ISBN : 2290343110
Éditeur : J'ai Lu (2004)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 116 notes) Ajouter à mes livres
MÉPHISTOPHÉLÈS : - Je veux ici m'attacher à ton service, obéir sans fin ni cesse à ton moindre signe ; mais, quand nous nous reverrons là-dessous, tu devras me rendre la pareille. FAUST - Le dessous ne m'inquiète guère ; mets d'abord en pièces ce monde-ci, et l'autre pe... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 21 avril 2012

    nastasiabuergo
    Étonnant pouvoir de la relecture... Mue à l'origine par l'élan propre à la dégustation d'un mets exquis, j'abordai cette prime lecture de Faut, qui plus est, traduit par Nerval, comme une merveille de caviar servie sur un lit de foie gras. le palais peu forgé, faute d'âge ou de fondements, d'épaisseur ou de référents, de saveurs indicibles, peu à peu mon caviar sur foie gras c'était transmuté en rillettes premier prix de hard discount. Je mâchai sans grand plaisir ces syllabes au corps gras de vers aux musiques intraductables (non, « intraductansibles » serait plus correct). Je restai donc, des années durant, sur cette relative indigestion.
    Tout à coup, l'autre jour, sans motif ni pourquoi, Le nez dans la bibliothèque, aux voisinages des Giono des Gogol et autres Golding, mon œil sans trop savoir, s'est arrêté sur Faust. Ah, non ! Pas celui-là ! … et pourquoi pas ? Effectivement, c'eut été bêtise que de ne point retenter l'expérience de vendre mon âme à Goethe. Et bien m'en a pris car, même si j'ai retrouvé certaines indigestes bouchées, notamment tout le passage dans la cave de Leipzig ou les fêtes avec les sorcières (Walpurgisnachtstraum), la dimension philosophique et allégorique m'a mieux impressionnée qu'à la première lecture à froid.
    Que nous dit Goethe dans Faust et Faust sur Goethe ? J'y vois tout d'abord une allégorie de l'Homme en quête de sens à donner à sa vie. Faust n'a plus guère de foi et du haut de sa science se heurte à des écueils insurmontables. Il voit couler sa vie au fond d'un noir terrier et se dit que bientôt la mort viendra le cueillir sans qu'il ait pu jouir de quoi que ce soit dans l'existence. D'où sa secrète invocation du diable, ou plus exactement, avec l'aval de Dieu, pourquoi le diable s'essaie à le soudoyer. Ainsi donc, selon Goethe, c'est le désespoir qui crée l'appel aux forces du mal et non comme on pourrait le penser de prime abord, l'envie, même si c'est bien l'envie de connaître toujours plus qui pousse Henri Faust à pactiser avec Méphistophélès. Ce faisant, l'auteur insiste beaucoup sur la falsification des mots ou des apparence. Son Faust était dans le faux avec sa science, il le sera également dans ses jouissances. Goethe développe aussi la notion d'utopie de la pureté, au travers de Marguerite notamment. Selon lui, ce que l'on pense être pur chez l'humain provient surtout du fait qu'on a une connaissance imparfaite des différentes facettes de cet humain.
    Quel autre message nous délivre l'auteur ? Un pessimisme hors norme pour l'époque, à savoir que, quelle que soit votre quête, elle sera vaine. Lorsque Faust obtient les pleins pouvoir des mains de Satan, celui-ci s'adonne à la fête, il s'y ennuie très vite, puis il se donne à l'amour, qui bientôt flétrit, entraînant au passage la chute d'une fille honnête. le voyage ne semble guère mieux lui réussir tout comme les richesses. Quelle est donc la voie du salut pour Goethe ? Je ne l'ai pas trouvée dans cette lecture, la vie y semble nécessairement vouée à être subie avec son cortège de souffrances et d'insatisfactions.
    Mais au cours du temps, Faust a aussi pris une dimension de "récit mythique" un peu d'ailleurs comme l'autre grande trouvaille de Goethe, « L'apprenti sorcier ». Sommes-nous tous des docteurs Faust prêts à vendre notre âme au diable pour jouir de menus privilèges, sommes-nous tous des apprentis sorciers qui jouons avec le feu de l'existence ? On comprend que Johann Wolfgang von Goethe ait eu une influence décisive sur la littérature allemande au tournent du XXième siècle, je pense notamment à Thomas Mann, avec la "tentation du diable".
    Pour conclure, une lecture que je trouve riche philosophiquement parlant mais pas spécialement roborative sur le plan stylistique ou littéraire, ce qui n'est, évidemment que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 24 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture...
    Publiée, à titre posthume en 1832, la deuxième partie de Faust, ou Faust II, est la suite de la première. C'est toutefois une œuvre entièrement différente, par le ton adopté, par les thèmes abordés et par la date de l'écriture.
    Elle est l'œuvre majeure des dernières années de Goethe. Moins tourmentée, moins tournée vers l'expression des angoisses personnelles, elle aborde davantage des problèmes politiques ou sociaux.

