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> Marie de Prémonville (Traducteur)

ISBN : 2843375797
Éditeur : Anne Carrière (2010)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les homme... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 05 juin 2013

    litolff
    L'itinéraire atroce d'une enfant fracassée.
    Dans le sud conservateur des Etats Unis dans les années 50, ce qui compte c'est l'image qu'on renvoie aux autres et l'image que renvoie la famille du narrateur est celle d'une famille heureuse, brillante et originale.
    En Virginie, de cocktail en dîner, de dîner en soirée, les femmes exhibent leurs dernières robes, leur dernière paire de gants, discutent de recettes, de domestiques pendant que leurs maris concoctent les derniers cocktails à la mode et que d'adorables enfants servent les sandwiches au concombre.
    Et même si on n'a pas d'argent, ce qui est le cas chez les Goolrick, on fait comme si et surtout on n'en parle pas. Et on boit, on s'ennuie et on boit, on s'angoisse devant les factures et on boit…
    Dans une ambiance vénéneuse et faussement joyeuse, les enfants Goolrick s'en sortent comme ils peuvent au milieu de ces adultes indifférents, paumés, ratés.
    Robert Goolrick est devenu un adulte solitaire et blessé qui a passé de nombreux mois en hopital psychiatrique, il a enterré sa mère, morte alcoolique, et il vient d'enterrer son père, imbibé lui aussi. Par petites touches, il dévoile peu à peu les pans de sa vie d'enfant et d'adulte jusqu'au secret épouvantable qui, lorsqu'il avait 4 ans, a conditionné le reste de son existence.
    D'une plume incisive, tout à tour sarcastique et crue, Goolrick dépeint une relation familiale impossible et cruelle. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, il projette un éclairage violent sur sa famille empêtrée dans le mensonge, les faux-semblants, l'alcool et la cruauté. Peut-on pardonner à ses parents ?
    Il ne s'agit pas d'une énième autobiographie misérabiliste, mais d'un remarquable travail d'écrivain, cependant, je ne tournerai pas autour du pot, ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ikebukuro, le 16 mai 2012

    Ikebukuro
    Je suis toujours un peu méfiante des autobiographies car je me demande jusqu'à quel point celles-ci peut être édulcorées, romancées, magnifiées, selon la personnalité de l'auteur. Je suis donc rentrée dans ce livre avec quelques réticences au départ mais les critiques m'avaient tellement emballées que je me suis lancée et bien m'en a pris. Quel choc ! L'histoire bouleversante de ce petit garçon puis de cet homme qui n'aura de cesse dans la vie de rechercher le moindre signe d'amour de ses parents. Des parents pourtant en dessous de tout qui ne vivent que pour le paraître et les cocktails et finiront alcooliques, mondains déchus et parents inconséquents et monstrueux.
    J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur et son parti-pris pour aborder le récit de sa vie. Nous passons constamment du rire aux larmes et l'ambiance du livre m'a vraiment rappellé celle des comédies à l'italienne qui oscille entre tragique et comique. J'ai retrouvé à travers ce livre tout ce qui m'avait plu et ému dans le film d'Ettore Scola "Nous nous sommes tant aimés" où sous couvert de farce et de ridicule, on ressent encore plus profondément le désarroi et la profonde tristesse des personnages qui ont le sentiment d'avoir raté leur vie. Ici aussi, la lucidité de l'auteur sur ses échecs et ses failles, sur sa souffrance face au désamour et sur ses traumatismes d'enfant transparaît de manière flagrante à travers ses lignes.
    Ses personnages ne sont pas des caricatures, c'est tout le contraire, ils nous démontrent comment des gens ordinaires au départ peuvent basculer insidieusement dans la perversité et le désir de détruire. Un geste monstrueux n'est en réalité qu'un accident voire un "incident" de parcours mais ce geste distillera la peur et surtout mettra les parents de l'auteur en face d'un miroir où ils verront le reflet de leur déchéance. L'auteur devient alors une sorte de catalyseur de leurs échecs, de leur médiocrité et il les mettra en face de leur propre réalité. C'est cette image d'eux-mêmes que l'auteur leur renvoie qu'ils ne lui pardonneront jamais.
    C'est un récit poignant et dur malgré des passages drôles et caustiques qui sont comme des petits moments de respiration dans l'histoire. Mais ces petites parenthèses plus légères ne masquent pas la profonde souffrance de l'auteur et n'effacent pas le traumatisme de sa vie. J'ai été bouleversée par ce cri silencieux qui traverse le livre de part en part, un cri d'une puissance sombre et féroce qui prend le lecteur aux tripes et ne le lâche plus jusqu'à la dernière ligne de ce livre.
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    • Livres 1.00/5
    Par kris334, le 11 septembre 2014

