> Georges Nivat (Préfacier, etc.)
> Gustave Aucouturier (Traducteur)
> Sylvie Luneau (Traducteur)
> Henri Mongault (Traducteur)

ISBN : 2070406229
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
« L'assesseur de collège Kovaliov se réveilla d'assez bonne humeur. Il s'étira et se fit donner un miroir dans l'intention d'examiner un petit bouton qui, la veille au soir, lui avait poussé sur le nez. À son immense stupéfaction, il s'aperçut que la place que son nez d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 05 octobre 2008

    chartel
    Il y a chez Gogol, notamment dans ce recueil de nouvelles, un ton très ironique et une large distanciation bien assumée par l'auteur vis-à-vis de ses récits. A la manière d'un Sterne, dans "Tristram Shandy", ou d'un Diderot dans "Jacques le fataliste", Gogol compose ses histoires par le biais d'un narrateur facilement désinvolte se montrant en train de manipuler les fils de ses récits. Chaque nouvelle tend à se rapprocher autour de thèmes communs : le fantastique, l'opposition (et parfois la confusion) entre rêve et réalité, le décor urbain de la capitale de l'Empire russe (la belle Pétersbourg), et le glissement fréquent des protagonistes vers la folie.
    Par des descriptions concises qui réduisent les personnages à un type ou à une classe sociale, Gogol nous peint un univers gouverné par l'apparence, la futilité et la volonté de puissance. En effet, les bons sentiments se font rares face à l'avalanche des comportements bestiaux et barbares qui surgissent dès que les personnages sont confrontés à leurs semblables. Ce sont ainsi tous les mensonges hypocrites propres à notre vie sociale qui sont ici mis à nu, que ce soit ceux du XIXe siècle ou ceux d'aujourd'hui, il n'y a malheureusement pas une bien grande différence.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gusseuh, le 17 avril 2010

    Gusseuh
    La poésie absurde et désenchantée de Gogol fait encore mouche aujourd'hui.
    Loin des envolées spectaculaires du fantastique contemporain, l'auteur utilise ici l'argument du surréel pour pointer les malheurs de l'homme, les failles de sa pensée, et la tragédie de la vie.
    Parfois misérabiliste, souvent désemparé par la bêtise humaine, Gogol ne baisse pourtant pas les bras, et tente vaille que vaille d'inventer une destinée à ses pathétiques personnages. Mais peine perdue, rien ne peut les sauver d'eux-mêmes ou de la médiocrité crasse de leurs semblables : l'Homme ne peut rien.
    Un chef d'œuvre, subtil et halluciné.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ecrits-slaves, le 29 juin 2008

    Ecrits-slaves
    C'est le livre que je conseille depuis des années à tous ceux qui ont autour de moi emis le souhait de s'aventurer dans la longue découverte de la littérature russe (les pauvres....) C'est un livre magique, abordable et riche ... Pourquoi riche ? parce qu'il y a des dizaines de façons de le lire... Certains n'y voient que des fables burlesques et droles.. d'autres y voient l'horreur de la condition humaine dépeinte avec ironie et cynisme... Pour ma part j'ai toujours adoré ce mélange d'humour ("Le nez" qui prend la fuite laissant son proprietaire bien malheureux) et d'horreur ("Journal d'un fou" ou l'histoire d'un homme qui passe la frontiere de la folie dans un délire mégalomaniaque)... Et puis il ne faut pas oublier de noter que l'on retrouve dans ce court recueil tous les thèmes qui peuplent les plus grands romans : les fonctionnaires écrasés par le poids de la bureaucratie, l'art de se montrer et de se faire valoir, l'atmosphère étouffante de St Petersbourg, ses ruelles et ses canaux .... Un chef d'oeuvre en petit format !
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 27 août 2011

