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Gustave Aucouturier (Éditeur scientifique)Henri Mongault (Traducteur)Vladimir Pozner (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070364259
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 448 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture

« Et que voulez-vous faire de cet état ?» s'enquit alors Manilov.
Cette question parut embarrasser le visiteur; il rougit et sembla faire effort pour chercher ses mots. De fait, il était réservé à Manilov d'entendre des choses extraordinaires, comme jamais encore oreille humaine n'en avait ouï. « Vous désirez savoir ce que j'en veux faire ? Voici : je désire-acheter des paysans... prononça enfin Tchitchikov qui s'arrêta ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
aouatef7903 juin 2015
  • Livres 5.00/5
Tout écrivain porte en lui un livre essentiel , l 'oeuvre où il doit "tout dire ". du jour où
il l 'a entrevu , où il a commencé à en prendre conscience ,se pensée ,sa vision du
monde et la conception de sa propre vie gravitent autour de ce pôle ; l 'oeuvre
devient le symbole de l 'homme , son message .
"Les Ames Mortes "est l 'oeuvre majeure de Gogol ( avec un autre livre :Le Manteau
de quoi s 'agit-il dans "Les Ames Mortes " ? IL s 'agit d un 'escroc ,Pavel Ivanovitch
TCHITCHIKOF .Ce dernier a une extraordinaire idée pour faire fortune : il va
racheter des âmes mortes .
Dans l 'ancienne Russie ,les paysans ( les âmes mortes ,comme l 'on disait ) étaient considéres comme une valeur mobilière : on les vendait ,on les achetait ,et le
propriétaire payait un impôt par tête de serf mâle et adulte . le recensement avait
tous les dix ans ,si bien qu 'entre temps il continuait de payer l 'impôt sur tous les
serfs décédés de sa propriété .L 'idée géniale et magistrale de TCHITCHICOF
consistait à racheter en bonne et due forme les âmes mortes depuis le dernier
recensement : le propriétaire serait bien heureux de céder un bien fictif et de se
libérer d 'un impôt réel et tout le monde y trouvera son compte : rien d 'illégal dans
cette transaction ; et lorsque l 'acquéreur possèderait quelques milliers de serfs ,
il porteait ses contrats à une banque de Moscou ou de St-Pétersbourg et
emprunterait sur ces titres une forte somme .IL serait riche et en état d 'acheter
des paysans de chair et d 'os !
En conclusion ce livre de Gogol est une satire de la médiocrité humaine et une
critique virulente et impitoyable de la Russie tsariste .
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Erveine
Erveine25 juillet 2016
  • Livres 5.00/5
Si tant bien portraiturés qu'aussitôt je m'encanaille à les fréquenter, les personnages des Âmes mortes qui rejaillissent sous la plume de l'auteur, puis sous le trait accentué de Marc Chagall, (édition du Cherche Midi) lequel force à souhait, la rondeur, des figures aux caractères, ou brossant le crin de quelque animal. Comme il est plaisant de s'en aller fureter et d'antres se repaître, entre les pages illustrées jalonnant la campagne russophone de Nikolaï Gogol. Chacun reflétant un unique aspect, le très bon Appatov, la mièvre dame Kassolette, ce bandit de Nasov, l'ours grosse pogne Kabotievitch et sa longiligne Théodulie, ainsi que le rustre et avare Pluchkine. Et en avant la troïka : « Allez, mes gaillards » dit Sélifane le cocher, ici, tout vit, du bai, du truité et de l'alezan, l'animal n'est pas en reste, qui des chevaux aux gens de peu ou l'inverse, il n'y a pas d'avant après.
―La clochette sonne à tout va, mélodieuse, l'air déchiré gronde et se fait tempête, tout, tout ce qui est au monde défile vers l'arrière, cependant que, lui jetant des regards obliques, États et nations se rangent pour lui livrer passage…
Ainsi s'achemine une histoire qui n'a pas de fin, telle est la consonance du poème de Gogol qui perdure dans le temps tandis que s'élèvent les âmes et se figent les desseins dans l'imaginaire destination d'un Tchitchikov volant.
