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> Gustave Aucouturier (Éditeur scientifique)
> Henri Mongault (Traducteur)
> Vladimir Pozner (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070364259
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 255 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Livre saboté, plusieurs fois brûlé par son auteur (qui voulait lui donner une issue "morale") et resté largement inachevé à la mort de Gogol en 1852, Les Âmes mortes révèlent, outre le génie littéraire de leur cr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Zebra, le 19 août 2012

    Zebra
    C'est en 1837 que Gogol poursuit, à Rome, l'écriture de son œuvre capitale, les "Aventures de Tchitchikov ou les Âmes Mortes", œuvre dont il avait déjà esquissé le début à Pétersbourg puis à Paris. La 1ère partie de ce roman, intitulé poème fut publiée en 1841; la seconde partie ne devait jamais voir le jour, Gogol ayant jeté au feu tous ses brouillons par une nuit de janvier 1852, quelques semaines avant sa mort.
    Gogol ne se consacra définitivement à la littérature que parce qu'elle était à ses yeux un "service social"; c'est probablement ce qui explique ses descriptions au scalpel de la société russe de son temps. Car l'art de Gogol est spontané, gratuit, comme un jeu auquel il se livre pour son propre plaisir, mais un jeu basé sur l'observation singulièrement aiguë de la réalité. le ton est tout à tour enjoué, sérieux, raisonneur mais jamais ennuyeux.
    On a reproché à Gogol d'avoir observé et rapporté les travers d'une société composée d'être nuls et plats : les personnages des Âmes Mortes réunissent en fait des traits de gens qui se considèrent meilleurs que les autres. Cocasses ou pitoyables, grotesques ou ridicules, jamais ternes ou conventionnels, les personnages des Âmes Mortes sont de tous les temps, de tous les pays. Quant aux descriptions du paysage russe d'alors, elles relèvent d'une minutie quasi photographique. Bref, un vrai documentaire sur la Russie du milieu du 19ème siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Мёртвые души
    Traduction : Henri Mongault.
    Il suffit de lire jusqu'au bout "Les Ames mortes" pour réaliser que le terme "monumental" n'est pas du tout exagéré. Bien qu'un peu lent dans son allure générale (c'était le ton de l'époque), ce roman constitue une analyse minutieuse et réaliste de la société campagnarde russe des années 1830/1840. Si l'on excepte quelques développements sur l'âme russe dans le goût sentimental du XIXème siècle - et que l'on retrouve, sous d'autres formes, chez Dickens, Balzac, etc ... - le style est vif, presque moderne et plein d'humour, de cet humour russe si particulier fait de férocité et de tendresse et qui a perduré contre vents et marées tout au long de l'histoire de ce peuple étonnant jusqu'à nos jours.
    Comme idée de départ, une escroquerie. Pavel Ivanovitch Tchitchikov, un quadragénaire célibataire dont on ne sait pas grand chose (son passé sera brièvement esquissé dans le premier fragment qui nous a été conservé de la seconde partie du roman), fait le tour des campagnes russes pour y acheter des âmes mortes. (Le terme "âmes" désigne ici les serfs des domaines - le servage ne sera aboli que trente ans plus tard, par Alexandre II qui, pour sa peine, sera assassiné par les nihilistes.)