    colimasson
    Pétersbourg peut sembler charmante pour ceux qui n'ont jamais lu les nouvelles pétersbourgeoises de Gogol. Pour les autres, ce ne sera plus possible. Les textes regroupés dans ce recueil évoquent la ville, ses habitants et ses valeurs avec un dégoût si poussé qu'il faudrait avoir des envies bien sordides pour vouloir encore y passer du temps. Les choses ont peut-être changé depuis que Nicolas Gogol a écrit ses nouvelles pétersbourgeoises, mais leur ton semble toujours si actuel que ma lecture ne saurait remettre leur contenu en question…
    J'ai fait la connaissance de Nicolas Gogol avec ce recueil de nouvelles. Pas facile d'entrer tout de suite dans l'ambiance de ses récits. de premier abord, le style semble un peu froid et distant. Certaines descriptions longues, un peu ennuyeuses et monotones, n'étaient pas pour attirer ma sympathie. Mais le charme opère lorsque surgit, d'une manière surprenante, une des premières phrases tordues dont Gogol a le secret, car il manie le fantastique du début jusqu'à la fin ; autant dans le fond comme dans la forme. de l'écriture froide et austère, typiquement administrative, apparaissent tout d'un coup le raisonnement tordu d'un personnage nageant en pleine psychose, les descriptions oniriques d'un rêveur perturbé, ou le dessin monstrueux d'une société cachée dans les bas-fonds pétersbourgeois. La surprise du lecteur est d'autant plus grande que rien ne laissait présager des déviations qu'allaient emprunter chacune des nouvelles de Gogol.
    Un portrait diabolique, un nez vagabond, un manteau hanté… Toutes les nouvelles tournent autour d'un individu, un peu perdu dans les dédales de la grande Pétersbourg, et rongé par une obsession. Dévorante, celle-ci ne lui laissera jamais la possibilité de vivre pleinement comme il l'entend.
    Les situations, toujours loufoques et originales, ne laissent jamais deviner leur dénouement, et leur lecture est un régal du début jusqu'à la fin.
    J'apprécie particulièrement Le Journal d'un fou qui est un chef-d'œuvre d'absurde et de grotesque. En cherchant bien, on trouverait presque des prémisses de Boris Vian dans cette nouvelle…

    « On avait dit que le directeur allait venir. Beaucoup de fonctionnaires ont couru, à qui se présenterait le plus vite devant lui. Mais je n'ai pas bougé. Quand il a traversé notre bureau, tous ont boutonné leurs habits ; moi, j'ai fait comme si de rien n'était ! Qu'est-ce qu'un directeur ? Que je me lève devant lui ? Jamais ! Quel directeur est-ce là ? C'est un bouchon, pas un directeur. Un bouchon ordinaire, un simple bouchon, rien de plus. Comme ceux qui servent à boucher les bouteilles. »

    Pétersbourg, ville inhumaine et aliénante selon Gogol, aura au moins eu le mérite de stimuler son imagination et de permettre à son talent de s'incarner et de se transmettre à travers ce recueil de nouvelles. Pour cela, merci Pétersbourg.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-nouvelles-de-petersbourg-183..
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    Récemment ces nouvelles ont été rééditées dans une version conforme aux choix de l'écrivain russe concernant à la fois les textes à inclure dans le volume et l'ordre dans lequel ceux-ci doivent se succéder, un ordre qui ne tient aucunement compte de la chronologie, que ce soit celle de l'écriture ou celle de la publication : La Perspective Nevski, Le nez, Le portrait, le Manteau, La Calèche, Les Carnets d'un fou, Rome.
    Toutes les nouvelles et particulièrement La perspective Nevski sont très intéressantes sur la vie à Pétersbourg à cette époque, on imagine les rues, les bords de la Neva et les églises, les galetas sombres et les belles demeures, les conversations des gens du monde ou qui se prennent pour tels. J'ai beaucoup aimé Le portrait et Le nez pour leur côté fantastique, auquel je ne m'attendais pas du tout en ouvrant ce livre !
    Dans Le nez, un barbier se réveille un matin en découvrant dans sa poche un nez : il se trouve que c'est celui de l'assesseur de collège Kovaliov… Cela donnera bien sûr un conte dont les rebondissements sont extrêmement drôles !
    Dans Le portrait, le jeune peintre Tchartkov achète un tableau dans lequel les yeux du personnage peint semblent vivants. On apprend petit à petit l'histoire de ce tableau…
    Je ne vous dévoilerai pas les autres nouvelles qui sont aussi très agréables à lire. La seule que je n'ai pas réussi à finir est Rome, qui n'a pas la même force que les autres récits, sans doute parce qu'il s'agit en fait d'un roman inachevé...

