Viola est hantée par la mort de sa mère, disparue dans le Grand Nord. Disparue alors que leur dernière conversation, leur dernier lien porte l'ombre d'une chicane. L'ombre de la violence, du regret. Une dispute qui n'a jamais pu être réglée, réconfortée.
Un jour Viola reçoit un carnet portant l'indication "À remettre à ma fille Viola". Aucune indication, si ce n'est le lieu d'expédition: le Grand Nord. Viola commence alors un voyage qui va la mener plus loin que la toundra. Au Nitassinan, elle va se lier avec une jeune innue, Nashtash, et elle va enfin pouvoir se reconstruire.
La disparition habite le lecteur longtemps. L'écriture de
Charlotte Gingras est magistrale. Les mots deviennent une attente, une larme, un chagrin, une résonance, un espoir. Ils courent en nous et leur essence nous emportent loin, très loin.
La fluidité de la narration et les chapitres courts accentuent l'urgence, la peur, et la douleur ressenties par Viola. On ne peut qu'être Viola. Lorsque ses souvenirs reviennent à la surface, le choc n'en est que plus bouleversant.
La disparition est une lecture de la résilience. le chemin de Viola est chaotique, beau. La beauté n'est pourtant pas dans le chaos, elle est dans la reconstruction. Viola se retricote un monde intérieur, fait son deuil et surtout elle aime, librement cette fois, sa mère. Une dernière fois, mère et fille s'enlacent ; le lien filigrane s'estompe, et Viola peut s'envoler. Tout est lié dans l'histoire de Viola, les Innus, le Grand Nord, les mots, la vie, l'amour, la mort, les êtres.
Entre violence, chagrin et remous intérieurs il y a les mots innus. Ils enveloppent le lecteur, le bercent. Mystères, chants lointains, murmures, ils nous entourent d'un indicible doux et fort à la fois.
Lire
Charlotte Gingras c'est tout cela : de l'indicible, de la douceur, de la force, de la vie.
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