> Lola Tranec-Dubled (Autre)

ISBN : 2070374807
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 251 notes) Ajouter à mes livres
Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois ? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organise... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cyberugo, le 26 mai 2012

    cyberugo
    Quelle puissance humaniste va se dégager de ce roman... Qu'est-ce que l'Homme peut bien devenir ? On a là un exemple possible de réponse. On comprend alors mieux pourquoi certains d'entre-nous sont capables de se faire la guerre, de se massacrer et j'en passe.
    L'action se déroule ici sur une île avec des enfants, mais en se replaçant dans n'importe quelle zone du globe et avec n'importe quel peuple on retombera alors sur l'actualité et ses horreurs. Et c'est là que les choses deviennent réellement effrayantes : on se dit que bien peu de choses peuvent nous mener là.
    Voilà résumée la richesse de ce livre : c'est qu'il est capable de nous transporter dans son univers, mais aussi et surtout denous stimuler et de nous faire imaginer seul une suite, une autre version, d'émettre des hypothèses. C'est pour cette raison que c'est beau
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par coquelicot5602, le 12 décembre 2011

    coquelicot5602
    Un groupe d'enfants se retrouve échoué sur une île déserte. Quel bonheur de vivre sans adultes! du moins au départ...En effet, si les premiers jours s'écoulent paisiblement pour ces jeunes Robinsons, peu à peu les quelques rudiments de civilisation qu'ils connaissaient laissent la place à la sauvagerie, qui reprend le dessus.
    Finie l'insouscience de l'enfance: ils vont se scinder en deux groupes, s'affronter, connaître la violence, la peur, la mort.
    William Golding dépeint ici avec noirceur un roman que l'on pourrait qualifier d'"initiatique", dans le sens où les personnages quittent l'enfance assez brutalement et entrent dans l'âge adulte après un périple plutôt sinistre.
    J'ai lu ce livre pour la première fois il y a longtemps et j'en avais gardé un souvenir assez traumatisant (le sort de certains des enfants m'avait bouleversée!). Aujourd'hui encore, je trouve ce livre très sombre et très marquant. Mais après tout, une oeuvre n'est-elle pas réussie quand elle laisse des sensations à l'esprit, même des années plus tard?
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par bibliothequegries, le 04 avril 2012

