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Lola Tranec-Dubled (Autre)
ISBN : 2070374807
Éditeur : Gallimard (1983)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 1244 notes)
Résumé :
Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organiser pour survivre. C'est au moins la réflexion de Ralph, celui qui fut élu chef au temps heureux des commencements, et du fidèle Piggy. Mais c'est ce que refusent de comprendre Jack, le second aspirant au "trône", et les siens. Cette prem... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (136) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
Luniver15 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Un avion s'écrase sur une île déserte. Les seuls survivants sont des enfants, tous les adultes ont disparus. Ils parviennent à se regrouper, et à s'organiser. Trois personnalités émergent chez les plus grands : Ralph, le plus charismatique, élu rapidement chef de la bande ; « Porcinet », intellectuel et le plus sensé de la bande, mais ridiculisé par tout le monde à cause de son obésité, de son asthme et de sa myopie ; et Jack, autoritaire et dominateur, qui cherche à être élu chef, mais doit se soumettre, difficilement, à l'autorité de Ralph.
La petite société tient la route au début : on s'organise pour entretenir le feu qui doit alerter les secours, l'agressivité de Jack est canalisée en lui donnant la responsabilité de la chasse. Puis tout se craquelle : entretenir le feu est moins marrant que de parcourir l'île avec les chasseurs, des rumeurs courent sur une mystérieuse « bête » qui terrorise les plus petits, et qui donnent un prétexte à Jack et à ses chasseurs pour obtenir encore plus de pouvoir.
Comme beaucoup, je suis surpris que ce livre soit classé en littérature jeunesse. Je l'ai lu vers 10/11 ans, et j'ai été profondément marqué par la violence contenue dans le récit. J'ai considéré longtemps « Sa majesté des mouches » comme un chef-d'oeuvre des livres d'horreur.
En le relisant vers 18 ans, on y découvre un tout autre sens : que la civilisation est fragile, et que le retour à la barbarie n'est jamais très loin. Un livre pas très optimiste, mais qui restera gravé dans ma mémoire.
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Gwen21
Gwen2126 juin 2013
  • Livres 3.00/5
« On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ». Cet adage célèbre, William Golding l'avait peut-être à l'esprit lorsqu'il préfaça lui-même son roman « Sa Majesté des Mouches » d'une note autobiographique dans laquelle il annonce d'emblée la couleur d'un esprit résolument indépendant par ces mots : « le salut de l'humanité réside en chacun de nous, non pas dans un système, une croyance, ou à l'intérieur d'une frontière donnée. L'ennemi n'est pas au-dehors, mais en dedans ».
Le système, les croyances, les frontières, William Golding, prix Nobel de littérature 1983, va s'ingénier à les mettre à bas dans ce court roman intense. Faisant s'échouer sur une île déserte du Pacifique une vingtaine de collégiens britanniques d'âges différents mais de culture et d'éducation communes, l'auteur nous propose un récit qui n'a, à mon sens, vraiment rien à voir avec les oeuvres de Defoë ou de Tournier ayant elles aussi une île déserte pour décor. Dans « Sa Majesté des Mouches », les secours et l'organisation sociale priment sur la problématique de la survie.
Cette relecture dans le cadre du challenge NOBEL 2013/2014 m'a permis, non pas comme pour Steinbeck de me réconcilier avec une oeuvre dont la lecture m'avait été imposée au collège, mais d'appréhender de façon plus mature un roman qui, pour ne pas m'avoir plus séduite qu'à douze ans, m'a davantage interpellée.
S'il faut parler vrai, je me demande même comment on peut inclure cette oeuvre dans un programme de lectures niveau « collège ». Ce roman est juste super violent et terrifiant. le sentiment de solitude, le désarroi des rescapés, la montée des antagonismes sont très bien rendus et je ne remets pas en question le talent de l'auteur, je ne me le permettrais pas, pauvre petit scarabée obscure et insignifiant que je suis mais, comment dire, nous sommes dans ce livre à un cheveu du cannibalisme !
Toute la première partie du livre m'a ennuyée mais arrivée à la moitié, ce fut comme si j'avais franchi un point de non-retour. La robinsonnade virait brusquement au huis clos ; les rescapés, lâchés dans la jungle à la poursuite des cochons sauvages ou de leurs « camarades », étaient devenus des billes de flipper incontrôlables ! La sauvagerie prend alors le dessus sur la civilisation ; la barbarie est omniprésente, sous-jacente, tapie derrière les lianes, prête à bondir à la gorge du lecteur…
***ALERT SPOILER***
Je n'ai jamais été à l'aise avec les récits d'îles désertes. Peut-être faut-il être insulaire comme Golding pour projeter l'action d'un roman dans ce cadre oppressant et s'y sentir à l'aise ? Je reconnais la marque du génie littéraire dans le crescendo émotionnel créé par l'auteur via une narration épurée et précise. La jeunesse n'est pas si innocente que cela et dans des circonstances qui ramènent les êtres humains à un état de vie primitif, les enfants et les adolescents ne sont pas exclus de cette escalade de violence que semble dicter l'instinct de conservation. Ici, la survie passe par un schéma de luttes de pouvoir, de violences et de conflits qui déshumanise ces graines de gentlemen, aussi sûrement que la marée entraîne le sable dans ses vagues et creuse la plage. On est loin, très loin, du philosophique « mythe du bon sauvage ». La ruse, la vanité, l'envie, la peur, l'orgueil et le désespoir mènent tout droit aux excès, aux humiliations et… aux meurtres ! L'espoir, de plus en plus ténu, comme une foi qui se perd, un feu qu'on n'entretient pas, est condamné à être dominé par le doute et la peur.
La rémission, quant à elle, viendra finalement « des grandes personnes » qui, bien qu'indésirables, « savent tout, [comme] dit Porcinet ; [et qui] n'ont pas peur du noir. Ici, elles se réuniraient, prendraient le thé ensemble et discuteraient la situation. Et tout s'arrangerait... »

