> Gustave Aucouturier (Éditeur scientifique)
> Henri Mongault (Traducteur)
> Vladimir Pozner (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070364259
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 101 notes) Ajouter à mes livres
Livre saboté, plusieurs fois brûlé par son auteur (qui voulait lui donner une issue "morale") et resté largement inachevé à la mort de Gogol en 1852, Les Âmes mortes révèlent, outre le génie littéraire de leur cr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Мёртвые души
    Traduction : Henri Mongault.
    Il suffit de lire jusqu'au bout "Les Ames mortes" pour réaliser que le terme "monumental" n'est pas du tout exagéré. Bien qu'un peu lent dans son allure générale (c'était le ton de l'époque), ce roman constitue une analyse minutieuse et réaliste de la société campagnarde russe des années 1830/1840. Si l'on excepte quelques développements sur l'âme russe dans le goût sentimental du XIXème siècle - et que l'on retrouve, sous d'autres formes, chez Dickens, Balzac, etc ... - le style est vif, presque moderne et plein d'humour, de cet humour russe si particulier fait de férocité et de tendresse et qui a perduré contre vents et marées tout au long de l'histoire de ce peuple étonnant jusqu'à nos jours.
    Comme idée de départ, une escroquerie. Pavel Ivanovitch Tchitchikov, un quadragénaire célibataire dont on ne sait pas grand chose (son passé sera brièvement esquissé dans le premier fragment qui nous a été conservé de la seconde partie du roman), fait le tour des campagnes russes pour y acheter des âmes mortes. (Le terme "âmes" désigne ici les serfs des domaines - le servage ne sera aboli que trente ans plus tard, par Alexandre II qui, pour sa peine, sera assassiné par les nihilistes.)
    Evidemment, la grande question - celle que le lecteur n'arrête pas de se poser jusqu'à la fin de la première partie - c'est : "Pourquoi des âmes mortes ?" Tout d'abord parce qu'elles coûtent bien moins cher que des serfs bien en vie. Et ensuite parce que, contrairement à ce qu'il affirme, Pavel Ivanovitch n'entend pas s'en aller coloniser quelque coin perdu du Chersonèse. Non, en fait, ce qu'il désire, c'est contracter un emprunt en donnant pour garanties ces âmes mortes mais que, bien sûr, il affirmera en parfaite santé.
    La quête de Tchitchikov permet à Gogol de nous présenter toutes sortes de propriétaires ruraux typiques : Manilov le rêveur, le très retors Sobakévitch, Pliouchkine, cette étonnante personnification d'Harpagon revu et corrigé à la russe, et quelques autres ... Sans oublier la pléthore de fonctionnaires que les tractations entreprises - Tchitchikov et ses acheteurs trompent l'administration en faisant croire qu'ils achètent et vendent des serfs vivants - vont mettre en branle, à la recherche de quelque pot-de-vin toujours bienvenu.
    La première partie se clôt - ou presque - sur un bal donné par le gouverneur de la province, où ce sont les épouses et filles de ces messieurs qui prennent la vedette et où commencent à courir sur Tchitchikov quelques rumeurs qui enflent, qui enflent ... et qui, finalement, l'amènent à se sauver dans sa vieille britchka, avec son cocher Sélipane et son valet, Pétrouchka.
    De la deuxième partie - dont seuls deux fragments ont été conservés - il est très difficile de dire quelque chose de valable. Si la première partie donne une solide impression d'unité, ici, on en est loin. Une chose est certaine cependant : Tchitchikov ira en prison d'où le tirera cependant une âme bien intentionnée.
    Une fois qu'on a fait son deuil de la continuité de l'oeuvre, il reste toujours le regard acéré avec lequel Gogol condamne l'oisiveté et l'insouciance des propriétaires russes et surtout cet amour du trafic et des tricheries dont le personnage de Nozdriov représente une caricature achevée, tour à tour sympathique, grotesque et répugnante. L'étrange passivité du peuple russe est aussi soulignée - et l'auteur, ici, se fait inquiet, à l'image d'un père pour ses enfants. Quant à l'appareil fonctionnarial, il est implacablement démonté et, plein d'une satisfaction cruelle, Gogol se complaît à nous exposer toute la rouille qui encombre ses multiples rouages.
    Le seul inconvénient de ce roman, c'est que l'on ne peut pas y évoquer de véritable héros. Bien qu'il se place au-dessus des autres en raison de son intelligence et de sa grande fourberie, Tchitchikov ne peut prétendre à pareil statut. Sa rencontre avec Tentietnikov et avec les frères Platonov dans la seconde partie du roman aurait pu lancer celui-ci dans une autre direction mais ce qu'il nous reste de ce manuscrit-là est trop fragmentaire pour qu'on puisse en tirer des conclusions sûres.
    Tel qu'il est, "Les Ames mortes" laisse donc le lecteur sur sa faim. Cependant, il faut le lire, ne serait-ce que pour avoir un aperçu plus exact du grand talent qui fut celui de Nikolaï Vassiliévitch Gogol. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 22 janvier 2011

