"La marquise sortit à cinq heures."
André Breton raconte que Paul Valéry avait déclaré qu'on ne pourrait plus commencer un roman par cette phrase.
Eh bien Paul Valéry n'est pas d'accord. Enfin, l'homme qui vient d'accoster Paul Béhaine au sortir de la BN prétend se nommer Paul Valéry. et se lance au fil de leurs rencontres dans un catalogue de tous les "cinq heures " de la littérature, puis des arts et des moments de la vie en général. Intrigué, pensant avoir affaire à un usurpateur (Valéry est mort en 1945), Paul BN se laisse entraîner par cet homme mystérieux, prononce un discours follement brillant devant les membres de l'assemblée des cinq-heuristes, finit par tirer l'affaire au clair et savoir pourquoi "cinq heures". Le lecteur, lui, se laisse promener parmi ces "cinq heures" qui reviennent en permanence...
"J'ai souvent pensé que s'il fallait mettre cette heure en musique, je choisirais le Concerto n°2 pour violon de Bartok, fluide et intense, tragique et léger, aussi surprenant dans ses changements de rythme et ses tonalités que peuvent l'être les mouvements de l'âme. Pour résumer, c'est une heure tiède ou incandescente, une heure tactique qui autorise le fourmillement des idées et des sensations, celle de l'intuition qui se libère de toutes les entraves. L'heure des réseaux et des connivences."
Un roman érudit, brillant, habile, non dénué d'humour, superbement écrit, bluffant. Mais pour moi on frôle souvent l'artifice et les personnages n'ont pas de chair ou pas assez. Belle prouesse cependant que de faire défiler tant de références culturelles et d'en faire un roman vivant et tenant le lecteur en haleine.
L'auteur : grand reporter à Télérama, il a déjà plublié quelques essais, dont "L'insoumis, Léon Werth", mais "L'homme de cinq heures" est son premier roman.
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