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ISBN : 2843376815
Éditeur : Anne Carrière (2012)


Note moyenne : 4.32/5 (sur 53 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Traduit par Marie de Prémonville.
C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises — l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent.
Charlie y tomba deu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 23 décembre 2012

    caro64
    Robert Goolrick nous livre une histoire qui dès les premières pages nous tient en haleine. On commence à lire et, on ne peut plus s'arrêter. On sent une tension qui ira crescendo tout au long du livre jusqu'à devenir déchirante et bouleversante.
    Brownsburg est une petite ville Américaine typique de Virginie des années 1950 avec ses codes bien établis. Il y règne l'ordre et la tranquillité. C'est là que décide de s'installer Charlie Beale, jeune homme blanc qui voyage avec pour tout bagage, quelques vêtements, ses couteaux de boucher et beaucoup d'argent. Il est boucher… On ne sait rien d'autre de lui. Très proche de la nature, il tombe sous le charme du lieu et décide d'y acheter de la terre. Travailleur et sérieux, il se fait embaucher chez Will Haislett qui tient la boucherie de la ville. Il se lie aussitôt d'amitié avec Sam, le fils de son patron, un petit garçon joyeux qui l'accompagne partout... Mais un jour une créature somptueuse pousse la porte de la boucherie, c'est Sylvan Glass, jeune femme magnifique habillée comme une star d'Hollywood. Pour Charlie c'est le coup de foudre, une attirance passionnelle et immédiate. Mais Sylvan est mariée à Boaty Glass, l'homme le plus riche du pays. Désormais et irrémédiablement la tragédie est en marche, inexorablement elle va modifier tous les codes mis en place jusque là, ces codes qui faisaient de Brownsburg une ville tranquille qui n'avait jamais connu de crimes.

    A travers ce roman tragique Robert Goolrick fait revivre sous nos yeux une communauté typique des Etats du Sud de l'Amérique, avec ces clivages raciaux, la place du religieux, la douceur de vivre aussi, au coeur d'une nature généreuse. Il prouve une fois de plus qu'il est un conteur extraordinaire, il m'avait bouleversée avec " Féroces", roman autobiographique, il récidive avec "Arrive un vagabond ".
 On y retrouve à peu près les mêmes thèmes . Il y est question de secret et d'innocence perdue, de l'enfance trahie, blessée involontairement par les turpitudes des adultes ... et aussi de la vie qui continue. Cette chronique d'une passion destructrice et d'un désastre annoncé est portée par un style clair quasi cinématographique. C'est à la fois poétique, et d'une cruauté terrifiante dans les détails, mais toujours remarquablement écrit. Goolrick n'a pas son pareil pour donner vie à ses personnages et les rendre attachants. Un roman superbe et très poignant.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 31 mars 2013

    canel
    1948, Etats-Unis. Brownsburg est une bourgade paisible et modeste de Virginie, avec ses Blancs et ses Noirs qui ne se mélangent pas mais se côtoient sans heurts. La petite ville est peuplée de gens "sans histoires" : la famille sympathique du boucher, une couturière aux doigts de fée, aussi douée que les marraines de Peau-d'Âne et de Cendrillon pour rendre les femmes lumineuses... Et puis "Arrive un vagabond", Charlie. Homme sage et doux, il est vite adopté, mais perturbe involontairement cette harmonie lorsqu'il tombe amoureux.
    Les protagonistes et leurs interactions sont brillamment dépeints, exprimant les passions et les paradoxes humains. Rêver ou vivre, vouloir plus au détriment d'un équilibre précaire mais confortable, limites de ce qu'on peut montrer et demander à un enfant, prêtres qui brandissent la menace de l'Enfer lorsque les événements les dépassent... autant de sujets intéressants que l'auteur dissèque avec talent et finesse.
    Superbe histoire d'une passion ravageuse, destructrice, d'une grande tristesse. Dit ainsi, cela semble annoncer un roman à l'eau de rose. Pensez plutôt à 'Seul le silence', pour la beauté de la plume, l'atmosphère, les personnages et la subtilité, mais aussi à 'Portrait de l'artiste en hors la loi', 'Emma Bovary'...
    Intense, douloureux, magnifique.
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    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 11 mai 2013

