ISBN : 2253005223
Éditeur : Le Livre de Poche (1974)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Sur le rude plateau provençal de Grémone, quelques hommes peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté. Ils comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, vagabond au coeur généreux, et malgré les difficultés de l'existence, la... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 28 février 2012

    Pasdel
    Tout d'abord, je tiens à remercier une Babeliote, grande amoureuse de Giono (et encore, c'est un doux euphémisme), qui a répondu à ma demande en me conseillant ce livre. Ma première rencontre avec Giono avait mal fini. le clivage entre cet homme du sud et moi jeune collégien du nord était trop grand, véritable gouffre infranchissable qui s'effritait sous cette lecture scolaire obligatoire. Dès mes onze ans, j'avais déjà divorcé avec l'œuvre de cet écrivain. Ce n'est que bien plus tard que j'ai renoué avec lui par un pur hasard grâce à L'homme qui plantait des arbres. Cette nouvelle rencontre fut la bonne, véritable renaissance. le chant de Giono avait pénétré mes veines, et le sang du sud coulant fraîchement me susurrait de poursuivre cette découverte. C'est à ce moment que grâce à Babelio, je me tournais vers cette source « gionesque » et écoutant son bouillonnement j'entamais Que ma joie demeure.
    Ce livre est un hymne, comme souvent chez Giono. Véritable symphonie du monde agricole à la recherche du bonheur perdu. Ces paysans sont riches, mais ils sont pauvres intérieurement. le monde moderne tue et isole selon Giono. Et encore une fois, sa foi en l'homme, ici un artiste de cirque qui jouera le rôle du médecin et de l'ingénieur. Bobi est un porteur de joie : « j'essaye de leur donner de la joie. » (Chapitre XII)
    Chaque nouvelle amélioration est précédée par une longue description de la nature, véritable feu d'artifice qui ranimera le cœur de ses paysans, les réunira dans leur quête. Petit à petit, les idées simples de Bobi infusent dans les têtes, développant leurs arômes dans les alentours, se répercutent pour finalement s'épandre et s'exhaler chez chacun.
    Jourdan reprend les idées de Giono, c'est lui qui a foi en la nature humaine, attendant un sauveur qui le guérira. Ce messie, ce sera Bobi, homme simple, qui nous rappelle un peu Elzéard Bouffier, autre personnage de Giono. La solution est simple : « quand l'homme veut » (chapitre VII), « c'est au fond de leur cœur. Il y a encore de l'espoir. » (Chapitre VIII). C'est encore Bobi qui leur fournit la raison de ce retour, de ces changements : « que reste-t-il, si ce n'est un hymne à la vie tout simplement » (chapitre VII).
    En effet, Giono nous touche par son lyrisme. C'est un tailleur de phrase, on sent les jonquilles s'épanouir au fil des pages, on ressent la danse du cerf, le bruit de ses sabots résonner dans nos têtes à chaque mot. On surprend les oiseaux entrain de picorer le blé dans les pages non lues. Les mots enivrent dans un rythme de phrases mêlant longueur et description détaillée pour la nature et dialogue court et description superficielle pour les humains ; car au fond l'être humain n'est que superficiel, c'est la nature qui importe, c'est elle qui fait le bonheur. Il y a du Rousseau dans ce texte.
    Deux chapitres m'ont énormément plu, la rencontre entre Bobi et le fermier de Fra-Joséphine où il disserte sur la joie : « Tu sais que j'ai besoin de joies. Tu sais que personne ne peut vivre sans joie. La vie c'est la joie. » (Chapitre XII), et le suivant quand Giono décrit en parallèle les semences mécaniques sur la vallée et celle du plateau. Ces deux chapitres sont à mettre en corélation avec les chapitres XXII et XXIII qui décrivent successivement les moissons et la nouvelle rencontre entre Bobi et le paysan, et marquant la boucle finale du roman. A noter l'antagonisme du ciel qui marque l'ouverture et la fin du roman, deux ciels remarquables aux destins si différents.
    Une phrase du chapitre XXIV résume le sentiment qui persiste à la lecture de ce texte : « je suis ton désir de vivre malgrè et contre tout. »
    Encore une fois merci à cette grande amatrice de Giono sans qui je n'aurai sans doute jamais lu ce livre.


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-que-ma-joie-demeure..
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    • Livres 5.00/5
    Par moulinsud, le 13 octobre 2011

    moulinsud
    Une rude épopée campagnarde. Mais quel hymne à la vie si pénible soit-elle. Giono nous raconte la Provence "sa Provence " avec toujours beaucoup de poésie et de réalisme.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 26 octobre 2011

    lecassin
    Œuvre magistrale, même si, à sa parution en 1935 elle n'a pas fait l'unanimité de la critique...Ce texte lyrique reste pour moi une ode au retour à la terre ; contre la modernisation qui sépare l'homme de la nature, et l'homme de l'homme.
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  • Par charlottelit, le 08 août 2011

    charlottelit
    que dis-je ? que je suis tiède !!! timorée !!! immonde !! c'est le chef d'oeuvre absolu, l'amour de ma vie mais je suis trop jeune pour lui et j'en suis désespérée , giono, à moi !!! vildrac, à moi !!!! de merveilleux compagnons de voyage, de vie, pardon d'avoir été tiède,
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  • Par charlottelit, le 01 août 2011

    charlottelit
    une épopée campagnarde très réussie ; des digressions poétiques très agréables : encore un livre de chevet
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Citations et extraits

