" La fin du monde, ça sera quand le Soleil et la Terre se mélangeront pour former la même soupe lumineuse. Dans le Mercantour, au nord de la Provence, là où les Alpes commencent à fatiguer, c'est souvent la fin du monde. Surtout ... > voir plus
Bucolique : relatif à la poésie pastorale
Définition idéale pour définir ce roman sympathique.
Dans le Mercantour, des personnages atypiques: un vieux berger qui parle à sa femme morte, un arabe muet qui héberge un écureuil blessé dans sa musette, une journaliste nymphomane, un écrivain, un curé, un voisin acariâtre et son chien féroce et, traités comme des personnages, un troupeau de mouton et la nature.
C'est bourré de métaphores surprenantes qui charment au début du livre puis deviennent assez vite répétitives et peu variées donc presque lassantes. le vocabulaire est un peu toujours le même.
Cependant c'est un agréable moment de lecture poétique, sans prétention et sans prise de tête
Un curieux roman qui mêle pastoralisme, traditions ancestrales, réintroduction des loups dans le Mercantour, l'avidité de certains élus, des personnages peu ordinaires et même une affaire criminelle.
Mais ce qui m'a le plus frappée dans ce roman régionaliste, c'est l'amour avec lequel est décrite la Nature, traitée comme un personnage à part entière, fantasque et multiforme.
Marcher pour ne pas souffrir. Rire pour ne pas mentir. Rêver pour ne pas dormir. Aimer pour ne pas mourir. Si l’on ne veut pas se faire rattraper par tout ce qui nous court après, il ne faut jamais s’arrêter dans la vie.
Leur amour était comme une courge prête à éclater, sous les coups du soleil, avec tout ce jus vivant qui les gonflait de partout et suait déjà, sous leurs habits, les gouttes du bonheur.
La Bible dit que l'avidité est la meilleure incarnation du mal : " Y a-t-il pire créature que l'oeil avide ? "La bouche avide n'est pas moins effrayante, dans le genre. Observez les visages des mufles de la spéculation dans les salles des marchés, les jours de ruée ou de catastrophe boursière. On dirait que le diable vient de leur entrer dedans, pour les habiter, tandis qu'ils poussent leurs hulées, avec des contorsions de pourceau à l'abattoir.
Au début, la vie est un fleuve dont on peut changer le cours. Sur la fin, un petit ruisseau, enfermé dans son lit, que la terre n’arrête jamais de boire, avec avidité, jusqu’à la dernière goutte.
La chair de la montagne, encore gorgée d’eau, frémissait d’aise sous ses pas, en poussant de petits râles, tandis que les arbres et les herbes, tout luisants, n’en finissaient pas d’égoutter leur amour du monde, dans une odeur de stupre.
Franz Olivier Giesbert, entretien exclusif www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Entretien exclusif avec Franz Olivier Giesbert, journaliste et romancier. Il nous parle littérature avec son dernier roman "Dieu, ma mère et moi" paru chez Gallimard.