> Lola Tranec-Dubled (Autre)

ISBN : 2070374807
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 215 notes) Ajouter à mes livres
Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois ? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organise... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    Azzyraphale
    William Golding s'est demandé : « Et si j'écrivais l'histoire de jeunes garçons sur une île ? Je les laisserais se comporter exactement comme ils le voudraient.» Et le résultat est là, un groupe de jeunes anglais qui se retrouvent seuls sur une île. Et contrairement aux autres histoires du même genre, comme « Robinson Crusoé », la catastrophe n'est pas la cause de leur arrivée sur l'île, mais bien la conséquence.
    Il y a tout d'abord Ralph, 13 ans, blond, élancé, charismatique. Il rencontre Porcinet, l'archétype du gros joufflu, binoclard et asthmatique. Et tête de Turc. Ils trouvent une conque, et soufflent dedans pour appeler d'éventuels autres enfants. Beaucoup viennent, des très jeunes et des plus vieux. Parmi eux, il y a Jack, qui marche en tête d'une procession d'autres garçons en uniforme. Ils font tous preuve d'une volonté d'organisation. Deux se présentent pour être le chef : Ralph et Jack. Et c'est Ralph qui est élu, provoquant la colère étouffée de Jack. Des règles sont établies : dés que Ralph souffle dans la conque, tout le monde doit se rassembler pour tenir un meeting. Tout le monde ne parle pas en même temps, seul celui qui à la conque à la parole. Et il faut faire du feu, pour que la fumée soit visible au loin, au cas ou un bateau passerait au large. Ralph délègue à Jack et à sa troupe la fonction de chasseurs. Dés le début de leur vie en micro-société, tout ne marche pas vraiment comme il faut. Certes, Ralph, Jack et Simon étaient les enfants les plus heureux du monde quand ils faisaient le tour de l'île, découvrant qu'ils avaient tout ça pour eux. Mais un petit enfant se plaint, il a peur, il dit avoir vu un serpent. Jack lui rétorque qu'il le tuera.
    La première nuit se passe plus ou moins bien. le lendemain matin, tout le monde s'attèle à faire du feu au sommet de l'île. Mais personne ne sait allumer un feu. Ralph subtilise les lunettes de Porcinet, et par un effet de loupe, allume le feu. Mais il se propage. Beaucoup trop. Et une grande partie de la jungle se fera détruire. Ralph réalise peu à peu que personne n'a vu le petit enfant qui avait vu un serpent depuis l'incendie. Et la responsabilité pèse sur ses épaules.
    Jack, lui n'en fait qu'à sa tête, n'ayant qu'un seul but : chasser. Sa métamorphose nous rappellera ce qu'est un homme : un animal. Porcinet, le plus mature d'entre eux, a le fâcheux problème de ne pas savoir s'exprimer, il est toujours tourné en dérision, jamais pris au sérieux, et il est le souffre douleur de Jack. Jusqu'ou ?
    « Sa majesté des mouches » est impressionnant. Des passages très durs succèdent à des pages de pure poésie. Et William Golding ne cache pas son pessimisme sur l'être humain en peignant la vie quotidienne de ce groupe de gens « innocents ». La symbolique est puissante, chaque personnage représente chacun d'entre nous. Ralph est le sportif démocrate, il est optimiste, et son charisme sera efficace. du moins pour un temps. Porcinet lui, représente l'aveugle clairvoyant : pour lui, l'île n'est jamais le paradis. Jack le violent a soif de sang et de commandement.
    Un livre sombrement somptueux, qui reflète ce qu'est vraiment un être humain. La liberté côtoie la cruauté, la peur s'immisce dans les esprits les plus forts, et la barbarie fait surface, a un moment ou un autre.

