Les souvenirs d'enfance de l'auteur dans une pension de l'Assistance publique en Espagne, sous le régime de Franco. Fauve du patrimoine 2010 (Festival d'Angoulême). (source : Electre).
Une bd qui vous glace comme elle vous fait exploser de rire: voilà le tour de force de l'auteur qui dépeint pourtant des histoires, à ne pas se tromper, terribles.
L'univers des orphelinats espagnols franquistes n'a en effet rien de relisant, servi par un dessin qui accentue le côté maladif et malheureux des personnages, avec des traits tombants, ou au contraire tortionnaire.
Les enfants sont tenus d'une main de fer, voire martyrisés, et pourtant la vie continue, pour les forts, les faibles, on retrouve les coups tordus qui on lieu dans toutes les écoles du monde, mais aussi les moments de camaraderies et peut-être que c'est ce qui laisse l'espoir transpercer. Un très beau témoignage!
Carlos Giménez nous raconte le quotidien de son enfance passée dans différents centres de l'assistance publique espagnole sous le règne de Franco. Il témoigne avec beaucoup de pudeur des brimades, privations, humiliations et sévices que subissaient les enfants livrés à des religieuses aussi bigotes que sadiques, tout en parvenant de manière impressionnante à transformer l'horreur en humour, avec infiniment de tendresse pour ces enfants perdus.L'auteur n'emploie judicieusement que le noir et le blanc pour nous dessiner un monde violent, dénué de tout, sans couleur ni amour, et fait de cet ouvrage un album d'une grande humanité, malgré tout.
D'autant plus poignant qu'il est d'inspiration autobiographique, ce récit est donc à la fois violent et plein de retenue, très pudique et surtout extrêmement émouvant. Un album à lire absolument donc, magnifique de sobriété et de justesse, mais aussi un témoignage aussi choquant que précieux sur une période trouble de l'histoire espagnole. "J'ai bien connu ces foyers parce que, tout au long de huit très longues années, j'en ai fréquenté cinq. Je suis donc à même de témoigner. Je voulais témoigner. Je devais témoigner". Carlos Giménez.
L'enfance de l'auteur : une BD autobiographique. Carlos Giménez est placé dans un internat social espagnol à l'âge de cinq ans, en 1946. Son père est mort juste après sa naissance, sa mère est malade, ses frères aînés encore trop jeunes pour travailler. La famille est dispersée.
Une enfance malmenée dans un foyer où la discipline est plutôt militaire. Un témoignage bouleversant
Super. Exquis. Formidable. La liste des adjectifs laudatifs pourrait s'allonger indéfiniment pour cette BD autobiographique qui nous plonge dans la vie d'un foyer d'assistance publique dans l'Espagne de Franco. Humour potache et sentiments forts épicent ce chef d'oeuvre.