    Faust est appelé, ainsi que Méphistophélès à la cour de l'empereur.
    Celui-ci manquant d'argent, Méphistophélès, comme l'aurait fait un John Law, lui suggère d'utiliser le papier monnaie.
    Dans l'acte II, Faust retrouve son famulus, Wagner, qui est en train de créer un homme artificiel, homunculus.
    Parallèlement, Faust, officiellement pour amuser la cour, décide de ramener un temps sur terre les fantômes d'Hélène et de Pâris. Cela l'obligeant de descendre dans la demeure des divinités les plus mystérieuses jamais conçue, les "mères".
    Faust étant tombé sous le charme de la princesse sparte, il demande à Méphistophélès de l'amener en Grèce antique.

    L'acte III est tout entier construit comme une tragédie grecque.
    Hélène vient d'être ramenée dans le palais de Ménélas avec les captives troyennes qui forment le chœur.
    La Phorkyade, qui n'est autre que Méphistophélès déguisé, l'avertit que Ménélas, ivre de vengeance, entreprend de la tuer . Puis il l'amène au château fort moyen-ageux dont le seigneur n'est autre que Faust.
    Hélène et Faust vivent heureux dans des cavernes situées à proximité de la mer, et ont un fils, Euphorion "fruit de l'amour le plus beau" (Gœthe avait songé à Byron en le créant).
    Or Euphorion chute et meurt.
    En conséquence, Hélène quitte Faust en se dissolvant progressivement.

    Le climat est tout entier différent au Quatrième acte .
    Faust est sur une montagne et chante sa déception amoureuse.
    Méphistophélès arrive et lui rapporte que les féodaux se sont révoltés contre l'empereur et qu'une grande bataille s'organise.
    Grâce à l'aide de ses démons, Méphistophélès anéantit l'armée des féodaux, et l'empereur en reconnaissance offre une terre à Faust.

    L'acte V voit un Faust, rallié aux méthodes d'exploitation modernes et capitalistes de la terre tentant d'obtenir la propriété de Philémon et Baucis.
    Ceux-ci refusent, ses hommes outrepassant ses ordres les tuent et détruisent leur habitation.
    Faust, meurtri par ce qui a été fait, voit quatre divinités lui rendre visite, Pauvreté, Dette, Détresse et Soucis, et cette dernière le résigne à accepter la mort.
    Il décède mais, Marguerite, en rachetant son âme, l'arrache des mains de Méphistophélès
    source : wikipédia


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Chef-d'œuvre que j'ai lu trop jeune la première fois et que je n'ai vraiment apprécié que lors de cette relecture tardive. Les longs monologues des personnages principaux, comme ceux de Faust ou de Méphistophélès, contrastent avec les répliques courtes et vives des passants ou des sorcières du Sabbat, tout comme la narration en prose avec certains chants en vers dans cette traduction De Nerval. Cela crée une œuvre riche et polymorphe où chacun peut y trouver son compte. L'ensemble de la pièce étant donc diversifié, que ce soit au niveau de la forme ou des thèmes abordés, cela aide au maintien de l'attention du lecteur. J'ai personnellement préféré les passages avec Marguerite, personnage particulièrement émouvant avec lequel se clôture la pièce. Elle est autant en proie aux dilemmes et aux déchirements que Faust, sinon plus par sa position sociale particulière en tant que femme à qui l'adultère et l'amour hors mariage est refusé, contrairement à un homme.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par kathy, le 19 octobre 2011

