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> Marie de Prémonville (Traducteur)

ISBN : 2843375428
Éditeur : Anne Carrière (2009)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 111 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Wisconsin, automne 1907.

Sur un quai de gare, Ralph Truitt, magnat local craint et respecté, attend un train en retard alors que s’annonce une tempête de neige. Ce train renferme son dernier espoir, une promesse de bonheur et d’harmonie retrouvée. Ralph T... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Wataya, le 16 août 2011

    Wataya
    Un homme attend un train. le train est en retard. Dans sa poche, l'homme à la cinquantaine solitaire, trop riche pour être aimé des gens de sa ville, qui lui doivent tous leur travail, tient une photo qu'il a souvent regardée. La femme n'est pas jolie. Elle ne sourit même pas. Elle est banale, simple. Une regard de femme honnête. C'est d'ailleurs comme ça qu'elle se décrit. Une femme simple et honnête. Elle est dans ce train. Qui est en retard. Il l'attend. Ralph Truitt a attendu 20 ans avant de se remarier, il a commandé une petite femme simple et honnête par correspondance (une petite annonce dans un journal, des centaines de femmes, peut-être un millier, ont répondu. Il a choisi la plus insignifiante), le retard de ce train l'ennuie. Il sent quelque chose dans l'air, une menace, un avertissement. le train est en retard.
    Quand elle descend, elle n'est pas la femme de la photo. Elle a menti, envoyé des mensonges par courrier, de nombreuses lettres, de nombreux mensonges. Cette femme, cette Catherine Land, n'est pas celle qui lui a écrit qu'elle était simple et honnête : cette femme est magnifique, belle à en crever. Elle a menti. Truitt est furieux. Prêt à la renvoyer chez elle par le premier train du lendemain. Un accident donne à Catherine la chance qu'elle attendait, il la garde. Mais il sait qu'elle est une menteuse. Tant pis, il fera avec. Il a des projets pour elle. Il a besoin d'elle. Elle est son drapeau blanc, son hameçon pour ramener auprès de lui son fils adulte qui a fuit un père brutal 10 ans plus tôt. Elle est son message.
    Mais Catherine Land a menti. Elle n'est pas la femme de la photo. Elle n'est pas la femme des lettres. Elle n'est pas simple. Elle est tout sauf honnête. Ralph Truitt s'est commandé une petite veuve noire par correspondance.
    ***
    Une femme simple et honnête est le premier roman de Robert Goolrick. (son premier livre publié en France, mais pas le premier qu'il ait publié. « Féroce », une autobiographie de son enfance abominable, a été son premier livre publié au USA. Après qu'Une femme simple et honnête ait été refusé par tous les éditeurs américains. On verra pourquoi). Pour un premier roman, c'est un excellent livre. Goolrick a une écriture magnifique, et la traduction française arrive assez bien à la rendre (parfois, ça ne fonctionne pas, ça arrive avec les traductions. Dans les premiers chapitres, l'usage des répétitions est un peu forcé, mais ce n'est pas la faute du traducteur). Même si l'histoire est souvent un peu prévisible (elle est très influencée par une génération de films et de romans noirs qui ont suffisamment marqué l'inconscient collectif pour que n'importe quel lecteur soit capable d'additionner deux et deux), certains tournants de l'histoire un peu plus inattendus parvient à l'empêcher de sombrer dans le cliché avec lequel elle flirte en permanence. Mais les clichés ne sont pas synonymes de mauvaises histoires, c'est parfois dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes (et c'est parfois avec les meilleurs clichés de proverbes qu'on fait les meilleurs analogies. Ou les pires…)
