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Antony Beevor (Éditeur scientifique)Luba Vinogradova (Éditeur scientifique)Catherine Astroff (Traducteur)Jacques Guiod (Traducteur)
ISBN : 2253122491
Éditeur : Le Livre de Poche (2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 30 notes)
Résumé :
La "Grande Guerre patriotique" - celle qui débuta en URSS en 1941 par une déroute et se termina, quatre ans plus tard, au prix de sacrifices inouïs, le drapeau rouge flottant sur le toit du Reichstag..., Vassili Grossman l’a vue de près.

Correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda (L’Étoile rouge), le quotidien officiel de l’Armée rouge, il a été sur tous les fronts: la défense de Moscou, Stalingrad, bien sûr - expérience qui lui inspira son inoubli... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Patmarob
Patmarob03 juin 2016
  • Livres 4.00/5

Vassili Grossman était correspondant de guerre sur le front russe pendant la seconde guerre mondiale de 1941 à 1945. A ce titre, il rédigeait des articles pour le journal de l'Armée rouge, « l'Etoile Rouge ». « Carnets de guerre » présente les notes préparatoires à ses articles. Introduit et commenté par Antony Beevor, historien anglais, et Luba Vinogradova, le témoignage de Vassili Grossman présente la terrible réalité des combats et des conditions de vie des soldats, les souffrances des civils et les exactions de l'armée allemande. le récit est particulièrement réaliste et poignant quand il relate la bataille de Stalingrad. Premier journaliste à rentrer dans Tréblinka, Vassili Grossman rapporte les témoignages des rares survivants. le journaliste présente le fonctionnement du camp d'extermination dans une analyse détaillée. La qualité littéraire préfigure son oeuvre principale « Vie et destin » qu'il rédigea après la guerre. L'intérêt des carnets dépasse le simple témoignage, l'écrivain perce derrière la froide réalité du front, mais aussi l'homme effaré par la souffrance des soldats, des civils et les horreurs perpétrées. Il a conscience que la censure stalinienne frappe ses écrits et que le pouvoir soviétique cache le sort réservé aux juifs.
Les carnets sont replacés dans leur contexte et leur chronologie par Antony Beevor et Luba Vinogradova. le commentaire en facilite la lecture et permet une mise à distance des écrits de Vassili Grossman qui en tant que correspondant de guerre se devait de valoriser la bravoure de l'Armée Rouge.
Le livre est à conseiller pour son apport historique ses qualités littéraires et sa présentation.

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ANILIL21
ANILIL2103 septembre 2016
  • Livres 4.00/5
Les carnets de guerre d'un écrivain/journaliste juif et ukrainien pendant la Seconde Guerre Mondiale,le tout est accompagné de notes et de précisions de la part des auteurs du livre,afin qu'on comprenne mieux le contexte et qu'on ne se laisse pas berner par certaines erreurs ou vision trop optimistes/pessimistes de Grossman.
Presque tout y est : la retraite de 1941,l'offensive allemande stoppée devant Moscou,la bataille de Stalingrad,la bataille de Koursk,la reconquête des territoires perdus,les abominables massacres de " la Shoah par balles " (dont la mère de Grossman sera l'une des victimes),l'horreur de Treblinka et Maidanek,les terribles souffrances de la ville de Varsovie,la bataille de Berlin ...
Grossman était envoyé sur le front et une fois sur place il interrogeait les soldats,les officiers,les généraux,les civils,les déportés,les prisonniers,les infirmières ...
Entre ce qu'a vécu Grossman et les nombreux témoignages divers et variés qu'ils partagent avec nous,ce livre regorge d'anecdotes parfois drôles,touchantes,joyeuses et souvent tristes,terribles,dures voir franchement insoutenables (le passage sur l'organisation de Treblinka et sur le cheminement des déportés de leur montée dans le train jusqu'à la chambre à gaz est sans doute ce que j'ai lu de plus dur dans ma vie).
Grossman relate bien l'horreur de la guerre pour les soldats comme pour les civils.
Il rend aussi hommage aux soldats et aux civils tués ainsi qu'à l'héroïsme des combattants soviétiques et au courage de la population.
Il évoque bien évidemment la cruauté des fascistes et les très nombreuses exactions dont ils se sont rendus coupables.
Mais ce livre ne fait pas non plus l'impasse sur les crimes d'une partie de l'armée rouge (notamment le viol,le vol et le pillage),les nombreuses erreurs/crimes de Staline et certaines méthodes très discutables utilisées dans l'armée soviétique.
Un livre qui raconte aussi la vie de Grossman avant et après la guerre,le bonhomme aura beaucoup de problèmes avec la censure et ses oeuvres majeures (dont son chef d'oeuvre " Vie et Destin ") ne seront publiées que plusieurs années après sa mort,d'abord à l'étranger puis en Russie après la chute de l'URSS.
Donc si vous êtes intéressé par la Seconde Guerre Mondiale en général et par les événements de la guerre Germano-Soviétique en particulier,je vous recommande ce livre mais soyez préparés parce que c'est pas toujours très joyeux ...
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ay_guadalquivir
ay_guadalquivir01 février 2011
  • Livres 4.00/5
Dans ses carnets de guerre, Grossmann expose par petites touches son expérience de la guerre, alors qu'il était journaliste pour l'armée rouge. Au-delà du témoignage historique passionnant, ces textes, parfois fragmentaires, éclairent l'inspiration de Vie et Destin, mais déjà expriment les doutes de Grossmann sur la question juive et la réalité du régime soviétique. Plus qu'une narration militaire, il s'agit du récit d'une expérience humaine - ces soldats héroïques de la grande guerre patriotique. Mais l'idéal se fissure peu à peu.
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis19 février 2012
Un gamin de Berditchev : ” On m'a appelé Mitia Ostaptchouk. Mais je suis Khaïm Roïtman. Je suis de Berditchev. Maintenant j'ai treize ans. Les Allemands ont tué mon père, ils ont tué ma mère. J'avais un petit frère, Boria. Un allemand l'a tué avec son pistolet-mitrailleur, il l'a tué sous mes yeux… C'était bizarre, la terre bougeait !