    kathy
    Goethe est un mastodonte, un ponte des arts et des lettres allemands. Dramaturge, poète, théoricien, philosophe et homme de sciences, Goethe rédige une oeuvre considérable qui marque son temps.
    Son influence sur le monde : A l'image de "Faust" -vieux mythe germanique qu'il confronte à la mythologie grecque-, le talent de Goethe s'exprime pleinement lorsqu'il réunit romantisme, mysticisme et classicisme littéraire.
    Du reste, ses pièces aussi bien que ses essais traduisent une affection politique et morale pour les valeurs de la République. Son oeuvre influencera en ce sens une grande partie de l'élite allemande. (source l'Internaute Livres)
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    • Livres 3.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Une lecture a la fois intéressante mais certains passages sont assez lourds. J'ai vraiment eu du mal à plonger dans l'histoire, et je trouve que parfois les différents chapitres s'enchainent en laissant de gros vide. le thème du pacte avec le diable est intéressant, l'éternel lutte du bien et du mal.
    Je pense tout de même que voir la pièce jouer doit être radicalement différent de la lecture et surement plus plaisant.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 14 mai 2012

    FAUST : Que vois-je ? quelle céleste image se montre dans ce miroir magique ? (...) La plus belle forme de la femme ! Est-il possible qu'une femme ait tant de beauté ! (...)
    MÉPHISTOPHÉLÈS : Naturellement, quand un Dieu se met à l’œuvre pendant six jours, et se dit enfin bravo à lui-même, il en doit résulter quelque chose de passable.
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  • Par nastasiabuergo, le 14 mai 2012

    L’ÉCOLIER : Cependant un mot doit toujours contenir une idée.
    MÉPHISTOPHÉLÈS : Fort bien ! mais il ne faut pas trop s'en inquiéter, car, où les idées manquent, un mot peut être substitué à propos ; on peut avec des mots discuter fort convenablement, avec des mots bâtir un système ; les mots se font croire aisément.
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  • Par nastasiabuergo, le 13 mai 2012

    MÉPHISTOPHÉLÈS : (...) Il y a bien, pour se rajeunir, un moyen tout naturel, mais il se trouve dans un autre livre, et c'en est un singulier chapitre.
    FAUST : Je veux le connaître.
    MÉPHISTOPHÉLÈS : Bon ! C'est un moyen qui ne demande argent, médecine, ni sortilège : rends-toi tout de suite dans les champs, mets-toi à bêcher et à creuser, resserre ta pensée dans un cercle étroit, contente-toi d'une nourriture simple ; vis comme une bête avec les bêtes, et ne dédaigne pas de fumer toi-même ton patrimoine ; c'est, crois-moi, le meilleur moyen de te rajeunir de quatre-vingts ans.
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  • Par nastasiabuergo, le 13 mai 2012

    LE POÈTE :
    (...)
    Ce qui s'accroît trop vite est bien près de finir :
    Mais le laurier tardif grandit dans l'avenir.

    LE BOUFFON :
    Oh ! la postérité ! c'est un mot bien sublime !
    Mais le siècle présent a droit à quelque estime,
    Et, si pour l'avenir je travaillais aussi,
    Il faudrait plaindre enfin les gens de ce temps-ci :
    Ils montrent seulement cette honnête exigence
    De vouloir s'amuser avant leur descendance...
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  • Par nastasiabuergo, le 13 mai 2012

    MÉPHISTOPHÉLÈS : Et moi, je me sens éveillé comme ce petit chat qui se glisse le long de l'échelle et se frotte légèrement contre la muraille ; il me paraît fort honnête d'ailleurs, mais tant soit peu enclin au vol et à la luxure.
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Thomas Hairmont- le Coprophile (POL) : Où Thomas Hairmont tente d'expliquer d'où vient "Le Coprophile", et parle de la matière du livre et de la matière fécale, de l'excrément et de l'extrême, des formes et du vivant, du corps et du corps social, des mathématiques et des surfaces, de l'intérier et de l'extérieur, de l'usage de la première personne et de l'abstraction, de la narration et du lecteur, des sensations et des descriptions, de Goethe, de Dante et de William Blake, de la merde et de la quête de l'absolu, au moment où paraît "Le Coprophile" aux éditions POL, à Paris le 22 février 2011











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    •   mais aux ânes benêts, le râleur n’attend point le nombre des années.
    •   mais à mon Amédée la chaleur de mon corps et mes boutons d’acné.
    •   mais aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années.
    •   mais j’amène à mon nez, malgré les persifleurs, ma langue dépliée.

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