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> Lola Tranec-Dubled (Autre)

ISBN : 2070374807
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 826 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organiser pour survivre. C'est au moins la r... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Gwen21, le 26 juin 2013

    Gwen21
    Challenge NOBEL 2013 - 2014
    4/15
    « On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ». Cet adage célèbre, William Golding l'avait peut-être à l'esprit lorsqu'il préfaça lui-même son roman « Sa majesté des mouches » d'une note autobiographique dans laquelle il annonce d'emblée la couleur d'un esprit résolument indépendant par ces mots : « le salut de l'humanité réside en chacun de nous, non pas dans un système, une croyance, ou à l'intérieur d'une frontière donnée. L'ennemi n'est pas au-dehors, mais en dedans ».
    Le système, les croyances, les frontières, William Golding, prix Nobel de littérature 1983, va s'ingénier à les mettre à bas dans ce court roman intense. Faisant s'échouer sur une île déserte du Pacifique une vingtaine de collégiens britanniques d'âges différents mais de culture et d'éducation communes, l'auteur nous propose un récit qui n'a, à mon sens, vraiment rien à voir avec les œuvres de Defoë ou de Tournier ayant elles aussi une île déserte pour décor. Dans « Sa majesté des mouches », les secours et l'organisation sociale priment sur la problématique de la survie.
    Cette relecture dans le cadre du challenge NOBEL 2013/2014 m'a permis, non pas comme pour Steinbeck de me réconcilier avec une œuvre dont la lecture m'avait été imposée au collège, mais d'appréhender de façon plus mature un roman qui, pour ne pas m'avoir plus séduite qu'à douze ans, m'a davantage interpellée.
    S'il faut parler vrai, je me demande même comment on peut inclure cette œuvre dans un programme de lectures niveau « collège ». Ce roman est juste super violent et terrifiant. le sentiment de solitude, le désarroi des rescapés, la montée des antagonismes sont très bien rendus et je ne remets pas en question le talent de l'auteur, je ne me le permettrais pas, pauvre petit scarabée obscure et insignifiant que je suis mais, comment dire, nous sommes dans ce livre à un cheveu du cannibalisme !
    Toute la première partie du livre m'a ennuyée mais arrivée à la moitié, ce fut comme si j'avais franchi un point de non-retour. La robinsonnade virait brusquement au huis clos ; les rescapés, lâchés dans la jungle à la poursuite des cochons sauvages ou de leurs « camarades », étaient devenus des billes de flipper incontrôlables ! La sauvagerie prend alors le dessus sur la civilisation ; la barbarie est omniprésente, sous-jacente, tapie derrière les lianes, prête à bondir à la gorge du lecteur…
    ***ALERT SPOILER***
    Je n'ai jamais été à l'aise avec les récits d'îles désertes. Peut-être faut-il être insulaire comme Golding pour projeter l'action d'un roman dans ce cadre oppressant et s'y sentir à l'aise ? Je reconnais la marque du génie littéraire dans le crescendo émotionnel créé par l'auteur via une narration épurée et précise. La jeunesse n'est pas si innocente que cela et dans des circonstances qui ramènent les êtres humains à un état de vie primitif, les enfants et les adolescents ne sont pas exclus de cette escalade de violence que semble dicter l'instinct de conservation. Ici, la survie passe par un schéma de luttes de pouvoir, de violences et de conflits qui déshumanise ces graines de gentlemen, aussi sûrement que la marée entraîne le sable dans ses vagues et creuse la plage. On est loin, très loin, du philosophique « mythe du bon sauvage ». La ruse, la vanité, l'envie, la peur, l'orgueil et le désespoir mènent tout droit aux excès, aux humiliations et… aux meurtres ! L'espoir, de plus en plus ténu, comme une foi qui se perd, un feu qu'on n'entretient pas, est condamné à être dominé par le doute et la peur.
    La rémission, quant à elle, viendra finalement « des grandes personnes » qui, bien qu'indésirables, « savent tout, [comme] dit Porcinet ; [et qui] n'ont pas peur du noir. Ici, elles se réuniraient, prendraient le thé ensemble et discuteraient la situation. Et tout s'arrangerait.. »
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 15 septembre 2012