    bibliothequegries
    Une bande d'enfants de 8 à 12 ans se retrouve après un accident d'avion sur une île déserte. La vie petit à petit va devoir s'organiser, mais avec les connaissances, les compétences, les mentalités propres à leur âge.
    L'auteur s'ingénie à nous montrer que, si au début, et grâce au charisme naturel et à l'âge des deux plus grands, un chef émerge plus ou moins accepté, et qu'un semblant d'ordre et de consignes sont donnés à l'ensemble du groupe, notamment de faire et entretenir un feu visible pour d'éventuels secours, bien vite, de par la légèreté et l'incompréhension des plus jeunes et de par la contestation du second chef désirant devenir le premier, ceux-ci ne sont plus seulement contournés mais également contestés.
    La peur des éléments inconnus, dans une nature parfois secourable (fruits à profusion, cochons sauvages, lagon naturel, eau de source), parfois menaçante, pleine de bruits, d'ombres et de mouvements inexpliqués, les évènements naturels et climatiques ajoutant aux perturbations sur ces jeunes esprits, ainsi que la manipulation intellectuelle du second chef, se servant de la chasse qui procure des aliments prisés par l'ensemble et dans l'art de laquelle il se distingue, l'aident à reformer un groupe dissident dont il devient le maître, mais animé d'un esprit de revanche sur celui qu'il supplante et des trois jeunes qui lui sont restés fidèles.
    La barbarie, libérée à l'état brut par la peur et la domination d'un chef sanguinaire, non plus jugulée par des adultes éducatifs ou répressifs, s'installe alors sans frein du groupe majoritaire sur le minoritaire, jusqu'à son stade ultime, et sans plus aucune considérations morales. La guerre s'installe et sera sans merci.
    Seule, l'arrivée providentielle d'un bateau de secours viendra empêcher le carnage juste avant un dénouement qu'on eut pu imaginer des plus cruels…..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    Azzyraphale
    William Golding s'est demandé : « Et si j'écrivais l'histoire de jeunes garçons sur une île ? Je les laisserais se comporter exactement comme ils le voudraient.» Et le résultat est là, un groupe de jeunes anglais qui se retrouvent seuls sur une île. Et contrairement aux autres histoires du même genre, comme « Robinson Crusoé », la catastrophe n'est pas la cause de leur arrivée sur l'île, mais bien la conséquence.
    Il y a tout d'abord Ralph, 13 ans, blond, élancé, charismatique. Il rencontre Porcinet, l'archétype du gros joufflu, binoclard et asthmatique. Et tête de Turc. Ils trouvent une conque, et soufflent dedans pour appeler d'éventuels autres enfants. Beaucoup viennent, des très jeunes et des plus vieux. Parmi eux, il y a Jack, qui marche en tête d'une procession d'autres garçons en uniforme. Ils font tous preuve d'une volonté d'organisation. Deux se présentent pour être le chef : Ralph et Jack. Et c'est Ralph qui est élu, provoquant la colère étouffée de Jack. Des règles sont établies : dés que Ralph souffle dans la conque, tout le monde doit se rassembler pour tenir un meeting. Tout le monde ne parle pas en même temps, seul celui qui à la conque à la parole. Et il faut faire du feu, pour que la fumée soit visible au loin, au cas ou un bateau passerait au large. Ralph délègue à Jack et à sa troupe la fonction de chasseurs. Dés le début de leur vie en micro-société, tout ne marche pas vraiment comme il faut. Certes, Ralph, Jack et Simon étaient les enfants les plus heureux du monde quand ils faisaient le tour de l'île, découvrant qu'ils avaient tout ça pour eux. Mais un petit enfant se plaint, il a peur, il dit avoir vu un serpent. Jack lui rétorque qu'il le tuera.
    La première nuit se passe plus ou moins bien. le lendemain matin, tout le monde s'attèle à faire du feu au sommet de l'île. Mais personne ne sait allumer un feu. Ralph subtilise les lunettes de Porcinet, et par un effet de loupe, allume le feu. Mais il se propage. Beaucoup trop. Et une grande partie de la jungle se fera détruire. Ralph réalise peu à peu que personne n'a vu le petit enfant qui avait vu un serpent depuis l'incendie. Et la responsabilité pèse sur ses épaules.
    Jack, lui n'en fait qu'à sa tête, n'ayant qu'un seul but : chasser. Sa métamorphose nous rappellera ce qu'est un homme : un animal. Porcinet, le plus mature d'entre eux, a le fâcheux problème de ne pas savoir s'exprimer, il est toujours tourné en dérision, jamais pris au sérieux, et il est le souffre douleur de Jack. Jusqu'ou ?
    « Sa majesté des mouches » est impressionnant. Des passages très durs succèdent à des pages de pure poésie. Et William Golding ne cache pas son pessimisme sur l'être humain en peignant la vie quotidienne de ce groupe de gens « innocents ». La symbolique est puissante, chaque personnage représente chacun d'entre nous. Ralph est le sportif démocrate, il est optimiste, et son charisme sera efficace. du moins pour un temps. Porcinet lui, représente l'aveugle clairvoyant : pour lui, l'île n'est jamais le paradis. Jack le violent a soif de sang et de commandement.
    Un livre sombrement somptueux, qui reflète ce qu'est vraiment un être humain. La liberté côtoie la cruauté, la peur s'immisce dans les esprits les plus forts, et la barbarie fait surface, a un moment ou un autre.

    Lien : http://www.bibliazzy.com/sa-majeste-des-mouches-william-golding/
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 26 septembre 2011

    brigittelascombe
    Vous prenez un groupe de garçons tous âges confondus. Vous les larguez sur une ile sans adultes pour maintenir une autorité constante,instaurer des lois,prendre des décisions raisonnées; une dynamique de groupe va se créer et les personnalités s'affirmer.
    De la masse,émergent Ralph, gentil,sociable, qui essaye de maintenir l'harmonie, Jack, bagarreur,autoritaire,intrépide,provocateur qui écrase les autres et Piggy intellectuel et solitaire.
    Au fur et à mesure que les problèmes de faim,peur, danger, cohésion vont se poser, le groupe va se partager en bons et mauvais (thème cher William Golding).Qui triomphera? Sa majesté des mouches? La loi du plus fort?
    Dans La majesté des mouches, premier roman de William Golding(paru en 1954 puis adapté en film en 1983 par Peter Brook)auteur anglais qui a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1983, les portraits et l'analyse psychologique sont fort bien rendus.La violence qui monte crescendo du début idyllique de petits Robinsons ivres de liberté jusqu'à la prise de pouvoir,la formation de clans,le combat,le drame final montre l'engrenage insidieux métamorphosant l'état civilisé en l'état sauvage dans une société livrée à elle même sans lois, sans morale ou sous la coupe d'un tyran.
    A méditer et toujours d'actualité!
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    Ralph se laissait absorber par le mouvement de flux et de reflux jusqu'à ce que son cerveau fût engourdi par cette puissance étrangère. Progressivement, la notion d'infini révélée par ces espaces marins s'imposait à son esprit. Là se trouvait la frontière, l'obstacle. Sur l'autre côté de l'île, baigné de mirages à cette heure du jour, protégé par le bouclier du lagon aux eaux calmes, on pouvait rêver de sauvetage ; mais ici, face à la force brutale de l'Océan, à l'étendue d'un tel mur, on était bloqué, impuissant, condamné, on était...