    Evidemment, la grande question - celle que le lecteur n'arrête pas de se poser jusqu'à la fin de la première partie - c'est : "Pourquoi des âmes mortes ?" Tout d'abord parce qu'elles coûtent bien moins cher que des serfs bien en vie. Et ensuite parce que, contrairement à ce qu'il affirme, Pavel Ivanovitch n'entend pas s'en aller coloniser quelque coin perdu du Chersonèse. Non, en fait, ce qu'il désire, c'est contracter un emprunt en donnant pour garanties ces âmes mortes mais que, bien sûr, il affirmera en parfaite santé.
    La quête de Tchitchikov permet à Gogol de nous présenter toutes sortes de propriétaires ruraux typiques : Manilov le rêveur, le très retors Sobakévitch, Pliouchkine, cette étonnante personnification d'Harpagon revu et corrigé à la russe, et quelques autres ... Sans oublier la pléthore de fonctionnaires que les tractations entreprises - Tchitchikov et ses acheteurs trompent l'administration en faisant croire qu'ils achètent et vendent des serfs vivants - vont mettre en branle, à la recherche de quelque pot-de-vin toujours bienvenu.
    La première partie se clôt - ou presque - sur un bal donné par le gouverneur de la province, où ce sont les épouses et filles de ces messieurs qui prennent la vedette et où commencent à courir sur Tchitchikov quelques rumeurs qui enflent, qui enflent ... et qui, finalement, l'amènent à se sauver dans sa vieille britchka, avec son cocher Sélipane et son valet, Pétrouchka.
    De la deuxième partie - dont seuls deux fragments ont été conservés - il est très difficile de dire quelque chose de valable. Si la première partie donne une solide impression d'unité, ici, on en est loin. Une chose est certaine cependant : Tchitchikov ira en prison d'où le tirera cependant une âme bien intentionnée.
    Une fois qu'on a fait son deuil de la continuité de l'oeuvre, il reste toujours le regard acéré avec lequel Gogol condamne l'oisiveté et l'insouciance des propriétaires russes et surtout cet amour du trafic et des tricheries dont le personnage de Nozdriov représente une caricature achevée, tour à tour sympathique, grotesque et répugnante. L'étrange passivité du peuple russe est aussi soulignée - et l'auteur, ici, se fait inquiet, à l'image d'un père pour ses enfants. Quant à l'appareil fonctionnarial, il est implacablement démonté et, plein d'une satisfaction cruelle, Gogol se complaît à nous exposer toute la rouille qui encombre ses multiples rouages.
    Le seul inconvénient de ce roman, c'est que l'on ne peut pas y évoquer de véritable héros. Bien qu'il se place au-dessus des autres en raison de son intelligence et de sa grande fourberie, Tchitchikov ne peut prétendre à pareil statut. Sa rencontre avec Tentietnikov et avec les frères Platonov dans la seconde partie du roman aurait pu lancer celui-ci dans une autre direction mais ce qu'il nous reste de ce manuscrit-là est trop fragmentaire pour qu'on puisse en tirer des conclusions sûres.
    Tel qu'il est, "Les Ames mortes" laisse donc le lecteur sur sa faim. Cependant, il faut le lire, ne serait-ce que pour avoir un aperçu plus exact du grand talent qui fut celui de Nikolaï Vassiliévitch Gogol. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Moosbrugger, le 01 octobre 2013