    Luniver
    Un avion s'écrase sur une île déserte. Les seuls survivants sont des enfants, tous les adultes ont disparus. Ils parviennent à se regrouper, et à s'organiser. Trois personnalités émergent chez les plus grands : Ralph, le plus charismatique, élu rapidement chef de la bande ; « Porcinet », intellectuel et le plus sensé de la bande, mais ridiculisé par tout le monde à cause de son obésité, de son asthme et de sa myopie ; et Jack, autoritaire et dominateur, qui cherche à être élu chef, mais doit se soumettre, difficilement, à l'autorité de Ralph.
    La petite société tient la route au début : on s'organise pour entretenir le feu qui doit alerter les secours, l'agressivité de Jack est canalisée en lui donnant la responsabilité de la chasse. Puis tout se craquelle : entretenir le feu est moins marrant que de parcourir l'île avec les chasseurs, des rumeurs courent sur une mystérieuse « bête » qui terrorise les plus petits, et qui donnent un prétexte à Jack et à ses chasseurs pour obtenir encore plus de pouvoir.
    Comme beaucoup, je suis surpris que ce livre soit classé en littérature jeunesse. Je l'ai lu vers 10/11 ans, et j'ai été profondément marqué par la violence contenue dans le récit. J'ai considéré longtemps « Sa majesté des mouches » comme un chef-d'œuvre des livres d'horreur.
    En le relisant vers 18 ans, on y découvre un tout autre sens : que la civilisation est fragile, et que le retour à la barbarie n'est jamais très loin. Un livre pas très optimiste, mais qui restera gravé dans ma mémoire.
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    • Livres 3.00/5
    Par lecassin, le 06 mars 2014

    lecassin
    William Golding : un auteur anglais nobélisé en 1983 et que je découvre à ce moment là…
    « Sa majesté des mouches », mon premier roman de Golding, évidemment, devrais-je dire tant le sujet est accrocheur. Imaginez donc : un avion s'écrase sur une île déserte alors qu'il transporte en Australie des garçons issus de la classe privilégiée anglaise. Ils seront tous rescapés, quand l'équipage et les adultes accompagnants mourront tous…
    Une société s'organise autour des valeurs qui leur ont été inculquées avant le crash : un régime « démocratique » dont Ralph est immédiatement reconnu comme le chef et qui se fera aider par Porcinet, le plus intelligent de la bande, mais aussi le plus moqué du fait de son obésité et sa myopie. de son asthme, aussi...
    Tout semble fonctionner pour le mieux, avec le secret espoir de voir un bateau stopper pour les secourir. Ils décident d'entretenir jour et nuit un grand feu, visible du large. C'est compter sans l'ambition démesurée de Jack Merridew, autoritaire et agressif, de s'emparer du pouvoir… C'est le conflit, il y aura des morts dans cette société qui peu à peu retourne à une organisation primitive, quasi sauvage… le totem de Jack Merridew n'est il pas une tête de cochon sauvage au bout d'une pique ? Sa majesté des mouches, comme il l'appelle…
    Un livre, paru en 1954 et qui est souvent rangé au rayon de la littérature jeunesse. Il n'en est rien : c'est un livre dur et perturbant pour qui le lirait au premier degré, n'entrant que dans la forme…
    Un livre néanmoins à lire dans le sens où William Golding nous met en garde contre la pensée qui consiste à prétendre que ce qui est acquis en matière d'organisation humaine l'est pour toujours. Alors qu'ici on voit bien que le retour à la barbarie n'est pas à exclure, quand les circonstances s'y prêtent… et ce, malgré une excellente éducation comme c'est le cas de ces collégiens anglais, so british, au départ…
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    • Livres 4.00/5
    Par Aline1102, le 19 avril 2014