Challenge NOBEL 2013 - 2014
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lecassin
lecassin06 mars 2014
  • Livres 3.00/5
William Golding : un auteur anglais nobélisé en 1983 et que je découvre à ce moment là…
« Sa majesté des mouches », mon premier roman de Golding, évidemment, devrais-je dire tant le sujet est accrocheur. Imaginez donc : un avion s'écrase sur une île déserte alors qu'il transporte en Australie des garçons issus de la classe privilégiée anglaise. Ils seront tous rescapés, quand l'équipage et les adultes accompagnants mourront tous…
Une société s'organise autour des valeurs qui leur ont été inculquées avant le crash : un régime « démocratique » dont Ralph est immédiatement reconnu comme le chef et qui se fera aider par Porcinet, le plus intelligent de la bande, mais aussi le plus moqué du fait de son obésité et sa myopie. de son asthme, aussi...
Tout semble fonctionner pour le mieux, avec le secret espoir de voir un bateau stopper pour les secourir. Ils décident d'entretenir jour et nuit un grand feu, visible du large. C'est compter sans l'ambition démesurée de Jack Merridew, autoritaire et agressif, de s'emparer du pouvoir… C'est le conflit, il y aura des morts dans cette société qui peu à peu retourne à une organisation primitive, quasi sauvage… le totem de Jack Merridew n'est il pas une tête de cochon sauvage au bout d'une pique ? Sa Majesté des mouches, comme il l'appelle…
Un livre, paru en 1954 et qui est souvent rangé au rayon de la littérature jeunesse. Il n'en est rien : c'est un livre dur et perturbant pour qui le lirait au premier degré, n'entrant que dans la forme…
Un livre néanmoins à lire dans le sens où William Golding nous met en garde contre la pensée qui consiste à prétendre que ce qui est acquis en matière d'organisation humaine l'est pour toujours. Alors qu'ici on voit bien que le retour à la barbarie n'est pas à exclure, quand les circonstances s'y prêtent… et ce, malgré une excellente éducation comme c'est le cas de ces collégiens anglais, so british, au départ…
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ibon
ibon16 avril 2016
  • Livres 4.00/5
Hélas oui! Il suffit de créer les conditions particulières pour que la sauvagerie réapparaisse même chez des enfants!
Alors bien sûr, pour se rassurer, on dira que ces conditions sont extrêmes et improbables: Golding imagine le crash d'un avion sur une île déserte du Pacifique d'où ne ressortent vivants et entiers que des enfants!
Garder à l'esprit qu'il pourrait s'agir d'un conte peut faire passer l'invraisemblable pour crédible.
Parce qu'après, tout nous est rendu justement crédible par la suite, et l'on sent poindre alors un doute , un effroi.
Au départ ces enfants se regroupent, quelques tiraillements puis un vote pour élire un chef, une microsociété qui s'organise avec des cueilleurs et des chasseurs comme aux temps primitifs, des écoliers qui ont retenu justement la leçon: l'on ne peut se comprendre si l'on parle tous en même temps alors un objet, une conque, va leur donner autorité pour prendre la parole devant le groupe!
Tous semble donc s'organiser dans le meilleur des mondes et on prend aussi du bon temps sur cette île paradisiaque. Mais la discorde va monter à cause d'un feu mal entretenu. Ce feu qui doit signaler leur présence aux secours partis sans doute à leur recherche.
Devenue un classique de la littérature de jeunesse; à partir de 12 ans, l'âge des protagonistes, cette robinsonnade ne s'oublie pas. La réflexion sur la naissance de la violence conviendra certainement aux plus âgés.