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Zebra
Zebra19 août 2012
  • Livres 3.00/5
C'est en 1837 que Gogol poursuit, à Rome, l'écriture de son oeuvre capitale, les "Aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes", oeuvre dont il avait déjà esquissé le début à Pétersbourg puis à Paris. La 1ère partie de ce roman, intitulé poème fut publiée en 1841; la seconde partie ne devait jamais voir le jour, Gogol ayant jeté au feu tous ses brouillons par une nuit de janvier 1852, quelques semaines avant sa mort.
Gogol ne se consacra définitivement à la littérature que parce qu'elle était à ses yeux un "service social"; c'est probablement ce qui explique ses descriptions au scalpel de la société russe de son temps. Car l'art de Gogol est spontané, gratuit, comme un jeu auquel il se livre pour son propre plaisir, mais un jeu basé sur l'observation singulièrement aiguë de la réalité. le ton est tout à tour enjoué, sérieux, raisonneur mais jamais ennuyeux.
On a reproché à Gogol d'avoir observé et rapporté les travers d'une société composée d'être nuls et plats : les personnages des Âmes Mortes réunissent en fait des traits de gens qui se considèrent meilleurs que les autres. Cocasses ou pitoyables, grotesques ou ridicules, jamais ternes ou conventionnels, les personnages des Âmes Mortes sont de tous les temps, de tous les pays. Quant aux descriptions du paysage russe d'alors, elles relèvent d'une minutie quasi photographique. Bref, un vrai documentaire sur la Russie du milieu du 19ème siècle.
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LAULAULA
LAULAULA04 mai 2014
  • Livres 5.00/5
Lorsque j'ai refermé ce livre, il y a longtemps, j'ai pensé: ce Gogol est un génie ! Les âmes mortes, les aventures de Tchitchikov est tout simplement un chef d'oeuvre. La trame de cette histoire est née d'un grand esprit ; les personnages sont réels et absurdes à la fois à tel point que l'humour, mordant et précis, est présent à chaque page. Et que dire des descriptions de la Russie qui nous font aimer ce pays et ses habitants, malgré tout ?
C'est le récit d'une gigantesque escroquerie, réalisée par un héros fin stratège. Quant aux personnages secondaires, ils sont impitoyablement caricaturés par l'auteur : exemplaires uniques d'une humanité moralement monstrueuse. le tout transporté par une écriture d'une pureté intemporelle.
Bref... Un très grand livre, à la fois en dehors du temps et terriblement actuel.
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Moosbrugger
Moosbrugger01 octobre 2013
  • Livres 5.00/5
(Lu il y a 2 mois- Traduction d'Henri Mongault)
Le « poème » de Gogol est avant tout une sorte de comédie de caractères. Et Il faut bien dire que ceux-ci sont magnifiquement décrits ! Notre empire Russe du XIXème est en effet habité de personnages à la médiocrité pour le moins intemporelle. Pour donner un exemple significatif, tout à chacun connait aujourd'hui son Nozdriov :
« Certaines gens ont la rage de faire des vilenies à leur prochain, souvent sans aucune raison. Un monsieur haut gradé, des plus décoratifs, plaque à la poitrine, vous serre la main, vous tient des propos élevés, pour aussitôt vous faire en public une crasse, une crasse plus digne d'un gratte-papier que d'un monsieur portant plaque à la poitrine et tenant des propos élevés ; vous demeurez stupide et vous ne pouvez que hausser les épaules. Nozdriov avait lui aussi cette manie. Plus vous pénétriez dans son intimité, plus il vous jouait de vilains tours ; il répondait sur votre compte de stupides cancans, vous faisait manquer un mariage, une affaire, sans pour cela se croire votre ennemi. Bien au contraire, s'il vous rencontrait par la suite, il se montrait empressé, vous disait même : - Ah çà ! vielle canaille, pourquoi ne viens-tu jamais me voir ? »
De la même façon, chacun pourra également reconnaître son Pliouchkine :
« Pliouchkine avait déjà oublié le compte de ses richesses, mais se rappelait qu'à tel endroit du buffet, un carafon, contenant le reste de ratafia, portait une marque faite par lui pour empêcher ses gens de le vider subrepticement.»
