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> Marie de Prémonville (Traducteur)

ISBN : 2843375797
Éditeur : Anne Carrière (2010)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les homme... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ikebukuro, le 16 mai 2012

    Ikebukuro
    Je suis toujours un peu méfiante des autobiographies car je me demande jusqu'à quel point celles-ci peut être édulcorées, romancées, magnifiées, selon la personnalité de l'auteur. Je suis donc rentrée dans ce livre avec quelques réticences au départ mais les critiques m'avaient tellement emballées que je me suis lancée et bien m'en a pris. Quel choc ! L'histoire bouleversante de ce petit garçon puis de cet homme qui n'aura de cesse dans la vie de rechercher le moindre signe d'amour de ses parents. Des parents pourtant en dessous de tout qui ne vivent que pour le paraître et les cocktails et finiront alcooliques, mondains déchus et parents inconséquents et monstrueux.
    J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur et son parti-pris pour aborder le récit de sa vie. Nous passons constamment du rire aux larmes et l'ambiance du livre m'a vraiment rappellé celle des comédies à l'italienne qui oscille entre tragique et comique. J'ai retrouvé à travers ce livre tout ce qui m'avait plu et ému dans le film d'Ettore Scola "Nous nous sommes tant aimés" où sous couvert de farce et de ridicule, on ressent encore plus profondément le désarroi et la profonde tristesse des personnages qui ont le sentiment d'avoir raté leur vie. Ici aussi, la lucidité de l'auteur sur ses échecs et ses failles, sur sa souffrance face au désamour et sur ses traumatismes d'enfant transparaît de manière flagrante à travers ses lignes.
    Ses personnages ne sont pas des caricatures, c'est tout le contraire, ils nous démontrent comment des gens ordinaires au départ peuvent basculer insidieusement dans la perversité et le désir de détruire. Un geste monstrueux n'est en réalité qu'un accident voire un "incident" de parcours mais ce geste distillera la peur et surtout mettra les parents de l'auteur en face d'un miroir où ils verront le reflet de leur déchéance. L'auteur devient alors une sorte de catalyseur de leurs échecs, de leur médiocrité et il les mettra en face de leur propre réalité. C'est cette image d'eux-mêmes que l'auteur leur renvoie qu'ils ne lui pardonneront jamais.
    C'est un récit poignant et dur malgré des passages drôles et caustiques qui sont comme des petits moments de respiration dans l'histoire. Mais ces petites parenthèses plus légères ne masquent pas la profonde souffrance de l'auteur et n'effacent pas le traumatisme de sa vie. J'ai été bouleversée par ce cri silencieux qui traverse le livre de part en part, un cri d'une puissance sombre et féroce qui prend le lecteur aux tripes et ne le lâche plus jusqu'à la dernière ligne de ce livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Chiwi, le 08 novembre 2012

