Un roman cubiste - comme "Parade" fut un ballet cubiste, "ou réaliste, comme on voudra" -, où intervient constamment la quatrième dimension - cachée derrière la troisième, mais on n'y prête généralement pas attention-, de l'esprit, que définit ce tableau, miroir inoubli... > voir plus
Les pérégrinations d'un homme incongru auquel il n'arrive que des choses incongrues. Dans la trivialité des objets du quotidien surgissent des paysages oniriques. On s'attendrit de ses pensées vagabondes et baroques. L'Incongru, c'est un peu moi, c'est un peu vous. Un livre envoûtant: à la fois drôle et inquiétant, poétique et décapant, déjanté, sublime, sublime...
Une sorte de Dali littéraire.
Gustave avait un instinct de divination des plus subtils et, par exemple, il souriait en toute connaissance de cause aux promeneurs dont le pouce du pied sortait de la chaussette que l'ongle avait trouée.
L'homme au doigt de pied hors de la chaussette, gardant son mal secret, affecte un grand air d'impunité, et exagère son aspect honorable et son orgueil d'homme qui est censé porter des chaussettes sans trou.
Alors se produisit une scène d'une incongruité sans bornes. Gustave décrocha le bocal et lâcha les poissons comme s'ils eussent été des oiseaux; les poissons, au lieu de tomber dans la rue, poursuivirent leur chemin dans l'air comme des poissons dans l'eau, et le bocal vide échappa à Gustave et monta au ciel, tel un ballon d'enfant.