    kris334
    Bon, voilà, encore une fois, j'ai essayé de lire "Féroces"... Et une fois n'est pas coutume, il m'est impossible de rentrer dans cette histoire.
    Il est rare que je n'arrive pas à avoir le degré d'empathie nécessaire pour me sentir touchée, de quelque manière que ce soit, par les personnages ou les situations d'un roman que j'ai choisi de lire. Et celui-ci n'est pas gros. Mais pourtant...
    Rien à faire, les conversations superficielles et l'ambiance bourgeoise de cette grande famille du sud des Etats-Unis m'ennuient.
    Il faut dire que j'ai lu les souvenirs d'enfance de Mary Karr, avec son bouillonnant "Bande de menteurs", qui se passe également dans le sud des U.S.A., et sa prose incandescente me fait paraître bien fade, en comparaison, l'écriture conventionnelle de Robert Goolrick.
    Peut-être réessayerais-je un jour, prise de remords...
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    • Livres 4.00/5
    Par ChristopheM, le 21 février 2014

    ChristopheM
    "Une expérience terrifiante, mais magistrale."
    Nicolas Ungemuth, le Figaro Magazine

    « Monsieur Ungemuth avait raison. »
    Chris Mo, le passe-temps blog :-)

    L'auteur est né en 1948 en Virginie, il a grandi dans une famille populaire de la région, il a connu les années 1950 pleines de convenances, de cocktails à la mode, de discussions sur le passé américain, et les tendances de l'époque. Il a suivi son cursus universitaire dans cette ville, à Johns Hopkins à Baltimore. Il espérait devenir peintre ou acteur lorsqu'il vécut en Europe. Mais après son premier livre (Féroces), ses parents le déshéritèrent. Il est retourné aux États-Unis, à NY, juste après, il y a travaillé en tant que publicitaire, période pendant laquelle il poursuivait l'écriture. Depuis, sa plume a touché des millions de lecteurs, il a écrit deux autres livres qui eurent un succès considérable : « Une femme simple et honnête » paru en août 2009/pocket 2011 et « Arrive un vagabond » paru en août 2012/pocket 2013.
    Le contenu du livre « Féroces » reprend — sans le nommé directement — une partie de ce qui est dit dans la présentation de l'auteur. Il n'y a pas que ça bien sûr.
    C'est l'histoire d'une enfance détruite, d'une vie d'adulte explosé, d'un vécu déstabilisant – c'est le moins que l'on puisse dire. Tout s'y trouve pour écraser un individu. On présente l'image de parents exemplaires de prime abord, mais très vite on constatera leurs complètes absences, leurs défaitismes, des parents malheureux et alcooliques dans les ombres de vies emplies de popularité. L'auteur dévoile des secrets durs de cette période nauséeuse en famille. Les raisons sont multiples et inattendues. Graves et irréparables.
    Adulte, Robert Goolrick, ne supporte plus d'être abandonné (entre autres, par sa maîtresse et son amant) ; cette déception est le déclencheur qui le pousse dans la dépression chronique, l'alcool, les médicaments et le comportement suicidaire avec auto mutilation compulsive. Il poursuit sa vie seule et devient un écrivain solitaire reconnu.
    Après avoir lu cela, vous vous dites certainement que vous avez une sensation de déjà vu à propos du thème et que des comme lui, il en pleut des cordes.
    J'étais bien parti pour affirmer la même phrase. Franchement, dès le départ je ne voyais pas où Monsieur Goolrick voulait en venir. Certes, j'y ressentais un récit autobiographique triste, mais cela ressemblait beaucoup plus dès les premières pages à une démonstration technique prétentieuse, d'un usage et d'une maitrise de l'écriture. Donc, oui, pour moi c'était de la frime.
    En même temps, à contrario, on trouve aussi un style simple. L'auteur joue avec les deux genres. J'ai ressenti les quatre-vingts premières pages comme une espèce de préparation pour le lecteur.
    Après, on s'engouffre dans des périodes hallucinantes (des phrases de plusieurs pages sans points finaux !), stupéfiantes ; sonnant comme une rage, un hurlement. À terme, le lecteur pourrait respirer après ces longues diatribes, mais c'est impossible, car dans ces passages qui pourraient ressembler à du verbiage, il y a des éléments qui se révèlent, frappent, choquent et amène le lecteur à comprendre la démarche de l'auteur et évidemment à continuer la lecture avec beaucoup d'impatience.
    Rien ne devient futile. Il y a des répétitions de mots pour insister sur leurs importances dans un contexte donné. Il ya un jeu étonnant de séquences passées et présentes sans que l'auteur et le lecteur ne s'y perdent. Un exercice pointilleux sur les éléments lâchés à propos des personnages, leurs actions, les répercussions sur les uns et les autres.
    Tout à sa place. Un résultat brillant, à la juste mesure amère et féroce.
    Remarque
    Je trouve que l'attitude des parents Goolrick est une variante de celle de « La famille Fang » de Kevin Wilson (presse de la cité 2013/Pocket 2014), en plus de jouer sur les apparences – même si les motivations des deux familles sont différentes. Ce que je pointe, ce sont les conséquences sur la vie des enfants. Ils suivent les parents plus par amour que par choix, ils en souffrent, ils sont déchirés par le basculement entre les apparences données en public et les vérités cachées. Perturbés par la relation parents-enfants. Une relation amour-haine de laquelle résulte un avenir difforme, incertains pour ces enfants qui n'arrivent pas à se débarrasser de cet état de dépendance familiale même si ça leur est néfaste. C'est un peu l'histoire de l'égoïsme parental ou de la soumission enfantine.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 06 novembre 2010