Et bien entendu, tout ceci ne nous fera pas oublier ceux de nos contemporains qui partageraient des traits de caractère avec Tchitchikov lui même :
«On ne peut pas dire pourtant que le naturel de notre héros fût dur et sec, ses sentiments émoussés au point d'ignorer la pitié et la compassion. Il n'eût pas demandé mieux que de secourir son prochain, mais pour une somme minime, afin de ne pas entamer l'argent qu'il avait décidé de garder intact. En un mot, le précepte paternel : « Mets tes sous de côté » avait profité. Mais il n'aimait point l'argent pour l'argent ; la lésine, l'avarice lui étaient étrangères. Il rêvait d'une vie de cocagne où rien ne manquerait. Une maison bien montée, d'excellents diners, de beaux équipages : voilà ce qui lui trottait pas la tête. C'est afin de goûter un jour à tout cela qu'il économisait âprement, dur pour lui-même et pour les autres. »
Tchitchikov l'astucieux, Tchitchikov l'escroc, Tchitchikov le prudent profitera des copinages de l'administration, graissera les pattes nécessaires et montera les magouilles financières les plus alambiquées () pour s'assurer en toute liberté de conscience son coin de paradis à peu de frais.
Je ne suis pas en mesure de juger de l'authenticité de la traduction, mais je puis dire que le langage employé est sublime.
Touchons un mot sur l'auteur de ce texte majeur, à la personnalité quelque peu complexe et qui avait, comme tout à chacun, ses moments un peu bougons, voire maussades. Nicolas Vassiliévitch Gogol a cherché vers la fin de sa vie à rejoindre un idéal chrétien plutôt délirant, s'entichant de sectaires zélés, et se serait finalement, dit-on, laissé mourir. Au regard de sa biographie, on voit bien que ce n'était pas le genre à écrire avec désinvolture sur un coin de table, vite fait, bien fait, après un après-midi arrosé avec Pouchkine, son mentor, et encore, quand cela lui chantait. Non, celui-ci vivait des relations pour le moins conflictuelles avec ses écrits, se repentant sans cesse de les avoir publiés.
Ses « âmes mortes », ils les avaient aux trippes, et il était prêt à crever pour les achever. Les personnages de ce roman, il les a puisés dans sa propre personnalité, en partant à la recherche de ses mauvais côtés. Les parties deux et trois des âmes mortes devaient constituer une sorte de rédemption après l'expiation de tous ses démons dans la première.
Des morceaux de la deuxième partie sont d'ailleurs passés au four lors d'une nuit où notre auteur s'était couché de mauvais poêle. Il faudra donc se contenter de fragments publiés après sa mort, omis dans certaines éditions. Ceux-ci sont de la même qualité que la première partie, contrairement à ce qui semble dit un peu partout.
À la lecture, on imagine aisément quel peut être le poids de cet ouvrage dans la culture slave. Être tout à la fois Molière, La Rochefoucauld et Balzac et préparer la littérature russophone pour l'arrivé de Tourgueniev, Dostoïevski, TolstoïGogol se reprochait pourtant lourdement de ne pas assez bien connaître la grammaire Russe. Comme quoi, les puristes devisent, les génies écrivent …
Ce récit picaresque permet également de découvrir l'âme et les paysages de la Russie et d l'Ukraine d'antant et d'aujourd'hui.
Ah, et oui, le plus important : …c'est un roman de péqueneaud.
Le traducteur : Outre Gogol, Henri Mongault à traduit de nombreux auteurs modernes Russe : Tolstoï, Dostoïevski, Tourgueniev. La traduction date de 1925.
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Citations & extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
PenelopePenelope19 juillet 2010
Un autre sort attend l'écrivain qui ose remuer l'horrible vase des bassesses où s'enlise notre vie, plonger dans l'abîme des natures froides, mesquines, vulgaires – que nous rencontrons à chaque pas au cours de notre pèlerinage terrestre, parfois si pénible, si amer, - et d'un burin impitoyable met en relief ce que nos yeux indifférents se refusent à voir ! Il ne connaîtra pas les applaudissements populaires, les larmes de reconnaissance, les élans d'un enthousiasme unanime ; il ne suscitera nulle passion héroïque dans les coeurs de seize ans, ne subira pas la fascination de ses propres accents ; il n'évitera pas enfin le jugement de ses hypocrites et insensibles contemporains, qui traiteront ses chers créations d'écrits misérables et extravagants, qui lui attribueront les vices de ses héros, lui dénieront tout cœur, toute âme et la flamme divine du talent. Car les contemporains se refusent à admettre que les verres destinés à scruter les mouvements d'insectes imperceptibles valent ceux qui permettent d'observer le soleil ; ils nient qu'une grande puissance de pénétration soit nécessaire pour illuminer un tableau emprunté à la vie abjecte et le hausser à la beauté d'un joyau de création ; ils nient qu'un puissant éclat de rire vaille un beau mouvement lyrique et qu'un abîme le sépare de la grimace des historions ! Niant tout cela, les détracteurs tourneront en dérision les mérites de l'écrivain inconnu ; nulle voix ne répondra à la sienne : il demeurera isolé au beau milieu du chemin. Austère est sa carrière, amère sa solitude.
