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> Efim Grigor'evic Ètkind (Préfacier, etc.)
> Alexis Berelowitch (Traducteur)

ISBN : 2253110949
Éditeur : Le Livre de Poche (2005)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 117 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voici l'un des plus grands livres du siècle. Son auteur, juif russe né en 1905, fut pendant longtemps un écrivain et un journaliste communiste d'une orthodoxie absolue. Il suivit l'Armée rouge jusqu'à Treblinka, où fumaient encore les cendres des victimes du génocide na... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par seblac, le 11 septembre 2013

    seblac
    Que dire de ce livre? Qu'il est gigantesque, que c'est un monument, un chef d'oeuvre, mais tout cela a déjà été dit et redit.
    Dans cette fresque de l'URSS pendant la grande guerre patriotique (seconde guerre mondiale pour les russes), Vassili Grossman décrit la vie et le destin d'un peuple, d'un pays mais aussi de l'humanité. L'histoire personnelle de Vassili Grossman se mêle à celle des personnages. Toujours avec une grande pudeur.
    Le livre frappe par sa lucidité. Lucidité envers le pouvoir soviétique qu'il compare avec le régime nazi dans un dialogue glaçant entre un officier nazi et un prisonnier soviétique. Lucidité envers les tyrans soviétiques et nazis qui précipitent sans vergogne leur peuple dans le charnier. Lucidité sur l'antisémitisme qu'encouragent Hitler mais aussi Staline.
    On ne peut décrire ce livre sans parler de son profond humanisme. Malgré les épreuves personnelles, malgré la prise de conscience de l'horreur absolue, Grossman garde, à chaque instant, sa foi en l'humanité. Malgré la souffrance, aucun appel à la haine. Reste le souvenir et l'écriture pour avancer, pour dénoncer, pour rêver aussi.
    Vie et destin fait partie de ces livres qui vous ébranlent. A la fin de ce livre, on est plus tout à fait la même personne qu'au début. Modestement, j'ose croire qu'on ressort meilleur de cette lecture.
    Vie et destin est de ces livres qu'on lit, qu'on relit, qu'on prête, qu'on donne, qu'on rachète, qu'on offre autour de soi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 11 avril 2012

    Woland
    За правое дело suivi de Жизнь и судьба
    Traduction : Luba Jurgenson pour "Pour une juste cause" et Alexis Berelowitch et Anne Coldefy-Focard pour "Vie & Destin"
    I - Aucun livre n'a jamais été présenté de cette manière sur notre forum et il n'y en aura sans doute pas d'autre. Les deux volumes peuvent se lire séparément et ont été édités tous deux séparément et pourtant, il ne nous viendrait pas à l'esprit de les présenter l'un sans l'autre car la spécificité de "Vie & Destin", son caractère unique non seulement dans la littérature russe mais aussi dans la Littérature tout court, ne se perçoit pleinement que par opposition à ce que son auteur avait conçu comme la première partie de sa fresque, "Pour une juste cause."
    L'axe central des deux volumes, c'est le siège de Stalingrad. Rappelons brièvement que le sort de l'Europe et de la Seconde guerre mondiale s'est décidé à Stalingrad et que, sans l'héroïsme du peuple russe tout entier et de ses soldats, les Alliés auraient peut-être réussi à abattre Hitler mais cela leur aurait pris infiniment plus de temps. L'affirmer n'est ni faire mentir L Histoire, ni dénier aux Américains l'importance que revêtit pour nous leur intervention dans le conflit. Mais il faut garder à l'esprit que, au moment où débute "Pour une juste cause", l'Europe entière, à l'exception de l'Italie fasciste, de l'Espagne, d'obédience franquiste, et de la Grande-Bretagne de Sa Gracieuse Majesté, est envahie par les Nazis. On peut chipoter sur les distinctions entre les pays annexés (comme l'Autriche ou une partie de la Pologne), les pays effectivement occupés (comme la France) et les pays satellites (comme la Roumanie ou la Hongrie) mais la réalité s'impose : l'Europe appartient aux nazis.
    Pour une raison connue de lui seul, Hitler prit la décision de rompre le pacte que l'Allemagne avait signé avec l'URSS le 23 août 1939. L'idéologie nazie des "sous-hommes" incluait largement les Slaves et cette arrogance de ceux qui s'auto-proclamaient comme appartenant à la "race des Seigneurs" allait entraîner leur perte. Car si l'attaque allemande du 22 juin 1941 fut pour Staline comme un véritable coup de massue - et l'homme n'était pourtant pas facile à déstabiliser, on le sait - il allait très vite se reprendre et, à sa manière très particulière, exiger et obtenir du peuple russe un effort si gigantesque, si surhumain, qu'il finit par renverser la vapeur de l'énorme machine de guerre allemande.
    Toutefois, le 22 juin 1941, l'armée allemande se trouve aux portes de la taïga : l'Ours soviétique semble sur le point de rendre l'âme et le reste de l'Europe se tait, comprenant avec horreur que la conquête de l'URSS, si on l'ajoute à toutes les précédentes et aux victoires remportées également en Asie et en Afrique, marque la naissance d'un monde entièrement soumis au nazisme. (A Suivre ...)
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmaHanna, le 28 février 2013