    isabellelemest
    "Les histoires d'amour finissent mal, en général", nous dit la chanson, ainsi que toute la littérature.
    D'entrée de jeu, avec l'arrivée de cet inconnu aux couteaux de boucher et à la mystérieuse valise de billets, dans ce trop paisible village de Virginie d'il y à plus de soixante ans, nous sommes prévenus qu'il y aura un drame...
    Les lieux, les personnages sont campés, tout baigne dans la normalité et la bonté, hormis le peu reluisant Boaty Glass, personne ne demande rien sur son passé au nouveau venu Charlie Beale, adopté et intégré, aimé même pour ses qualités humaines, professionnelles et sportives. Paix et harmonie, n'était la très jeune femme de Boaty, Sylvan, qui se rêve et s'habille en starlette, malgré ses origines plus que modestes. Au premier regard échangé entre Charlie et Sylvan, le drame est en marche, passionnel bien sûr...Rien que de très classique...
    L'originalité du livre tient dans le regard de Sam, le petit garçon de cinq ans confié sans inquiétude par ses parents à la garde de Charlie, et qui va découvrir l'amour, la sexualité, un couple clandestin et pourtant protecteur, en accompagnant son mentor dans ses sorties professionnelles, suivies d'escapades amoureuses... Trop jeune pour comprendre ce qui est en jeu, pas assez pour ne pas deviner et sentir la passion et le secret, il est un témoin trop frêle pour ces sentiments violents des adultes, qui l'inquiètent et le perturbent.
    Sa fragilité est à l'aune de ce petit bourg conformiste du Sud où chacun est à sa place, à commencer par les Noirs, où tous ces bons chrétiens sont terrorisés par les prêches menaçants des pasteurs, et où personne n'est préparé à sortir de sa routine, où la tragédie adviendra comme un coup de tonnerre.
    Une belle écriture, le sens de la nature, de la paix et de l'harmonie, y compris dans ce rêve d'un amour impossible et parfait. Un bon roman, même si les dés en sont jetés dès le départ.
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    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 23 mai 2013

    Stemilou

    Ce que je m'apprête à vous raconter s'est bel et bien produit – et à peu de choses près, de la manière dont je vais la décrire.

    Brownsburg, petite ville de Virginie – Etats-Unis. On est en 1948, rien d'important ne se passe jamais, des habitations, des églises et une rue principale… tel est le décor mais le quotidien des habitants va se transformer avec l'arrivée de Charlie Beale. Qui est-il ? Et d'où vient-il ? Personne ne le sait, mais il est là avec son Pickup et ses 2 valises, dans l'une quelques vêtements et ses couteaux de boucher, dans l'autre de l'argent.
    Pourquoi sentons-nous une tension dès la première page ? Que va-t-il se passer ?

    Charlie s'intègre dans cette bourgade conservatrice, des liens se tissent entre lui et certains habitants. Une vie simple et un avenir paisible… voilà ce à quoi aspirait Charlie, pour cela il commence par acheter un terrain afin de gouter à la liberté en dormant à la belle étoile et en proposant ses services gratuitement à la boucherie de Will Haislett.
    Bien accepté par toute la famille notamment du fils âgé de 5 ans, et entre ces deux là va se nouer une véritable amitié malgré les années qui les séparent.

    Ce livre ne va pas seulement nous conter l'installation et l'intégration d'un étranger, l'amitié et l'amour, la vie paisible des petites villes des années 40, parce que l'auteur va bien au-delà du visuel. J'ai ressenti un fossé se creuser au fil des pages, un abîme où Charlie finit par se jeter la tête la première.
    C'est donc avec l'arrivée de Sylvan, un beau matin, parmi les clientes de la boucherie que la vie de Charlie sera bouleversée à jamais.

    Il tombe amoureux de cette femme mariée à l'homme le plus riche de la ville, une femme acheté pour quelques dollars dans la vallée pour un mariage parfait. Une femme à l'allure parfaite, à la beauté parfaite qu'il va aimer du plus profond de lui-même, à qui il va offrir bien plus que sa personne, son corps et son âme, lui offrir la liberté.
    L'amour a ses raisons que la raison ignore. L'amour interdit est peut être le plus dangereux et le plus destructeur. Comment en arrive –t'on à s'abandonner autant, à se délester de tout pour l'être aimé ? À en oublier la bienséance, à s'oublier soi-même juste pour vivre cet amour ? En arriver à des extrêmes qu'ils nous auraient été impossibles d'imaginer avant ?

    « Ils n'ont plus l'air de beaucoup t'aimer, c'est sûr, dit Ned un soir, alors que Charlie essayait de lui expliquer la situation.
    Peu importe. Tu ne comprends pas. Je n'ai pas besoin qu'ils me rendent mon amour. Parfois, le plus important c'est de se rappeler qu'on peut ressentir quelque chose pour les autres, même si eux ne sont pas dans les mêmes dispositions. »

    Chacun des romans de Goolrick a su me faire chavirer, tout y est brillant et irréprochable comme une photo sur papier glacé, un décor qui cache souvent bien plus que de simples secrets. Une façade qui nous dissimule des situations impensables, une intrigue douce amère. Les émotions prennent le dessus, ce livre m'a transpercé. Comment parler d'un récit si puissant qui vous ôte les mots, vous rend amorphe à la dernière page.

    « Il y a dans l'impuissance quelque chose qui nous fait mépriser celui qu'elle accable. Il y a dans le désespoir quelque chose qui nous rend incapable d'accepter de l'affection. »

    Je continue de croire que seul Goolrick peut nous entrainer dans un tourbillon de passion pour nous balancer du haut d'un toit ensuite.
    Un chef d'œuvre comme toujours. Jamais déçue et toujours en attente du prochain. Un amour indéfectible pour cet auteur et un grand respect pour ses mots.