    Moosbrugger
    (Lu il y a 2 mois- Traduction d’Henri Mongault)
    Le « poème » de Gogol est avant tout une sorte de comédie de caractères. Et Il faut bien dire que ceux-ci sont magnifiquement décrits ! Notre empire Russe du XIXème est en effet habité de personnages à la médiocrité pour le moins intemporelle. Pour donner un exemple significatif, tout à chacun connait aujourd’hui son Nozdriov :
    « Certaines gens ont la rage de faire des vilenies à leur prochain, souvent sans aucune raison. Un monsieur haut gradé, des plus décoratifs, plaque à la poitrine, vous serre la main, vous tient des propos élevés, pour aussitôt vous faire en public une crasse, une crasse plus digne d’un gratte-papier que d’un monsieur portant plaque à la poitrine et tenant des propos élevés ; vous demeurez stupide et vous ne pouvez que hausser les épaules. Nozdriov avait lui aussi cette manie. Plus vous pénétriez dans son intimité, plus il vous jouait de vilains tours ; il répondait sur votre compte de stupides cancans, vous faisait manquer un mariage, une affaire, sans pour cela se croire votre ennemi. Bien au contraire, s’il vous rencontrait par la suite, il se montrait empressé, vous disait même : - Ah çà ! vielle canaille, pourquoi ne viens-tu jamais me voir ? »
    De la même façon, chacun pourra également reconnaître son Pliouchkine :
    « Pliouchkine avait déjà oublié le compte de ses richesses, mais se rappelait qu’à tel endroit du buffet, un carafon, contenant le reste de ratafia, portait une marque faite par lui pour empêcher ses gens de le vider subrepticement.»
    Et bien entendu, tout ceci ne nous fera pas oublier ceux de nos contemporains qui partageraient des traits de caractère avec Tchitchikov lui même :
    «On ne peut pas dire pourtant que le naturel de notre héros fût dur et sec, ses sentiments émoussés au point d’ignorer la pitié et la compassion. Il n’eût pas demandé mieux que de secourir son prochain, mais pour une somme minime, afin de ne pas entamer l’argent qu’il avait décidé de garder intact. En un mot, le précepte paternel : « Mets tes sous de côté » avait profité. Mais il n’aimait point l’argent pour l’argent ; la lésine, l’avarice lui étaient étrangères. Il rêvait d’une vie de cocagne où rien ne manquerait. Une maison bien montée, d’excellents diners, de beaux équipages : voilà ce qui lui trottait pas la tête. C’est afin de goûter un jour à tout cela qu’il économisait âprement, dur pour lui-même et pour les autres. »
    Tchitchikov l’astucieux, Tchitchikov l’escroc, Tchitchikov le prudent profitera des copinages de l’administration, graissera les pattes nécessaires et montera les magouilles financières les plus alambiquées () pour s’assurer en toute liberté de conscience son coin de paradis à peu de frais.
    Je ne suis pas en mesure de juger de l’authenticité de la traduction, mais je puis dire que le langage employé est sublime.
    Touchons un mot sur l’auteur de ce texte majeur, à la personnalité quelque peu complexe et qui avait, comme tout à chacun, ses moments un peu bougons, voire maussades. Nicolas Vassiliévitch Gogol a cherché vers la fin de sa vie à rejoindre un idéal chrétien plutôt délirant, s’entichant de sectaires zélés, et se serait finalement, dit-on, laissé mourir. Au regard de sa biographie, on voit bien que ce n’était pas le genre à écrire avec désinvolture sur un coin de table, vite fait, bien fait, après un après-midi arrosé avec Pouchkine, son mentor, et encore, quand cela lui chantait. Non, celui-ci vivait des relations pour le moins conflictuelles avec ses écrits, se repentant sans cesse de les avoir publiés.
    Ses « âmes mortes », ils les avaient aux trippes, et il était prêt à crever pour les achever. Les personnages de ce roman, il les a puisés dans sa propre personnalité, en partant à la recherche de ses mauvais côtés. Les parties deux et trois des âmes mortes devaient constituer une sorte de rédemption après l’expiation de tous ses démons dans la première.
    Des morceaux de la deuxième partie sont d’ailleurs passés au four lors d’une nuit où notre auteur s’était couché de mauvais poêle. Il faudra donc se contenter de fragments publiés après sa mort, omis dans certaines éditions. Ceux-ci sont de la même qualité que la première partie, contrairement à ce qui semble dit un peu partout.
    À la lecture, on imagine aisément quel peut être le poids de cet ouvrage dans la culture slave. Être tout à la fois Molière, La Rochefoucauld et Balzac et préparer la littérature russophone pour l’arrivé de Tourgueniev, Dostoïevski, Tolstoï… Gogol se reprochait pourtant lourdement de ne pas assez bien connaître la grammaire Russe. Comme quoi, les puristes devisent, les génies écrivent …
    Ce récit picaresque permet également de découvrir l’âme et les paysages de la Russie et d l’Ukraine d’antant et d’aujourd’hui.
    Ah, et oui, le plus important : …c’est un roman de péqueneaud.
    Le traducteur : Outre Gogol, Henri Mongault à traduit de nombreux auteurs modernes Russe : Tolstoï, Dostoïevski, Tourgueniev. La traduction date de 1925.
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 15 septembre 2012

