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ISBN : 2266235680
Éditeur : Pocket (2014)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 165 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili, le 06 janvier 2014

    Lolokili
    Confession préliminaire : La buse intégrale en matière d’axiomes et de théorèmes, la littéraire pur jus notoirement hermétique à la chose matheuse depuis la classe de sixième... c’est moi. Pour m’avoir séduite à ce point, La Déesse des petites victoires – brillant produit de littérature mais avec plein de maths à l’intérieur – relève donc à mes yeux du prodige absolu.
    Autre étonnement à mi-parcours de ma lecture : à l’inverse d’un ex champion de raquette reconverti dans la ritournelle démagogique, Yannick Grannec est... une femme. Queuoi ? M’étranglai-je à l’évocation soudaine de LA prof inflexible qui me dégoûta à jamais de tout ce qui ressemble même de loin à une racine carrée, une femme va enfin lever mes inhibitions ? se permettant même de commettre sur le sujet un ouvrage émouvant, au style impeccable et fluide ? Z’y va décidément je kiffe ce bouquin, m’interpellai-je, toujours à mi-parcours de ma découverte.
    Digressions mises à part, venons-en à la vie d’Adèle. Ici point de couleur chaude ou de cheveux bleus mais La Déesse des petites victoires, c’est bien elle, Adèle. Et ses « petites victoires » constituent le cœur de cinquante ans d’abnégation aux côtés d’un mari prestigieux, Kurt Gödel, mathématicien de génie, complexe et attachant mais néanmoins pas bien facile à vivre comme garçon. Victoires minuscules mais essentielles d’une femme pragmatique et décalée, qui consacrera son existence à soutenir – au propre comme au figuré – son illustre et fragile bien-aimé. Victoire de l’amour sur la raison pure, victoire de la volonté sur la démence, victoire de Yannick Grannec sur mon aversion pour les ma... Bref.
    Bien que romancés dans cet ouvrage, les personnages d’Adèle et Kurt Gödel ont réellement existé, même si Gödel marqua moins les esprits qu’Einstein dont il fût par ailleurs un ami très proche. Mais Yannick Grannec est allée plus loin : à travers l’éclosion de liens inattendus entre une veuve acariâtre et une jeune femme désabusée, l’histoire gagne encore en profondeur et s’articule élégamment entre passé et présent.
    Amitié, passion, génie, folie, Histoire du vingtième siècle, sciences et philosophie, autant de thèmes qui se mêlent admirablement pour offrir un récit habité, passionnant, et manifestement documenté à l’extrême. Un bijou d’humour et d’érudition, un doux pétillement qui a illuminé ma fin d’année, comme une petite victoire sur le marasme ambiant.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 01 novembre 2012

    caro64
    Quelle belle surprise que ce premier roman de Yannick Grannec, qui réussit à être à la fois drôle, sensible, intelligent, mordant… le tout en nous parlant de mathématiques ! Rassurez-vous, pas besoin d'être féru en la matière pour apprécier cet ambitieux et foisonnant roman ! Et quel joli titre pour définir Adèle Gödel !!!
    Mais qui est Adèle Gödel ? La femme du plus grand mathématicien du XXe siècle, Kurt Gödel , ami d'Einstein ? Une danseuse de cabaret qui ne reçoit que le mépris de l'entourage de ce dernier ? L'aide-soignante, véritable (et seule) bouée de secours d'un mari hors normes pour le monde et son époque, incapable ne serait-ce que de survivre sans elle ? Une vieille folle recluse dans une maison de retraite, refusant de transmettre les archives de son mari, pourtant si précieuses pour l'humanité ? Adèle est tout cela et bien plus encore, et c'est ce que nous révèle ce magnifique roman au travers de la confrontation de deux femmes, Adèle et Anna Roth, jeune documentaliste chargée par l'université de Princeton de récupérer les archives du maître.
    On navigue donc entre l'histoire contemporaine qui se noue entre les deux femmes, bien loin des clichés et de la bienséance, sur fond de maison de retraite glauque, et le récit d'Adèle, de ce que fut sa vie aux côtés de son génie de mari durant 50 ans. Celle-ci retrace leur couple atypique - en mettant à nu ses rouages- et leur incroyable parcours, ancrés dans un XXième siècle mouvementé, de la Vienne bouillonnante des années 30 jusqu'au Princeton d'après-guerre où Einstein et Oppenheimer, voisins et amis, étaient fréquemment conviés à goûter la cuisine Mitteleuropa d'Adèle, entre autres...
    Yannick Grannec nous raconte une histoire fascinante, croque des personnages complexes, avec un sens redoutable des dialogues, une narration rythmée et juste… Réflexion sur le génie, la connaissance et la folie, il s'agit avant tout de la retranscription d' une histoire d'amour tourmentée, mais insubmersible, mettant en présence deux personnalités hautement dissemblables : "un homme qui ne savait pas vivre" et "une femme qui ne savait qu'aimer". Equation difficile, pour ne pas dire insoluble... Qui fournit la matière, en tout cas, d'un livre aussi passionnant qu'instructif dont les 460 pages se dévorent quasiment d'une traite.
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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 15 octobre 2012