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Woland
Woland16 février 2016
  • Livres 5.00/5
Lord of the Flies
Traduction : Lola Tranec
Dossier : Nicolas Saulais
ISBN : 9782701148724
"Sa Majesté des Mouches" ... Pour les amateurs de romans d'épouvante, ce titre recouvre Belzébuth, prince reconnu parmi la légion des démons judéo-chrétiens. Dieu d'origine sémite, célébré par les Phéniciens et les Philistins, il passe de nos jours pour "le Seigneur-des-Mouches" dans une tentative judaïque, un peu ridicule mais bien compréhensible, pour essayer de rabaissser ses pouvoirs car, à l'origine, son nom aurait tout simplement signifié "le Prince Elevé", le "Maître" - de la Terre, bien entendu. En le mêlant aux mouches, et surtout aux mouches à viande, les Hébreux crurent l'abaisser, oubliant (ou feignant d'oublier ?) que, sans les asticots, la terre ne serait qu'un vaste champ de pourriture. Semblable au Mal qu'il représente avant tout, Belzébuth est donc comme une sorte de Janus : il est répugnant, soit, et use d'un langage plutôt malsonnant mais il est aussi utile ... Sans la Nuit, il n'y a pas de Jour.
Le nouvelliste britannique, mort durant la Grande Guerre, Saki nous en a donné sa propre version, tout aussi ambiguë, avec "Sredni Vashtar", le dieu-Furet qui venge le jeune héros dans la nouvelle-éponyme et il ne faudrait pas oublier "L'Idole des Mouches", de Franco Cesarini, où l'ambiguïté n'est plus de mise et où le jeune garçon qui joue un peu trop avec le feu, Pruitt, finit par voir le feu en question se retourner contre lui sous la forme de Belzebuth.
En bonne logique, le roman de Golding flirte donc avec le fantastique et c'est probablement l'un des romans non classifiés "d'épouvante" ou d'"horreur" qui compte parmi les plus oppressants que l'on recommande à la jeunesse. C'est que l'auteur britannique, grand amoureux de la Mer, fait très peu d'allusions en fait à ce "Seigneur des Mouches". Seul, Simon, personnage quasi-christique, l'entend lui adresser la parole. de même, l'antithèse parfaite de Simon, Roger, un enfant dont on comprend très vite que, bien au-delà de Jack, le "chef" des Opposants, par lui-même déjà très antipathique dès le début parce qu'il possède l'âme d'un dictateur miniature et qu'il est obsédé par l'idée de la chasse (aux sangliers, pour se nourrir, pour commencer), perçoit l'esprit - illusion ou réalité - de Sa Majesté des Mouches. (Il s'enfuit même ce jour-là loin de cette chose qui le fascine mais qu'il ne comprend pas et dont il sait bien qu'elle est foncièrement irrationnelle ou, en tous cas, que les adultes la considéreraient comme telle).
Pour le lecteur qui aime l'épouvante mais plus encore le non-dit et l'insolite, la cerise sur le gâteau de ce fabuleux roman, d'une puissance rare mais que je ne recommanderai pas aux adolescents trop jeunes ou bien un peu trop fragiles, c'est justement cette présence de Belzébuth (auquel, sincèrement, il ne semble pas que Jack ait songé en baptisant le "dieu" de la nouvelle religion qu'il instaure d'autorité après s'être rebellé contre Ralph, le héros "positif" mais que le Seigneur des Mouches manque bien se rallier lors de l'une des scènes les plus impressionnantes du livre, cette "danse sacrée" qui précède toute chasse, le principe de la chasse glissant, tout doucement mais sûrement, nous nous en rendons compte, vers l'assassinat pur et simple, voire le cannibalisme).
Fantastique ou pas, laissons cela de côté pour l'instant. Ou plutôt tenons-nous en à l'idée que le Mal couve en chacun de nous, même les plus jeunes, et qu'il peut toujours rattraper les plus faibles et les moins intelligents. S'il parvient à gagner à sa cause un "meneur d'hommes" - ce que sont visiblement Jack et Ralph - malheur aux autres. Simon, lui, sait d'instinct que son être se partage entre ces deux tendances mais il a le courage suffisant pour résister. Quant à Porcinet (dont on ne connaîtra jamais le véritable nom et qui meurt assassiné par Roger à la fin du livre, abandonnant Ralph à un sort peu enviable de proie que les enfants (?) déchaînés et qui n'ont plus aucun garde-fou pour maîtriser leur délire qui monte, qui monte, qui monte ... , envisagent ni plus ni moins - en tous cas, c'est ainsi que je l'ai compris - d'empaler et de faire cuire vivant, ce petit myope rondouillard et suprêmement intelligent est probablement le seul à déceler la véritable nature de Sa Majesté des Mouches : le Mal, ailé ou pas, fantastique ou pas, superstition ou pas, mais, dans le fond, très réel parce que nous le portons en nous comme un virus. Porcinet le scientifique le verrait d'ailleurs assez bien comme ça, un virus ou un germe.
