de voir la vie de la même manière que Gide. Mais il y a quand même quelque chose qui cloche… Un doute pointe dans l'esprit du lecteur : faut-il faire un immense effort de concentration pour que chaque instant de l'existence ait l'air aussi exaltant que pour Gide, ou faut-il consommer les mêmes substances hallucinogènes que lui ? Rien d'inné là-dedans en tout cas.
    La vie est-elle vraiment si belle qu'il faille faire tant d'efforts pour arriver à la percevoir de cette façon ? Il y a forcément quelque chose qui cloche s'il faut mobiliser toute son attention et sa concentration pour trouver que ce qui nous entoure est une porte d'accès direct au bonheur. Comme si personne n'avait déjà essayé. Si c'était aussi simple, ça se saurait non ?
    Si Gide, comme il le clame lui-même, méprise autant la culture, l'éducation, les travaux intellectuels, si la vie –presque sauvage, dans le dénuement le plus complet- telle qu'il la décrit, peut très bien se passer de toutes ces inventions humaines, pourquoi y revient-il donc, à travers l'écriture par exemple ? Il y a de la mauvaise foi là-dedans…
    Je ne critique pas la recherche assidue des plaisirs de Gide. Après tout, chacun fait comme il peut pour être heureux et trouver un semblant de sens à sa vie. Mais stigmatiser, comme il le fait, ceux qui ne se donnent pas la peine de trouver en chaque instant de leur vie une joie à consommer, c'est faire preuve d'une prétention difficilement égalable. Quid du commun des mortels, de tous ceux qui, contrairement à lui, n'ont pas eu la chance de pouvoir s'évader dans des pays lointains ? Car lorsque Gide nous parle de bonheur et d'émerveillement, jamais il ne se situe ailleurs que dans les lieux les plus idylliques de notre planète, faisant la liste de tous les sites qu'il a visités à l'instar d'un gamin tout fier de sa collection de cartes Pokémon.
    Mais enfin, Gide n'est pas non plus un gentil bisounours sur toute la longueur des Nourritures. Il faut avouer que parfois il s'énerve, car le bonhomme n'aime pas tout ce qui « empêche l'homme d'être lui-même » (paradoxe encore jamais résolu).
    « Au soir, je regardais dans d'inconnus villages les foyers, las de travail ; les enfants revenaient de l'école. La porte de la maison s'entrouvrait un instant sur un accueil de lumière, de chaleur et de rire, et puis se refermait pour la nuit. Rien de toutes les choses vagabondes n'y pouvait plus rentrer, du vent grollant du dehors –Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.-«
    Le bonheur se trouve n'importe où, nous dit Gide, mais voilà une chose qui fait exception, et pas des moindres : l'attachement en fait partie. Enfin, peu importe ce que dit Gide, puisqu'il nous conseille lui-même de ne pas l'écouter et de jeter ce livre après lecture. C'est peut-être la meilleure idée qu'il n'ait jamais eue…

    (et comme je suis pas tout à fait méchante non plus, de beaux passages qui m'ont tout de même plus. Ils n'impliquent personne d'autre que Gide, mais chacun peut y retrouver du sien…)
    « J'enrageais de la fuite des heures. La nécessité de l'option me fut toujours intolérable ; choisir m'apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n'élisais pas. Je comprenais épouvantablement l'étroitesse des heures, et que le temps n'a qu'une dimension ; c'était une ligne que j'eusse souhaitée spacieuse, et mes désirs en y courant empiétaient nécessairement l'un sur l'autre. Je ne faisais jamais que ceci ou que cela. Si je faisais ceci, cela m'en devenait aussitôt regrettable, et je restais souvent sans plus oser rien faire, éperdument et comme les bras toujours ouverts, de peur, si je les refermais pour la prise, de n'avoir saisi qu'une chose. L'erreur de ma vie fut dès lors de ne continuer longtemps aucune étude, pour n'avoir su prendre mon parti de renoncer à beaucoup d'autres. »
    « Nos actes s'attachent à nous comme sa lueur au phosphore ; ils font notre splendeur, il est vrai, mais ce n'est que notre usure. »