    caro64
    Plonger dans les pages de ce livre, c'est plonger au coeur des secrets de la famille Goolrick, c'est féroce certes, férocement acide, férocement noir, et férocement poignant…
    Au fil des pages , au fil des anecdotes, le vernis de cette famille américaine vivant en Virginie dans les années 50-60, s'écaille. La façade un peu lisse, sociale, amicale des parents se fissure peu à peu et laisse apparaître les zones d'ombres; "il ne faut jamais parler de la famille à l'extérieur" dit la mère, et celui qui ose enfreindre la loi maternelle se trouve à jamais exclu de l'amour maternel, exclu de l'amour paternel.
    Alors même si les situations, les personnages , les comportements sont éloignés de ce que chacun peut vivre, a vécu, ou aura à vivre, il n' en reste pas moins que les scènes , les sentiments si justement décrits par Robert Goolrick font écho férocement !
    Certes, vous l'aurez compris par vous-mêmes, ce n'est pas le roman de la rentrée littéraire qui vous arrachera le plus de fous rires. Les différents heurts et malheurs qui semblent s'abattre frénétiquement sur Robert Goolrick ont de quoi bousculer le lecteur, mais jamais il ne le plombe. Car ce qui domine en filigrane, c'est ce message d'espoir qui nous enseigne que, malgré tout, on est toujours maître dans notre propre maison, toujours responsable de nos choix et de les assumer ou pas.
    Voilà un roman tout à fait magnifique, profondément bouleversant, émouvant ! A lire, tout simplement.
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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 18 février 2011

    On a tendance à vouloir aimer sa famille. En fait, on a même tendance à le faire.Même si l'on choisit de couper les liens avec tout ce qui avait été pour nous "chez nous", pour redéfinir l'espace dans lequel on vit, les émotions qui nous paraissent le plus naturelles, notre manière d'aimer, on reste hanté par un sentiment persistant de deuil et d'admiration à l'égard des êtres que l'on a connus en premier et le mieux. Même si on ne leur adresse plus jamais la parole, ils demeurent nos premiers et nos plus purs amours. Il y a, pour chacun de nous, une époque où ils signifiaient tout.
    Parfois, cette époque dure toute notre vie. Elle est aussi éternelle que notre souffle. Elle ne s'altère ni ne meurt.
    Parfois, elle prend fin à un âge très précoce. On n'y peut rien. Il arrive des choses.
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  • Par silmaril, le 04 août 2011

    Ce que j'achetai ce jour-là ne changea strictement rien, et j'ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j'étais et ce que je voudrais être. [...] Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l'inconsolable tristesse de la vie. Je ne l'ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de le chercher.
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  • Par claracambry, le 17 avril 2012

    J'ai continué. J'ai fait semblant d'être un enfant. Je savais que je jouais la comédie, que je n'étais pas la personne que je montrais. Je bâtissais sans malice une fiction, afin de pouvoir apparaître tel que les autres enfants : poli, avenant et drôle. je savais que je n'étais rien de tout cela. Je sentais bien que je copiais ce visage souriant, que je n'étais qu'une imitation. J'étais un tricheur, une contrefaçon.
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  • Par caro64, le 04 novembre 2010

    J'avais pensé que les démons reposeraient enfin. Je pensais que la rage et la haine que les hommes du Sud peuvent ressentir à l'égard de leur père, cette rage et cette haine si anciennes et si atroces qu'elles ne peuvent se décrire, je pensais que tout ce poids s'envolerait de mes épaules et que je serais libre.
    Je ne l'ai pas été. Pas un jour. Pas une foutue heure.

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  • Par caro64, le 04 novembre 2010

    Je pensais qu'il devait y avoir quelque chose que je pourrais faire, pour tout arranger. Je savais confusément que c'était ma faute, que je pourrais trouver la clef de leur tristesse et ouvrir la porte sur un monde radieux. Je savais qu'alors nous pourrions tous être heureux et pardonnés de cette honte de malheur.

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