    sandrine57
    Princeton, 1980. Un peu malgré elle, beaucoup grâce à son père, Anna est documentaliste à l'IAS (Institut de Recherche Avancée). le directeur lui confie la tâche de récupérer les documents laissés par le grand mathématicien Kurt Gödel après sa mort. Mais cet héritage, si précieux pour la science, est entre les mains de sa veuve. La revêche Adèle a des comptes à régler avec l'université et compte bien faire attendre les chercheurs le plus longtemps possible. D'autres, avant Anna, ont essayé de l'amadouer, en vain. Pourtant, cette fois-ci, la vieille dame indigne accepte de revoir Anna, à condition qu'elle l'écoute raconter son histoire. C'est ainsi que la jeune documentaliste découvre comment une petite danseuse de cabaret viennoise rencontre en 1928 un génie de la théorie des mathématiques, saura l'apprivoiser et ne le quittera plus jusqu'à sa mort 50 ans plus tard, malgré l'hostilité de sa famille, malgré aussi ses manies, son hypocondrie, sa folie, son égoïsme. Elle sera sa femme, sa mère, son infirmière, le sauvera de l'Europe en guerre et surtout le sauvera de lui-même et cela sans jamais espérer une marque de reconnaissance, d'affection ou d'attention en retour. Une vie de sacrifice au service d'un génie, mais au nom de l'amour.

    Pour moi qui sais tout juste compter jusqu'à 10, lire la vie d'un mathématicien logicien était une gageure. Mais j'ai relevé le défi et ce fut un bonheur de chaque instant. Alors bien sûr, je me suis souvent sentie dans la peau d'Adèle face aux explications de son mari. Comme elle, je n'ai rien compris à toutes ses théories et cela ne s'est pas amélioré quand Gödel s'est soudain passionné pour Husserl et la phénoménologie...J'ai alors tellement compris les sentiments d'Adèle, petite danseuse autrichienne sans culture, sans éducation, qui tous les jours vivait aux côtés de cet homme hermétique et froid, dans un monde d'universitaires, un cercle d'amis tous férus de sciences, dont le plus célèbre n'était rien de moins qu'Albert Einstein! Et j'ai surtout compris la force de son amour! Car il fallait une bonne dose d'amour pour supporter la condescendance de certains, le sentiment perpétuel d'infériorité. D'autant que Gödel, tout génie qu'il soit, est totalement inadapté socialement, incapable de s'occuper de lui-même, sujet à des névroses, anorexique, paranoïaque, monstrueusement égoïste. Celle qui a souvent été considérée comme l'autrichienne inculte, la mégère vulgaire, prononce à un moment une phrase très juste. Elle s'indigne que tout le monde se soit toujours interrogé sur le choix du génie pour une telle femme et que personne ne se soit jamais posé de questions sur son choix à elle. C'est qu'il n'était pas facile à aimer ce Kurt! Son amour, son abnégation, ses sacrifices, si peu reconnus, si souvent bafoués, ont pourtant été la force qui permettait au grand homme de travailler sans soucis d'aucune sorte.
    Au final, La déesse des petites victoires est un livre bouleversant et fort qui nous promène de la Vienne des années folles jusqu'à l'austérité de Princeton, en passant par les grands évènements qui ont marqué le siècle : la montée du nazisme, l'Anschluss, la deuxième guerre mondiale, le maccarthysme, l'assassinat de Kennedy. Et toujours, au delà les aléas de l'Histoire, l'amour,le génie, la folie, la vie en sont les fils conducteurs. Alors même si vous êtes réfractaires aux maths et allergiques à la logique, n'hésitez pas à découvrir l'incroyable destin de cette femme qui comme souvent, se cachait derrière le grand homme.
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    • Livres 2.00/5
    Par mariech, le 03 janvier 2013

