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ISBN : 2264068280
Éditeur : 10-18 (2016)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 216 notes)
Résumé :
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient
au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraime... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
michfred
michfred30 juin 2016
  • Livres 4.00/5
"The End of the World as We Know It",tel est le titre anglais de Féroces, bien plus juste et fort que le titre français, assez racoleur.
Je viens de terminer ce livre atroce, ou plutôt c'est lui qui m'a achevée..
Effroi et douleur. Nausée et colère. Horreur et chagrin. Tout se mêle, il faut que j'écrive, vite : ne pas garder pour moi ce poison-là, si violemment infligé, si cruellement distillé,si authentiquement raconté. Voilà une autobiographie qui ne se laissera pas oublier.
Tout de suite la douleur est là, qui dévore chaque anecdote, même anodine: ces cow boys avec qui on ne veut pas jouer, cette robe diaprée comme une aile de libellule, qu'on ne veut plus mettre ni regarder,trouée qu'elle est par la cendre d'une cigarette, ce vélo qu'on ne donnera jamais, cette protection, cette tendresse toujours refusées, cette mascarade rejouée sans fin comme une mauvaise pièce à laquelle on ne croit plus, ces bouteilles de bourbon pour étourdir la honte des bourreaux , cette lame de rasoir pour raviver la plaie de la victime -pour appeler la mort ou se rappeler qu'on vit.. On sent planer une catastrophe, une malédiction, un traumatisme pire, cent fois, que celui de l'alcool destructeur et avilissant, pire que l'autodestruction à l'oeuvre sur les corps..
On traîne cet insupportable malaise jusqu'à la presque fin d'un récit écorché vif, désordonné, chaotique. Et tout à coup, c'est dit. On touche le fond de l'abomination. Plus rien à ajouter, juste à survivre. Et à écrire, enfin, après plusieurs romans, la vérité effrayante. Aux yeux du monde.
Mais ce qui arrache le coeur et les larmes, c'est ce fond de douceur, cet immense besoin de grâcier les coupables, cette impossibilité physique de quitter la maison du crime, parce que la maltraitance a ceci d'épouvantable c'est qu'elle demeure perversement liée à l'amour.
Je n'ai mis que 4 étoiles parce que je n'en pouvais plus de découvrir et de partager cette souffrance-là. Une telle sincérité ne devrait d'ailleurs pas être évaluée. On n'est plus dans l'oeuvre littéraire, on est dans le cri, dans la survie.
Un livre terrible.
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palamede
palamede20 janvier 2016
  • Livres 3.00/5
« Je donnerais tout, n'importe quoi, pour être l'homme à qui cela n'est pas arrivé. Je ne peux m'y résoudre. J'ai essayé toute ma vie, et je ne peux m'y faire. » Robert Goolrick écrit cela à la fin du récit de l'événement qui a brisé sa vie alors qu'il n'était qu'un jeune enfant. Un traumatisme provoqué par un adulte, celui qui aurait dû le protéger contre toutes les agressions, son père.
Une histoire d'une famille du sud des Etats-Unis, d'enfants brillants et de parents beaux et mondains qui noyaient dans l'alcool leur mal être. Des parents qui ont piétiné l'enfance de leur fils de quatre ans presque négligemment, un soir où, une fois de plus, ils avaient trop bu. Une souffrance insurmontable et un secret inavouable que nous confient Robert Goolrick et qui nous bouleversent.
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isabelleisapure
isabelleisapure30 mars 2016
  • Livres 5.00/5
Chez les Goolrick, il y a « le paraître », il faut briller en société, être connu et respecté et surtout incarner la famille idéale. le quotidien n'est qu'une succession de mondanités, de cocktails, de soirées, de thés, de barbecues et de fêtes chez les uns et les autres... Une vie publique douce et heureuse, insouciante...
Et puis, il y a « l'être », l'envers du décor, nettement moins avenant. L'alcool, l'ennui, les déceptions professionnelles, les non-dits, le silence, l'absence d'amour et le mensonge emplissent le quotidien... Et surtout, un terrible secret, si lourd et douloureux qu'il a marqué à vie l'auteur.
«Je n'ai jamais raconté cette histoire aux gens que je connais et que j'essaie d'aimer. Je ne l'ai pas racontée à ma famille. J'ai peur de la raconter aujourd'hui.»
Robert Goolrick s'attaque à ses vieux démons. Il tente de panser des blessures jamais cicatrisées et nous livre une lecture éprouvante et poignante, dont il est impossible de sortir indemne.
« Féroces » est un livre magnifiquement terrible.
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KRISS45
KRISS4505 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Féroces ou le récit autobiographique et tragique d'une enfance massacrée.
Dans la famille Goolrick, les parents, qui ont trois enfants, sont beaux, intelligents, sociables, pas misérables même si les fins de mois sont parfois un peu difficiles. Leur problème c'est l'alcoolisme dont il faut rechercher la cause dans les failles béantes de leur vie privée, leurs déceptions, le regret des rêves inaccomplis. Les conséquences sur les relations familiales sont profondément destructrices et l'auteur ne parviendra jamais à les surmonter.
Sa confession est brutale, sans concession, son mal-être insoutenable ; les souffrances qu'il s'inflige bouleversantes.
Tout au long de ma lecture, j'ai l'impression d'être installée dans le fauteuil du psychanalyste et de suivre une séance particulièrement choquante par ses révélations détaillées au plus pécis.