Mais qui sont tous ces enfants et comment se retrouvent-ils réunis ? vous demanderez-vous dès le départ. Eh ! bien, l'action se situe pendant la Seconde guerre mondiale, et ces petits réfugiés britanniques de tous les milieux - souci supplémentaire pour Porcinet, il n'appartient pas à une public-school et s'exprime en anglais familier face à un Jack qui, lui, manifestement, est issu de la bourgeoisie arrivée - étaient à bord d'un avion en partance pour l'Australie lorsque l'appareil s'est crashé. L'équipage, qui devait être d'ailleurs assez réduit, a disparu et il n'y a plus, sur cette île si paradisiaque et en même temps si féroce, que les enfants et leurs instincts, les meilleurs comme les pires.
Côté religieux, on pourrait ici poser la question du libre-arbitre. Ce que fait l'auteur mais toujours entre les lignes et par le biais du comportement de ses personnages. Si Jack reste longtemps susceptible d'être "sauvé" - c'est l'orgueil qui le perd - Ralph, peut-être moins intelligent que lui et assurément que Porcinet mais qui a, lui aussi, l'âme d'un chef, d'un meneur, se laisse une fois tenter mais en sort tellement choqué qu'il fait le pas décisif et choisit ce que nous appellerions "le Bien", acceptant de se battre jusqu'au bout et même de se sacrifier, comme l'ont fait Simon et Porcinet, dans une ultime tentative pour sauver le groupe.
Porcinet, petit personnage attachant qui n'a, malheureusement, pas le physique du chef même si son QI dépasse certainement de très loin la moyenne du groupe, qui est affublé de lunettes cassées (qu'on finira par lui voler alors que, sans elles, il ne voit pour ainsi dire pas) et qui, de surcroît, est asthmatique avec tous les dangers que cela implique pour son coeur, ne choisit pas parce que, démocrate-né, il est, en quelque sorte, le Libre-Arbitre. Jusqu'au bout, il portera précieusement avec lui cette conque si belle, si blanche, si pure, qui permettait aux enfants de se réunir lorsque Ralph soufflait dedans - après que Porcinet, d'ailleurs, lui eût appris à utiliser pour ce faire la respiration du ventre. Raillé, traqué, moqué, frappé, martyrisé, Porcinet, que Roger envoie se fracasser le crâne sur un récif, n'en reste pas moins vainqueur : son souvenir ne s'effacera jamais de la mémoire de Ralph et lui rappellera à jamais ses moments de lâcheté - il en a eu, envers Porcinet, lequel, il faut bien l'avouer, avait aussi ses petits côtés agaçants - et aussi ses moments de courage. Porcinet, "ami prudent et avisé", comme le dit tout simplement Golding - la meilleure et la plus juste des épitaphes pour celui que la Mer prend doucement dans ses bras afin de lui donner enfin la paix. Il meurt certes mais sa petite silhouette trop grasse et à demi-aveugle, n'ayant à la main que la conque qui symbolise aussi l'esprit de démocratie - il faut l'avoir entre les mains pour obtenir le droit de parler dans les assemblées - aura lutté jusqu'au bout avec courage, et même témérité, convaincu du bien-fondé de sa conception de la Vie et de la Liberté.
Que dire d'autre sur ce livre extraordinaire, merveilleux, deux fois adapté au cinéma, dont l'une en 1963, par Peter Brook, de ce livre qui hypnotise et épouvante tour à tour parce qu'il nous démontre (ou en tous cas cherche à nous démontrer) que nous, adultes, ne sommes que des enfants qui avons grandi avec le Mal en nous, à charge pour nous (mais bien souvent à quel prix !) soit de le repousser, soit de plier sous son joug ? Peut-être que, plus on avance, plus on a peur et plus on se sent oppressé et que, pour obtenir à un tel résultat sans passer carrément par la case "Epouvante et Surnaturel", il faut être un sacré bon écrivain.
Lisez "Sa Majesté des Mouches", relisez-le, vous ne vous en lasserez jamais, vous verrez : l'Être humain tout entier est dans ce livre - vous comme moi et comme notre voisin. En ces jours peu sympathiques que nous traversons, il est bon de disposer d'ouvrages de ce type, véritables brandons d'Espoir pour l'Humanité. :o)
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WolandWoland16 février 2016
[...] ... Roger resta à regarder les petits. Il n'avait pas beaucoup bruni mais la masse de cheveux noirs qui couvraient sa nuque et son front convenait à son visage renfrogné et changeait en impression inquiétante ce qui n'avait été qu'un air insociable. Comme les larmes avaiient chassé le sable, Percival cessa de pleurnicher et retourna à ses jeux. Johnny fixait sur lui un regard de porcelaine bleue ; tout à coup, il lui lança du sable en quantité et Percival se remit à gémir.