    Chiwi
    J'ai décidé de me lancer dans la lecture de Féroces après avoir lu des critiques enthousiastes sur le forum des Rats de Biblio-net.
    Malgré ma volonté, j'en ai fait une lecture fractionnée car j'ai eu du mal à y rentrer. Je ne mets pas en cause le style, celui-ci est fluide et abordable.
    Je pense que c'est plutôt l'histoire ou l'absence d'histoire structurée. Au début j'ai cru que le narrateur allait nous raconter l'histoire familiale. Celle d'une famille du Sud des Etats Unis qui essaye d'avoir une certaine classe en lisant The New Yorker, en organisant des coktails mais qui en y regardant de plus près possède de nombreuses failles. Alors ça commence avec une série de décès, le narrateur va nous raconter quelques éléments de la vie des personnes décédées puis va relater comment se sont déroulés les enterrements. Mais ça dévie rapidement sur les problèmes d'automutilation du narrateur, ce qui donne des passages très sanguinolents. On a de long en large la méthode, l'acharnement à cacher ses mutilations à son entourage et le plus glauque le plaisir de s'ouvrir les veines pour voir couler son sang.
    " le sang était d'une couleur riche, plus rouge que je ne m'y attendais. La couleur était belle. Cramoisie. Comme le rouge a lèvres sombre et laque d'une belle femme. Dans la lumière, il miroitait. J'étais amoureux de mon sang. La peau de mon bras gauche était blanche, pure et laiteuse, de la neige qu'aucun pied n'avait foulée. La coupure s'élargit et je vis la chair sous ma propre peau."
    Au cours du récit on sent qu'il y a une tension entre le narrateur et ses parents, mais la cause ne semble pas apparaître clairement. Jusqu'au moment où on arrive au chapitre qui commence par "Comment-ont ils fait pour continuer, sachant ce qu'ils savaient et chacun sachant que l'autre savait". le comment-ont ils fait est répété de nombreuses fois et cette répétition sous entend quelque chose de grave, de lourd. Comment-ont ils fait pour continuer a mener une vie normale?
    Lorsqu'au début d'un chapitre j'ai lu " La nuit du 6 septembre 1952, je me suis réveillé dans la pénombre éclairée par le clair de lune, dans une chaleur étouffante, et je me suis rendu compte que mon père était en train de me baiser. C'était un mois et deux jours après mon quatrième anniversaire", j'ai compris qu'on atteignait le plus horrible du roman. Un tel acte permet de comprendre l'ensemble du récit précédant ce chapitre. Mais le pire est l'attitude de l'entourage, qui ne veut pas connaître de cet acte, qui ne veut pas reconnaître le narrateur comme une victime et lui fait payer toute sa vie durant cet acte comme s'il en était le responsable.
    Chose que j'ai découverte après lecture : le récit est tout a fait réel, le livre est un moyen pour Goolrick d'exorciser cette douleur.
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    • Livres 2.00/5
    Par Magenta, le 19 février 2013

    Magenta
    Premier ouvrage de Robert Goolrick, paru en 2007, "Féroces" raconte son histoire familiale. Pas tendre du tout.
    On se demande d'ailleurs très longtemps pourquoi "Féroces", et ce qu'il s'est passé puisqu'il faut atteindre la 217ème page (sur 274) pour qu'il explique enfin l'horreur.
    En gros, c'est une vie détruite par l'alcool, les médicaments, et les cachoteries...
    Pas mal écrit mais je l'ai trouvé trop tiré en longueur avant d'arriver justement au but, vous l'aurez compris.
    Par contre, ça ne m'empêchera pas de tenter de me faire une autre idée en me procurant son deuxième ouvrage "Une femme simple et honnête" qui a été best-seller aux Etats-Unis.
    A part tout ça, il est vite lu, je n'en déconseille pas du tout la lecture mais mon avis reste vraiment mitigé. A vous de voir, c'est seulement mon avis...
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    • Livres 5.00/5
    Par Fredo_4decouv, le 21 juin 2012

