Peut-on parler d'écritures féminines et masculines? Peut-être bien... du moins dans certains cas. J'ai passé la journée d'hier plongée dans deux univers féminins, tout d'abord avec un court recueil de nouvelles,
L'amour est très surestimé, Prix Goncourt de la nouvelle 2007, un cadeau d'une amie qui pratique le genre avec un bel enthousiasme.
Brigitte Giraud (que je découvre ici) traite de l'amour, non pas dans son effervescence ou son flamboiement mais dans sa chute, quand il y a séparation, deuil, quand on doit réapprendre à vivre seule, à adopter de nouveaux codes, apprivoiser de nouveaux repères. D'entrée de jeu, avec La fin de l'histoire, le ton est donné. « On dit que la fin est inscrite dans le commencement. » (p. 11) J'ai été plutôt séduite par le ton intimiste du recueil et son unité, sauf pour L'été de l'attente qui, même si elle traite de la fin d'un amour (l'assassinat de Marie Trintignant par son amant) m'a semblé hors propos ici. Il ne se passe presque rien dans ces petites histoires qui ressemblent à tant d'autres, et pourtant, on y entre sans hésitation, porté par un certain spleen et une élégance du ton.