    Aline1102
    De jeunes garçons sont victimes d'un accident d'avion et se retrouvent coincés sur une île déserte. Ils semblent d'abord enchantés de leur sort : c'est l'occasion pour eux de vivre sans règles à respecter et de profiter d'une liberté dont ils n'ont pas l'habitude. Mais bien vite, la petite communauté se rend compte qu'ils devront s'organiser s'ils veulent survivre.
    Sa majesté des mouches fait partie de ces romans que l'on "connaît" de façon instinctive. Même sans l'avoir lu, on sait que le roman raconte l'histoire d'un groupe d'enfants naufragés.
    C'était mon cas mais, je l'avoue, je m'attendais à bien autre chose. Peut-être un roman dit "d'aventure", proposant un récit mouvementé mais assez amusant. Eh bien ce n'est pas du tout le cas.
    Avec Sa majesté des mouches, William Golding semble vouloir dénoncer les dérives du pouvoir dans la société. du coup, ses jeunes héros, bien qu'étant des enfants, ne sont pas spécialement innocents... Dès les premières pages, Ralph se montre excessivement cruel envers son compagnon, Piggy. Bien sûr, cela ne décourage pas spécialement le lecteur, puisque, comme tout le monde sait, les enfants sont souvent cruels entre eux : moins dissimulateurs et hypocrites que les adultes, ils cachent rarement ce qu'ils pensent vraiment de quelqu'un.
    N'empêche que, par la suite, le récit ne devient guère plus "gentil". le roman est profondément réaliste et finit par devenir effrayant, tant la situation affreuse dont il parle pourrait très bien devenir réalité si l'on se trouvait dans la même situation que ces enfants.
    Ce roman est obsédant, court mais intense. Il est impossible de le lire d'une traite tant les sentiments que Golding nous fait ressentir sont puissants. Dégoût, peur, colère... Tout y passe.
    Je ne vous en dirai pas plus : à vous de découvrir cette histoire superbement écrite au sujet difficile.
    Challenge 15 Nobel : 14/15
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    • Livres 4.00/5
    Par odin062, le 28 septembre 2013

    odin062
    Livre référence de nombres d'auteurs que je lis régulièrement (King, Chattam…) et de séries cultes (lost…), cela faisait un moment que je voulais le lire. Je ne connaissais pas du tout l'histoire avant de me lancer dans la lecture, je n'avais lu aucune critique, aucun résumé, je ne connaissais que de nom. Ce fut une véritable découverte coup de cœur !
    En temps de guerre, vous mettez quelques gamins de tout âge sur une île déserte. Que va-t-il se passer? Jusqu'où un enfant peut-il être adulte? Comment autant d'Hommes livrés à eux même vont réagir? Soit tout ce passe bien, on écoute le sage et on le suit, soit on en fait qu'à sa tête et tout se passe mal.
    On parle ici d'une troupe de gosses qui représente assez bien la troupe lambda des cours d'école primaire. Des très petits qui ne pensent qu'à jouer, des caïds qui n'acceptent pas d'être dirigés, des victimes de ces caïds, et les gosses matures qui en général ne se sentent pas à leur place et ne sont pas écoutés. Sauf que dans cette histoire, on n'est pas dans une cours d'école, on y joue sa vie.
    Ainsi ce récit est effrayant. Effrayant de vérité. On s'imagine sans mal les scènes, les réactions des personnages (peur dans le noir, imagination débordante, cruauté des enfants, un certain reflet de la société) et on les suit rapidement dans l'horreur, sans pouvoir jouer son rôle d'adulte pour espérer les modérer. On en arrive d'ailleurs vite à la fin, une fin qui ne se veut pas positive pour moi tant les scènes précédentes sont d'une violence inouï. Je crois que je n'oublierai jamais cette scène sur la plage, ce jeu abominable de la danse des chasseurs.
    Bref on en revient ici en quelques sortes à un « Vivre ensemble ou mourir seul ». L'individualisme de la société associé à la folie des enfants et à leur tempérament joueur. Ceux-ci dit, on transpose facilement ce récit à un monde adulte, notre société où les bien-pensants n'en font qu'à leur tête.
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Citations et extraits

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  • Par goodgarn, le 12 mai 2012