    jsgandalf

     
    Les âmes sont immortel M. Gogol !!! C'est du moins ce que lui aurait dit un censeur. Pour ma part je ne sais pas si elles le sont ou pas, par contre je sais que ce livre, même s'il est inachevé lui l'est.
    Le livre devait être articulé en trois parties, la premier fut achevée, la deuxième commencé et des extraits publiés à titre posthume. Quant à la troisième elle ne vit jamais le jour, voir fut carrément abandonnée.
    Dans la première partie des « aventures de Tchitchikov ou Les âmes mortes » foin de langueur slave, c'est une caricature de la Russie et du monde des propriétaires, fonctionnaires et bourgeois . Gogol se livre  à l'exercice avec un style jubilatoire ; il y a du plaisir dans ses phrases, dans les tournures qui amènent le sourire à la fin. du plaisir pour lui l'écrivain et pour nous aussi les lecteurs. J'aurais voulu pouvoir citer des pages entières.
    Dans la préface à la seconde édition (en fait la seconde édition de la première partie) il décrit son livre comme « destiné à montrer plutôt les défauts et les vices du Russe que ses qualités et vertus. » Il le fait au travers des rencontres d'un aventurier russe, battant la campagne, et bien décidé à acheter le plus d'âmes mortes possibles, en fait des moujiks (sorte de serf appartenant à un propriétaire) morts mais non déclarés. Il rencontre ainsi toute la société ayant un peu de pouvoir  dans des contrés reculés de la Russie post guerres napoléoniennes. Chaque personnage sert à décrire un travers. le coté burlesque sérieux utilisé est très drôle. Bien que souvent tirant des grosses ficelles, il arrive à le faire de façon subtile et recherchée. L'absurde pointe son nez.
    La deuxième partie, inachevé elle est tout autre. Pas forcement dans la forme, mais plutôt dans la dénonciation. La caricature est contre balancée ici par la vertu, la croyance. Il faut dire que le même tournant était intervenu dans la vie de Gogol. La démonstration n'est plus sur les travers mais sur la repentance. Les excès ne font plus sourire. On ne badine pas avec l'empire et la foi. C'est moins bon.
    Avec ce livre, ou la difficulté des noms n'est pas aussi prononcé que dans d'autres romans russes, vous passerez un agréablement en plongé dans un monde totalement dépaysant.
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    • Livres 5.00/5
    Par strummer, le 12 mars 2014

    strummer
    Waouh ça faisait un bail que je n'avais lu un classique. Les âmes mortes m'ont comblées. Drôle, caustique, tantôt amusant, on suit les déambulations d'un personnage qui sillonne une province en Russie à la recherche de personnel. Au gré des rencontres, Gogol nous présente une vision chouette des classes sociales de la Russie de l'époque. Y a de la neige, de la bouffe de la picole, de la philosophie, des traîneaux , des réflexions sur l'argent, y a toute la Russie dans un bouquin vive Gogol, quand je pense que ce dingue à brûlé deux fois ces manuscrits. En avance sur son temps, magnifique !
    Dans cette édition, il y'a un chouette dossier, dans lequel j'ai appris notamment que Gogol léguait une partie de ses revenus à des étudiants, quelle classe !
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Citations et extraits

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  • Par Penelope, le 19 juillet 2010

    Un autre sort attend l'écrivain qui ose remuer l'horrible vase des bassesses où s'enlise notre vie, plonger dans l'abîme des natures froides, mesquines, vulgaires – que nous rencontrons à chaque pas au cours de notre pèlerinage terrestre, parfois si pénible, si amer, - et d'un burin impitoyable met en relief ce que nos yeux indifférents se refusent à voir ! Il ne connaîtra pas les applaudissements populaires, les larmes de reconnaissance, les élans d'un enthousiasme unanime ; il ne suscitera nulle passion héroïque dans les coeurs de seize ans, ne subira pas la fascination de ses propres accents ; il n'évitera pas enfin le jugement de ses hypocrites et insensibles contemporains, qui traiteront ses chers créations d'écrits misérables et extravagants, qui lui attribueront les vices de ses héros, lui dénieront tout cœur, toute âme et la flamme divine du talent. Car les contemporains se refusent à admettre que les verres destinés à scruter les mouvements d'insectes imperceptibles valent ceux qui permettent d'observer le soleil ; ils nient qu'une grande puissance de pénétration soit nécessaire pour illuminer un tableau emprunté à la vie abjecte et le hausser à la beauté d'un joyau de création ; ils nient qu'un puissant éclat de rire vaille un beau mouvement lyrique et qu'un abîme le sépare de la grimace des historions ! Niant tout cela, les détracteurs tourneront en dérision les mérites de l'écrivain inconnu ; nulle voix ne répondra à la sienne : il demeurera isolé au beau milieu du chemin. Austère est sa carrière, amère sa solitude.
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  • Par Penelope, le 19 juillet 2010

    Heureux l'écrivain qui fuit les plats caractères dont la trop réelle banalité rebute et accable, pour s'adonner à la peinture des âmes nobles, honneur de l'humanité ; qui, dans le tourbillon d'images continuellement changeantes, choisit quelques rares exceptions ; qui ne trahit jamais le ton élevé de sa lyre, ne s'abaisse point vers les humbles mortels et plane loin de la terre dans la région du sublime. Doublement enviable apparaît son sort magnifique : il se trouve comme en famille parmi ces êtres d'élite, et les échos de sa gloire retentissent dans tout l'univers. Il flatte et enivre les hommes en leur voilant la réalité, en dissimulant les tares de l'humanité pour n'en faire voir que la grandeur et la beauté. Tous lui battent des mains et font cortège à son char de triomphe. On le proclame grand poète, on affirme qu'il dépasse en génie les autres beaux esprits, comme l'aigle l'emporte sur tous les oiseaux de haut vol. A son nom les jeunes cœurs tressaillent, des larmes de sympathie brillent dans tous les yeux. Personne ne l'égale en puissance ! ...
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  • Par Wilkinson, le 15 octobre 2012