    mariech
    Anne Roth a une mission , elle doit prendre contact avec la veuve du célèbre mathématicien Kurt Godel , vieille femme aigrie qui est maintenant dans une maison de retraite , pour retrouver les archives de son mari .
    Les premières rencontres se passent très mal car Adèle Godel a un caractère épouvantable mais Anne Roth ne renoncera pas facilement à sa mission , peu à peu Adèle va raconter sa vie si singulière , son départ d' Autriche au moment de l'Anschluss vers les Etats -Unis , sa vie difficile avec Kurt Godel , qui est paranoïque , égoiste , qui ne sait rien faire dans la vie de tous les jours , c'est Adèle qui devra prendre en mains les tâches de la vie quotidienne , une vie sans enfants , sans amis , loin de sa famille .
    Le couple sera ami avec Albert Einstein ...
    Ce livre aurait pu être passionnant mais je ne sais pas pourquoi je n'ai pas aimé , je n'ai pas aimé les personnages trop stéréotypés , la vieille dame acariâtre et la jeune femme célibataire , déjà considérée comme une future vieille fille , ces relations m'ont paru manquer de naturel .
    Il y a bien le côté historique intéressant mais l'écriture , le style ne m'ont pas permis d'être passionnée , je le regrette dautant plus que j'ai lu ce livre suite aux nombreuses critiques très positives lues sur Babélio et le net .
    Voilà parfois une lecture ne fait pas l'unanimité et ce n'est pas grave en soi .
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 18 novembre 2012

    canel
    --- BRILLANT : INSTRUCTIF, EMOUVANT ET DROLE !
    Princeton, 1980. Anna, documentaliste de vingt-huit ans, doit rassembler pour l'IAS les archives de Kurt Gödel*, mathématicien/logicien de génie du XXe siècle. Elle rend visite à Adèle, sa veuve, dans une maison de retraite pour accéder à ces écrits. L'affectif prend vite le pas sur l'intérêt professionnel, même si la vieille femme a la dent dure, la repartie mordante, l'agression rapide, et ne ménage pas Anna. Elle souffle le chaud et le froid à merveille, alternant tendresse, ironie, franchise brutale, méchanceté fatiguée - ce qui donne lieu entre elles à des échanges percutants et jubilatoires pour le lecteur...
    Autrichienne émigrée aux Etats-Unis, Adèle a désormais soixante-dix neuf ans. Elle a côtoyé les 'grands' intellectuels du XXe siècle originaires de la 'mitteleuropa' - et désormais américains : Einstein, Thomas Mann, Oppenheimer... Elle dévoile ses souvenirs, sa vie éreintante et frustrante auprès d'un homme atrocement égoïste, rongé par une psychose paranoïaque... donc absolument invivable. Elle évoque aussi avec tendresse leur amitié avec Albert Einstein, les joutes verbales interminables entre les intellectuels qu'ils reçoivent, et sa propre manière de ne pas épargner son mari par des répliques cinglantes devant leurs invités.
    Fabuleux roman-doc ! Tout est fascinant : les personnages (ah, Adèle !), les dialogues entre les deux femmes dans la maison de retraite, les réflexions sur le vieillissement, le couple, la vie, la maladie de l'époux. Mais aussi la richesse documentaire de cet ouvrage : historique (émergence et ascension du nazisme en Europe, fuite des cerveaux aux USA, maccarthysme contre les intellectuels...) et scientifique (mathématiques, logique, philosophie et physique...).
    Roman érudit, donc, mais aussi plein d'humanité et d'humour. J'avoue ne pas avoir lu toutes les notes en fin d'ouvrage, et avoir parfois décroché lors de certaines discussions scientifiques de plus en plus ardues ! L'auteur fait le point en postface sur la part de fiction dans cette 'biographie'...
    * Kurt Gödel, mathématicien, dont Einstein disait : "Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel."
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Critiques presse (5)


