C'est l'histoire d'Hazel Grace, une adolescente américaine de 16 ans, malade d'un cancer, qui survit miraculeusement depuis plusieurs années. Retirée de l'école elle passe ses journées au Community College ou à regarder des émissions de télé-réalité, sa préférée étant American Top Model. Sa mère l'incite désespérément à fréquenter un groupe de soutien pour les jeunes survivants du cancer. Bien malgré elle elle s'y rend et rencontre Augustus, un ami d'Isaac, un autre patient. Augustus a lui aussi été malade, et même s'il y a laissé une jambe, il déborde désormais d'énergie. C'est l'histoire d'une fille avec un tube à oxygène dans le nez, d'un type avec une seule jambe et de leur ami aveugle. Dit comme ça cela semble pathétique, en fait pas du tout. Bien au contraire, c'est une histoire pleine de vie et délicate.
Hazel aime passionnément un roman qui parle d'une malade comme elle qui n'a malheureusement pas survécu. le livre s'arrête brutalement sur une phrase non achevée, comme si l'héroïne était morte ou trop faible pour continuer son journal. Depuis, Hazel est obsédée par ce récit et n'a qu'un souhait : que l'écrivain qui refuse de communiquer avec ses lecteurs, lui raconte ce qui se passe ensuite pour le reste des personnages. Augustus va l'aider à réaliser ce souhait. L'occasion d'évoquer avec intelligence le poids de certaines histoires sur nos vies, la déception que certaines réponses peuvent entraîner et la nécessité de se demander s'il faut d'ailleurs toujours courir après ces réponses.
The Fault in Our Stars est plus qu'une amourette d'adolescents. Ce livre vous laisse sur un sentiment très fort en interrogeant le lecteur sur les réalités de la mort et de la trace que l'on laisse derrière soit. le romancier utilise pour cela une très belle image de la cicatrice, qui n'est pas sans me rappeler le magnifique film sorti l'an dernier et qui traitait aussi de la mort : Restless, par
Gus van Sant. C'est un récit fébrile sur les joies de la vie malgré la maladie, qui n'est pas tout rose et ne se gêne pas non plus pour décrire des choses dures et laides : la déchéance physique, la douleur, la vision de l'autre dans la souffrance, ou l'incapacité à partager certaines choses avec sa famille.
Le livre nous embarque des Etats-Unis jusqu'à Amsterdam pour un récit initiatique littéraire et existentialiste qui fait preuve non seulement d'une analyse très fine des infinités et des échelles de la vie, mais propose aussi un texte souple, divers, qui ose juxtaposer des dialogues anodins avec des passages de poésie, tout cela en quelques pages. Et puis j'aime la contemporanéité de cette histoire qui brasse des tas de références culturelles, de Fitzgerald à V for Vendetta,
Shakespeare et
Emily Dickinson. Un excellent ouvrage!