    Simon lui parlait, sa bouche presque contre l'oreille de Ralph. Ce dernier s'aperçut qu'il agrippait les rochers à pleines mains, le corps tendu, le cou raide, la bouche ouverte.

    - Tu reviendras chez toi.

    Simon hochait la tête affirmativement. Un genou posé sur une roche surélevée, l'autre jambe pendant à la hauteur de Ralph, il baissait les yeux sur lui.

    Surpris, Ralph regarda Simon.

    - Je trouve que c'est si grand...

    Simon fit le même geste affirmatif.

    - Oui. Mais tu reviendras quand même. En tout cas, je le pense.

    Le corps de Ralph se détendit un peu. Il jeta un coup d'oeil sur l'eau, puis sourit à Simon avec dérision.

    - Tu as un bateau dans ta poche ?

    Simon sourit aussi et secoua la tête.

    - Et bien alors, qu'en sais-tu ?

    Comme Simon se taisait, Ralph dit sèchement :

    - Tu es cinglé.

    Simon secoua la tête plus violemment et ses épais cheveux noirs volèrent en désordre sur son visage.

    - Pas du tout. Je pense simplement que tu rentreras chez toi.

    Pendant un moment, tous deux gardèrent le silence. Puis soudain, ils échangèrent encore un sourire.
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  • Par chapochapi, le 08 mai 2010

    - Le mieux, c'est d'organiser notre sauvetage.
    Il fallut un moment de réflexion à Jack pour se rappeler ce que signifiait le mot sauvetage.
    - Notre sauvetage ? Ah ! oui, bien sûr. Moi, j'aimerais d'abord attraper un cochon...
    Il saisit son épieu et le planta dans le sol . Ses yeux reprirent leur expression égarée, fixe. Ralph le regarda d'un air réprobateur, sous ses cheveux blonds en broussaille.
    - Tant que vous autres, les chasseurs, n'oubliez pas le feu..
    - Toi et ton feu....
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  • Par goodgarn, le 12 mai 2012

    - Oui, c'était comme ça au début, répliqua Ralph, avant que les choses...
    Il s'interrompit.
    - Au début, on s'entendait...
    L'officier l'encouragea du menton.
    - Oui, je comprends. La belle aventure. Les Robinsons...
    Ralph fixa sur lui des yeux vides. Il se remémora dans un éclair l'éclat prestigieux qui avait autrefois baigné cette plage. Mais l'île n'était plus qu'un amas de bois mort, calciné. Simon était mort... et Jack avait... Les larmes lui jaillirent des yeux et des sanglots le secouérent. Pour la premiére fois depuis leur arrivée dans l'île, il s'abandonnait au chagrin et des spasmes déchirants le secouaient des pieds à la tête. Il exhalait son désarroi sous la nappe de fumée noire qui recouvrait les ruines fumantes de l'île. Pris de contagion, les autres petits garçons commencèrent à trembler et à sangloter. Au milieu d'eux, couvert de crasse, la chevelure emmêlée et le nez sale, Ralph pleurait sur la fin de l'innocence, la noirceur du coeur humain et la chute dans l'espace de cet ami fidéle et avisé qu'on appelait Porcinet.
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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    La marée montante ne laissait plus qu'une mince bande de sable dur entre le bord des vagues et le sol friable et blanc, proche du plateau couvert de palmiers. Ralph choisit ce sentier de sable ferme parce qu'il voulait réfléchir sans faire attention à ses pas. C'est alors que, marchant au bord de l'eau, il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l'imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
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  • Par chapochapi, le 08 mai 2010

    Devant Simon, pendue à son bâton, Sa-Majesté-des-Mouches ricanait. Simon céda enfin et lui rendit son regard. Il vit les dents blanches, les yeux ternes, le sang... DU fond des âges, une certitude de déjà vu, inexorable, enchaînait le regard de Simon. Dans sa tempe droite, une pulsation enflait, frappait le cerveau.
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