ISBN : 2070365735
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
L'iris de suse n'a jamais été une fleur (il n'y a pas d'iris à suse) ; c'était en réalité un crochet de lapis-lazuli qui fermait les portes de bronze du palais d'Artaxerxès (voir Mme Dieulafoy).
Ici, il n'est qu'un os minuscule, pas plus gros qu'un grain de sel (... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 12 décembre 2011

    brigittelascombe
    Un roman, le dernier de Jean Giono (écrivain du XX° siècle, scénariste français, "chantre populiste" de la Haute Provence, membre de l'Académie Goncourt) puisqu'édité l'année de sa mort en 1970, qui a la saveur aigrelette de croûtes de roquefort "de collection", adoucies par le moelleux d'une tranche de pain bis, et le fondant d'une "potée de haricots" partagées avec des bergers "rois d'une montagne" pelée aux allures de bout du monde.
    Un récit qui flambe comme une gorgée de "vespétro", cette liqueur qui requinque et tourne un peu la tête.
    Une histoire simple, celle de Tourniquet, Tringlot,Petit Jules ou Jean Rameau de jour en jour, "un zèbre" qui a fait "sept ans de Biribi" (traduire par travaux forcés) et fuit, magot en poche, ses anciens accolytes.
    "Si tu ne sais pas où aller,viens avec moi" propose Louiset, berger "vert comme un épinard" à la tête d'une belle troupe mais plié en deux par une "chiasse" carabinée.
    Je retranscris fidèlement ce parler imagé, cette verve truculente, ces perles de culture uniques qui sont la richesse primordiale de L'iris de Suze.
    Tringlot, reconverti, tout en récapitulant le soir "les images de Toulon" appartenant à son passé, écoute les bruits qui courent sur chaque habitant de la petite ville d'en face et croise toute une faune haute en couleurs entre gendarmes, brigands,château ( de Quelte celui de Jeanne "aux grands airs, veuve et baronne "miniature à croquer") et forge (actionnée par les gros bras de Murataure époux de l'Absente et amant de l'excentrique baronne).
    L'Iris de suse, ainsi que le confie Jean Giono, n'est pas une fleur mais un minuscule crochet de lapis-lazuli repris ici dans l'os microscopique qui "crochète la voute cranienne des oiseaux".
    Petit os retrouvé dans les squelettes d'animaux reconstitués par Casagrande,l'Italien, l'ami de Louiset, qui habite le rez de chaussée de Quelte, clef de voute d'un édifice qui ouvre àTringlot la porte d'un palais aux parfum de Grèce antique.
    L'Iris de suse, intitulé au départ L'invention du zéro est une ode au zéro point de départ du bonheur, où lorsqu'on a largué ses biens terrestres subsiste une Absente de rien du tout bien plus présente qu'on ne le croit.
    Philosophe Jean Giono?
    Assûrément!
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 09 décembre 2011

    lecassin
    1904, à Toulon, Tringlot, ancien condamné aux travaux forcés, s'échappe au nez et à la barbe de ses deux poursuivants : Cachou et Porte-clefs repérables et repérés qu'ils sont, l'un précédé d'une odeur de cachou qu'il consomme en quantité, l'autre par le bruit des clés qu'il manipule constamment dans sa poche.
    On le retrouve dans la campagne provençale où il croise Louiset, malade, qui mène un troupeau aux alpages ; et qui lui demande de l'aide… Alors nous montons haut, très haut dans la montagne. C'est pour Tringlot la découverte de la montagne et, par la force des choses, d'une autre vie peuplée de personnages insolites et parfois inquiétants : Murataure, Anaïs, l'Absente, Casagrande, la Baronne, la Belle Marchande...
    « L'iris de Suse » est le dernier roman de Jean Giono publié de son vivant. On y retrouve les grands thèmes chers à l'auteur, mais aussi la montagne provençale, personnage à part entière du récit. le style, plus dépouillé que jamais rappelle néanmoins les premiers ouvrages tels que « Colline », « Un de baumugnes » ou « Regain » ; malgré la critique qui évoque un côté opéra bouffe, probablement du fait de certains personnages pour le moins « baroques ».
    Un bien beau texte.
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 13 novembre 2009

