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ISBN : 2264068280
Éditeur : 10-18 (2016)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 229 notes)
Résumé :
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient
au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraime... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
andman
20 novembre 2016
  • 5/ 5
Peu de temps avant son soixantième anniversaire, en 2007, Robert Goolrick trouve le courage de publier “Féroces”.
Ce récit autobiographique s'apparente à un chemin de croix mais jamais l'auteur virginien n'a pu faire sienne la première des sept paroles prononcées par Jésus à l'agonie : “ Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font”.
Les parents du petit Robert eux savaient...
Vous refermez “Féroces” quelque peu ébranlés, l'esprit marqué par d'horribles réminiscences d'un parcours de vie irrémédiablement brisé dès l'enfance.
Vous n'êtes pas prêts d'oublier non plus cette american way of life des années cinquante, cette vie de faux-semblants noyée dans les plaisirs faciles et la recherche du bonheur à tout prix, ce désoeuvrement dans les vapeurs d'alcool qui pousse très loin les limites de la bêtise humaine...
Avec une sensibilité à fleur de peau Robert Goolrick met son âme à nue et extériorise une souffrance qui depuis si longtemps le ronge. Sans voyeurisme ni pathos, “Féroces” oscille dans sa seconde partie entre témoignage et catharsis.
Le rôle d'éponge qui échoit au lecteur est parfois difficile mais celui-ci s'honore à aborder, à comprendre, à finalement absorber les choses de la vie jusque dans leur laideur la plus immonde.
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michfred
30 juin 2016
  • 4/ 5
"The End of the World as We Know It",tel est le titre anglais de Féroces, bien plus juste et fort que le titre français, assez racoleur.
Je viens de terminer ce livre atroce, ou plutôt c'est lui qui m'a achevée..
Effroi et douleur. Nausée et colère. Horreur et chagrin. Tout se mêle, il faut que j'écrive, vite : ne pas garder pour moi ce poison-là, si violemment infligé, si cruellement distillé,si authentiquement raconté. Voilà une autobiographie qui ne se laissera pas oublier.
Tout de suite la douleur est là, qui dévore chaque anecdote, même anodine: ces cow boys avec qui on ne veut pas jouer, cette robe diaprée comme une aile de libellule, qu'on ne veut plus mettre ni regarder,trouée qu'elle est par la cendre d'une cigarette, ce vélo qu'on ne donnera jamais, cette protection, cette tendresse toujours refusées, cette mascarade rejouée sans fin comme une mauvaise pièce à laquelle on ne croit plus, ces bouteilles de bourbon pour étourdir la honte des bourreaux , cette lame de rasoir pour raviver la plaie de la victime -pour appeler la mort ou se rappeler qu'on vit.. On sent planer une catastrophe, une malédiction, un traumatisme pire, cent fois, que celui de l'alcool destructeur et avilissant, pire que l'autodestruction à l'oeuvre sur les corps..
On traîne cet insupportable malaise jusqu'à la presque fin d'un récit écorché vif, désordonné, chaotique. Et tout à coup, c'est dit. On touche le fond de l'abomination. Plus rien à ajouter, juste à survivre. Et à écrire, enfin, après plusieurs romans, la vérité effrayante. Aux yeux du monde.
Mais ce qui arrache le coeur et les larmes, c'est ce fond de douceur, cet immense besoin de grâcier les coupables, cette impossibilité physique de quitter la maison du crime, parce que la maltraitance a ceci d'épouvantable c'est qu'elle demeure perversement liée à l'amour.
Je n'ai mis que 4 étoiles parce que je n'en pouvais plus de découvrir et de partager cette souffrance-là. Une telle sincérité ne devrait d'ailleurs pas être évaluée. On n'est plus dans l'oeuvre littéraire, on est dans le cri, dans la survie.
Un livre terrible.
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Allantvers
09 août 2016
  • 5/ 5
Un très grand roman, magnifique et déchirant, d'un des plus talentueux auteurs de la littérature américaine contemporaine.
J'avais déjà gouté au talent de Robert Goolrick, mais venir à « Féroces » après « Arrive un vagabond » et « la chute des princes », tous deux très bons, ne fait qu'en aviver la qualité car « Féroces » les surpasse à mes yeux.
J'espère ne pas me tromper en affirmant que cet avis n'est pas porté uniquement sous le coup de l'émotion, évidemment forte à la lecture de ce témoignage terrible, et qui m'a demandé, chose assez rare, un long moment de recueillement à l'air libre une fois refermé pour retrouver ma sérénité.
C'est qu'il y a beaucoup de choses admirables dans ce livre : sa construction, en une série de tableaux animés, épars mais qui amènent en cercles concentriques vers le noeud du drame, révélé tard car immensément difficile à dire; la puissance d'évocation de cette famille tant dans sa gloire factice que dans ses démons cachés aux regards; l'élégante manière de dévoiler l'intime, sans vulgarité même dans la crudité; la plume naturaliste, délicate mais incisive de Goolrick qui regarde en face le réel, et dont on a l'impression qu'il nous murmure son histoire à l'oreille.
Et surtout l'étrange sensation de paisible tristesse qui se dégage du propos malgré la violence exorcisée avec colère, avec douleur, mais sans fiel. Il ya cependant quelque chose de dangereux dans ce livre dont les âmes sensibles se doivent de se tenir éloignées.
