Il a huit ans, douze ou quinze. Il va l'école, au collège au lycée, en vacances à la mer ou en classe de neige, nous raconte ses copains, sa famille, se plaisirs et ses doutes, on premier baiser, ses humiliations et ses gloires, ses courag... > voir plus
Même collection, même format fort agréable donc, même principe que 'Quelle mouche nous pique'. Voici de nouveau quelques épisodes des années d'enfance du même narrateur sous forme de chroniques. On retrouve avec plaisir le terrible prof d'allemand, les copains. le mélange d'humour et de tragique sont bien là, avec l'inventivité des enfants pour des conneries rigolotes... et pour des actes beaucoup plus graves, où sadisme et cruauté juvéniles apparaissent dans toute leur horreur (cf. la nouvelle qui donne son titre au recueil). Heureusement, on souffle un peu avec des anecdotes plus légères (le concours canin)...
L'ensemble m'a semblé plus grinçant que l'autre recueil, plus crû et de ce fait moins subtil. Je guetterai néanmoins les parutions de l'auteur, et de cette collection (cf. également 'Noir américain' - Armand Cabasson).
Après avoir lu et beaucoup aimé 'Quelle mouche nous pique ?', du même auteur, j'ai eu envie de lire celui-ci qui l'avait précédé. Les personnages et le ton sont similaires, beaucoup d'humour, parfois aussi de la cruauté et de la bêtise comme les enfants sont capables d'en faire preuve. Seuls l'âge des protagonistes et donc la nature de leurs jeux et de leurs préoccupations changent.
Dans chacun de ces recueils de nouvelles, l'auteur montre un talent particulier pour décrire les choses, les événements, comme s'il avait encore l'âge de ses personnages.
Une lecture très agréable que je recommande à tous, à partir de 13-14 ans.
Je me dis : Si le père du père du père de mon père était mort à la guerre quatorze, son fils n'aurait pas eu de fils et le fils de son fils non plus et ainsi de suite, de fait, je ne serais pas né. Je suis donc, par héritage, un survivant de cette guerre. Un héros de l'armistice régénéré. Quatre générations à moi tout seul. Grandiose. Je cherche mon nom sur le monument, je n'y suis pas, normal, je suis vivant. Si je ne l'étais pas, c'est que mon père ne serait pas né, n'aurait jamais rencontré ma mère, ni eu moi ni roulé en Jaguar. (p. 116-117)
Pour être humain, on a besoin de l'inhumain, on a besoin de se faire mal et de faire mal aux autres, on a besoin de toucher pour voir si ça brûle, de grimper pour voir si c'est haut, de crier même si on ne nous entend pas. (p. 185)
J'ai pris un coup de vieux mais les vieilles dames n'ont pas changé, elles sont toujours là, enracinées et intemporelles, immuables. Elles passent leur vie à attendre le bus. Mon frère me faisait croire qu'elles se rendaient à un concours de moustache, maintenant je sais que ce n'est pas vrai. Et puis si ça se trouve ma grand-mère, elle faisait comme mon grand-père, elle se rasait. (p. 183)