    Là où Goolrick pèche un peu, c'est dans l'évolution de ses personnages. Bien que merveilleusement décrits, analysés et dessinés, la façon dont ils évoluent au cours du roman n'est pas crédible. Goolrick a voulu les plier à sont histoire un peu trop vite plutôt que de les faire évoluer avec elle. On reste donc un peu incrédules face à leurs réactions ineptes ou imbéciles (attention SPOILERS : difficile d'admettre que Truitt accepte de son plein grès de se faire assassiner par sa charmante femme, ou que dans les 30 dernières pages, la joyeuse veuve noire, ancienne prostituée, devienne une calme petite épouse jardinière et couturière, qu'elle renonce aussi facilement au luxe facile, etc.). Dommage, car le personnage de Truitt, en particulier, est fascinant.
    Autre reproche que je pourrais faire à ce roman, mais c'est vraiment un léger, tout petit reproche. Suite à une interview trouvée sur le net, au cours de ma lecture, j'ai découvert que Goolrick qui a subi un inceste à l'âge de 4 ans, est devenu un addict sexuel à l'âge adulte (ce qui arrive souvent aux homme violés dans leur enfance, rien de surprenant), ce qui a pas mal éclairé ma lecture d'un jour assez nouveau (cette fin de phrase est imbécile, mu usage du français est imbécile… mais je l'ai réécrite 3 fois sans parvenir à la rendre moins débile, faudra vous en contenter…).
    Cette OBSESSION du sexe, et le mot n'est pas faible, se retrouve à chaque page du roman, qui est plus sensuel qu'il n'est permis de l'être pour un roman américain. Ce qui explique aussi pourquoi il ait été refusé par tant d'éditeurs frileux. le sexe est la motivation, l'obsession, l'émotion première et essentielle des personnages du roman (le père, la jeune épouse, le fille adulte), et bien que Goolrick sache décrire le désir sexuel et sensuel comme personne (il est vraiment un excellent écrivain, aucun doute à avoir là-dessus), il se complaît un peu trop dans ces descriptions. On a parfois envie de crier stop, ou on finit par être un peu anesthésié par ces débauches de désirs à moitié inassouvis. Sauf que c'est tout l'inverse que veut provoquer l'auteur. Difficile d'adhérer totalement à une vision des relations hommes-femmes dont les sentiment naissent uniquement de l'attraction physique. Ou plutôt, difficile d'adhérer à l'idée que ces relations bancales puissent finir presque « bien », par une relation saine ou sérieuse. Difficile de se laisser prendre à l'idée qu'un mariage sérieux puisse se fonder uniquement sur la seule affinité sexuelle. Crédibilité, crédibilité quand tu me tiens.
    De manière générale, je suis plutôt en désaccord avec la façon dont Goolrick a terminé son roman. D'un point de vue morale, c'est ambivalent. Je n'ai rien contre l'ambivalence, au contraire, j'apprécie plutôt en règle générale, à partir du moment où l'auteur lui-même ne porte aucun jugement et ne suggère pas que c'est une bonne fin (attention SPOILERS : quoi ? le père qui a battu son fils toute son enfance, et qui après avoir essayé de se réconcilier avec lui, finit par le « tuer », c'est correct ? le père peut s'en sortir s'en devenir fou ? D'un point de vu psychiatrique, cela en dit plus sur Goolrick, violé par son père, que sur les personnages du roman). Côté personnages, la fin est un peu forcée. Non, ça ne peut pas se terminer bien, parce que « ce genre de choses arrivent ». Pardon pour le rengaine, mais la crédibilité est une des vertus premières que j'attend d'un roman, et celui de Goolrick en manque sérieusement.
    Pourtant, malgré ces réserves qui sont moins importantes qu'il n'y parait, je recommande ce livre sans avoir à me forcer. Il est trop bien écrit pour que l'on passe à côté, et Goolrick est un auteur qui est bien plus que prometteur. Il est déjà doué.
    ***
    NB : ne vous laissez pas rebuter par le couverture qui fait très roman de gare. Les couvertures, ce n'est le fort, ni de NIL Edition, ni de Pocket.