  • Lexpress , le 22 mars 2013
    Yannick Grannec raconte dans son roman la véritable histoire de la vie d'Adèle Gödel, la femme d'un des plus grands mathématiciens du 20e siècle. Ancienne danseuse de bar, elle a consacré toute son existence à son mari.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 17 octobre 2012
    [Un] très maîtrisé premier roman... […] La magie opère. On se passionne pour le destin du scientifique épris aussi d'irrationnel, quêtant l'impossible jusqu'à la paranoïa.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 08 octobre 2012
    On ne sait pas quelles ont été les formules utilisées par Yannick Grannec, toujours est-il qu'elle démontre non seulement un sens aigu de la vulgarisation mathématique, mais surtout d'évidentes qualités de conteuse.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 25 septembre 2012
    Un roman passionnant et extrêmement accessible qui nous embarque en 450 pages, non seulement dans l’histoire des idées du XXe siècle, mais aussi dans la fidélité amoureuse entre une danseuse et serveuse de Vienne, Adèle, et un génie, Gödel.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LePoint , le 13 août 2012
    C'est peu dire que La déesse des petites victoires est un premier roman étonnant. Graphiste de profession et passionnée de mathématiques, Yannick Grannec parvient à rendre passionnant, épique, l'aride domaine de la logique formelle, en ressuscite sans artifice les grandes figures, interroge la nature fascinante et égoïste du génie scientifique.
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par canel, le 17 novembre 2012

    - J'ai encore mis des chaussettes dépareillées. Margot va me faire des histoires. Voilà un autre grand mystère. Où disparaissent donc ces satanées chaussettes ?
    (...)
    - Peut-être faudrait-il retourner la question. Pourquoi l'autre chaussette ne disparaît-elle pas ?
    (p. 233)

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  • Par Lolokili, le 06 janvier 2014

    – De nos jours, tout le monde se drogue.
    – On tâtait déjà de l’opium ou de la cocaïne à Vienne bien avant la guerre ! Chaque génération croit avoir inventé la fête et la désillusion. Le désespoir ne se démode jamais, comme la nostalgie.

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  • Par canel, le 17 novembre 2012

    - Quand tu regardes l'océan, tu peux avoir une sensation de l'infini. En revanche, tu ne peux pas mesurer cet infini ou plutôt comprendre cet infini.
    - Autant essayer de vider la mer à la petite cuillère !
    - Nous avons fabriqué des petites cuillères, comme tu le dis, pour définir l'infini, mais comment vérifier si ces outils mathématiques ne sont pas un pur échafaudage intellectuel ?
    (p. 183)
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  • Par canel, le 16 novembre 2012

    Une femme et sa belle-mère sont comme deux savants se disputant la primauté d'une découverte. Aucune avancée ne naît sans matrice, elle-même fruit d'une autre matrice. Nous étions les deux versants d'une même médaille : elle l'avait mis au monde ; je le verrais sans doute mourir. (p. 123)

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  • Par Lolokili, le 07 janvier 2014

    – Vois-tu ce bleu incroyable à la lisière entre la mer et le ciel ?
    Le bord de son chapeau se releva à peine.
    – Tu ne le regardes même pas ! A quoi penses-tu devant l’océan ?
    – Je contemple un champ d’interactions ondulatoires dont la complexité me fascine.

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