Quand Henry en eut assez de son jeu, il s'éloigna sur la plage et Roger le suivit d'un air indifférent, sans quitter l'ombre des arbres. Henry ne recherchait pas l'ombre parce qu'il était trop petit pour penser à se protéger du soleil. Il descendit au bord de l'eau et commença à s'amuser. Sous la puissante impulsion de la marée montante, l'eau calme du lagon s'enflait et gagnait quelques centimètres sur la plage à intervalles réguliers. Dans ce petit réduit du Pacifique, s'agitaient des créatures vivantes, des corpuscules transparents que l'eau transportait sur le sable chaud et sec. Leurs organes sensoriels invisibles exploraient ce nouveau champ de recherches. Peut-être trouvaient-ils à se nourrir dans un endroit où leur dernière incursion était restée inutile : des fientes d'oiseaux, ou des insectes, ou des débris éparpillés provenant des créatures terrestres. Semblables à une myriade de minuscules dents de scie, ces organismes procédaient au nettoyage de la plage.

Henry trouvait leur activité passionnante. Il agitait l'eau du bout d'un bâton usé et blanchi par les vagues et il essayait de diriger les mouvements des corpuscules. Il creusait de petits fossés que la marie remplissait et cherchait à les peupler de cette vie grouillante. Il éprouvait un bonheur extraordinaire à diriger ainsi des existences. Il parlait à ses bêtes, les encourageait, leur donnait des ordres. Au fur et à mesure qu'il reculait devant la marée, ses pas laissaient des empreintes dans lesquelles l'eau s'engouffrait et retenait les bêtes prisonnières. Henry en tirait une sensation de toute puissance. Il s'accoupit au bord de l'eau et se pencha tant que ses cheveux lui tombèrent dans les yeux. Le soleil à son zénith déversait sur lui ses flèches invisibles.

Roger attendait. Il avait commencé par se cacher derrière un gros palmier mais Henry était tellement absorbé qu'il ne risquait rien à se montrer. Il inspecta la plage. Percival s'éloignait en pleurant et Johnny régnait seul et triomphant sur ses châteauX, Il chantonnait à mi-voix et continuait à jeter du sable à un Pervical imaginaire. Derrière lui, Roger apercevait le plateau et des gerbes d'éclaboussures brillantes qui marquaient les plongeons de Ralph, Simon Porcinet et Maurice dans la piscine. Il tendait l'oreille, mais entendait à peine leurs cris.

Une brise soudaine agita les feston de palmes, puis secoua les frondaisons. Près de deux mètres au-dessus de Roger, un bouquet de noix de coco - de grosses boules fibreuses de la taille d'un ballon de rugby - furent arrachées à leurs tiges. Elles tombèrent autour de lui avec un bruit sourd, mais sans le toucher. Roger ne pensa même pas qu'il venait de l'échapper belle et son regard resta posé sur Henry pour revenir ensuite aux noix de coco. ... [...]
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WolandWoland16 février 2016
[...] ... - "Il faut que tu partes, Ralph. Tout de suite ..."