    Lien : http://watayaswonders.wordpress.com/2011/08/16/critique-livre-une-fe..
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    • Livres 5.00/5
    Par Fredo_4decouv, le 24 juin 2012

    Fredo_4decouv
    Such things happen.
    Ce superbe roman de Robert Goolrick, Une femme simple et honnête, est une fable littéraire sur la perte de l'amour. Un petit opéra de 411 pages.
    Que devient une âme dans le corps d'un être que l'amour a quitté ? Qu'éprouve-t-il à l'évocation des souvenirs de la passion et de la chaleur du corps de l'autre ? Que fait-il quand il a l'occasion de se repentir ? Qu'est-il prêt à subir pour avoir une nouvelle chance ?
    «Il est des choses auxquelles on échappe, pensa-t-il. Mais contre la plupart d'entre elles on ne peut rien, et le froid en fait partie. On n'échappe pas à ce qui est écrit pour nous, surtout au pire. La perte de l'amour. La déception. le fouet aveugle de la tragédie.»
    C'est avec charme et lyrisme que Robert Goolrick nous dépeint cette histoire ayant pour cadre un coin du Wisconsin, à l'aube de l'hiver 1907. L'auteur excelle à nous faire partager les tourments de son richissime héros, Ralph Truitt mais il l'est tout autant avec l'autre héroïne du livre, Catherine Land. Il parvient à merveille à incarner en Catherine tout la profondeur et la complexité d'une femme hantée et tout aussi tourmentée que son futur compagnon.
    Cette faculté qu'à l'auteur à plonger dans les recoins les plus intimes de l'âme de Catherine Land nous fera à la fois frémir et espérer, comme Truitt.
    «Il se rappelait la première fois qu'il avait vu le bras nu d'une femme. La première fois qu'une femme avait dénoué ses cheveux rien que pour lui, la cascade riche et saisissante de la chevelure, et ce parfum de savon et de lavande. [...] Il sentait encore la chaleur de son premier baiser. Il avait aimé tout cela. Autrefois, rien d'autre ne comptait pour lui. Tout le sens de sa vie était contenu dans les appétits de son corps»
    La trouvaille aussi de ce livre est éditoriale. Les éditions Anne Carrière ont eu la riche idée de confier l'adaptation de ce roman à Marie de Prémonville. Elle retrouve ici un univers qui lui sied à merveille, où chaque mot à son importance et son évocation, doux comme la soie ou piquant comme la morsure du froid.
    Une femme simple et honnête, c'est l'histoire des ruines de deux vies, d'un vieux jardin italien et des obsessions qui poussent des êtres à vouloir changer les choses, à vouloir les venger aussi, sans se soucier des conséquences.
    Ce côté irrévocable saute aux yeux en cours de lecture, comme cela avait était le cas en lisant la ballade du café triste de Carson McCullers. Les personnages s'engagent dans un sentier qui va les mener à la tragédie. Ils ont alors à ce moment un œil particulier sur ce qui les entoure.
    Le narrateur également va profiter de cette torpeur pour insuffler à son récit de la poésie, de la philosophie et de l'amour. Parce que pour dépeindre au mieux la tragédie, le pessimisme, la vengeance et la trahison, il faut aussi pouvoir exprimer la passion, l'optimisme, l'amour et la dévotion.
    En nous présentant les tragédies des vies respectives de Ralph et de Catherine, Robert Goolrick permet à quelques rayons de soleil de s'immiscer et d'éclairer leurs espoirs et leurs rêves. Et c'est cet équilibre que l'auteur va parvenir à maintenir, jusqu'à la dernière page du roman. Jusqu'à ce que la vérité du cœur l'emporte sur tout le reste.
    Ces choses là arrivent.
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    • Livres 1.00/5
    Par ssstella, le 20 septembre 2013