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-16966768.html
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 13 septembre 2010

    Il revint vers le portrait, pour scruter ces deux yeux surprenants et remarqua avec effroi qu'ils le regardaient. Cela, ce n'était plus une copie de la nature, c'était la vie étrange qui illuminerait le visage d'un cadavre ressorti de sa tombe. Etait-ce la lumière de la lune, qui porte toujours le délire du songe et revêt toutes choses d'images différentes, contraires au jour positif, ou la cause revenait-elle à quelque chose d'autre, le fait est que soudain, il ne savait pas pourquoi, il eut peur de rester seul dans sa chambre. Il s'éloigna doucement du portrait, lui tourna le dos et s'efforça de ne pas le regarder, et pourtant, malgré lui, son œil lui-même, jamais de face, lançait des regards vers lui. Finalement, il eut même peur de marcher dans la chambre ; il avait l'impression que là, maintenant, il y avait quelqu'un qui marcherait derrière lui, et il n'arrêtait pas de se retourner timidement.
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  • Par Forrest, le 02 novembre 2010

    Page 53 : C'était un peintre. Etrange, n'est-il pas vrai ? Un peintre à Pétersbourg ! Un artiste au pays des neiges, un artiste au pays finnois où tout est humide, plat, uniforme, blême, gris, brumeux... Ces artistes-là ne ressemblent en rien aux artistes italiens, fiers, ardents comme l'Italie et son ciel; ce sont au contraire, pour la plupart, gens doux et bons, discrets, insouciants, silencieusement épris de leur art, qui prennent le thé avec un ou deux amis dans leur atelier, discutent modestement de leur sujet chéri et négligent absolument le superflu. Ils font venir chez eux quelque vieille indigente et la font poser cinq ou six bonnes heures pour fixer sur leur toile sa pitoyable figure dépourvue d'expression.
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  • Par Forrest, le 02 novembre 2010

    Page 85 : Schiller avait déjà tracé le plan de son existence tout entière et jamais, en aucun cas, il ne s'en écartait. Il s'était donné pour règle de se lever à sept heures, de déjeuner à deux heures, d'être ponctuel en tout et de se saouler chaque dimanche. Il s'était fixé pour objectif d'amasser en dix ans un capital de cinquante mille roubles, et c'était aussi ferme et irrévocable qu'un arrêt du destin, car un fonctionnaire oubliera plutôt de passer à la loge de son chef le jour de sa fête qu'un Allemand de tenir la parole qu'il s'est donné.
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  • Par Lunoelle, le 03 octobre 2009

    Et ce pauvre jeune homme se cachait les yeux avec la paume de sa main, et de nombreuses fois, par la suite, dans sa vie, il frissonna, voyant toute l'inhumanité qu'il y avait dans l'être humain, toute la grossièreté cruelle qui pouvait se cacher derrière le raffinement de l'éducation et la mondanité et; Dieu! même chez un homme dont le monde proclame la noblesse et l'honnêteté...

    (Nouvelle: Le manteau)
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  • Par jeande, le 14 mai 2011

    Comme il est étrange, comme il est incompréhensible, le jeu que joue avec nous le destin ! Obtenons-nous jamais ce que nous désirons ? Atteignons-nous jamais ce à quoi l'on croirait que sont tout spécialement préparées nos facultés ? Tout marche à rebours.
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LES AMES MORTES. NICOLAS GOGOL / ANTON KOUZNETSOV. D'après NICOLAS GOGOL Traduction ANDRE MARKOWICZ Mise en scène ANTON KOUZNETSOV avec HERVÉ BRIAUX, VERA ERMAKOVA, LAURENT MANZONI 4 > 29 JUIN 2010 Salle Christian Bourgois - MC93 Bobigny











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