    alicejo
    Très bonne première partie. Il ne se passe pas grand chose mais on ne s'ennuie pas. En effet, Gogol a un talent fou pour dépeindre les petits travers et la médiocrité de la bonne société russe.
    J'aime beaucoup les petits apartés entre l'auteur et le lecteur.
    Je remets la lecture de la deuxième partie inachevée à un peu plus tard de peur d'être un peu déçue. Après tout, elle n'est parue que bien plus tard...
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    • Livres 3.00/5
    Par Dasazi, le 07 mai 2009

    Dasazi
    Ce roman (ou poème comme préfère le dire Gogol) n'est pas achevé. Seule la 1ère partie est complète. Elle est d'ailleurs excellente, les personnages y sont vraiment savoureux. Petit bémol pour la 2ème partie qui se complet à décrire de manière exagérée la beauté des paysages dans une prose assez nationaliste. Cela n'enlève rien au talent d'écrivain de Gogol. Grande frustration quand même de ne pas savoir la fin de cette histoire telle que l'imaginait Gogol.
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    • Livres 2.00/5
    Par lehane-fan, le 21 octobre 2010

    lehane-fan
    Nabokov a presenté ce livre comme un prodigieux poeme epique...humour , quand tu me tiens!! J'avoue devoir etre totalement hermetique a la poesie alors...
    Tout d'abord les points forts : (..) voilà c'est fait...
    Puis les points legerement irritants : un ennui de lecture qui m'a fait parfois demandé si je ne frolais pas le coma eveillé (d'ou les deux etoiles pour la prouesse medicale)
    , des phrases interminableeeeeeeeeeeeeeeeees , une absence totale de rythme , un recit entrecoupé tres regulierement de mises au point auteur/lecteur dignes des plus grands dialogues du mime Marceau , bref , ma premiere experience Gogolienne largement en-dessous de mes pauvres attentes!!!
    Un probleme d'insomnie , Les Ames mortes et bonjour m'dame Morphée!!!
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  • Par Aela, le 26 janvier 2011

    Aela
    Une magnifique édition de ce grand classique de la littérature russe avec des illustrations de Marc Chagall
    Les héros des "âmes mortes" _ grands et petits fonctionnaires qui n'ont d'existence que par leurs fonctions, mégères castratrices, femmes soi-disant idéales, hommes gonflés de leur soi-disant importance donnent parfois dans le burlesque, l'invraisemblable et s'harmonisent merveilleusement avec le pinceau de Chagall.
    Un beau moment de lecture et de découverte artistique.
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Citations et extraits

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  • Par Penelope, le 19 juillet 2010

    Un autre sort attend l'écrivain qui ose remuer l'horrible vase des bassesses où s'enlise notre vie, plonger dans l'abîme des natures froides, mesquines, vulgaires – que nous rencontrons à chaque pas au cours de notre pèlerinage terrestre, parfois si pénible, si amer, - et d'un burin impitoyable met en relief ce que nos yeux indifférents se refusent à voir ! Il ne connaîtra pas les applaudissements populaires, les larmes de reconnaissance, les élans d'un enthousiasme unanime ; il ne suscitera nulle passion héroïque dans les coeurs de seize ans, ne subira pas la fascination de ses propres accents ; il n'évitera pas enfin le jugement de ses hypocrites et insensibles contemporains, qui traiteront ses chers créations d'écrits misérables et extravagants, qui lui attribueront les vices de ses héros, lui dénieront tout cœur, toute âme et la flamme divine du talent. Car les contemporains se refusent à admettre que les verres destinés à scruter les mouvements d'insectes imperceptibles valent ceux qui permettent d'observer le soleil ; ils nient qu'une grande puissance de pénétration soit nécessaire pour illuminer un tableau emprunté à la vie abjecte et le hausser à la beauté d'un joyau de création ; ils nient qu'un puissant éclat de rire vaille un beau mouvement lyrique et qu'un abîme le sépare de la grimace des historions ! Niant tout cela, les détracteurs tourneront en dérision les mérites de l'écrivain inconnu ; nulle voix ne répondra à la sienne : il demeurera isolé au beau milieu du chemin. Austère est sa carrière, amère sa solitude.
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  • Par Penelope, le 19 juillet 2010