    ssstella
    Un histoire qui démarre bien, qui démarre fort... et puis ensuite, ce n'est plus que longueurs, redondances, confusions et incohérences. Un exemple : "... mais la glace céda autour de lui, et il lutta à son tour dans l'eau glaciale. Il courut jusqu'à la grange, où il trouva une perche et une corde. ..." . Il lutte dans l'eau glaciale et dans l'instant il court ??? Comment il est sorti de là ??? Peu importe, me direz-vous, là n'est pas l'essentiel... hé bien si, moi, ça perturbe ma lecture, comme dans quelques films, où le personnage est avec une valise à la main dans un plan et dans le suivant il ne l'a plus ! Il en a fait quoi de sa valise ? Il l'a oubliée ? perdue ? mise à consigne ? Et voilà, je décroche du film pour un instant... et je suis certaine que je ne suis pas la seule... vous aussi, ça vous perturbe, avouez ?
    Enfin bref ! Revenons donc au livre, et pour conclure... il m'a tellement agacée que je ne retenterais pas cet auteur.
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    • Livres 2.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Je dois l'avouer d'entrée de jeu, j'ai opté pour ce livre car j'ai complètement flashé sur la couverture. Pour le reste, je m'en suis donc remise à l'histoire comme on avance dans le brouillard. Autant vous le dire, j'ai lu par petites bouchées ce livre car j'ai eu un mal fou à entrer dedans. C'est dur à décrire mais moi qui plonge toujours à corps perdu dès les premières pages, là je suis restée de glace un bon moment. C'est d'ailleurs un livre que j'ai lu, posé, repris, reposé avec malgré tout un certain agacement dû à cette flemme d'avancer car je voulais avoir la preuve que ce livre valait le détour.
    L'incipit est d'ores et déjà une plongée dans le vif du sujet puisqu'on découvre un personnage : Ralph Truitt, un veuf célibataire d'une cinquantaine d'années. On est dans le Wisconsin à l'automne 1907 et il fait très froid. Notre homme attend un train, celui qui lui amène Catherine Land, une femme célibataire qui a répondu à son annonce passée dans un journal de Chicago. C'est une affaire matrimoniale qui est donc censée les réunir.
    Catherine arrive et c'est une dame simple, sans prétention, bonne à marier. Ralph est sous le charme car elle incarne parfaitement l'épouse qu'il recherchait. Et si Catherine avait des intentions malveillantes vis-à-vis de cet homme riche et esseulé?
    Peu à peu des secrets de famille sont dévoilés et les personnalités de l'un et de l'autre sont mises en lumière. Ralph est un homme torturé, culpabilisé par son passé. Quant à Catherine qui avait déjà triché dans sa lettre (elle avait envoyé la photo d'une amie), elle se révèle troublante, changeante voire fuyante. Pourquoi est-elle venue si cet homme ne l'attirait pas? Pourquoi demeure-t-elle auprès de lui, feignant le jeu de l'amour?
    Tant de questions se bousculent et la lecture reste tortueuse. On avance pas à pas bien décidé à lever les mystères mais parfois l'ennui s'insinue et on a l'impression de faire du surplace.
    L'histoire s'accélère dans les cent dernières pages avec un revirement de situation. Catherine devient quelqu'un d'humble, de dévoué et on a de l'empathie pour cette femme pleine de patience. Avant cela ce personnage était une anti-héroïne parfaite, celle qui se trouvait là parce que son flair l'avait menée dans les parages.
    Ralph Truitt quant à lui reste tout au long de la narration un brave homme, constant dans ses sentiments, plein de bonne foi et dont la compagnie est agréable. Pourtant les premières pages qui content les médisances, que la population rapporte à son sujet, nous laissaient entrevoir un parfait goujat asocial dont on se moque sitôt le dos tourné. Dans le huis-clos de sa demeure il s'ouvre, entretient une relation privilégiée avec son couple de domestiques (les Larsen), fait des projets, sait recevoir.
    C'est ça qui est fascinant : le revirement total des personnages qui s'apprivoisent, se testent et se démasquent. On entre pleinement dans une relation de couple qui n'est pas ordinaire, dans une relation où les jeux sont faussés au départ mais dont la vérité peut être salvatrice pour le bien de tous.
    J'ai eu une drôle d'impression en fermant ce livre. J'ai apprécié la peinture des sentiments qui émergent peu à peu, j'ai moins aimé le style qui m'a plus d'une fois paru hésitant, le rythme étant dur à tenir. Il n'est absolument pas question de lacunes dans le roman car Goolrick est un bon écrivain. Ce qui m'a manqué c'est un espèce de regain d'intérêt ravivé sans cesse. Car je me suis attaquée à l'ouvrage, je me suis comme qui dirait laissé endormir par la narration. Difficile à décrire mais j'ai dû me "forcer" pour persévérer dans la lecture et pourtant le tour des événements auraient dû me suspendre au récit.
    Bilan mitigé... il faudrait que quelqu'un d'autre s'y attelle pour me donner son sentiment. Mais s'il a été n°1 des bestsellers du New York Times c'est qu'il doit bien y avoir des raisons. Peut-être suis-je passée à côté...
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 décembre 2009

