ISBN : 2070120570
Éditeur : Editions Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.18/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
« Les enfants courent, en bas, dans la rue, ils sortent de l’école avec des bruits d’oiseaux, de billes sous les fenêtres de Lucie L. endormie. Ils traversent le sommeil, léger à cette heure, de Marie G. couchée sur sa paillasse, émoussés par la distance, font éclater à... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Jemlyre, le 20 octobre 2010

    Jemlyre
    Qui touche à mon corps je le tue... je m'attendais à une sorte de livre/témoignage sur le viol, c'est ce que le titre m'a inspiré de prime abord.
    Et bien que nenni ! Quoique...peut-être le viol, dans le sens large du terme.
    La construction du livre est assez déroutante, il s'agit de trois histoires de vie entremêlées, et quelque chose que je n'arrive pas à identifier dans le style condensé utilisé par l'auteur fait que l'on ne poursuit pas cette lecture avec grand plaisir. Une certaine froideur et un manque d'affect qui sont peut-être appropriés à la souffrance des personnages féminins, obligés de « se dissocier » pour moins souffrir.
    On sent ces pages comme un cri de haine et de douleur ! D'où une certaine violence (qui n'en est pas une) perçue par certains lecteurs.
    Ceci dit, le livre ,ne manque pas d'intérêt et le sujet abordé est grave et difficile.
    Le rapport au corps. Vaste sujet...
    Lucie (on pourrait écrire des pages rien qu'en essayant d'analyser l'étymologie de ce prénom à laquelle l'auteur fait référence. Que symbolise donc cette lumière ? Un changement de la condition féminine ?) a une relation quasi fusionnelle avec sa mère, elle se marie, tombe enceinte et avorte.
    Elle ne se sent vraisemblablement pas prête à devenir mère. Son mari est loin, au front. Est-ce sa façon de dire non au conformisme de la société qui veut que l'on devienne forcement mère et qui condamne très violemment l'avortement ?
    Le corps de Lucie est décrit comme une plaie béante qui se vide de son sang. Pourtant, elle entretient un semblant de relation avec l'embryon qu'elle porte et va même jusqu'à lui donner un prénom. Peut-on voir dans tout ceci une certaine ambivalence ? Lucie sait-elle ce qu'elle veut ou subit-elle les événements ?
    On nous dit qu'elle est à la recherche d'un amant capable de lui prodiguer des caresses susceptibles de la réconcilier avec son corps.
    Non, son corps ne doit pas être qu'une plaie...il faut qu'elle se le réapproprie.
    Marie, « faiseuse d'anges », qui a été mère, femme et maîtresse, est condamnée à la peine capitale. Pourtant, jusqu'à son exécution, elle ne saisira pas la raison de l'acharnement de la justice sur elle. Elle ne pensait pas à mal, elle rendait service...les gens la remerciaient.
    Et pourquoi dit-on qu'elle a été une mauvaise mère ? Elle-même n'a pourtant pas cette impression.
    La description de Marie dans sa cellule est très touchante. Il est difficile d'imaginer ce que l'on ressent à la veille d'une exécution.
    Quant à Henri, le bourreau, il porte le lourd fardeau de ce métier et du suicide de son fils qu'il voulait « rendre plus homme » en l'incitant à assister à une mise à mort. A noter que ce fils a souffert du départ d'une femme que Henri semble avoir très peu en estime.
    Il est également intéressant de voir les aspects décrits de la relation conjugale que le bourreau a avec son épouse.
    En définitive, dans ce roman, les femmes souffrent et le personnage masculin est un bourreau.
    Faut-il extrapoler à cet éternel débat sur la relation homme-femme ? Sur la question de savoir si le corps de la femme lui appartient dans une société prompte à juger telle que celle qui est décrite dans ce livre ?
    Nous pouvons également essayer d'analyser le titre du livre « Qui touche à mon corps, je le tue ».
    Qui a touché aux corps des personnages féminins de ce roman ?
    Je trouve qu'il y aurait énormément à dire sur le sujet et ce livre se prête facilement au débat.

