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ISBN : 2264068280
Éditeur : 10-18 (2016)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 224 notes)
Résumé :
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient
au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraime... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
michfred
michfred30 juin 2016
  • Livres 4.00/5
"The End of the World as We Know It",tel est le titre anglais de Féroces, bien plus juste et fort que le titre français, assez racoleur.
Je viens de terminer ce livre atroce, ou plutôt c'est lui qui m'a achevée..
Effroi et douleur. Nausée et colère. Horreur et chagrin. Tout se mêle, il faut que j'écrive, vite : ne pas garder pour moi ce poison-là, si violemment infligé, si cruellement distillé,si authentiquement raconté. Voilà une autobiographie qui ne se laissera pas oublier.
Tout de suite la douleur est là, qui dévore chaque anecdote, même anodine: ces cow boys avec qui on ne veut pas jouer, cette robe diaprée comme une aile de libellule, qu'on ne veut plus mettre ni regarder,trouée qu'elle est par la cendre d'une cigarette, ce vélo qu'on ne donnera jamais, cette protection, cette tendresse toujours refusées, cette mascarade rejouée sans fin comme une mauvaise pièce à laquelle on ne croit plus, ces bouteilles de bourbon pour étourdir la honte des bourreaux , cette lame de rasoir pour raviver la plaie de la victime -pour appeler la mort ou se rappeler qu'on vit.. On sent planer une catastrophe, une malédiction, un traumatisme pire, cent fois, que celui de l'alcool destructeur et avilissant, pire que l'autodestruction à l'oeuvre sur les corps..
On traîne cet insupportable malaise jusqu'à la presque fin d'un récit écorché vif, désordonné, chaotique. Et tout à coup, c'est dit. On touche le fond de l'abomination. Plus rien à ajouter, juste à survivre. Et à écrire, enfin, après plusieurs romans, la vérité effrayante. Aux yeux du monde.
Mais ce qui arrache le coeur et les larmes, c'est ce fond de douceur, cet immense besoin de grâcier les coupables, cette impossibilité physique de quitter la maison du crime, parce que la maltraitance a ceci d'épouvantable c'est qu'elle demeure perversement liée à l'amour.
Je n'ai mis que 4 étoiles parce que je n'en pouvais plus de découvrir et de partager cette souffrance-là. Une telle sincérité ne devrait d'ailleurs pas être évaluée. On n'est plus dans l'oeuvre littéraire, on est dans le cri, dans la survie.
Un livre terrible.
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Allantvers
Allantvers09 août 2016
  • Livres 5.00/5
Un très grand roman, magnifique et déchirant, d'un des plus talentueux auteurs de la littérature américaine contemporaine.
J'avais déjà gouté au talent de Robert Goolrick, mais venir à « Féroces » après « Arrive un vagabond » et « la chute des princes », tous deux très bons, ne fait qu'en aviver la qualité car « Féroces » les surpasse à mes yeux.
J'espère ne pas me tromper en affirmant que cet avis n'est pas porté uniquement sous le coup de l'émotion, évidemment forte à la lecture de ce témoignage terrible, et qui m'a demandé, chose assez rare, un long moment de recueillement à l'air libre une fois refermé pour retrouver ma sérénité.
C'est qu'il y a beaucoup de choses admirables dans ce livre : sa construction, en une série de tableaux animés, épars mais qui amènent en cercles concentriques vers le noeud du drame, révélé tard car immensément difficile à dire; la puissance d'évocation de cette famille tant dans sa gloire factice que dans ses démons cachés aux regards; l'élégante manière de dévoiler l'intime, sans vulgarité même dans la crudité; la plume naturaliste, délicate mais incisive de Goolrick qui regarde en face le réel, et dont on a l'impression qu'il nous murmure son histoire à l'oreille.
Et surtout l'étrange sensation de paisible tristesse qui se dégage du propos malgré la violence exorcisée avec colère, avec douleur, mais sans fiel. Il ya cependant quelque chose de dangereux dans ce livre dont les âmes sensibles se doivent de se tenir éloignées.
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palamede
palamede20 janvier 2016
  • Livres 3.00/5
« Je donnerais tout, n'importe quoi, pour être l'homme à qui cela n'est pas arrivé. Je ne peux m'y résoudre. J'ai essayé toute ma vie, et je ne peux m'y faire. » Robert Goolrick écrit cela à la fin du récit de l'événement qui a brisé sa vie alors qu'il n'était qu'un jeune enfant. Un traumatisme provoqué par un adulte, celui qui aurait dû le protéger contre toutes les agressions, son père.