    LiliGalipette
    Roman de Robert Goolrick.
    Ralph Truitt a 52 ans. Il est immensément riche et respecté. Depuis 20 ans et après une infâme trahison, il vit seul, il dort seul. le masque impavide qu'il présente au monde dissimule une douleur intense, celle du désir inassouvi. Ralph Truitt est obsédé par le corps féminin et sa possession. Décidé à rompre la solitude dans laquelle il s'est enfermé, il fait passer une annonce: "Homme d'affaires rural recherche épouse fiable. Motivations pratiques, pas romantiques. Répondre par lettre. Ralph Truitt. Truitt, Wisconsin. Discrétion requise." (p.37) Et il reçoit une réponse de Catherine Land. Elle lui écrit qu'elle est cette femme simple et honnête qu'il attend. Catherine n'est cependant qu'une femme assoiffée d'amour et d'argent. Si elle compte profiter pleinement de la richesse de Truitt, elle a bien d'autres desseins pour ce qui relève de l'amour. le mariage qu'elle contracte avec Ralph Truitt n'est que le premier rouage de la machination dont elle a tout orchestré.
    Qu'il est difficile de ne pas trop en dire! Il y a un troisième personnage fondamental, mais en parler serait dommage. le texte est riche de tout un ensemble de personnages secondaires: les domestiques, les fantômes du passé qui reviennent hantés les protagonistes, le voisinage rural du Wisconsin, la faune urbaine de Saint-Louis et Chicago. L'Amérique du début du siècle est intelligement décrite, entre campagne attardée et isolée et progrès technique au sein des villes. Partout la misère, la déchéance physique, mentale, partout les drames humains, subis ou commis.
    Les obsessions respectives des deux personnages sont magnifiquement écrites. La solitude glacée et frustrante, le manque sensuel et les désirs lubriques de Ralph crèvent la page, et se révèlent être ce que j'ai lu de meilleur en matière de littérature érotique. Les desseins machiavéliquement ourdis de Catherine sont eux aussi dignes d'attention et d'éloges. On ressent toute la force manipulatrice et dissimulatrice de la jeune femme. La phrase - je précise que la traduction est excellente! - se fait même simplement diabolique quand elle évoque ses projets.
    La complexité des sentiments amoureux qui attachent les personnages est finement mise en relief. Les méandres tortueux des pensées de chacun mènent lentement, mais sûrement, à la vérité sur les motivations réelles de toutes les actions. le personnage de Catherine s'oppose à celui de Ralph pour bien des raisons. Catherine est une errante, perpétuellement en mouvement. Son odyssée a commencé bien avant sa rencontre avec Ralph. Lui est profondément attaché à son monde, il n'en sort pas. Il laisse les autres venir à lui. Catherine est le Cheval de Troie de l'Illiade, riche de promesses et de tromperies. Elle fait le lien entre le monde extérieur duquel s'est retiré Ralph et le monde mouvant dont elle vient. La phrase s'attache brillamment à différencier les modes de fonctionnement des personnage. La narration est par moment aussi lourde que la chape de neige qui recouvre la campagne du Wisconsin. Mais elle s'emballe au rythme du train qui entraîne Catherine d'un bout à l'autre du pays.
    L'évocation des jeunes années de débauche de Ralph en Europe propose un arrière-plan intéressant au récit. Vieux continent et nouveau monde s'opposent. Mais les similitudes qui les caractérisent sautent aux yeux. Il y a dans la folie meurtrière des paysans du Wisconsin et dans l'effervescence des nuits de Saint-Louis un héritage typiquement européen, fait de distinction, d'élégance, d'atavisme, de crainte et de révolte religieuse.
    Je sors de cette lecture complètement séduite et profondément impressionnée. Ce livre est le premier de l'auteur. Aucun doute que je suivrai attentivement ses futures productions. La quatrième de couverture cite des extraits de critiques parus sur ce livre. En voici un du News Observer pour ceux qui se demandent si le texte est fait pour eux: "Voici un roman qui va vous rappeler pourquoi vous aimez les romans." Alors, séduits?

