> Bernhild Boie (Préfacier, etc.)

ISBN : 2714310575
Éditeur : José Corti (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Ce livre est constitué de deux textes qui s’éclairent mutuellement. Les deux manuscrits figuraientsur deux cahiers différents, parmi le fonds important de textes dont, pour certains, Julien Gracqn’avait pas souhaité qu’ils s... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Scara, le 11 novembre 2011

    Scara
    Evidemment, des souvenirs de guerre rédigés par un futur grand écrivain ont un peu plus de poids que ceux d'un homme ordinaire, on se dit que l'écrivain en formation aura su concentrer un peu plus de cette réalité dans ses mots.
    Ce que raconte l'auteur ici est pourtant très éloigné d'un roman. Pénibles tribulations d'une petite troupe qu'on envoie aux Pays Bas quand ça cartonne en Belgique, qui reçoit l'ordre de se rendre dans un patelin sans avoir la moindre idée du chemin à emprunter, mais qui trouve des cafés ouverts sur sa route, ses officiers déjeunent aux restaurants du coin.
    L'unique rencontre avec l'ennemi est totalement fortuite, et ce qui deviendra un acte de bravoure n'est sur le moment qu'un jeu de hasards.
    Oui vraiment, il faut sans doute un talent d'écriture pour donner à ce récit un tel réalisme!
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 12 mai 2011

    brigetoun
    deux textes :
    le journal rétrospectif de la campagne du lieutenant Louis Poirier/Julie, Gracq, passionnant (et bien écrit) pour ce regard personnel et témoignage sur mai 40, journal d'un lieutenant perdu dans cette déconfiture, mais lieutenant en révolte rentrée, et sensible à la beauté du paysage - et un récit retravaillé, essai avorté de "mise en littérature" de deux de ces journal, écriture travaillée, troisième personne adoptée, mais grande proximité avec le journal
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Pierre Assouline pour le Magazine Littéraire

    Les Manuscrits de guerre, deux textes inédits de jeunesse de Julien Gracq, disparu en 2007, annoncent le grand Gracq, mais du côté de ses cuisines où il voulait justement que le lecteu... > lire la suite

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Critiques presse (4)


  • Cyberpresse , le 05 août 2011
    L'écriture puissante, dense et parfois anaérobique de Gracq comblera les attentes de ses inconditionnels. On reste toutefois sur notre faim. Mais comme le dit sa traductrice américaine, Ingeborg Kohn, l'ouvrage permet de révéler tout un volet de l'auteur, celui d'un «officer and gentleman», dit-elle.
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  • Cyberpresse , le 27 juin 2011
    L'écriture puissante, dense et parfois anaérobique de Gracq comblera les attentes de ses inconditionnels. On reste toutefois sur notre faim.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Cyberpresse , le 14 juin 2011
    Julien Gracq [...] décrit au présent sur 77 pages, au jour le jour et à la première personne, trois semaines de sa campagne entre la fin de la Drôle de guerre [...] et la capitulation française.

    [Et il] rédige un court récit, sans titre, qui transforme en fiction l'expérience de la guerre et les tensions qui l'habitent.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Cyberpresse , le 04 juin 2011
    Julien Gracq, professeur d'histoire-géographie et écrivain en herbe dans le civil, rédige un court récit, sans titre, qui transforme en fiction l'expérience de la guerre et les tensions qui l'habitent.

    L'écrivain passe du «je» au «il», crée le personnage du lieutenant G. et condense sur deux jours l'intrigue qui se termine dramatiquement.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 12 mai 2011

    Ce qui frappe dans toutes ces actions, c'est la complète incohérence. Du moins du petit coin où nous sommes. Ces allemands qui passent, sur qui nous ouvrons un feu d'enfer, et qui ne répondent pas d'un seul coup de fusil. Puis rien. Puis cette attention soudaine du canon anti-char. Puis on nous oublie, on nous délaisse, comme le pinceau aveugle d'un projecteur qui sautille sur une étendue de campagne.
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  • Par brigetoun, le 12 mai 2011

    il n'y avait rien à répondre, que de serrer en soi dans un froid noir ce qui pouvait rester du courage imbécile que tout abandonne), au-devant d'un rouleau compresseur dont rien ne grippait les engrenages, et qui après vingt-cinq ans qu'on en avait tant ri s'était mis en devoir d'écraser, cette fois d'une bonne allure de galop de course et vraiment du coeur à l'ouvrage, l'asphalte enfondu de sueur des routes nationales. L'asphalte, et un peu de ce qui circulait dessus, le coeur mal à l'aise comme sur une glace pas trop solide (on avait vu comme elle se mettait à frire sous les rafales des mitrailleuses), un oeil sur les mouches brillantes et l'autre sur le fossé proche, comme les fourmis collées à la raie du plancher.
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  • Par brigetoun, le 12 mai 2011

    Tout est faux, chacun le sent, tout est simulacre, - chacun fait "comme si". Imite les gestes, les ordres qu'il est décent de faire d'après la tradition dans une "défense héroïque". Donne l'ordre de se faire tuer sur place, d'exécuter telle mission impossible (elles le sont presque toutes, maintenant) - avec le même gonflement d'âme qu'il éprouverait à signer des paperasses dans son bureau de caserne. Puis se rendra gentiment aux Allemands dans Dunkerque, quand tous les gestes de la "défense héroïque" auront été exécutés, dans l'ordre le plus académique.
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  • Par brigetoun, le 12 mai 2011

    Le soleil se levait dans un ciel magnifiquement pur, et le lieutenant G., troublé quand même et fort nerveux, s'étonnait que la fusillade assombrit si peu le paysage de matin d'été ; le feu d'infanterie derrière les masses de feuillage n'était pas déchirant, ni brutal - plutôt mat, comme un promeneur qui frotte du bout de sa canne en marchant vite les barreaux d'une grille de square.
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  • Par brigetoun, le 12 mai 2011

    Moment d'angoisse pure, de passivité absolue. De seconde en mortelle seconde, j'attends la prochaine rafale dans le crâne - trois, quatre minutes. J'ai tout le temps d'y penser. Impuissance absolue - rigoureusement rien à faire - qu'une subtilité dans l'immobilité qui me fait pénétrer le génie des cailloux, des minéraux.
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1001libraires.com - Bertrand Fillaudeau : les Manuscrits de guerre de Julien Gracq
Bertrand Fillaudeau, qui dirige les éditions José Corti en compagnie de Fabienne Raphoz, nous raconte l'histoire éditoriale des "Manuscrits de guerre" de Julien Gracq qui viennent d'être récemment publiés. L'occasion de mettre en perspective les deux textes qui le constituent dans l'oeuvre et la logique de création de l'auteur du Rivage des Syrtes.








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