    Lien : http://partage-lecture.over-blog.com
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    • Livres 1.00/5
    Par mimipinson, le 15 juin 2010

    mimipinson
    J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune . Ma première réaction fut de ne pas vouloir le lire dans la mesure où le sujet ne m'inspirait pas du tout. le hasard a voulu que mes yeux rencontrent ce livre…le sort en était jeté.
    Hélas, ma première impression se confirmait assez rapidement ; avec bien du mal je parviens à venir à bout de cette lecture.
    Le récit se déroule sur 24 heures, et a pour cadre 3 personnages dont les destins se croisent et s'entrecroisent. Lucie L. vient de se faire avorter et attend… ; Marie G faiseuse d'anges, est dans sa cellule, condamnée à mort, et attend, elle aussi…….. Henri d'.actionne la guillotine à la prison, il attend l'aube…….
    La lecture a été pour moi pénible, à la limite du supportable. Les propos sont d'une rare violence, et dureté. Certes, les 3 personnages ont des passés douloureux, semés d'embuches. Mais tout de même ; ce n'est pas une raison pour traiter l'avortement de cette manière là. Si la société a longtemps condamné celles et ceux qui transgressaient l'ordre établi, la maternité comme seul voie possible pour les femmes, si le sort réservé à celles qui à cette époque (la seconde guerre mondiale) avortaient ou se faisaient avorter était cruel, un peu de douceur dans ce monde de brutes n'aurait pas fait de mal.
    La construction de ce roman, ne m'a pas plus conquise. J'ai trouvé les phrases longues, trop longues, au point parfois de manquer de souffle pour les lire jusqu'au bout.
    Au fond, je n'ai rien compris à ce récit : ni le sens que l'auteur a voulu y donner, ni les raisons de cette violence. La seule chose que je parvienne à formuler, c'est de dire que cette lecture ne m'a pas plu. En revanche je suis incapable de déterminer la ou les émotions qu'elle m'a inspiré. Rarement une lecture aura été pour moi, à ce point un grand moment de solitude.
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    • Livres 5.00/5
    Par myloubook, le 01 octobre 2008

    myloubook
    Voilà un nouveau roman de Valentine Goby assez sombre. Ici trois histoires se croisent et se mêlent. Celles de Lucie L., jeune femme qui se tord de douleur après avoir avorté ; de Marie G., faiseuse d'anges qui attend son exécution dans sa cellule ; de Henri D., bourreau. le dernier jour, la dernière nuit passent et chacun vit à sa manière ce lent décompte avant l'inéluctable.
    Si le sujet a priori macabre peut faire frémir (ou simplement hésiter) quelques lecteurs, il serait bien dommage de ne pas se laisser tenter.
    Dans ce récit resserré et dense, alors qu'un événement majeur approche et s'apprête à bouleverser leur existence, les trois personnages laissent leurs pensées tourbillonner, songeant à leur enfance, aux éléments marquants de leur vie et à ce qu''ils sont devenus aujourd'hui. Pour des raisons différentes bien que liées, chacun subit l'angoisse écrasante de l'instant présent dans un état de fébrilité qui rend ses réflexions plus lucides et lui permet de percevoir les sensations avec plus d'acuité.
    Ces destins brisés, ces vies tourmentées et indirectement mêlées sont racontées avec l'urgence qui caractérise l'écriture de Valentine Goby et qui rend avec violence et précision les bouleversements intimement vécus par chaque protagoniste. Vibrant hommage à trois personnages que rien ne devait a priori distinguer des autres (comme le rappelle l'anonymat conféré par le prénom banal suivi d'une initiale), ce roman foisonnant d'émotions ne manquera pas d'ébranler son public. Voilà une lecture riche, sublime bien que douloureuse et un roman immense, intensément vécu, absolument magnifique.


    Lien : http://www.myloubook.com
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    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 07 juin 2010

    oops
    Un court roman à quatre voix sur l'avortement dans les années 1940. De séquence en séquence, on suit pendant 24 heures les protagonistes : Lucie L., la femme avortée, Marie G., la faiseuse d'anges condamnée à mort, Henri D. le bourreau et la narratrice. L'auteure évoque d'une façon sombre et émouvante la jeunesse de chacun marquée pour les trois par un attachement particulier à leur mère. Puis elle nous fait découvrir avec lenteur l'inévitable basculement de ces destins qui ne font pas l'histoire mais la subissent ! un texte cru et sans doute dérangeant pour certains mais qui mérite vraiment d'être lu justement parce qu'il bouscule.
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    • Livres 1.00/5
    Par MALIKA, le 30 septembre 2010

    MALIKA
    l'avortement en 1940 vécu par 3 personnes ...oui l'idée de base est passionnante et aurait pu donner un magnifique roman ...mais l'histoire n'est pas tout ...c'est le style qui fait un grand roman, et là pour le coup le style est confus, redondant, parfois brutal et ne m'a pas du tout permis de rentrer dans l'histoire de chacun !!!
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Citations et extraits

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  • Par Reka, le 12 octobre 2010

