William Golding s'est demandé : « Et si j'écrivais l'histoire de jeunes garçons sur une île ? Je les laisserais se comporter exactement comme ils le voudraient.» Et le résultat est là, un groupe de jeunes anglais qui se retrouvent seuls sur une île. Et contrairement aux autres histoires du même genre, comme « Robinson Crusoé », la catastrophe n'est pas la cause de leur arrivée sur l'île, mais bien la conséquence.
Il y a tout d'abord Ralph, 13 ans, blond, élancé, charismatique. Il rencontre Porcinet, l'archétype du gros joufflu, binoclard et asthmatique. Et tête de Turc. Ils trouvent une conque, et soufflent dedans pour appeler d'éventuels autres enfants. Beaucoup viennent, des très jeunes et des plus vieux. Parmi eux, il y a Jack, qui marche en tête d'une procession d'autres garçons en uniforme. Ils font tous preuve d'une volonté d'organisation. Deux se présentent pour être le chef : Ralph et Jack. Et c'est Ralph qui est élu, provoquant la colère étouffée de Jack. Des règles sont établies : dés que Ralph souffle dans la conque, tout le monde doit se rassembler pour tenir un meeting. Tout le monde ne parle pas en même temps, seul celui qui à la conque à la parole. Et il faut faire du feu, pour que la fumée soit visible au loin, au cas ou un bateau passerait au large. Ralph délègue à Jack et à sa troupe la fonction de chasseurs. Dés le début de leur vie en micro-société, tout ne marche pas vraiment comme il faut. Certes, Ralph, Jack et Simon étaient les enfants les plus heureux du monde quand ils faisaient le tour de l'île, découvrant qu'ils avaient tout ça pour eux. Mais un petit enfant se plaint, il a peur, il dit avoir vu un serpent. Jack lui rétorque qu'il le tuera.
La première nuit se passe plus ou moins bien. le lendemain matin, tout le monde s'attèle à faire du feu au sommet de l'île. Mais personne ne sait allumer un feu. Ralph subtilise les lunettes de Porcinet, et par un effet de loupe, allume le feu. Mais il se propage. Beaucoup trop. Et une grande partie de la jungle se fera détruire. Ralph réalise peu à peu que personne n'a vu le petit enfant qui avait vu un serpent depuis l'incendie. Et la responsabilité pèse sur ses épaules.
Jack, lui n'en fait qu'à sa tête, n'ayant qu'un seul but : chasser. Sa métamorphose nous rappellera ce qu'est un homme : un animal. Porcinet, le plus mature d'entre eux, a le fâcheux problème de ne pas savoir s'exprimer, il est toujours tourné en dérision, jamais pris au sérieux, et il est le souffre douleur de Jack. Jusqu'ou ?
«
Sa majesté des mouches » est impressionnant. Des passages très durs succèdent à des pages de pure poésie. Et
William Golding ne cache pas son pessimisme sur l'être humain en peignant la vie quotidienne de ce groupe de gens « innocents ». La symbolique est puissante, chaque personnage représente chacun d'entre nous. Ralph est le sportif démocrate, il est optimiste, et son charisme sera efficace. du moins pour un temps. Porcinet lui, représente l'aveugle clairvoyant : pour lui, l'île n'est jamais le paradis. Jack le violent a soif de sang et de commandement.
Un livre sombrement somptueux, qui reflète ce qu'est vraiment un être humain. La liberté côtoie la cruauté, la peur s'immisce dans les esprits les plus forts, et la barbarie fait surface, a un moment ou un autre.
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