Ben, c'est pas franchement le livre à ouvrir la veille de son mariage, ou un dimanche soir de pluie en novembre après un plateau télé solitaire devant une redif du dernier épisode du commissaire Montalbano, ou par Bella Swan venant de se faire mordiller la jugulaire par Edward Cullen… Mais, si on est maso, au moins c'est court, on peut donc vite passer à autre chose (le gaz, la corde, les films porno… J'en passe et des meilleurs).
Pour tous les autres, dans ses onze nouvelles,
Brigitte Giraud rappelle, sur le ton du journal intime, que derrière la banalité des faits, dont la statistique synthétise, écrase, ratatine, martopilonne la réalité, il existe des petites âmes qui remuent encore et se débattent dans la douleur, la tristesse, le doute, les questions. Peu de certitude dans ces confessions (en tout cas pas celle de la statistique), si ce n'est celle du gâchis. Aucune explication mais des constats, des questions, beaucoup de sentiments (jamais trop et toujours très finement et sensiblement esquissés). Souvent l'impuissance face au destin, aux dérives ou aux volontés de l'un ou de l'autre.
Il est difficile de ne pas se laisser toucher par ces histoires, de ne pas ressentir toute cette humanité, et de ne pas vouloir compassionner un tantinet. Mais pour autant, par tropisme personnel (ouais parce que c'est clairement pas celui du bouquin), je ne veux pas comprendre le titre comme l'affirmation du peu de valeur de l'amour, mais au contraire comme quoi l'amour en a beaucoup plus qu'on a pu se l'imaginer, qu'il nécessite donc d'investir beaucoup, mais que parfois on n'en a pas les moyens. Car enfin ! Il existe quand même de vraies et belles histoires d'amour. Non ? Regardez le prince Albert et Charlene !