    Heureux l'écrivain qui fuit les plats caractères dont la trop réelle banalité rebute et accable, pour s'adonner à la peinture des âmes nobles, honneur de l'humanité ; qui, dans le tourbillon d'images continuellement changeantes, choisit quelques rares exceptions ; qui ne trahit jamais le ton élevé de sa lyre, ne s'abaisse point vers les humbles mortels et plane loin de la terre dans la région du sublime. Doublement enviable apparaît son sort magnifique : il se trouve comme en famille parmi ces êtres d'élite, et les échos de sa gloire retentissent dans tout l'univers. Il flatte et enivre les hommes en leur voilant la réalité, en dissimulant les tares de l'humanité pour n'en faire voir que la grandeur et la beauté. Tous lui battent des mains et font cortège à son char de triomphe. On le proclame grand poète, on affirme qu'il dépasse en génie les autres beaux esprits, comme l'aigle l'emporte sur tous les oiseaux de haut vol. A son nom les jeunes cœurs tressaillent, des larmes de sympathie brillent dans tous les yeux. Personne ne l'égale en puissance ! ...
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  • Par jeande, le 10 octobre 2011

    Toujours et partout, il savait trouver le ton qui convenait et fit la démonstration qu'il était un parfait homme du monde.

    Quel que fût le sujet de la conversation, il était en mesure de la soutenir : parlait-on haras ? Il avait son mot à dire. Chiens de race ? Il ajoutait quelques judicieuses remarques. Glosait-on sur l'enquête menée par la Cour des comptes ? Il montrait que les tours de passe-passe de la justice ne lui étaient pas inconnus. Se lançait-on dans des considérations sur le billard ? Il mettait dans le mille. Sur la vertu ? Il avait sur la chose l'avis le plus pertinent et les larmes lui venaient aux yeux. Sur le punch ? Là encore, il s'y entendait. Sur les fonctionnaires et les contrôleurs des douanes ? Il en jugeait si bien qu'on l'eût pu croire de la partie.

    Mais le plus remarquable était qu'il enveloppait tout cela d'un voile de gravité et savait se tenir. Il ne parlait ni trop fort ni trop bas, juste comme il fallait. Bref, dans quelque sens qu'on le tournât, c'était un homme convenable à tous égards (...).
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  • Par Penelope, le 19 juillet 2010

    Quant à moi, je le sais, une puissance supérieure me contraint à cheminer longtemps encore côte à côte avec mes étranges héros, à contempler, à travers un rire apparent et des larmes insoupçonnées, l'infini déroulement de la vie. Le temps est encore lointain où l'inspiration jaillira à flots plus redoutables de mon cerveau en proie à la verve sacrée, où les hommes, tremblants d'émoi, pressentiront les majestueux grondements d'autres discours...
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  • Par sentinelle, le 22 novembre 2010

    […] madame Appatova avait reçu une excellente éducation. La bonne éducation se donne, comme chacun sait, dans des pensionnats où, comme on le sait aussi, trois matières sont le fondement des humaines vertus : le français, indispensable au bonheur familial, le piano-forte, qui procure tant d’heureux instants à l’époux, enfin les tâches proprement domestiques, ce qui revient à dire la confection de bourses et autres surprises tricotées. Les méthodes, il est vrai, peuvent faire l’objet de maint changement et perfectionnement, surtout par les temps qui courent. Tout dépend ici du bon sens et des capacités des maîtresses de pension. Il est ainsi des maisons où le piano-forte l’emporte, suivi du français, puis des tâches domestiques. D’autres font la part belle à ces dernières, c’est-à-dire aux surprises tricotées, puis vient le français et, seulement après, le piano-forte.

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LES AMES MORTES. NICOLAS GOGOL / ANTON KOUZNETSOV. D'après NICOLAS GOGOL Traduction ANDRE MARKOWICZ Mise en scène ANTON KOUZNETSOV avec HERVÉ BRIAUX, VERA ERMAKOVA, LAURENT MANZONI 4 > 29 JUIN 2010 Salle Christian Bourgois - MC93 Bobigny











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