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palamede
20 janvier 2016
  • 3/ 5
« Je donnerais tout, n'importe quoi, pour être l'homme à qui cela n'est pas arrivé. Je ne peux m'y résoudre. J'ai essayé toute ma vie, et je ne peux m'y faire. » Robert Goolrick écrit cela à la fin du récit de l'événement qui a brisé sa vie alors qu'il n'était qu'un jeune enfant. Un traumatisme provoqué par un adulte, celui qui aurait dû le protéger contre toutes les agressions, son père.
Une histoire d'une famille du sud des Etats-Unis, d'enfants brillants et de parents beaux et mondains qui noyaient dans l'alcool leur mal être. Des parents qui ont piétiné l'enfance de leur fils de quatre ans presque négligemment, un soir où, une fois de plus, ils avaient trop bu. Une souffrance insurmontable et un secret inavouable que nous confient Robert Goolrick et qui nous bouleversent.
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isabelleisapure
30 mars 2016
  • 5/ 5
Chez les Goolrick, il y a « le paraître », il faut briller en société, être connu et respecté et surtout incarner la famille idéale. le quotidien n'est qu'une succession de mondanités, de cocktails, de soirées, de thés, de barbecues et de fêtes chez les uns et les autres... Une vie publique douce et heureuse, insouciante...
Et puis, il y a « l'être », l'envers du décor, nettement moins avenant. L'alcool, l'ennui, les déceptions professionnelles, les non-dits, le silence, l'absence d'amour et le mensonge emplissent le quotidien... Et surtout, un terrible secret, si lourd et douloureux qu'il a marqué à vie l'auteur.
«Je n'ai jamais raconté cette histoire aux gens que je connais et que j'essaie d'aimer. Je ne l'ai pas racontée à ma famille. J'ai peur de la raconter aujourd'hui.»
Robert Goolrick s'attaque à ses vieux démons. Il tente de panser des blessures jamais cicatrisées et nous livre une lecture éprouvante et poignante, dont il est impossible de sortir indemne.
« Féroces » est un livre magnifiquement terrible.
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Citations & extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
Sophie_BazarSophie_Bazar18 février 2011
On a tendance à vouloir aimer sa famille. En fait, on a même tendance à le faire.Même si l'on choisit de couper les liens avec tout ce qui avait été pour nous "chez nous", pour redéfinir l'espace dans lequel on vit, les émotions qui nous paraissent le plus naturelles, notre manière d'aimer, on reste hanté par un sentiment persistant de deuil et d'admiration à l'égard des êtres que l'on a connus en premier et le mieux. Même si on ne leur adresse plus jamais la parole, ils demeurent nos premiers et nos plus purs amours. Il y a, pour chacun de nous, une époque où ils signifiaient tout.
Parfois, cette époque dure toute notre vie. Elle est aussi éternelle que notre souffle. Elle ne s'altère ni ne meurt.
Parfois, elle prend fin à un âge très précoce. On n'y peut rien. Il arrive des choses.
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silmarilsilmaril04 août 2011
Ce que j'achetai ce jour-là ne changea strictement rien, et j'ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j'étais et ce que je voudrais être. [...] Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l'inconsolable tristesse de la vie. Je ne l'ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de le chercher.
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claraetlesmotsclaraetlesmots17 avril 2012
J'ai continué. J'ai fait semblant d'être un enfant. Je savais que je jouais la comédie, que je n'étais pas la personne que je montrais. Je bâtissais sans malice une fiction, afin de pouvoir apparaître tel que les autres enfants : poli, avenant et drôle. je savais que je n'étais rien de tout cela. Je sentais bien que je copiais ce visage souriant, que je n'étais qu'une imitation. J'étais un tricheur, une contrefaçon.
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StockardStockard29 octobre 2015
Je voulais mourir depuis que j’avais douze ans.
Je ne me sentais pas en sécurité. Je ne me sentais pas appelé à durer. Ma vie était une fiction que j’avais créée, comme un extraterrestre qui débarquerait sur la Terre pour essayer de se faire passer pour humain. L’affection de mes amis ne signifiait rien pour moi, puisqu’elle s’adressait, telle qu’ils la concevaient, à quelqu’un qui n’existait pas. Il n’y avait personne à l’autre bout.
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odieodie26 novembre 2011
Lorsqu'on ne reçoit pas d'amour de ceux qui sont censés nous aimer,on ne cesse jamais de le rechercher,ensuite,comme un amputé à qui sa jambe coupée manque toujours,comme l'ancien fumeur qui tend encore la main vers son paquet après le déjeuner,quinze ans plus tard.Celà peut paraitre banal.C'est pourtant vrai.
On cherche cet amour dans les objets que l'on achète sans en avoir le besoin ou l'envie.On le cherche dans des visages que l'on ne désire pas.
{...}
On le cherche,c'est une certitude.Et on ne le trouve jamais.On n'en trouve jamais la moindre trace.

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Videos de Robert Goolrick (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Goolrick
Télématin 11.09.2012 - Coups de coeur rentrée littéraire du libraire Nicolas Lefort Au programme: Robert Goolrick, Arrive un vagabond (Anne Carrière), Stéphane Michaka, Ciseaux (Fayard), Laurent Gaudé, Pour seul cortège (Actes Sud)
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