    Fredo_4decouv
    Qu'on l'ignore ou qu'on la dénie, qu'on la cache ou qu'on la renie, la vérité poursuivra sa progression, propulsée par les battements d'un cœur à qui l'on a volé son innocence et qui parvient à s'accrocher obstinément à la vie.
    Robert Goolrick nous raconte son histoire, ses amours, ses ami(e)s, ses emmerdes ... (© Charles Aznavour).
    « Maintenant et pour les siècles des siècles »
    Rouge. En hébreux, il devient adom, synonyme d'Adam, Adamus, fait de terre rouge. le latin du mot rouge, ruber, a donné naissance à rubicon, du nom du fleuve italien, et à l'expression franchir le rubicon, qui consiste à atteindre et parfois franchir le point de non retour. Ce point, l'auteur va le frôler autant de fois qu'il a de cicatrices sur les bras. Il va danser avec la vie, accorder quelques pas à la mort, pour finalement parvenir jusqu'à nous à travers ce témoignage bouleversant.
    « le sang était d'un rouge riche, plus rouge que je ne m'y attendais. La couleur était belle. Cramoisie. Comme le rouge à lèvres sombre et laqué d'une belle femme.
    Dans la lumière, il miroitait. »
    Si Robert Goolrick n'avait pas été romancier, il aurait été peintre. Son roman Féroces aurait pu être un triptyque. Chaque partie du tableau correspondant à une partie de Féroces. Il aurait dépeint dans le premier un cadre idéal et bourgeois. Il aurait fait ressortir les couleurs vives des parures et des différentes toilettes de ces dames. Il aurait joué du pinceau pour donner vie aux panaches de fumée qui s'échappent des cigarettes de ces messieurs. Dans le deuxième, il aurait commencé à glisser quelques signes précurseurs du drame à venir, en jouant avec les flammes de l'âtre de la cheminée et la couleur ambrée du contenu des verres. Il aurait glissé un peu de rouge çà et là, via des fruits, ou la draperie d'un rideau.
    Et puis au fur et à mesure, on commencerait à voir disparaître quelques sourires, à remarquer que le ciel est de moins en moins bleu et que les ombres deviennent de plus en plus menaçantes. Pour finalement arriver à la dernière partie du triptyque, empreinte de solitude, de terreur, et de sang. Et puis, on retrouverait un semblant de lumière dans la signature de l'artiste, venant mettre un point final à l'œuvre. Une signature qui évoque un écho ...
    « Ces choses-là arrivent. »
    Et quand on évoque la cruauté morale à l'encontre d'un enfant sans défense, le sadisme des réflexions dont il va faire l'objet, vient enfin le temps où les masques tombent. le fil rouge de cette histoire va se confondre avec le fil de la lame ensanglantée. le saignement comme autant de larmes qui n'auront pas été versées. Comme la libération d'un trop-plein. Comme une envie qui n'a que quelques minutes, quelques heures, pour devenir une « enmort ».
    « Mange ton sandwich, cow-boy. »
    C'est que Robert Goolrick a un don pour exprimer toute la profondeur d'un mot à l'aspect anodin. Certaines répétitions soulignent en effet le côté désespéré et hanté du récit. Une impression qui ne quittera pas le lecteur, même après avoir tourné la dernière page.
    On l'accompagne donc dans un récit qui va devenir de plus en plus noir et sombre, peuplé de petites touches de rouge. de celui de la tomate dont la chair s'ouvre aussi tendrement que la peau des poignets. Toujours comme ce peintre qui dissémine quelques touches de vie dans un récit qu'effleure à de multiples reprises le spectre de la mort.
    « L'été de nos suicides »
    Et devant ces journées qui s'enchaînent dans une atmosphère de plus en plus oppressante, on devient d'autant plus sensible à la manière dont l'auteur va utiliser son panel de couleurs. Couleurs qu'il va exploiter tantôt pour nous faire rire, nous réchauffer, tantôt pour nous faire pleurer, nous glacer. Par l'intermédiaire de quelques répétitions, c'est, entre autres, le rouge des tomates qui revient le plus souvent.
    Pour avoir eu l'opportunité de lire une partie du roman dans sa version originale, j'ai également pris un immense plaisir à découvrir le travail de précision de Marie de Prémonville sur cette traduction. On parle du fil de la narration, de la lame de rasoir. On peut aussi parler du fil sur lequel la traductrice se promène durant les pages de Robert Goolrick, pour trouver le bon équilibre et le bon écho au mot d'origine. L'auteur utilise avec force certaines banalités du quotidien mais qui prennent une dimension particulière dans le cœur du récit. C'est où le talent de l'adaptatrice rend toute l'élégance du texte sans jamais le galvauder ou l'amoindrir.
    « Cette histoire, je la raconte car je tente de croire, car je crois de tout mon cœur, que toujours demeure l'écho obstiné d'une chanson. »
    Finalement Féroces, ce sont des mots qui remplacent les maux. Les maux qui deviennent des mots. Des mots de tête, un témoignage. Et qu'est-ce qu'un témoignage, si ce n'est un ensemble de maux qui blessent, des mots qui survivent et que l'on transmet.