    "Tout change rapidement dans l'homme; en moins de rien un ver redoutable grandit à l'intérieur de notre être et s'approprie toute la substance vitale. Et plus d'une fois, la passion - vaste ou mesquine, - a grandi dans un individu né pour une meilleure carrière, lui faisant oublier de grandes et saintes obligations pour leur substituer d'infimes bagatelles. Les passions sont innombrables comme les sables de la mer, et toutes diffèrent entre elles; toutes, basses ou nobles, commencent par être assujetties à l'homme, puis en deviennent les tyrans. Bienheureux celui qui a choisi la plus noble ; sa félicité croît et augmente continuellement, et il pénètre toujours plus loin dans le paradis moral. Mais il y a des passions dont le choix de l'homme ne dépend pas. Elles sont venues au monde en même temps que lui, et les forces lui manquent pour s'en détacher. Un plan supérieur les dirige; il y a en elles une sollicitation continuelle qui dure toute la vie. Elles sont destinées à jouer ici-bas un rôle important; que ce soit sous une forme sombre ou comme de lumineuses apparitions, elles ont pareillement pour but un bien inconnu de l'homme."
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  • Par Zebra, le 17 août 2012

    [...] - Excusez-moi, insista Tchitchikov, est-ce bien ici le bureau des contrats ?
    - C'est ici, répondit Ivan Antonovitch en soulevant son bec de cruche ; et il se remit aussitôt à écrire.
    - Voici de quoi il s'agit : j'ai acheté à différents propriétaires du district des paysans à transférer. Les actes sont établis, et il ne reste plus qu'à les enregistrer.
    - Les vendeurs sont-ils présents ?
    - Quelques-uns. Les autres on passé procuration.
    - Avez-vous apporte votre supplique ?
    - Je l'ai ... Mais j'aurais désiré ... comprenez-vous ... que cela ne traîne pas ... Ainsi, ne pourrait-on conclure l'affaire aujourd'hui même ?
    - Aujourd'hui ? Ah! aujourd'hui impossible ! Il faut au préalable prendre des renseignements, savoir s'il n'y a pas opposition.
    - Je connais intimement Ivan Grigoriévitch, le président ; cela permettra sans doute d'accélérer les choses ...
    - Ivan Grigoriévitch n'est pas seul ; il y a aussi les autres, observa sèchement Ivan Antonovitch.
    Tchitchikov comprit l'allusion.
    - Les autres ne seront pas oubliés, souffla-t-il. J'ai été moi-même fonctionnaire ... je connais les usages ... [...]
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  • Par mellah, le 23 décembre 2012

    Collectionnez sur votre route, en sortant de la tendre adolescence
    pour passer à l’âge viril et vous préparer à la maturité,
    collectionnez précieusement tous vos bons et honnêtes mouvements
    d’humanité ; ne les abandonnez pas dans les fanges du
    chemin… vous ne les retrouveriez bientôt plus. Elle est effroyable
    à voir, la vieillesse qui ne cesse d’avancer sans bruit, et elle
    ne laisse rien reprendre, rien de ce qu’on a laissé de soi ! la mort
    est moins affreuse qu’elle ; le tombeau est moins impitoyable ;
    sur la tombe il est inscrit : « Ci-gît qui fut un homme » ; mais
    vous ne lirez pas un mot, pas une syllabe du coeur dans les traits
    sombres, glacés, de l’inhumaine vieillesse !
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LES AMES MORTES. NICOLAS GOGOL / ANTON KOUZNETSOV. D'après NICOLAS GOGOL Traduction ANDRE MARKOWICZ Mise en scène ANTON KOUZNETSOV avec HERVÉ BRIAUX, VERA ERMAKOVA, LAURENT MANZONI 4 > 29 JUIN 2010 Salle Christian Bourgois - MC93 Bobigny











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