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PenelopePenelope19 juillet 2010
Heureux l'écrivain qui fuit les plats caractères dont la trop réelle banalité rebute et accable, pour s'adonner à la peinture des âmes nobles, honneur de l'humanité ; qui, dans le tourbillon d'images continuellement changeantes, choisit quelques rares exceptions ; qui ne trahit jamais le ton élevé de sa lyre, ne s'abaisse point vers les humbles mortels et plane loin de la terre dans la région du sublime. Doublement enviable apparaît son sort magnifique : il se trouve comme en famille parmi ces êtres d'élite, et les échos de sa gloire retentissent dans tout l'univers. Il flatte et enivre les hommes en leur voilant la réalité, en dissimulant les tares de l'humanité pour n'en faire voir que la grandeur et la beauté. Tous lui battent des mains et font cortège à son char de triomphe. On le proclame grand poète, on affirme qu'il dépasse en génie les autres beaux esprits, comme l'aigle l'emporte sur tous les oiseaux de haut vol. A son nom les jeunes cœurs tressaillent, des larmes de sympathie brillent dans tous les yeux. Personne ne l'égale en puissance ! ...
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ZebraZebra17 août 2012
[...] - Excusez-moi, insista Tchitchikov, est-ce bien ici le bureau des contrats ?
- C'est ici, répondit Ivan Antonovitch en soulevant son bec de cruche ; et il se remit aussitôt à écrire.
- Voici de quoi il s'agit : j'ai acheté à différents propriétaires du district des paysans à transférer. Les actes sont établis, et il ne reste plus qu'à les enregistrer.
- Les vendeurs sont-ils présents ?
- Quelques-uns. Les autres on passé procuration.
- Avez-vous apporte votre supplique ?
- Je l'ai ... Mais j'aurais désiré ... comprenez-vous ... que cela ne traîne pas ... Ainsi, ne pourrait-on conclure l'affaire aujourd'hui même ?
- Aujourd'hui ? Ah! aujourd'hui impossible ! Il faut au préalable prendre des renseignements, savoir s'il n'y a pas opposition.
- Je connais intimement Ivan Grigoriévitch, le président ; cela permettra sans doute d'accélérer les choses ...
- Ivan Grigoriévitch n'est pas seul ; il y a aussi les autres, observa sèchement Ivan Antonovitch.
Tchitchikov comprit l'allusion.
- Les autres ne seront pas oubliés, souffla-t-il. J'ai été moi-même fonctionnaire ... je connais les usages ... [...]
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mellahmellah23 décembre 2012
Collectionnez sur votre route, en sortant de la tendre adolescence
pour passer à l’âge viril et vous préparer à la maturité,
collectionnez précieusement tous vos bons et honnêtes mouvements
d’humanité ; ne les abandonnez pas dans les fanges du
chemin… vous ne les retrouveriez bientôt plus. Elle est effroyable
à voir, la vieillesse qui ne cesse d’avancer sans bruit, et elle
ne laisse rien reprendre, rien de ce qu’on a laissé de soi ! la mort
est moins affreuse qu’elle ; le tombeau est moins impitoyable ;
sur la tombe il est inscrit : « Ci-gît qui fut un homme » ; mais
vous ne lirez pas un mot, pas une syllabe du coeur dans les traits
sombres, glacés, de l’inhumaine vieillesse !
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PiertyMPiertyM23 octobre 2014
L'esprit supérieur qui, loin de railler, sait endurer la raillerie, se montrer indulgent aux imbéciles, ne pas s'irriter, ne jamais se venger, mais garder le calme fier d'une âme impassible.
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Vidéo de Nikolai Gogol
Nicolas GOGOL– Le Portrait
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