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  • Par Pasdel, le 25 février 2012

    Alors le cerf dansa pour lui-même. Il était sur une lande nue. Il se sentait triste en se souvenant du cheval. Il levait les jambes une après l’autre. Il baissait la tête, il la relevait. Il éternuait. Il était triste. La lande nue, le printemps, pas de femelles, le cheval, le vieil homme, le jeune homme qui arrosait.
    Il dansa le vieil homme, il dansa le jeune homme aux yeux paisibles. Il dansa le cheval malheureux et le cerf malheureux. Il dansa la lande. Il dansa son désir de printemps. Il dansa la brume et le ciel. Il dansa toutes les odeurs, et tout ce qu’il voyait, et tout ce qui était sensible à ses yeux, à ses oreilles, à ses narines et à sa peau. Il dansa le monde qui était ainsi entré dans lui. Il dansa ce qu’il aurait dansé s’il avait été joyeux.
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  • Par Pasdel, le 27 février 2012

    Elles étaient dans la cuisine de la Jourdane, la grande porte ouverte sur l’après-midi.
    — Tout fait envie, dit Joséphine.
    — Tu veux parler, dit Marthe, de cette inquiétude de toujours vouloir ?
    — On n’a rien, dit Joséphine, on l’a, puis ça passe.
    — Reste le goût.
    — Le regret.
    — Ça nous brûle de plus en plus fort, je ne discute pas contre toi, Joséphine : je dis la même chose que toi.
    — Le temps s’en va, le moment s’en va, tout s’en va. J’ai trente-deux ans.
    — J’en ai presque le double.
    — Dans dix ans tout sera fini.
    — J’en ai presque le double, et pour dire que tout est fini, ce n’est pas vrai.
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  • Par CatchMe, le 24 janvier 2011

    Ce passage selon moi, résume à lui seul, la primauté de l'art. La nécessité d'enchanter la vie et d'y mettre du merveilleux, de l'invention, de l'inattendu. Que serait triste notre existence sans cela. :-)

    "Jourdan, tu te souviens d'Orion fleur de carotte ?
    - Je me souviens
    - Le champ que tu labourais, le tabac que tu m'as donné ?
    - Je me souviens
    - Tu m'as demandé : "N'as-tu jamais soigné les lépreux ?"
    - Je me souviens comme d'hier. Tu m'as répondu: "Non; je n'ai jamais soigné les lépreux."
    - Tu traînais une grande peine.
    - Oui
    - Plus de goût
    - Non.
    - Plus d'amour.
    - Non.
    - Rien.
    - La vieillesse, dit Jourdan.
    - Tu te souviens, dit Bobi, de la grande nuit ? Elle fermait la terre sur tous les bords.
    - Je me souviens.
    - Alors je t'ai dit: regarde là-haut, Orion-fleur-de-carotte, un petit paquet d'étoiles.
    Jourdan ne répondit pas. Il regarda Jacquou, et Randoulet, et Carle. Ils écoutaient.
    - Et si je t'avais dit Orion tout seul, dit Bobi, tu aurais vu les étoiles, pas plus, et, des étoiles çà n'était pas la première fois que tu en voyais, et çà n'avait pas guéri les lépreux cependant. Et si je t'avais dit : fleur de carotte tout seul, tu aurais vu seulement la fleur de carotte comme tu l'avais déjà vu mille fois sans résultat. Mais je t'ai dit : Orion-fleur-de-carotte, et d'abord tu m'as demandé : pardon ? pour que je répète, et je l'ai répété. Alors, tu as vu cette fleur de carotte dans le ciel et le ciel a été fleuri.
    - Je me souviens, dit Jourdan, à voix basse.
    - Et tu étais déjà un peu guéri, dis la vérité.
    - Oui, dit Jourdan





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  • Par Pasdel, le 24 février 2012

    Il se baissa pour cueillir les fleurs.
    — Ne les coupez pas, dit madame Hélène.
    — Si, dit-il, ne vous inquiétez pas, je vais en avoir plus de mille, moi après. 
    Celles-là seront pour vous. Ce seront les premières, madame Hélène.
    — Et les premières du plateau, dit-elle.
    Il en fit un petit bouquet.
    — Vous ne pouvez pas savoir, dit madame Hélène, la joie que vous me faites.
    Elle respirait l’odeur. Elle fermait les yeux pour mieux la voir dans elle-même. Elle éloignait le bouquet à bout de bras. Elle le tournait dans sa main. Elle le regardait de tous les côtés.
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  • Par Pasdel, le 20 février 2012

    Jourdan chercha le regard de ces hommes qui paraissaient en meilleur équilibre. Et alors il s’aperçut que, dès qu’ils s’arrêtaient de rire ils avaient le même souci au fond de l’œil. Plus que du souci, de la peur. Plus que de la peur, du rien. Un endroit où il n’y a plus ni souci, ni peur...
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Extrait de Un roi sans divertissement, film français réalisé par François Leterrier, sorti en 1963. Il est adapté du roman éponyme de Jean Giono, qui signe lui-même l'adaptation et produit le film.



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