    Lien : http://www.bibliazzy.com/sa-majeste-des-mouches-william-golding/
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    • Livres 2.00/5
    Par coquelicot5602, le 12 décembre 2011

    coquelicot5602
    Un groupe d'enfants se retrouve échoué sur une île déserte. Quel bonheur de vivre sans adultes! du moins au départ...En effet, si les premiers jours s'écoulent paisiblement pour ces jeunes Robinsons, peu à peu les quelques rudiments de civilisation qu'ils connaissaient laissent la place à la sauvagerie, qui reprend le dessus.
    Finie l'insouscience de l'enfance: ils vont se scinder en deux groupes, s'affronter, connaître la violence, la peur, la mort.
    William Golding dépeint ici avec noirceur un roman que l'on pourrait qualifier d'"initiatique", dans le sens où les personnages quittent l'enfance assez brutalement et entrent dans l'âge adulte après un périple plutôt sinistre.
    J'ai lu ce livre pour la première fois il y a longtemps et j'en avais gardé un souvenir assez traumatisant (le sort de certains des enfants m'avait bouleversée!). Aujourd'hui encore, je trouve ce livre très sombre et très marquant. Mais après tout, une oeuvre n'est-elle pas réussie quand elle laisse des sensations à l'esprit, même des années plus tard?
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 26 septembre 2011

    brigittelascombe
    Vous prenez un groupe de garçons tous âges confondus. Vous les larguez sur une ile sans adultes pour maintenir une autorité constante,instaurer des lois,prendre des décisions raisonnées; une dynamique de groupe va se créer et les personnalités s'affirmer.
    De la masse,émergent Ralph, gentil,sociable, qui essaye de maintenir l'harmonie, Jack, bagarreur,autoritaire,intrépide,provocateur qui écrase les autres et Piggy intellectuel et solitaire.
    Au fur et à mesure que les problèmes de faim,peur, danger, cohésion vont se poser, le groupe va se partager en bons et mauvais (thème cher William Golding).Qui triomphera? Sa majesté des mouches? La loi du plus fort?
    Dans La majesté des mouches, premier roman de William Golding(paru en 1954 puis adapté en film en 1983 par Peter Brook)auteur anglais qui a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1983, les portraits et l'analyse psychologique sont fort bien rendus.La violence qui monte crescendo du début idyllique de petits Robinsons ivres de liberté jusqu'à la prise de pouvoir,la formation de clans,le combat,le drame final montre l'engrenage insidieux métamorphosant l'état civilisé en l'état sauvage dans une société livrée à elle même sans lois, sans morale ou sous la coupe d'un tyran.
    A méditer et toujours d'actualité!
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    • Livres 5.00/5
    Par chapochapi, le 06 mai 2010

    chapochapi
    Un grand livre, d'une belle noirceur, effrayante, crédible.
    des enfants perdus sur une île déserte laissent libre cours à leurs rêves : reconstruire la société anglaise perdue en attendant qu'on vienne les chercher ou "jouer" aux robinsons (au départ). Ils se découvrent en tant que personnes dans cette micro société dépourvue d'adultes leur disant quoi faire, comment, à quel moment etc.
    que de vacances pour eux !
    mais l'age adulte, c'est aussi l'age de la diplomatie, des compromis et, plus largement, des civilités.
    ces gamins coupés du monde des adultes retrouvent le plaisir de la sauvagerie.
    mais entre jouer au sauvage et redevenir sauvage, il n'y a qu'un pas que les plus petits franchissent rapidement. les plus grands s'accrochent aux bribes de civilisation ... un temps.
    la chute est rapide et brutale. Qui a dit que les enfants étaient innocents ?
    roman noir efficace dont s'est souvent inspiré Stephen King, ce qui n'est pas rien !
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  • Par Fremen, le 26 mars 2010

