2028. L'école a cessé d'être gratuite et accessible à tous. Beaucoup de parents n'ont plus les moyens de financer la scolarité de leur enfant. L'éducation des plus pauvres est alors prise en charge par des enseignes commerciales.
Un roman court et efficace. Comme quoi 44 pages suffisent pour prendre une claque !
Faîtes un saut dans le futur et suivez un jeune garçon. Vous voulez faire des études, il faut travailler pour ça. Vous préférez manger, et bien il faut travailler aussi ! Et en plus vous êtes un enfants ! Et alors...
Où l'on suit un petit bonhomme, en 2028... Ses parents sont trop pauvres pour financer son éducation, et l'ont envoyé à une de ces écoles financées par les entreprises... en l'occurence, dans son cas, chez "Maisons et Jardins", où il apprend ainsi à calculer les remises de carte de fidélité, à porter des sacs de terreau et de béton... Un tout petit livre de la collection Mini Syros, qui semble faire écho à "Indignez-vous". Comme l'indique la couverture, une "politique-fiction" d'anticipation, sans grande saveur littéraire, mais visant à faire réfléchir les enfants sur le rôle et l'importance de l'éducation laïque, gratuite, et obligatoire. Définitivement utile...
L'intrigue de ce roman pour jeunes lecteurs (mais pas seulement, vous verrez par la suite...) m'a intrigué dès que je l'ai vue. Il y a des frites dans un cornet, mais il y a aussi autre chose, qu'est ce que c'est ? Regardez plus prêt... Oui, il y a bien des crayons de couleur jaune au milieu des frites.
Intrigant !
Vous aimez la dystopie en voilà un exemple concentré. Seulement 44 pages écrites de manière aérée, et pourtant le lecteur est embarqué dans cet univers inimaginable. Les élèves alternent le travail et les cours. Il est nécessaire de travailler pour pouvoir payer sa scolarité. La cerise sur le gâteau: les cours servent le travail. La dictée est un extrait du catalogue de Jardins et Maisons. L'amie du héros apprend à gérer les stocks d'un fast-food. L'un est récompensé lorsqu'il a des bonnes notes avec des bons d'achats dans le magasin Jardins et Maisons, l'autre est nourrie aux hamburgers et aux frites, tous les jours à la cantine.
Ca semble incroyable et pourtant... et si les subventions venaient des entreprises privées, ne pourraient-elles pas s'insinuer dans les programmes scolaires ? Un mini-roman pour enfants, mais qui interrogera chacun de nous. Je le conseille pour tous les âges.
Dystopie, qui nous projette en 2028, dans une société où les inégalités sociales et le capitalisme ont atteint des sommets, au point de bouleverser complètement le système éducatif. L'école publique est désormais sponsorisée par les entreprises. Dès le CP, les enfants de familles modestes, sont par conséquent obligés d'être sous contrat, dans ces « écoles-entreprises » afin de rembourser leur scolarité, limitée et en rapport avec l'entreprise choisie. Ainsi, certains se retrouvent à faire des nocturnes dans des fast-foods et à apprendre à cuire des aliments surgelés tandis que d'autres font des inventaires dans des magasins. La résistance prend alors la forme d'écoles clandestines… Le thème de ce court roman est original et actuel, dans la réflexion qu'il suscite sur notre système éducatif. L'auteur tente d'éveiller les consciences en montrant les dangers d'une privatisation à outrance de nos sociétés.
C'est court et incisif, seul regret, le procédé narratif est un peu trop « démonstratif » à mon goût, ce qui alourdit le récit. Mais cela reste un bon petit roman à la portée de jeunes lecteurs et pouvant ouvrir à la discussion.
Ce petit livre est à mettre entre toutes les mains, à offrir aux jeunes qui rechignent à aller à l'école... (puisque cela ne sert à rien !) : il raconte très simplement que faire de "l'utilité" une religion est dangereux et que cela peut nous conduire à de tristes dérives.
Ce roman de politique fiction d’une efficacité redoutable est un plaidoyer pour un monde où l’on respecterait les humains, où le partage et la solidarité existeraient encore, où le profit ne serait pas le maître absolu.
(Lila) aussi fait partie des enfants de pauvres qui, dès le CP, travaillent en alternance dans des entreprises parce que leurs parents ne peuvent pas payer les frais de scolarité des écoles ordinaires. Les siens ont choisi l’autre alternative locale, un restaurant de la chaîne Speed-fooding, pour une raison bien simple : le repas de midi y est offert. Mes parents ne voulaient pas que je fasse le même choix. Selon eux, les activités de préapprentissage sont beaucoup moins variées chez Speed-fooding que chez Jardins et Maisons. Moi, je peux être initié au bricolage ou au jardinage quand il n’y a pas de tâche plus urgente à effectuer, Lila, elle, se contente d’apprendre à cuire différentes denrées surgelées, à éplucher des fruits et des légumes transgéniques ou à faire le ménage. Ma mère avait surtout peur que je ne sois sujet au surpoids ou à l’obésité, comme la grande majorité des enfants qui fréquentent cet établissement.
Au moment de nous mettre au lit, ma petite sœur me raconte en faisant la moue qu’aujourd’hui elle a encore perdu à la « tombola des soins dentaires » et que ma mère lui a annoncé qu’elle devrait donc aller chez Solange la « bricoleuse » pour faire soigner ses caries. Elle a peur de souffrir car la guérisseuse n’utilise pas d’anesthésiant. Je me rappelle qu’à l’âge de neuf ans j’étais moi aussi allé chez le dentiste des pauvres, le seul dont les soins sont remboursés. Ma mère et moi étions arrivés très en avance pour être sûrs d’avoir un numéro. Ensuite, le dentiste avait fait tourner sa roue pour désigner les dix malades qui auraient le droit d’être soignés. Ce jour-là, j’avais eu la chance d’être choisi par le sort.
- Au début du XXIème siècle, m’a-t-elle, expliqué, les gens n’ont pas su refuser ce qu’on leur imposait.
- Mais qu’est-ce qu’ils auraient pu faire ?
- S’opposer, s’opposer par tous les moyens.
- Et maintenant, il n’est plus possible d’agir ?
- La plupart des adultes disent que c’est trop tard, qu’on ne peut plus revenir en arrière.
- Un livre ! dis-je. Ah oui, c’est le truc qui ressemble à un catalogue Jardins et maisons mais sans les prix et les photos. Mon père, autrefois, quand il était à l’école, il en lisait plusieurs par an. C’était bien avant la Grande Crise du début du XXIème siècle. Moi, je n’ai jamais essayé d’en lire un, c’est trop dur.
Yves Grevet - La trilogie Méto . Yves Grevet vous présente son ouvrage "La maison" aux éditions Syros, premier volume d'une trilogie. Volume 2 : "L'île", volume 3 : "Le Monde".http://www.mollat.com/livres/yves-grevet-meto-maison-9782748506884.html