Un texte intense et douloureux sur la souffrance morale, à déconseiller aux plus fragiles, suggéré par ladybug pour compléter la liste sur les familles toxiques et certainement un des plus violents.
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litolff
litolff05 juin 2013
  • Livres 3.00/5
L'itinéraire atroce d'une enfant fracassée.
Dans le sud conservateur des Etats Unis dans les années 50, ce qui compte c'est l'image qu'on renvoie aux autres et l'image que renvoie la famille du narrateur est celle d'une famille heureuse, brillante et originale.
En Virginie, de cocktail en dîner, de dîner en soirée, les femmes exhibent leurs dernières robes, leur dernière paire de gants, discutent de recettes, de domestiques pendant que leurs maris concoctent les derniers cocktails à la mode et que d'adorables enfants servent les sandwiches au concombre.
Et même si on n'a pas d'argent, ce qui est le cas chez les Goolrick, on fait comme si et surtout on n'en parle pas. Et on boit, on s'ennuie et on boit, on s'angoisse devant les factures et on boit…
Dans une ambiance vénéneuse et faussement joyeuse, les enfants Goolrick s'en sortent comme ils peuvent au milieu de ces adultes indifférents, paumés, ratés.
Robert Goolrick est devenu un adulte solitaire et blessé qui a passé de nombreux mois en hopital psychiatrique, il a enterré sa mère, morte alcoolique, et il vient d'enterrer son père, imbibé lui aussi. Par petites touches, il dévoile peu à peu les pans de sa vie d'enfant et d'adulte jusqu'au secret épouvantable qui, lorsqu'il avait 4 ans, a conditionné le reste de son existence.
D'une plume incisive, tout à tour sarcastique et crue, Goolrick dépeint une relation familiale impossible et cruelle. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, il projette un éclairage violent sur sa famille empêtrée dans le mensonge, les faux-semblants, l'alcool et la cruauté. Peut-on pardonner à ses parents ?
Il ne s'agit pas d'une énième autobiographie misérabiliste, mais d'un remarquable travail d'écrivain, cependant, je ne tournerai pas autour du pot, ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains.
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Citations & extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
Sophie_BazarSophie_Bazar18 février 2011
On a tendance à vouloir aimer sa famille. En fait, on a même tendance à le faire.Même si l'on choisit de couper les liens avec tout ce qui avait été pour nous "chez nous", pour redéfinir l'espace dans lequel on vit, les émotions qui nous paraissent le plus naturelles, notre manière d'aimer, on reste hanté par un sentiment persistant de deuil et d'admiration à l'égard des êtres que l'on a connus en premier et le mieux. Même si on ne leur adresse plus jamais la parole, ils demeurent nos premiers et nos plus purs amours. Il y a, pour chacun de nous, une époque où ils signifiaient tout.
Parfois, cette époque dure toute notre vie. Elle est aussi éternelle que notre souffle. Elle ne s'altère ni ne meurt.
Parfois, elle prend fin à un âge très précoce. On n'y peut rien. Il arrive des choses.
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silmarilsilmaril04 août 2011
Ce que j'achetai ce jour-là ne changea strictement rien, et j'ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j'étais et ce que je voudrais être. [...] Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l'inconsolable tristesse de la vie. Je ne l'ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de le chercher.
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claraetlesmotsclaraetlesmots17 avril 2012
J'ai continué. J'ai fait semblant d'être un enfant. Je savais que je jouais la comédie, que je n'étais pas la personne que je montrais. Je bâtissais sans malice une fiction, afin de pouvoir apparaître tel que les autres enfants : poli, avenant et drôle. je savais que je n'étais rien de tout cela. Je sentais bien que je copiais ce visage souriant, que je n'étais qu'une imitation. J'étais un tricheur, une contrefaçon.
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odieodie26 novembre 2011
Lorsqu'on ne reçoit pas d'amour de ceux qui sont censés nous aimer,on ne cesse jamais de le rechercher,ensuite,comme un amputé à qui sa jambe coupée manque toujours,comme l'ancien fumeur qui tend encore la main vers son paquet après le déjeuner,quinze ans plus tard.Celà peut paraitre banal.C'est pourtant vrai.
On cherche cet amour dans les objets que l'on achète sans en avoir le besoin ou l'envie.On le cherche dans des visages que l'on ne désire pas.
{...}
On le cherche,c'est une certitude.Et on ne le trouve jamais.On n'en trouve jamais la moindre trace.

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StockardStockard29 octobre 2015
Je voulais mourir depuis que j’avais douze ans.
Je ne me sentais pas en sécurité. Je ne me sentais pas appelé à durer. Ma vie était une fiction que j’avais créée, comme un extraterrestre qui débarquerait sur la Terre pour essayer de se faire passer pour humain. L’affection de mes amis ne signifiait rien pour moi, puisqu’elle s’adressait, telle qu’ils la concevaient, à quelqu’un qui n’existait pas. Il n’y avait personne à l’autre bout.
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Videos de Robert Goolrick (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Goolrick
Télématin 11.09.2012 - Coups de coeur rentrée littéraire du libraire Nicolas Lefort Au programme: Robert Goolrick, Arrive un vagabond (Anne Carrière), Stéphane Michaka, Ciseaux (Fayard), Laurent Gaudé, Pour seul cortège (Actes Sud)
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