    Fremen
    J'ai toujours eu un faible pour les histoires de naufragés et leurs îles désertes, ou presque. Dans mes livres de chevets d'enfance Robinson Crusoé et L'île mystérieuse figuraient en bonne place... Tandis que Les Enfants de Timpelbach (Henry Winterfeld) ou Deux ans de vacances (Jules Verne) venaient exhausser mes rêves de "monde inversé" ou les enfants livrés à eux même reconstruisaient le monde des adultes.
    En quête de lectures légères et un brin nostalgique j'ai jeté mon dévolu sur ce livre. Est-ce parce que j'ai déjà pris quelques années dans la face ? Toujours est-il que j'ai eu beaucoup de mal à accrocher, autant à l'écriture (traduction oblige ?) qu'à l'histoire d'ailleurs.
    Ce roman serait l'occasion pour l'auteur de se livrer à de fines réflexions sur ce qu'on appellera (pour simplifier quitte à caricaturer) la "nature humaine". Possible... Mais je ne me suis pas suffisamment plu dans ce livre pour m'y appesantir et y voir beaucoup plus que les "poncifs" du genre.
    Dans le genre "communautés insulaires" je conseillerais plutôt le troublant Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier ou le volumineux L'île de Robert Merle.
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    Ralph se laissait absorber par le mouvement de flux et de reflux jusqu'à ce que son cerveau fût engourdi par cette puissance étrangère. Progressivement, la notion d'infini révélée par ces espaces marins s'imposait à son esprit. Là se trouvait la frontière, l'obstacle. Sur l'autre côté de l'île, baigné de mirages à cette heure du jour, protégé par le bouclier du lagon aux eaux calmes, on pouvait rêver de sauvetage ; mais ici, face à la force brutale de l'Océan, à l'étendue d'un tel mur, on était bloqué, impuissant, condamné, on était...

    Simon lui parlait, sa bouche presque contre l'oreille de Ralph. Ce dernier s'aperçut qu'il agrippait les rochers à pleines mains, le corps tendu, le cou raide, la bouche ouverte.

    - Tu reviendras chez toi.

    Simon hochait la tête affirmativement. Un genou posé sur une roche surélevée, l'autre jambe pendant à la hauteur de Ralph, il baissait les yeux sur lui.

    Surpris, Ralph regarda Simon.

    - Je trouve que c'est si grand...

    Simon fit le même geste affirmatif.

    - Oui. Mais tu reviendras quand même. En tout cas, je le pense.

    Le corps de Ralph se détendit un peu. Il jeta un coup d'oeil sur l'eau, puis sourit à Simon avec dérision.

    - Tu as un bateau dans ta poche ?

    Simon sourit aussi et secoua la tête.

    - Et bien alors, qu'en sais-tu ?

    Comme Simon se taisait, Ralph dit sèchement :

    - Tu es cinglé.

    Simon secoua la tête plus violemment et ses épais cheveux noirs volèrent en désordre sur son visage.

    - Pas du tout. Je pense simplement que tu rentreras chez toi.

    Pendant un moment, tous deux gardèrent le silence. Puis soudain, ils échangèrent encore un sourire.
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  • Par chapochapi, le 08 mai 2010

    - Le mieux, c'est d'organiser notre sauvetage.
    Il fallut un moment de réflexion à Jack pour se rappeler ce que signifiait le mot sauvetage.
    - Notre sauvetage ? Ah ! oui, bien sûr. Moi, j'aimerais d'abord attraper un cochon...
    Il saisit son épieu et le planta dans le sol . Ses yeux reprirent leur expression égarée, fixe. Ralph le regarda d'un air réprobateur, sous ses cheveux blonds en broussaille.
    - Tant que vous autres, les chasseurs, n'oubliez pas le feu..
    - Toi et ton feu....
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  • Par TINUSIA, le 01 août 2010

    Jack s'agitait à grand bruit. Il donnait des ordres, chantait, sifflotait, lançait des remarques à son camarade silencieux, des remarques qui ne l'exposaient pas à se faire rabrouer. Mais Ralph se taisait.
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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    La marée montante ne laissait plus qu'une mince bande de sable dur entre le bord des vagues et le sol friable et blanc, proche du plateau couvert de palmiers. Ralph choisit ce sentier de sable ferme parce qu'il voulait réfléchir sans faire attention à ses pas. C'est alors que, marchant au bord de l'eau, il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l'imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
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  • Par chapochapi, le 08 mai 2010

    Devant Simon, pendue à son bâton, Sa-Majesté-des-Mouches ricanait. Simon céda enfin et lui rendit son regard. Il vit les dents blanches, les yeux ternes, le sang... DU fond des âges, une certitude de déjà vu, inexorable, enchaînait le regard de Simon. Dans sa tempe droite, une pulsation enflait, frappait le cerveau.
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