Une histoire d'une famille du sud des Etats-Unis, d'enfants brillants et de parents beaux et mondains qui noyaient dans l'alcool leur mal être. Des parents qui ont piétiné l'enfance de leur fils de quatre ans presque négligemment, un soir où, une fois de plus, ils avaient trop bu. Une souffrance insurmontable et un secret inavouable que nous confient Robert Goolrick et qui nous bouleversent.
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isabelleisapure
isabelleisapure30 mars 2016
  • Livres 5.00/5
Chez les Goolrick, il y a « le paraître », il faut briller en société, être connu et respecté et surtout incarner la famille idéale. le quotidien n'est qu'une succession de mondanités, de cocktails, de soirées, de thés, de barbecues et de fêtes chez les uns et les autres... Une vie publique douce et heureuse, insouciante...
Et puis, il y a « l'être », l'envers du décor, nettement moins avenant. L'alcool, l'ennui, les déceptions professionnelles, les non-dits, le silence, l'absence d'amour et le mensonge emplissent le quotidien... Et surtout, un terrible secret, si lourd et douloureux qu'il a marqué à vie l'auteur.
«Je n'ai jamais raconté cette histoire aux gens que je connais et que j'essaie d'aimer. Je ne l'ai pas racontée à ma famille. J'ai peur de la raconter aujourd'hui.»
Robert Goolrick s'attaque à ses vieux démons. Il tente de panser des blessures jamais cicatrisées et nous livre une lecture éprouvante et poignante, dont il est impossible de sortir indemne.
« Féroces » est un livre magnifiquement terrible.
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KRISS45
KRISS4505 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Féroces ou le récit autobiographique et tragique d'une enfance massacrée.
Dans la famille Goolrick, les parents, qui ont trois enfants, sont beaux, intelligents, sociables, pas misérables même si les fins de mois sont parfois un peu difficiles. Leur problème c'est l'alcoolisme dont il faut rechercher la cause dans les failles béantes de leur vie privée, leurs déceptions, le regret des rêves inaccomplis. Les conséquences sur les relations familiales sont profondément destructrices et l'auteur ne parviendra jamais à les surmonter.
Sa confession est brutale, sans concession, son mal-être insoutenable ; les souffrances qu'il s'inflige bouleversantes.
Tout au long de ma lecture, j'ai l'impression d'être installée dans le fauteuil du psychanalyste et de suivre une séance particulièrement choquante par ses révélations détaillées au plus pécis.
Un texte intense et douloureux sur la souffrance morale, à déconseiller aux plus fragiles, suggéré par ladybug pour compléter la liste sur les familles toxiques et certainement un des plus violents.
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Citations & extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
RebkaRebka28 septembre 2016
De tout ce qui arrive au cœur humain, une grande partie appartient au règne de l'impensable, de l'inconnaissable et de l'insupportable.
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RebkaRebka28 septembre 2016
J'ai bâti autour de moi un mur d’invisibilité sexuelle, et les désirs de mon corps, réels et voraces, se sont complètement dissociés des aspirations de mon cœur, éphémères et profondément douces.
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RebkaRebka28 septembre 2016
J'ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j'étais et ce que je voudrais être. […] Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l'inconsolable tristesse de la vie. Je ne l'ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de le chercher.
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RebkaRebka28 septembre 2016
Je dis toujours aux gens que s'ils veulent tourner la page, comme on dit aujourd'hui, s'ils veulent un sentiment d'irrévocabilité, il faut qu'ils se lèvent à six heures du matin pour creuser la tombe de leur père. Qu'ils le recouvrent de terre de leur propres mains et piétinent sa tombe avec leurs chaussures anglaises.
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RebkaRebka28 septembre 2016
On ruine sa propre vie puis, très délicatement, on ruine la vie de ceux qui nous entourent.
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Videos de Robert Goolrick (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Goolrick
Télématin 11.09.2012 - Coups de coeur rentrée littéraire du libraire Nicolas Lefort Au programme: Robert Goolrick, Arrive un vagabond (Anne Carrière), Stéphane Michaka, Ciseaux (Fayard), Laurent Gaudé, Pour seul cortège (Actes Sud)
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