    Lien : http://www.4decouv.com/2010/09/feroces-la-chronique.html
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 06 novembre 2010

    caro64
    Plonger dans les pages de ce livre, c'est plonger au coeur des secrets de la famille Goolrick, c'est féroce certes, férocement acide, férocement noir, et férocement poignant…
    Au fil des pages , au fil des anecdotes, le vernis de cette famille américaine vivant en Virginie dans les années 50-60, s'écaille. La façade un peu lisse, sociale, amicale des parents se fissure peu à peu et laisse apparaître les zones d'ombres; "il ne faut jamais parler de la famille à l'extérieur" dit la mère, et celui qui ose enfreindre la loi maternelle se trouve à jamais exclu de l'amour maternel, exclu de l'amour paternel.
    Alors même si les situations, les personnages , les comportements sont éloignés de ce que chacun peut vivre, a vécu, ou aura à vivre, il n' en reste pas moins que les scènes , les sentiments si justement décrits par Robert Goolrick font écho férocement !
    Certes, vous l'aurez compris par vous-mêmes, ce n'est pas le roman de la rentrée littéraire qui vous arrachera le plus de fous rires. Les différents heurts et malheurs qui semblent s'abattre frénétiquement sur Robert Goolrick ont de quoi bousculer le lecteur, mais jamais il ne le plombe. Car ce qui domine en filigrane, c'est ce message d'espoir qui nous enseigne que, malgré tout, on est toujours maître dans notre propre maison, toujours responsable de nos choix et de les assumer ou pas.
    Voilà un roman tout à fait magnifique, profondément bouleversant, émouvant ! A lire, tout simplement.
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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 18 février 2011

    On a tendance à vouloir aimer sa famille. En fait, on a même tendance à le faire.Même si l'on choisit de couper les liens avec tout ce qui avait été pour nous "chez nous", pour redéfinir l'espace dans lequel on vit, les émotions qui nous paraissent le plus naturelles, notre manière d'aimer, on reste hanté par un sentiment persistant de deuil et d'admiration à l'égard des êtres que l'on a connus en premier et le mieux. Même si on ne leur adresse plus jamais la parole, ils demeurent nos premiers et nos plus purs amours. Il y a, pour chacun de nous, une époque où ils signifiaient tout.
    Parfois, cette époque dure toute notre vie. Elle est aussi éternelle que notre souffle. Elle ne s'altère ni ne meurt.
    Parfois, elle prend fin à un âge très précoce. On n'y peut rien. Il arrive des choses.
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  • Par silmaril, le 04 août 2011

    Ce que j'achetai ce jour-là ne changea strictement rien, et j'ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j'étais et ce que je voudrais être. [...] Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l'inconsolable tristesse de la vie. Je ne l'ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de le chercher.
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  • Par claracambry, le 17 avril 2012

    J'ai continué. J'ai fait semblant d'être un enfant. Je savais que je jouais la comédie, que je n'étais pas la personne que je montrais. Je bâtissais sans malice une fiction, afin de pouvoir apparaître tel que les autres enfants : poli, avenant et drôle. je savais que je n'étais rien de tout cela. Je sentais bien que je copiais ce visage souriant, que je n'étais qu'une imitation. J'étais un tricheur, une contrefaçon.
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  • Par caro64, le 04 novembre 2010

    J'avais pensé que les démons reposeraient enfin. Je pensais que la rage et la haine que les hommes du Sud peuvent ressentir à l'égard de leur père, cette rage et cette haine si anciennes et si atroces qu'elles ne peuvent se décrire, je pensais que tout ce poids s'envolerait de mes épaules et que je serais libre.
    Je ne l'ai pas été. Pas un jour. Pas une foutue heure.

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  • Par caro64, le 04 novembre 2010

    Je pensais qu'il devait y avoir quelque chose que je pourrais faire, pour tout arranger. Je savais confusément que c'était ma faute, que je pourrais trouver la clef de leur tristesse et ouvrir la porte sur un monde radieux. Je savais qu'alors nous pourrions tous être heureux et pardonnés de cette honte de malheur.

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