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-les-nourritures-terrestres-1..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 06 mai 2011

    zohar
    «Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur » ! Et quelle ferveur incroyable qui se dégage de ce livre dans lequel Gide y exprime l'ardeur de vivre, cet élan qui permet d'éveiller les sens et le désir (car sans désir il n' y a pas de plaisir !).
    Cette œuvre hybride (où se mêlent notes de voyages et récits poétiques sous formes de ballades) nous invite à apprécier l'instant présent qui est l'essence de l'existence ; elle nous montre aussi une forme de vie hédoniste qui, par définition, cherche à s'affranchir de toutes conventions sociales (l' œuvre est l'expression même de l'érotisme, un des thèmes en filigrane du roman) et/ou contraintes morales (notamment et par rapport à la culture chrétienne qui est évoquée).
    Si « Les nourritures terrestres » reste fortement marqué par l'individualisme, c'est une véritable hymne à « Éros et Thanatos », voire une ode mystique des plaisirs (sans attaches) de la vie !
    Gide explore ici son moi et s'efforce, par l'esprit critique, de rechercher ses limites : « Les nourritures terrestres » sont à déguster sans modération !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 04 juin 2011

    Zazette97

    "Les nourritures terrestres" est un texte publié en 1897 et signé André Gide, auteur français célèbre pour "La Porte étroite", "Les faux-monnayeurs" ou encore "L'immoraliste".
    Il ne s'agit pas d'un roman, plutôt d'un bréviaire de vie composé de plusieurs livres, eux-mêmes constitués de poésies, de fragments de journal intime, de récits de voyages et de notes destinées à nous faire partager le rapport de l'auteur à la nature, à nous faire contempler chaque petite chose du quotidien, à nous faire apprécier la vie tout simplement.
    Quand Tiphanie m'a proposée cette lecture commune, je n'ai pas hésité une seconde. Gide est un auteur qui m'avait éblouie il y a 10 ans avec "La Porte étroite" et je brûlais d'envie de savoir ce qui se cachait derrière ses "Nourritures terrestres" dont j'avais si souvent entendu parler et dont certains extraits sont si connus ("Familles je vous hais! foyers clos; portes refermées; possessions jalouses du bonheur" p.69).
    Ce n'est qu'en sortant mon exemplaire de ma bibliothèque qu'une hésitation m'est venue. Il faut dire que le livre a sacrément jauni avec le temps et que les pages commencent à se détacher.
    Une édition de 1981, du temps où les prénoms des auteurs n'étaient pas encore mentionnés sur les couvertures. J'avais oublié que j'avais trouvé ma relique chez un bouquiniste il y a quelques temps déjà et qu'un mot noté sur la première page m'avait fait sourire.
    " Agir avec ses faiblesses? Hésiter avec ses vertus? Ménalque nous apprend à agir avec vertu. J'aimerais tellement qu'il te convainque! 21-8-82. Ludovic."
    Apparemment, la personne à laquelle se destinait le livre n'a pas apprécié ou n'a du moins pas jugé nécessaire de le garder comme ce fut aussi le cas pour un titre de Beigbeder également acheté d'occasion et dans lequel j'avais trouvé en guise de marque-page une photo représentant deux jeunes femmes en bikini (choix qui, compte tenu de l'intérêt prononcé porté par l'auteur aux femmes, m'avait bien fait rire).
    A moins que cet homme ou cette femme n'ait simplement suivi les conseils de l'auteur?
    " Jette mon livre; dis-toi bien que ce n'est là qu'une des mille postures possibles en face de la vie. Cherche la tienne. Ce qu'un autre aurait aussi bien fait que toi, ne le fais pas. Ce qu'un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas, _ aussi bien écrit que toi, ne l'écris pas. Ne t'attache en toi qu'à ce que tu sens qui n'est nulle part ailleurs qu'en toi-même, et crée de toi, impatiemment ou patiemment, ah! le plus irremplaçable des êtres." p.163
    J'avais à peine commencé ma lecture que déjà je me demandais dans quoi je m'embarquais exactement tant la première impression qui m'anima fut celle d'un texte décousu, voire d'une oeuvre fourre-tout.
    D'un texte je passais à une poésie puis à une succession de récits de voyage, tantôt datés tantôt pas, pour en revenir à des notes plus intimes ponctuées de phrases qui font mouche.
    Le fil conducteur ne se trouvait ni dans la structure ni dans l'enchaînement des idées mais plutôt dans l'illustration du principe dont Gide se fait l'ardent défenseur, l'expérimentation.
    A la manière d'un vieux sage, l'auteur nous dispense ses vérités mais se garde bien de les qualifier d'universelles. Au contraire, il encourage chacun de nous à trouver sa vérité, à profiter de ce que la vie a à lui offrir, à maintenir sa pensée toujours en mouvement.
    "Les nourritures terrestres" est un texte que je n'ai pas trouvé des plus accessibles (généralement quand je dis ça, ça se traduit par "je ne suis pas certaine d'avoir tout compris"...) mais dont j'ai apprécié les passages plus philosophiques que poétiques qui sont autant de citations à picorer, à méditer et à relire !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/03/les-nourritures-terrestres..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 12 avril 2011