    EmmaHanna
    Il y a des livres qu'il faut désirer avant de les rencontrer et même, lorsque vous en avez commencé la lecture, il continue à se dérober. C'est progressivement que je suis rentrée dans celui-ci. le nombre de personnages ne facilitait pas ma compréhension. Sans doute, cela aurait-il été plus aisé si j'avais lu" Pour une juste cause". J'ai dû m'accrocher résister contre l'ennui qui me prenait à certains moments. je ne regrette rien bien au contraire. D'emblée, l'incipit de cette fresque donne le ton." le brouillard recouvrait la terre" . Dans la lignée d'un Tolstoï, et de son Guerre et Paix, Vassili Grosmann plonge le lecteur au cœur des années sombres que furent la guerre de 39-45 plus précisément en 1942 en plein siège de Stalingrad. le brouillard, c'est l'incertitude quant à l'issue de ce conflit, mais c'est aussi celui qui s'est emparé des esprits, et qui les a empêchés d'y voir plus clair et de percer les discours des tyrans qui les gouvernent
    Derrière les destins de Lioudmilla et de son mari le physicien Strum, de leur fille Nadia, de Tolia, fils que Lioudmilla a eu d'un premier mariage avec Abartchouk, de sa soeur, Evguénia, qui a quitté son mari le commissaire Krymov, pour le colonel Novikov, commandant une colonne de blindés, Sofia, une amie d'Evguénia qui se prend d'affection pour le petit David, dans un train, dont ils ne reviendront jamais, derrière le destin du vieux léniniste Mostovskoï, prisonnier dans un camp allemand, ou celui de la jeune Katia, envoyé comme radio, dans la maison "n°6 " qui résiste contre les assauts répétés des mitrailles allemandes, Vassili Grossmann dépeint la vie d'une multitude de personnages secondaires . Leurs destins se croisent et s'enchevêtrent.
    Au delà de leurs conditions de vie, de leurs angoisses, de leurs réflexions, il revient plus d'une fois sur la similitude entre les systèmes nazis et les systèmes communistes, ne se privant pas de dénoncer tout ce qui fait de l'Union soviétique un état totalitaire : les famines des années 1920, les arrestations arbitraires, les camps de prisonniers, l'antisémitisme sournois, qui va s'amplifier après la guerre, et la nécessité de surveiller ses actes avec la peur de "lâcher brusquement une parole imprudente".
    La vie et la liberté sont précaires à plus d'un titre ; personne n'est à l'abri d'une dénonciation. La méfiance qui surgit dans les moments les plus insignifiants, c'est aussi ce brouillard, qui empêche les êtres humains d'être clairvoyants. Dès la fin du premier chapitre, l'auteur révèle une des questions centrales qui le tourmente. " La vie devient impossible quand on efface par la force les différences et les particularités. "
    Son roman est aussi une grande réflexion philosophique sur la liberté, l'instinct de liberté, l'instinct de conservation, sur la violence qui s'exerce sur l'homme , au point de le contraindre et de neutraliser ses capacités de défense. Pourtant , malgré les nombreuses pages sombres, l'optimisme de Vassili Grossman, ne cesse de couler tout au long de son livre. Sa foi en la bonté de l'homme est le souffle qui lui permet sans aucun doute de continuer à écrire et qui pourrait peut-être aussi expliquer sa naïveté en livrant son manuscrit à l'édition.
    Achevé en 1960, le livre ne parait qu'en 1980. Que s'est -il passé entre les deux ? Quand Vassili Grossman, remet son manuscrit à la revue Znamia, qui avait déjà publié en 1952 la première partie "Pour une juste cause", son rédacteur après l'avoir lu, le fait parvenir au KGB. Chacun des membres du comité de rédaction semblent avoir pris peur et préféré dénoncer Grossman. Quelques temps plus tard, 2 hommes du KGB frapperont à la porte de son domicile et réquisitionneront tous les exemplaires, y compris des sacs remplis de brouillons ainsi que les rubans de sa machine à écrire et les feuilles carbones. C'est dire l'importance que revêtait un tel manuscrit aux yeux du KGB.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 11 avril 2012

    Woland
    III - Comme Stalingrad pour la Seconde guerre mondiale, cette découverte marque le tournant décisif dans l'oeuvre de Grossman. Mais il ne tombera pas dans le piège de l'auto-apitoiement, il fera beaucoup mieux : l'horreur imposée aux Juifs par les Nazis, il fait en sorte de la dépeindre comme un fléau universel, capable d'atteindre du jour au lendemain l'Humanité tout entière. Vous faut-il une preuve ? le sort infligé à Sturm, alter ego vraisemblable de l'auteur dans le roman et physicien dont se détournent peu à peu, après la guerre, parce qu'il est juif, tous ses bons "camarades", qu'ils aient ou non leur carte au Parti, voilà cette preuve, froidement et presque cliniquement détaillée par un homme à qui les siens ont fait perdre ses dernières illusions.
    On admirera l'ironie avec lequel l'effacement progressif de Sturm dans et par une société soviétique qui se soumet à l'antisémitisme stalinien est justement stoppé par un appel téléphonique du Coryphée suprême, désormais soucieux, en raison des progrès américains en la matière, des théories sur l'atome du physicien déchu ...
    Sturm est sauvé, certes : mais les autres ? Les autres Juifs, bien sûr mais aussi tous les autres qui, sans être juifs, pourrissaient dans les isolateurs ou dans les camps de travail du régime ? ...
    On ne peut que demeurer muet et admiratif devant l'humanité profonde qui a permis à Vassili Grossman non seulement de transcender ses chagrins personnelles - en tant que fils, en tant que père, en tant que juif - et de trouver la force de faire si tôt le lien entre les deux grands totalitarismes du XXème siècle, mais aussi de refuser l'auto-apitoiement facile de ses pairs pour se préoccuper avant tout de la souffrance humaine universelle. Ce faisant, il faisait de "Vie & Destin", dont tous les exemplaires manuscrits furent, en principe, confisqués par le KGB en 1961, un livre lui aussi universel qu'il ne faut pas hésiter à lire. S'il y a un homme qui mérita un jour le titre si galvaudé à notre époque de "citoyen du monde", ce fut bien Vassili Grossman : lisez "Vie & Destin" - vous comprendrez. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par andreepierrette, le 19 novembre 2014

    andreepierrette
    oeuvre magistrale sur le fascisme, le stalinisme, la prise de Stalingrad par les armées d'Hitler et sa reprise par les armées russes au cours de terribles combats. La politique : nazisme, fascisme, stalinisme, l'antisémitisme. La vie des gens dans un monde de folie meurtrière. Lire toutes les critiques excellentes, des lecteurs qui donneront le détail de cette histoire mondiale.
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Critiques presse (1)


  • Liberation , le 26 mars 2012
    La puissance iconoclaste du roman était telle que le manuscrit fut arrêté par le KGB «comme un être vivant».
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par andreepierrette, le 19 novembre 2014

    page 539 Puis Staline nous apprit énormément de choses. Pour qu'existe le socialisme dans un seul pays il fallait priver les paysans du droit de semer et de vendre librement, et Staline n'hésita pas : il liquida des millions de paysans.
    Notre Hitler s'aperçut que des ennemis entravaient la marche de notre mouvement national et socialiste, et il décida de liquider des millions de Juifs.
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  • Par PiertyM, le 18 novembre 2014

    L'innocence personnelle est un vestige du Moyen Age. c'est de l'Alchimie! Tostoï a dit qu'il n'y avait pas, sur terre d'hommes coupables.Nous autres, tchékistes, avons mis au point une thèse supérieure; il n'y a pas, sur terre, de gens innocents.

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  • Par PiertyM, le 19 novembre 2014

    La vie devient impossible quand on efface par la force les différences et les particularités.

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  • Par PiertyM, le 18 novembre 2014

    L'antisémitisme est l'expression du manque de talent, de l'incapacité de vaincre dans une lutte à armes égales ; cela joue dans tous les domaines, dans les sciences comme dans le commerce, dans l'artisanat comme en peinture. L'antisémitisme est la mesure du manque de talent dans l'homme.

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  • Par PiertyM, le 18 novembre 2014

    L'âme et le corps sont des vases communicants et, en écrasant la résistance physique de l'homme, l'assaillant réussissait presque toujours à investir la brèche, il s'emparait de l'âme de l'individu et l'obligeait à une capitulation sans conditions.

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