    - Oui, c'était comme ça au début, répliqua Ralph, avant que les choses...
    Il s'interrompit.
    - Au début, on s'entendait...
    L'officier l'encouragea du menton.
    - Oui, je comprends. La belle aventure. Les Robinsons...
    Ralph fixa sur lui des yeux vides. Il se remémora dans un éclair l'éclat prestigieux qui avait autrefois baigné cette plage. Mais l'île n'était plus qu'un amas de bois mort, calciné. Simon était mort... et Jack avait... Les larmes lui jaillirent des yeux et des sanglots le secouérent. Pour la premiére fois depuis leur arrivée dans l'île, il s'abandonnait au chagrin et des spasmes déchirants le secouaient des pieds à la tête. Il exhalait son désarroi sous la nappe de fumée noire qui recouvrait les ruines fumantes de l'île. Pris de contagion, les autres petits garçons commencèrent à trembler et à sangloter. Au milieu d'eux, couvert de crasse, la chevelure emmêlée et le nez sale, Ralph pleurait sur la fin de l'innocence, la noirceur du coeur humain et la chute dans l'espace de cet ami fidéle et avisé qu'on appelait Porcinet.
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  • Par Gwen21, le 25 juin 2013

    Note bibliographique sur William Golding (par lui-même)

    Le salut de l'humanité réside en chacun de nous, non pas dans un système, une croyance, ou à l'intérieur d'une frontière donnée. L'ennemi n'est pas au-dehors, mais en dedans.

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  • Par chapochapi, le 08 mai 2010

    - Le mieux, c'est d'organiser notre sauvetage.
    Il fallut un moment de réflexion à Jack pour se rappeler ce que signifiait le mot sauvetage.
    - Notre sauvetage ? Ah ! oui, bien sûr. Moi, j'aimerais d'abord attraper un cochon...
    Il saisit son épieu et le planta dans le sol . Ses yeux reprirent leur expression égarée, fixe. Ralph le regarda d'un air réprobateur, sous ses cheveux blonds en broussaille.
    - Tant que vous autres, les chasseurs, n'oubliez pas le feu..
    - Toi et ton feu....
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  • Par Gwordia, le 30 mars 2011

    Ralph se laissait absorber par le mouvement de flux et de reflux jusqu'à ce que son cerveau fût engourdi par cette puissance étrangère. Progressivement, la notion d'infini révélée par ces espaces marins s'imposait à son esprit. Là se trouvait la frontière, l'obstacle. Sur l'autre côté de l'île, baigné de mirages à cette heure du jour, protégé par le bouclier du lagon aux eaux calmes, on pouvait rêver de sauvetage ; mais ici, face à la force brutale de l'Océan, à l'étendue d'un tel mur, on était bloqué, impuissant, condamné, on était...

    Simon lui parlait, sa bouche presque contre l'oreille de Ralph. Ce dernier s'aperçut qu'il agrippait les rochers à pleines mains, le corps tendu, le cou raide, la bouche ouverte.

    - Tu reviendras chez toi.

    Simon hochait la tête affirmativement. Un genou posé sur une roche surélevée, l'autre jambe pendant à la hauteur de Ralph, il baissait les yeux sur lui.

    Surpris, Ralph regarda Simon.

    - Je trouve que c'est si grand...

    Simon fit le même geste affirmatif.

    - Oui. Mais tu reviendras quand même. En tout cas, je le pense.

    Le corps de Ralph se détendit un peu. Il jeta un coup d'oeil sur l'eau, puis sourit à Simon avec dérision.

    - Tu as un bateau dans ta poche ?

    Simon sourit aussi et secoua la tête.

    - Et bien alors, qu'en sais-tu ?

    Comme Simon se taisait, Ralph dit sèchement :

    - Tu es cinglé.

    Simon secoua la tête plus violemment et ses épais cheveux noirs volèrent en désordre sur son visage.

    - Pas du tout. Je pense simplement que tu rentreras chez toi.

    Pendant un moment, tous deux gardèrent le silence. Puis soudain, ils échangèrent encore un sourire.
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  • Par Gwen21, le 23 juin 2013

    [...] il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l'imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.

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