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/12/24/16257785.html
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 01 juillet 2011
    Ancien publicitaire américain, Robert Goolrick raconte très bien le rapprochement de ces deux êtres entraînés dans une passion qui les dépasse, magnifiée par une plume sensible et sensuelle.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par FleurCannibale, le 30 mai 2010

    Et il aimait sa femme. Elle était l'araignée splendide, fatale et insinuante qu'il avait attendu toute sa vie. Elle était l'ultime poignard planté dans son coeur. Il lui ouvrait sa chemise avec plaisir.

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  • Par ssstella, le 11 septembre 2013

    On peut supporter le désespoir tant que l'on n'est pas, de fait, désespéré.

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  • Par Patricia4, le 03 août 2014

    Rien ne dit que l'enfer flambe, pensa Ralph Truitt, planté dans son costume sombre sur le quai de cette gare minuscule, à la gerçure de nulle part. L'enfer peut bien ressembler à cela. Plus sombre de minute en minute. Si froid que la peau se rétracte sur les os.

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  • Par Tombetoile, le 18 juillet 2014

    Et elle pensait à Truitt, à sa simplicité et à sa confiance. Et, étrangement, elle pensait à son corps, et aux nuits qu’ils avaient passées ensemble. Son corps n’était pas jeune, mais riche dans son parfum et sa texture, et, sans qu’elle sût pourquoi, il lui était familier. Il avait un corps imposant, mais pas menaçant. Il ne lui avait jamais causé de douleur. Elle n’était pas certaine que ces nuits eussent été pour elle un plaisir, elle n’était plus sûre de connaître le sens du plaisir ….
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  • Par anyuka, le 20 août 2011

    "Il est des choses qui attendent, se dit-elle. Tout ne meurt pas. Vivre prend du temps." Puis elle se dirigea vers la maison dorée et prit dans la sienne la main qu'il lui tendait.
    Ces choses-là arrivent.

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Videos de Robert Goolrick

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Vidéo de Robert Goolrick

Robert Goolrick - La chute des princes .
Robert Goolrick vous présente son ouvrage "La chute des princes" aux éditions Anne Carrière. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville. Remerciements au Château Haut-Bailly pour son accueil et pour la visite des stèles de Li Chevalier. Robert Goolrick est filmé devant un tableau de Jeannette Leroy. http://www.mollat.com/livres/goolrick-robert-chute-des-princes-9782843377372.html Notes de musique : Chris Zabriskie/I Am a Man Who Will Fight for Your Honor/07 I Am a Man Who Will Fight for Your Honor. Free Music Archive.








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