    quiliravivra
    Livre lu dans ma jeunesse par obligation (baccalauréat) mais ô combien adorée +++
    Peut-être même que c'est l'un des livres qui m'a fait aimer passionnément les mots !
    Et dire que je croyais que Nathanâël était une femme à laquelle évidemment je m'identifiais !
    Prose poétique pleine de fougue
    A lire et relire
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (41)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mandarine43, le 06 février 2012

    Seul, je goûtai la violente joie de l’orgueil. J'aimais me lever avant l’aube ; j'appelais le soleil sur les chaumes ; le chant de l'alouette était ma fantaisie et la rosée ma lotion d'aurore. Je me plaisais à d'excessives frugalités, mangeant si peu que ma tête en était légère et que toute sensation me devenait une sorte d'ivresse. J'ai bu de bien des vins depuis, mais aucun ne donnait, je sais, cet étourdissement du jeûne, au grand matin ce vacillement de la plaine, avant que, le soleil venu, je ne dorme au creux d'une meule.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 04 février 2012

    Il est une certaine intensité de délices que l'homme peut à peine dépasser et non sans larmes.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 03 février 2012

    Tant de fois j'ai senti la nature réclamer de moi un geste, et je n'ai pas su lequel lui donner.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Elisanne, le 30 décembre 2010

    Nos actes s’attachent à nous comme sa lueur au phosphore.
    Ils nous consument, il est vrai, mais ils nous font notre splendeur.
    Et si notre âme a valu quelque chose,
    c’est qu’elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.
    Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l’aube;
    lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots
    -et que chaque caresse de l’air riant m’ait fait sourire,
    voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire Nathanaël.
    Je t’enseignerai la ferveur.
    Si j’avais su des choses plus belles, c’est celles-là que je t’aurais dites
    -celles-là, certes, et non pas d’autres.

    Tu ne m‘as pas enseigné la sagesse, Ménalque.
    Pas la sagesse, mais l’amour.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par colimasson, le 18 juillet 2011

    Le premier mot qui nous est rapporté du Christ, c’est « Heureux… » Son premier miracle, la métamorphose de l’eau en vin. (Le vrai chrétien est celui que suffit à enivrer l’eau pure. C’est en lui-même que se répète le miracle de Cana.) Il a fallu l’abominable interprétation des hommes pour établir sur l’Evangile un culte, une sanctification de la tristesse et de la peine. Parce que le Christ a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous soulagerai », on a cru qu’il fallait se travailler et se charger pour aller à lui ; et le soulagement qu’il apportait, on en a fait des « indulgences ».
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (27)

Videos de André Gide

>Ajouter une vidéo
Vidéo de André Gide

La Symphonie Pastorale 6/6, film français de Jean Delannoy, sorti en 1946 et adapté du roman d'André Gide. Il remporta la Palme d'or au festival de Cannes en 1946 et Michèle Morgan obtint le prix d'interprétation féminine pour le rôle de Gertrude








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les Nourritures terrestres par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (196)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz