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> Jacqueline Lafond (Traducteur)
> Efim Grigor'evic Ètkind (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253062561
Éditeur : Le Livre de Poche (1993)


Note moyenne : 4.21/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

“Ce court roman est un grand livre, le testament littéraire et politique de Vassili Grossman, achevé après la confiscation du manuscrit de Vie et Destin par le KGB en 1960. Avant de disparaître, Grossman se sentait obligé de dire tout ce qu’il avait compris sur ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Gustave, le 21 avril 2014

    Gustave
    J'ai lu ce court récit (une centaine de pages) immédiatement après avoir lu Vie et destin, de telle manière que les deux lectures semblent s'être complétées de manière tout à fait harmonieuse.
    Là où Vie et destin développe de manière progressive et à travers les comportements de ses personnages, les évènements historiques ou personnels l'idée de la nocivité intrinsèque de toute forme de totalitarisme, Tout passe se fait beaucoup plus synthétique, allant directement aux idées défendues par l'auteur: une première d'ordre générale, affirmant la liberté comme étant conssubstantielle à la nature humaine, et une seconde, qui n'avait pas été développée dans Vie et destin, à savoir le paradoxe du développement de la Russie, qui s'est fondée sur un asservissement croissant de l'individu et ce dès l'époque tsariste, à travers le servage.
    La concision et la moindre importance donnée à l'intrigue dans cette oeuvre-testament de Grossman tient certainement au fait qu'il sentait sa mort proche, rongé par un cancer après la confiscation du manuscrit de Vie et destin.
    Une forme de pessimisme autant que de sérénité affleurent dans ce petit ouvrage magnifique: le narrateur, un ancien détenu du Goulag libéré à la faveur de la mort de Staline, exprime son désarroi face à ce qu'il croit être une impossibilité pour la Russie d'emprunter un jour le chemin vers la liberté, face au poids de son Histoire faite de "mille ans d'esclavage", avec des "conceptions fanatiques de la liberté, d'Avvakoum à Lénine", et à son incapacité à saisir la chance que représenta l'abolition du servage en 1861, qui fut selon Grossman un évènement plus important que la révolution d'Octobre, dans la mesure où elle aurait pu marquer le premier pas vers une société russe où le progrès économique et technique seraient enfin compatibles avec le progrès de la liberté.
    En même temps, le roman s'achève sur une forme de sérénité retrouvée, à la vue de la mer Noire au bord duquel le narrateur a passé son enfance: l'émotion éprouvée à la vue de l'étendue marin est associée à ce que l'aspiration à la liberté chez tout homme a d'irréductible.
    En extrapolant un peu, il est possible de se demander si le schéma mis en évidence par Grossman, à savoir la déconnexion entre progrès économique, technique et progrès de la liberté en Russie peut s'appliquer à d'autres pays...Je ne peux m'empêcher de penser ici à la Chine, dont le développement économique actuel impressionnant s'accompagne d'une chape de plomb étouffant toute velléité de démocratisation. le parallèle me paraît d'autant plus pertinent qu'on a affaire là à une puissance communiste (certes convertie au capitalisme, mais toujours dirigée par un parti se revendiquant du marxisme) au même titre que l'URSS ou vécut Grossman...
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    • Livres 5.00/5
    Par soufernest, le 26 février 2013

    soufernest
    Terminé en 1963, soit trois ans après la confiscation de Vie et destin, la vocation de son livre était sans doute celle d'être une sorte de testament. Comme si pour l'auteur, il était urgent et nécessaire d'écrire, avant qu'il ne soit trop tard et que son cancer généralisé ne l'emporte. Il va à l'essentiel, abandonnant rapidement une narration " classique" à la Tolstoï. C'est un condensé de sa pensée et de son écriture C'est un dernier cri devant l'injustice, la souffrance d'un peuple, et c'est aussi un brûlot courageux contre la dictature. J'ai adoré ce livre !

    Lien : http://emmanuelle-souffan.blogspot.fr/2012/11/tout-passe-mais-les-ec..
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    • Livres 5.00/5
    Par Pchabannes, le 21 mars 2010

    Pchabannes
    Voilà un des plus beaux livres qu'il m'ait été donné de lire. Fluide et profond, léger et grave. Alain Finkielkraut en conseillait la lecture dans son ouvrage “Un cœur intelligent”, merci.
    “Vivre, cela signifie être un homme libre. ”
    Et s'inscrivant en faux contre Hegel déclarant : “Tout ce qui est réel, est rationnel”. Vassili Grossman écrit pour l'éternité : “Tout ce qui est inhumain est insensé et inutile.”
    Vassili Grossman (1905 – 1964) s'est peu à peu éloigné de la “ligne”. Cet ouvrage interdit circulant en URSS sous le manteau fut traduit pour la première fois en 1971. Il est un des livres les plus importants qui nous soient parvenus de Russie. Un cri d'angoisse, un appel vers la liberté, qui nous concerne tous.
    Lire la suite sur Quid Hodie Agisti


    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
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Citations et extraits

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  • Par soufernest, le 26 février 2013

    « Il était irrité contre sa femme: cette chose stupide qu'elle venait de lui dire il y avait pensé avant même qu'elle lui en parlât. Et ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Il s'irritait d voir en elle ses propres faiblesses. Mais il ne comprenait pas s'il s'indignait au nom de ses imperfections à elle mais des siennes propres. Et si lors les discussions qu'il avait avec sa femme, il se calmait si facilement, c'est qu'il s'aimait lui même; en lui pardonnant , il se pardonnait. »
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  • Par soufernest, le 26 février 2013

    « Mais ils avaient avoué ... s'ils n'étaient pas coupables, ils s'étaient reconnus coupables, il fallait supposer qu'il y avait eu un autre crime encore plus atroce que celui dont on les accusait et que ce crime était perpétré ...contre eux. Le seul fait de penser à tout cela était effrayant. Il fallait avoir un singulier courage pour mettre en doute leur culpabilité, car alors les criminels, c'étaient les dirigeants de l’État socialiste; le criminel c'était Staline. »
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  • Par soufernest, le 26 février 2013


    « Qui est coupable? Qui répondra ? ("quoi répondre ?selon la traduction). Il ne faut pas se hâter de répondre. »

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