J'étais debout sur le bord de la fosse, j'attendais : là, ils vont tirer ! Un Allemand s'est approché de moi, il avait les yeux qui clignaient. Sur le sol, il y avait un bout de verre qui brillait. L'Allemand s'en est approché pour le ramasser, et je me suis mis à courir comme un fou. Lui me poursuit et me canarde avec son pistolet-mitrailleur, il a fait un trou dans ma casquette. J'ai couru, couru et je me suis effondré. Après, je ne me rappelle plus ce qui s'est passé. Un vieil homme m'a ramassé, Guerassim Prokofievitch Ostaptchouk. Il m'a dit : ” Désormais tu es Mitia, mon fils. “ Il avait sept enfants à lui, j'ai été le huitième.

” Des Allemands sont arrivés, ils étaient ivres, ils se sont mis à crier, ils avaient remarqué que j'étais un noiraud. Ils demandent à Guerassim Prokofievitch : ” Il est à qui ? ” Il dit : ” A moi. “. Ils se mettent à l'injurier, ils l'accusent de mensonge, parce que je suis noiraud. Mais lui, il leur répond tranquillement : ” C'est parce que c'est le fils de ma première femme. Elle était Tsigane. “

” Quand on libéré Berditchev, je suis allé en ville. J'ai retrouvé mon frère aîné Iacha. Il avait survécu aussi. Iacha est grand, il a seize ans. Au moment où les Allemands s'en allaient, Iacha, a trouvé le salaud qui a tué notre mère, et il l'a fusillé.

213 - [Le Livre de Poche n° 30969, p. 372]
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JcequejelisJcequejelis20 février 2012
Certains historiens ont suggéré que les Allemands, avec les croix noires de leurs véhicules, étaient perçus comme apportant une libération chrétienne à une population opprimée par l'athéisme soviétique. Nombre d'Ukrainiens ont accueilli les Allemands avec le pain et le sel de la bienvenue, et nombre de jeunes filles ukrainiennes fréquentèrent avec entrain des soldats allemands. Il est difficile de mesurer l'ampleur de ce phénomène en termes statistiques, mais il est significatif que l'Abwehr, le département de contre-espionnage de l'armée allemande, ait fait recommandation de lever une armée de un million d'Ukrainiens pour lutter contre l'Armée rouge. La chose fut fermement rejetée par Hitler, qui était horrifié à la seule idée de Slaves combattant sous l'uniforme de la Wehrmacht.

218 - [Le Livre de Poche n° 30969, p. 8] Introduction
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JcequejelisJcequejelis23 septembre 2013
En janvier 1944, alors qu'il suivait que l'Armée rouge s'avançant vers l'ouest à travers l'Ukraine, Grossman atteignit enfin Berditchev. Là, toutes ses craintes au sujet de sa mère et du reste de sa famille se trouvèrent confirmées. Ils avaient été massacrés lors de l'un des premiers grands massacres de Juifs, le plus meurtrier juste avant les exécutions de masse dans le ravin de Babi Yar, aux porte de Kiev. Le massacre des Juifs de la ville dans laquelle il avait grandi lui fit se reprocher encore plus de n'avoir pas su sauver sa mère en 1941.

1091 - [Le Livre de poche n° 30969, p. 22]
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JcequejelisJcequejelis22 septembre 2013
Grossman étudiait tout ce qui avait trait à l'armée : la tactique, l'équipement, l'armement, et aussi le jargon militaire qui le fascinait tout particulièrement. Il travaillait tellement sur ses notes et ses articles qu'il avait très peu de loisirs pour quoi que ce soit d'autre. « Durant la guerre, écrivit-il plus tard, le seul livre que j'aie lu a été Guerre et Paix, mais deux fois. »

1086 - [Le Livre de poche n° 30969, p. 16]
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JcequejelisJcequejelis24 septembre 2013
Juste après que l'Armée rouge eut atteint le territoire polonais, Grossman fut l'un des premiers correspondants à entrer dans le camp de la mort de Maïdanek, près de Lublin. Il vit ensuite celui de Treblinka, au nord-est de Varsovie. Son essai, L'Enfer de Treblinka, est l'un des textes les plus importants qui aient été écrits sur l'Holocauste et il y a été fait référence devant le tribunal de Nuremberg.

1097 - [Le Livre de poche n° 30969, p. 23]
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Videos de Vassili Grossman (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vassili Grossman
La Dernière Lettre de Vassili Grossman Extrait !
>Histoire de l'Europe depuis 1918>Histoire militaire 2de guerre>Résistance (Deuxième guerre mondiale : 1939-1945) (41)
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