    Il y a d'autres images où je cours à travers la pièce avec mon frère, nous sommes des chevaliers, nous galopons sur nos chevaux en faisant claquer nos semelles, moi je suis le chef, je donne des ordres. Toi, tu t'appuies à la fenêtre, tu portes la main à ton front comme une princesse très lasse et tu dis « Vous faites tellement de bruit, les enfants. Tu m'épuises, Jules-Henri, tu me tues ». Elle est debout, pas transparente encore, le moment est proche mais il reste quelques semaines ou quelques mois, et elle dit que je la tue. Moi, je ne me rends pas compte, je continue, je joue, je crie, je pourfends mes ennemis, il y a moins de beignets aux pommes mais je n'en tire aucune conclusion, maman ne se lave plus les mains, elle ne sort plus, moi je reste un dragon, un loup-garou, je me tapis dans l'ombre avec mon frère, nous sommes toujours vainqueurs, nous hurlons à papa que c'est fait, les ennemis sont découpés en morceaux. Pendant ce temps, ma mère nous a prévenus : elle meurt. Pas d'un coup. D'abord, une autre personne couche dans son lit, une femme maigre avec des milliers d'os qui tousse et crache du sang. Je demande à la femme où est ma mère, elle répond que c'est elle mais je ne la crois pas, elle dit Jules-Henri, mon garçon, je reconnais sa voix alors je demande pardon, ses os me transpercent, je m'excuse de t'avoir tuée, je n'ai pas fait exprès, j'ai cru que c'était une blague, tu me tues Jules-Henri tu avais dit, une phrase de princesse fatiguée, maintenant tu m'embrasses et on oublie tout, d'accord, je ne crie plus, je ne cours plus et toi tu ne t'épuises pas, tu ne meurs plus, un baiser et terminé, hein maman, hein? Le mal est fait. J'ai tué ma mère. (p. 31-32)
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  • Par Reka, le 12 octobre 2010

    La peau des condamnés, toute réaction de leur chair, de leurs nerfs, il ne peut rien en voir. Il refuse de découper lui-même les cols de chemise, les cheveux des femmes, ces morceaux de tissus tombés à terre enferment une telle tiédeur, et ces cheveux qui ont collé au cou une odeur de transpiration, de sébum, et quand les lames de ciseaux effleurent la nuque, il y a ce réflexe de la peau qui se rétracte, se couvre de minuscules protubérances et frissonne, cet homme, cette femme a froid, c'est ignoble. Les condamnés, je les veux raides, silencieux, dociles, je les veux morts [...] (p. 100)
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  • Par Reka, le 12 octobre 2010

    Plus tard, tant de fois, je serai tentée de disparaître à nouveau dans son corps, je reviendrai à la maison étranglée de chagrins atroces, je m'effondrerai, à cause de ma voix cassée, à cause de la caresse inachevée d'un homme, j'attendrai de ma mère qu'elle porte tout, supporte tout, qu'elle m'absorbe, je me laisserai tomber dans son amour qui n'a pas de fond. Nous nous refermerons comme un coquillage, nous suffisant l'une à l'autre, hermétiques au monde extérieur. Cela durera quelques heures ou quelques jours, le temps n'aura pas de contours, il s'étirera, doux, indifférencié, comme celui des nourrissons, du sein maternel au sein maternel. Jusqu'à ce que les murs m'écrasent, et le corps de ma mère, ses mains, ses mots, ses silences, ses biscuits, son lait chaud, ses tissus aux couleurs passées pendus raides devant chaque fenêtre, étendus sur le sol, enveloppant les coussins, les traversins, moi que l'air n'entre plus dans ma poitrine, que j'ouvre toutes les fenêtres, que je crache mon asthme, que je fuie cet amour, je suis égoïste et injuste, ma mère le pense mais elle lutte contre les larmes de peur que je ne revienne plus, elle se retient, et me retient, si peu. (p. 53)
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  • Par Reka, le 12 octobre 2010

    Les mains râpeuses de sa mère, Marie G., les pose sur ses joues, sa tête tient juste à l'intérieur. Elle voudrait les baiser mais sa mère les retire, elles sont tellement occupées, ces mains, impossible de les avoir un instant à soi. Marie G. voudrait être une robe, une chemise, un jupon, un drap sale, n'importe quoi qui passe entre les mains de sa mère et reçoit le temps qu'il faut, ses caresses de papier de verre. (p. 58)
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  • Par Reka, le 12 octobre 2010

    Nous avons un grand corps, ma mère et moi, son visage est le mien et moi je suis elle, c'est pourquoi nous pleurons et rions ensemble. Je prends son visage entre mes mains, je colle mon nez au sien, je le lui dis, qu'elle est magnifique, elle rit, elle dit Lucie, mon amour. Longtemps tout ce qui se dresse entre nous est une douleur abominable, à cause du corps coupé en deux : la nuit, l'école, les disputes. (p. 45)
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L'expérience du Groenland .
Pour la romancière Valentine Goby : "écrire est un voyage". Elle part régulièrement découvrir de nouveaux territoires qui servent de toile de fond à ses romans.








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