Il brandit son javelot dans un essai d'intimidation.

- "Allez, file. Compris ?"

Erik l'approuva d'un signe de tête et pourfendit l'air de son arme. Ralph ne bougeait pas, appuyé sur ses avant-bras.

- "Je suis venu vous voir, vous deux."

Il parlait d'une voix épaisse et sa gorge lui faisait mal, bien qu'elle n'eût reçu aucun blessure.

- "C'est vous deux que je suis venu voir ..."

Les mots ne suffisaient pas pour exprimer sa peine profonde. Il se tut, tandis que les étoiles brillantes paraissaient toutes ensembles dans le ciel et dansaient en tous sens.

Sam s'agita, mal à l'aise.

- "Je t'assure, Ralph, tu ferais mieux de partir."

Ralph leva la tête.

- "Vous ne portez aucun bariolage vous deux. Comment pouvez-vous ... S'il faisait jour ..."

S'il faisait jour, la honte les brûlerait en reconnaissant certaines choses. Mais il faisait noir. Erik reprit la parole et les jumeaux recommencèrent leur antienne.

- "Il faut que tu partes, parce que c'est dangereux ...

- ... ils nous on forcés. Ils nous ont fait mal ...

- Qui ? Jack ?

- Oh ! non ..."

Ils se penchèrent vers lui et baissèrent la voix.

- "File d'ici, Ralph ...

- ... c'est une tribu ...


- ... ils nous ont forcés ...

- ... on n'a pas pu résister ..."

Quand Ralph reprit la parole, ce fut d'une voix basse, oppressée.

- "Qu'est-ce que j'ai fait ? ... Je l'aimais bien ... et je voulais organiser notre sauvetage ..."

De nouveau, les étoiles dansèrent dans le ciel. Erik secoua gravement la tête.

- "Ecoute, Ralph. Ne cherche pas la logique. Ca n'existe plus ...

- Ne pense plus à qui est le chef ...

- ... pour ton propre bien, il faut que tu files ...

- Le chef et Roger ...

- Oui, Roger ...

- Ils te détestent, Ralph. Ils veulent ta peau.

- Demain, ils feront une battue pour t'avoir.

- Mais pourquoi ?" (...) [...]
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cicou45cicou4521 novembre 2014
PIGGY : Qu'est-ce qui vaut mieux ? Des lois pour être sauvés, ou bien la chasse pou être détruits ? Avoir des règles et les respecter, ou chasser et tuer comme une bande de sauvages ?

RAPPH : Cochonou ?

PIGGY : Vous pensez que vous faites quoi là , hein ? Avec vos lances et vos pierres ? Ça, ça veut dire que vous devez m'écouter, vous m'entendez ? Ça, ça veut dire que nous avons quelque chose à quoi nous raccrocher pour ne pas oublier qui nous sommes. Vous comprenez ? Moi je n'ai pas oublié, je n'ai pas oublié tout ce que j'ai appris.
+ Lire la suite
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goodgarngoodgarn12 mai 2012
- Oui, c'était comme ça au début, répliqua Ralph, avant que les choses...
Il s'interrompit.
- Au début, on s'entendait...
L'officier l'encouragea du menton.
- Oui, je comprends. La belle aventure. Les Robinsons...
Ralph fixa sur lui des yeux vides. Il se remémora dans un éclair l'éclat prestigieux qui avait autrefois baigné cette plage. Mais l'île n'était plus qu'un amas de bois mort, calciné. Simon était mort... et Jack avait... Les larmes lui jaillirent des yeux et des sanglots le secouérent. Pour la premiére fois depuis leur arrivée dans l'île, il s'abandonnait au chagrin et des spasmes déchirants le secouaient des pieds à la tête. Il exhalait son désarroi sous la nappe de fumée noire qui recouvrait les ruines fumantes de l'île. Pris de contagion, les autres petits garçons commencèrent à trembler et à sangloter. Au milieu d'eux, couvert de crasse, la chevelure emmêlée et le nez sale, Ralph pleurait sur la fin de l'innocence, la noirceur du coeur humain et la chute dans l'espace de cet ami fidéle et avisé qu'on appelait Porcinet.
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Gwen21Gwen2125 juin 2013
Note bibliographique sur William Golding (par lui-même)

Le salut de l'humanité réside en chacun de nous, non pas dans un système, une croyance, ou à l'intérieur d'une frontière donnée. L'ennemi n'est pas au-dehors, mais en dedans.
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