    Lien : http://stemilou.over-blog.com/article-arrive-un-vagabond-robert-gool..
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    • Livres 5.00/5
    Par CaroMleslivres, le 20 mai 2013

    CaroMleslivres
    J'ai eu une très belle surprise en lisant ce livre ! J'avoue que le titre me rebutait un peu, je ne m'attendais pas du tout à cette histoire.
    Sam se remémore comment Charlie Beale, dit Beebo, est entré dans leur vie et comment il en est sorti : par la petite porte, mais en créant une grande Histoire, une légende. La fulgurance de son passage à Brownsburg et de sa fin ajoute encore à sa légende.
    Cette fresque d'une petite ville de l'Amérique profonde à la fin des années quarante est splendide. Cela m'a beaucoup fait penser à John Irving, certainement à cause de Charlie Beal et de Camille, ces personnages hauts en couleur qui ignorent le magnétisme et la fascination qu'ils exercent sur leurs pairs, à l'instar des héros d'Irving, qui ont toujours, eux aussi, un don qui leur attire l'amitié ou l'amour.
    J'ai voulu savoir ce que Charlie et Sylvan allaient devenir. J'ai espéré que ça finirait bien, même si je savais que non... Leur chute est inéluctable et triste. On a envie de crier à Charlie : « Non, ne t'attache pas à elle, laisse-la et continue ta vie ». Mais on n'est pas Charlie, on n'a pas son cœur et ses tripes, et on sait que dès qu'il porte son premier regard sur Sylvan, il est déjà trop tard… La chute est déjà entamée. Il court à sa perte...
    C'est aussi l'histoire d'une petite ville qui s'éprend de Charlie, cet homme sans passé. Les habitants l'acceptent, s'attachent à lui, mais lorsque le scandale éclate, la peur du Jugement de Dieu est la plus forte. Mais tout ceci n'est que façade. La scène où le jeune Sam découvre la mer de fleurs déposées sur la tombe de Charlie est particulièrement émouvante. Ces gens au coeur simple sont dépassés par la force de l'amour de Charlie envers Sylvan, envers Sam, envers eux.
    Ils aimaient tous Beebo et finalement, il est resté dans leurs cœurs des générations durant… Etre un Beebo est devenu pour un petit garçon de Brownsburg le plus beau des compli
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Critiques presse (1)


  • Liberation , le 03 décembre 2012
    [L'auteur] dit que, dans ses livres, il revient à son enfance «afin d’essayer de préserver du mal l’enfant que j’étais». En même temps que la littérature l’aide à la surmonter, il lui faut chaque fois accepter la ruine du paradis de l’innocence.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par Stemilou, le 23 mai 2013

    Ils n’ont plus l’air de beaucoup t’aimer, c’est sûr, dit Ned un soir, alors que Charlie essayait de lui expliquer la situation.
    - Peu importe. Tu ne comprends pas. Je n’ai pas besoin qu’ils me rendent mon amour. Parfois, le plus important c’est de se rappeler qu’on peut ressentir quelque chose pour les autres, même si eux ne sont pas dans les mêmes dispositions.
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  • Par Stemilou, le 23 mai 2013

    Il y a dans l’impuissance quelque chose qui nous fait mépriser celui qu’elle accable. Il y a dans le désespoir quelque chose qui nous rend incapable d’accepter de l’affection.

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  • Par isabellelemest, le 11 mai 2013

    Dans chaque parole que prononçaient ces gens si pauvres, si calomniés et maltraités, écrasés d'un mépris qu'on ne prenait même pas la peine de déguiser, il entendit comment ils parvenaient à supporter cette vie. Il comprit le pourquoi de leurs actions, il connut les passions qui bouillonnaient dans leur âme encore enchaînée par la société et par la loi, il vit leur liberté vide et épuisante, et le flot infini de leur allégresse.
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  • Par isabellelemest, le 11 mai 2013

    Il se représenta lui-même, figé dans l'air, au bord de la falaise, comme Coyote dans le dessin animé, un pas après le sol ferme, juste avant le plongeon, la chute instantanée qui ne laissait que le panache du désastre.

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  • Par canel, le 31 mars 2013

    Charlie n'avait jamais été très sensible au charme des enfants. Lorsqu'il rêvait d'un petit à lui, il pensait que c'était plus pour la continuité que pour sa compagnie. Charlie avait été un de ces gamins pour qui l'enfance est une prison dans laquelle il attendait impatiemment d'être adulte, d'être un homme, mais Sam [5 ans] commençait à le faire changer d'avis. Prisonnier de son passé d'enfant, Charlie n'avait jamais vraiment cessé d'en être un. Avec Sam, la conversation lui était naturelle, et Charlie lui racontait les endroits où il était allé et des gens qu'il avait connus, car il savait que Sam ne répéterait rien. Il lui expliquait bien que tout ce qu'il lui disait était privé, juste entre eux, en s'assurant que le petit comprenait le sens du terme. (p. 124-125)
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