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Citations sur Les dames de nage (153)

Moovanse
Moovanse13 septembre 2015
Je peux voir la canopée comme des vagues immobiles auxquelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l'infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l'indéfini du ciel.
J'aime cet endroit comme une escale de paix. Je suis un égaré ayant décidé de se poser, de rester là dans chaque instant des souffles. J'écoute l'oiseau, un chant sur la page de silence. A la fin du jour il y a celui des voix de la vallée, isolées comme des notes échappées.
J'apprends l'attente, celle de l'instant, celle de la pluie, des jours à venir, de la nuit, de la première étoile, celle du feu pour les repas et pour réchauffer les soirs.
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Moovanse
Moovanse20 septembre 2015
Qui m'a appris l'obéissance en vieillissant pour satisfaire le regard des autres ?
Je VEUX être désobéissant et braver la raison.

N'essuyez pas mon front où perle la sueur et laissez mes vêtements coller à la peau dans la nuit tropicale.
N'éteignez pas les feux de racines séchées, j'aime la fumée acre.
Laissez-moi déchirer mes semelles sur la lave noire des volcans, peiner avec bonheur dans les poussières de lune d'Atacama et les éclats de mica des terres brûlées….
Je retournerai pour une caresse amoureuse poser ma main sur le rocher jusqu'à l'aspérité salvatrice pour me hisser au sommet et regarder le monde.

Je n'ai pas changé,
je suis passé de l'univers de l'enfance à celui des hommes
avec les mêmes règles, la même curiosité.
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carre
carre29 juin 2012
L’amour, ça doit se lire tout de suite. Ce n’est pas une partie de cache-cache.
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carre
carre01 juillet 2012
Quel enfant n’a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n’a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l’imagi­naire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
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Moovanse
Moovanse15 septembre 2015
L'œil travaille au défrichage des visages, à la découverte des horizons sableux, des cérémonies occultes, alors l'Afrique se réveille et danse avec la poussière. Elle n'est pas seulement un bavardage matinal, une présence soudaine, c'est un cri, un témoignage des origines.
Le rire cache la violence, la vie séduit la mort.
Le désert oblige à l'essentiel, le regard se perd, il n'y a plus aucune frontière à l'imaginaire.
Que l'on ne me dise pas que devant ce spectacle ceux du désert, les ascètes, les ermites hallucinés, les prophètes, n'ont pas été ébranlés par le mirage féminin, par l'ombre brune entre deux dunes, les fesses de sable à l'infini, les seins de silice sous la voûte céleste, et que leurs rêves n'étaient que lumière divine.
Dis-moi qu'ils furent eux aussi frappés par la jouissance
et qu'au matin, mêlé à la rosée, leur sperme en témoignait.
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le_Bison
le_Bison25 mars 2014
Un marin dans un port a deux objectifs à décliner suivant les hommes ; trouver une femme et le quartier des bars. Pour ce dernier objectif, le nez au vent, à l’instinct, il trouve très vite. Pour la femme, si elle est dans le bar, il a gagné mais c’est une pute. C’est l’objectif de la majorité. Pour les rêveurs, les romantiques, les amoureux, la tâche est plus délicate. Une errance chaloupée s’impose, au petit bonheur, avec souvent chou blanc pour toute l’escale.
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le_Bison
le_Bison13 janvier 2014
Dans le train il y avait peu de monde, c’était l’hiver et les bain de mer attendrait l’été. Il y avait une femme métisse qui me rappelait Jo. Elle avait les yeux clos, délicieusement abandonnée, la tête vers la fenêtre. L’enfant tétait un sein caramel, un téton de soie vive, frémissant. Il avait posé une main miniature sur l’échancrure du corsage. Une perle de sueur glissait irrésistiblement vers une fine gorge sombre, une perle de lumière avec laquelle je me glissais entre deux boutons de nacre. Le train fuyait.
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le_Bison
le_Bison30 décembre 2013
Paris a eu le culot de m'accueillir avec des trombes d'eau. Il tombait de la glace pilée, une grosse colère dont je n'étais pas responsable, et je savais déjà que je n'attendrais pas le printemps pour trouver le bonheur. Ce n'était pas collé au cul d'un camion qui fumait du dioxyde que j'allais le trouver. C'était un cauchemar pour qui avait encore le goût du gingembre dans la bouche et le souffle de Jo sur la nuque.
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Chrisdu26
Chrisdu2608 décembre 2015
Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l’emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt.

Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule.
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le_Bison
le_Bison28 janvier 2014
J’avais seize ans et j’étais impatient. Fidèle à ma jeunesse, je ne pouvais attendre. Je suis parti. Peut-être aussi, j’aimais ce vieux sur le quai des grumes qui me disait : tu vois, « petite goule », l’ouest, c’est à gauche sur la rose des vents si tu regardes le nord, à moins le quart, à 270°, quoi ! Pour moi, l’ouest c’est un bar du boulevard de la soif, un quai du môle face au large à recevoir les lames par force 8. L’ouest, c’est chez nous. Et l’est, monsieur, c’est où ? De l’autre côté, là-bas. C’est loin ! Point ! Ici, en bord de côte ou dans les ports, on regarde vers l’ouest, le large, et quand on appareille, c’est par là, petit. Il avait raison. Toujours à l’ouest.
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