> Josette Chicheportiche (Traducteur)

ISBN : 2715231318
Éditeur : Mercure de France (2011)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Au début, il y a eu deux couples, qu'a priori tout séparait : d'abord Kavita et Jasu, deux pauvres paysans indiens pour qui la naissance d'une fille est une catastrophe, au point que, la mort dans l'âme, la jeune mère confie son béb&#... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 18 avril 2012

    zorazur
    J'ai été émue par cette belle histoire au point de verser quelques larmes en refermant le livre.
    C'est une lecture facile dans la forme : une succession de chapitres très courts qui alternent les épisodes de la vie des deux couples, le couple indien, Kavita et Jasu, et le couple indo-américain, Somer et Krishnan. Puis on passe à l'histoire personnelle de Asha, fille biologique de Kavita et Jasu, adoptée par Somer et Krishnan. Asha qui après une adolescence tumultueuse où elle se cherche sans jamais se trouver, part en Inde pour les besoins de ses études, en réalité parce qu'elle a besoin de savoir qui elle est. Et peut-être de retrouver la famille dans laquelle elle est née. Dans ce pays qui est celui de son père adoptif et de ses parents biologiques, elle va découvrir le pire et le meilleur. Intégrée dans la famille de Krishnan, elle va apprécier les saveurs des plats les plus raffinés et le chatoiement des plus beaux saris, s'éblouir à la vue d'un temple coloré au milieu d'un tas d'ordures. Rebutée par les inégalités insensées qui contraignent des êtres humains à vivre dans d'innommables bidonvilles, elle y découvrira l'amour et la force d'une mère. Et elle s'effondrera devant la sordide réalité du massacre des petites filles dont les familles ne veulent pas.
    C'est aussi une profonde réflexion sur la parentalité. On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses parents ni ses enfants, qu'ils soient biologiques ou adoptés. Et tout parent, que son enfant soit biologique ou adopté, doit faire ce travail permanent consistant à accepter que son enfant n'est pas lui et que son enfant ne peut être ce que son père et sa mère voudraient qu'il soit.
    C'est une réflexion sur l'amour filial. Qui sommes nous, au fond ? Que porte au fond de lui un enfant adopté, entre le secret ou non de son origine, l'éducation reçue de la part des parents qui l'élèvent en toute connaissance de son histoire ? Qu'est-ce qui fait la part prépondérante de son être, de son tempérament, de sa personnalité ? On pourrait y retrouver tout le débat entre l'inné et l'acquis si ce roman n'avait une réponse beaucoup plus simple : l'amour. Asha comprend combien elle a été aimée. Par la femme qui l'a mise au monde et qui l'a suffisamment aimée pour la confier à un orphelinat et supporter la douleur de cette séparation définitive, et qui n'a cessé de penser à elle, tous les jours de sa vie. Et par la femme qui l'a adoptée parce qu'elle l'a attendue et voulue de toutes ses forces, et qui l'a élevée et aimée tous les jours de sa vie.
    Et c'est bien le message essentiel de ce roman, l'amour, celui de Jasu qui réalise ses erreurs, celui de Krishnan qui doit accepter sa double appartenance et les conséquences de ses choix, celui de Kavita pour cette enfant qu'elle n'oubliera jamais, celui de Somer dont la vie est bouleversée par la quête de sa fille.
    Celui de Asha enfin qui ne met jamais en doute son amour pour les parents qui l'ont voulue et élevée, mais qui n'oublie pas à qui elle doit d'être en vie.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par Aela, le 03 mai 2011

    Aela
    C'est le premier roman de Shilpi Somaya Gowda, originaire de Mumbai (Inde) et qui vit aujourd'hui en Californie.
    Au départ de ce livre, un couple de paysans rongés par la misère et qui vit dans la région de Mombai. le mari décide d'emménager à Mumbai. La mère accouche d'une fille, ce qui représente une véritable catastrophe dans la société rurale indienne, et en désespoir de cause, elle doit confier sa fille à un orphelinat.
    Plus tard la petite Usha sera adoptée par un couple de médecins américano-indien. Arrivée à l'adolescence, la jeune Usha va vivre une crise identitaire profonde et va décider de partir en Inde à la recherche de ses parents biologiques.
    Un roman émouvant, qui nous montre les visages et complexités de l'Inde actuelle...
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par VivianeB, le 14 février 2012

    VivianeB
    Un livre fort émouvant qui relate l'injustice d'un pays envers la condition féminine. Un livre sur la quête des origines. A retenir.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 04 mai 2011

    Elle va s'asseoir au terminal relié à la base de données du Times. Dans le petit rectangle blanc, elle tape "Inde, taux de natalité." Elle clique sur le premier article. Rédigé en 1991 par les Nations Unies, il explique que le taux de natalité des filles en Inde n'a cessé de baisser. La courbe qui l'accompagne montre à la fois le déclin vertigineux des naissances chez les filles et l'écart de plus en plus important entre les filles et les garçons. L'article suivant critique l'invasion d'appareils portatifs qui permettent de faire des échographies dans tout le pays. Bien que dix ans auparavant, le gouvernement indien ait interdit l'échographie effectuée dans la seule intention de connaître le sexe de l'enfant, la pratique sévit toujours et conduit souvent à des avortements sélectifs, une expression que Asha n'avait jamais entendue jusqu'alors.
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  • Par Aela, le 03 mai 2011

    Dadima s'est mise à évoquer l'époque où sa famille a dû émigrer, pendant la Partition quand en 1947, le pays a été divisé en deux, l'Inde et le Pakistan, en même temps qu'il se libérait du joug de l'Empire britannique. La famille de Dadima vivait à Karachi, la capitale du Sind, une province au nord de l'Inde.
    Karachi devint la capitale du Pakistan, le nouvel Etat musulman. Les Britanniques redessinèrent les frontières sur la carte de l'Asie du Sud sans se soucier des gens, et ceux qui vivaient du mauvais côté durent fermer leurs maisons, leurs commerces et déraciner leur famille pour se rendre du bon côté. La famille de Dadima, comme nombre d'Hindous de Karachi, rejoignit Bombay.
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  • Par Aela, le 03 mai 2011

    Ton mari et ton fils ont besoin de toi. "Si la mère s'effondre, toute la famille s'effondre", dit-elle en reprenant les vers d'un poème traditionnel. Tu dois être courageuse pour eux."
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