    brigetoun
    la souveraineté intacte, ou qui voulait se croire telle, de la baronne dans l' »Iris de Suse » de Giono, livre qui, de lui, reste peut être mon préféré, avec « Noé » parce que c'est par là que le goût de cette écriture m'est venu, que je n'avais plus lu depuis nombreuses années, et que je viens de retrouver en livre de poche, avec plaisir, même dans son côté presque caricatural, sa façon de reprendre tout ce qu'on attend de Giono, avec un peu d'insolence lasse, et beaucoup de saveur, mais débarrassée de toutes les boursouflures du lyrisme.
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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 28 novembre 2011

    Au matin, le vent tomba, laissant un grand silence. Le ciel se dressa sur la neige comme un mur noir.
    - “J'insiste, dit Casagrande. Je sais que vous pourriez partir malgré les congères, mais restez : j'ai besoin de vous. N'entrons pas dans les détails. Si nous entrions dans les détails, nous serions perdus. En gros, voilà de quoi il retourne : il me faut un compagnon; pour cent mille raisons : l'âge, apparemment, et surtout l'usure. J'ai battu en retraite toute ma vie, depuis l'université de Florence jusqu'à Quelte ; le chemin est long et sans intendance; je me suis nourri de ma propre substance et il n'y avait pas gras au départ. Finalement, ici, j'ai été acculé à un balcon; je domine mais la tête me tourne et de plus en plus. J'ai besoin d'un point d'appui.”
    Il s'entoura de précautions et de phrases contournées; en même temps, à la dérobée, il délivrait un regard à la fois très pointu et très bleu.
    « Ça tombe à pic, se dit Tringlot. je voulais rester et je ne savais plus comment tourner mon compliment. »
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  • Par brigetoun, le 06 janvier 2011

    À mesure que l'heure passait, la lumière écartait davantage les branches de son éventail ; des décors s'effaçaient, d'autres se dressaient : un pan de forêt en écailles noires, des rochers ruinés qui échangeaient quelques gros oiseaux, la couronne grenat d'un village de bois au sommet de vertigineuses prairies, la chapelle de Saint-Basile (dit Loubet) avec son clocher en fer de lance, en équilibre dans de fragiles éboulis d'argent, une étroite chute d'eau dressée immobile sur le socle des bosquets, bourdonnant comme un bourdon, une forteresse dépenaillée dans des ardoises, la fourrure des frênes le long des sentes, les éclats de lumière dans les pierriers, les jardins potagers très hauts, gros comme des timbres et peints en violet à coups de pioche
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  • Par lecassin, le 09 décembre 2011

    Louiset eut juste le temps de dire : "Ça va dégringoler !" Ils furent abasourdis par un silence particulier, puis le fracas fut entonné à pleine voix par toutes les vallées. Quelques énormes gouttes grêlèrent comme des noix et un vent furieux emporta des blocs de pluie entrechoquées. Les claquements du fouet de la foudre ne cessaient pas, ni, de tous les côtés, la galopade des tombereaux du tonnerre.
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  • Par charlottelit, le 11 février 2012

    Au milieu de la nuit Tringlot s'éveilla par pur plaisir :
    le vent ronronnait, il se caressait contre la maison
    comme un chat p 1079
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  • Par brigetoun, le 13 novembre 2009

    - Ces grandes bringues sont toujours des paquets de nerfs. Celui-là avait certainement ses habitudes : une petite écurie et de la compagnie, peut-être un âne ; ou même un cochon qui circulait dans sa litière. Vous le mettez ici, tout seul et dans une écurie immense, regardez-moi ça ! Il s’est fait tout de suite des idées pas très catholiques et de moins en moins catholiques. Comment voulez-vous qu’il traîne votre boggey ? Il a d’autres chats à fouetter : il vous déteste.
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Vidéo de Jean Giono

Extrait de Un roi sans divertissement, film français réalisé par François Leterrier, sorti en 1963. Il est adapté du roman éponyme de Jean Giono, qui signe lui-même l'adaptation et produit le film.








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