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ISBN : 2253053554
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1990)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 170 notes)
Résumé :
Qui saura, entre homme et femme, inventer une passion qui ne s'use pas? Qui saura, malgré le temps qui passe, préserver les belles amours de leurs disgrâces quotidiennes?

Tel est, au fond, le secret de ces deux êtres que tout sépare, mais que d'intenses ferveurs rapprochent. Lui, c'est un marin breton, elle est une intellectuelle parisienne. Ils ne se ressemblent guère, un monde d'usages ou de convenances aurait dû les rendre étrangers l'un à l'autre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
11 décembre 2016
  • 5/ 5
Heureuse que ma 600ème critique s'écrive ainsi sur une note positive. Lecture que j'ai eu envie de faire après avoir apprécié la critique d'Ambages !
C'est un roman dont je suis sortie envoûtée, remuée, secouée, bouleversée. Une auteure qui sait parler de la femme, de l'homme, des clivages sociaux et éducatifs, avec une émouvante intemporalité, une juste sensibilité.
Un récit sur l'alchimie physique, sur le trouble des sens, sur les mystères du plaisir sexuel, féminin comme masculin. Mais également, une histoire d'amour passionnelle, atypique, sincère, douloureuse et magnifique. Irrésistible attirance entre deux êtres opposés, entre séparations et retrouvailles, actes manqués et déceptions, en perpétuelle recherche d'eux-mêmes. Deux âmes qui se reconnaissent par et "dans" le corps de l'autre, comme un port d'attache salvateur, faute d'y engager / sacrifier leurs rêves, leur avenir, leur personne...
Une très belle plume, sensible, réaliste, humoristique parfois, qui décrit l'inconstance de la vie et les contradictions de l'amour. Enfin, jamais vulgaire, extrêmement sensuelle (plus qu'érotique), cette évocation de la sexualité comme le don le plus glorieux, l'abandon le plus absolu !!
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Iboo
19 décembre 2016
  • 5/ 5
Pas d'envolées lyriques, le soir sur la lande brumeuse, entre une oiselle soupirante et un beau ténébreux torturé. Non, rien de tout ça.
"Les vaisseaux du coeur" c'est une histoire d'amour entre deux êtres dans lesquels on se reconnaît. Deux êtres qui n'auront cesse de s'étonner d'avoir pu accepter avec autant de tendresse ces différences sociales et culturelles qui leur auraient été intolérables chez d'autres. Deux êtres ancrés dans la réalité de leurs vies, de leurs responsabilités, de leurs engagements. Deux êtres qui ne se sont autorisés que des parenthèses sans jamais éclabousser le monde avec leur passion.
Deux êtres qui se sont aimés follement mais avec conscience, d'un amour vrai qui a défié le temps et ses vicissitudes.
Une histoire d'amour sans trémolos, aussi simple que magnifique.
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1967fleurs
17 décembre 2016
  • 5/ 5
Combien j'ai aimé cette lecture …
Je me suis reçue une pluie d'étoiles, merci vous avez appuyé sur la bonne touche Benoîte…
C'est tout de même un peu son histoire qu'elle nous partage dans ce livre, car pour écrire de cette façon, aller aussi loin, il y a une part de vécu…
Oui, il est question de sexe….bah oui j'le dis…. mais c'est surtout une magnifique histoire d'amour….
Socialement, intellectuellement, tout les sépare….elle est parisienne, prof, écrivain, lui breton, marin pêcheur, mais pourtant pas avec un cerveau de bulot….(je l'écris….pour éviter le cliché… !)
A travers leurs ivresses, cet amour irrépressible qu'elle éprouve pour cet homme, elle nous parle de l'amour charnel et de son plaisir, cet inconnu, l'abandon que l'autre fait surgir en vous…. Telles des vagues qui vont et viennent il est aussi question d'attente, d'incertitudes, de tourments….que provoquent ces mouvements du coeur et du corps…
J'ai aimé Georges, cette femme décomplexée, affranchie qui assume complètement sa sexualité, son désir, révélant à Gauvain sa pleine virilité, ses sentiments. Il y a une qualité chez cet homme que j'ai beaucoup appréciée, c'est son profond respect….
C'est érotique, sensuel, certains pourraient être choqués, trouver cela indécent, bah pas moi !
Puis c'est aussi la vie… nooon ?
Une plume poétique, réaliste, juste, intemporelle.

Merci Benoîte pour cette écriture « avangardiste », audacieuse, pour la femme de votre époque, j'ai adoooré…..bah oui… j'assume !
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Ambages
20 août 2016
  • 5/ 5
« Il fait grand vent, Madame... » Quelle triste idée d'aimer un cormoran.
Mais quel plouc ce péquenot ! A chaque fois qu'on vient passer un mois de vacances l'été dans notre maison de famille avec mes parents, lui et sa ribambelle de frères et soeurs se moquent de nous les parisiens « têtes de chien ». Et mon prénom évidemment, avec les brillantes idées de maman, n'aide pas : George sans S ce qui devint pour les bretons du cru « George Sanzès ». « Nous nous étions toisés comme les représentants de deux espèces inconciliables. »
On a grandi. Comme ça, chacun derrière sa barrière. le temps est venu de penser au mariage. C'est sa soeur qui a choisi cette solution pour s'éloigner de la ferme et des frères, marins-pêcheurs. Elle voulait voir au long-cours. Elle m'a choisi comme demoiselle d'honneur. Je suis revenue au village pour la fête et vérifier si son frère avait changé. Je ne voulais pas le revoir sans savoir comment nous avions grandi après une baignade nocturne que nous avions partagée deux années plus tôt (en tout bien tout honneur à cette époque nous étions timorés).
A la fin de la fête nous nous sommes retrouvés seuls, dans une petite cabane et plus rien n'a compté. On ne se connaissaient pas. Seuls nos corps semblaient se connaître et se reconnaître « le corps sait ce qu'il veut au moins, il est imperméable aux raisonnements, il est implacable, le corps. » Et ça a commencé. Pour des années. Des années et même des décennies, de manière discontinue. On s'est vus peut-être quinze fois ...en trente ans. Une semaine en moyenne à chaque fois, autant dire que c'était des enfilades de retrouvailles et de déchirures. Vous y croyez à une histoire pareille ? Moi oui.
« Dites-moi que si je veux garder cet amour-là, il faut accepter de le perdre. » Je n'ai pas voulu l'épouser car je sentais que nos mondes étaient incompatibles et que je ne pourrais le supporter. « Celui qui parle le langage de la raison est celui qui aime le moins. Gauvain savait déjà cette vérité-là. » Que j'ai aimé le voir, voir son corps, faire l'amour avec lui. Même si « faire l'amour » est bien fade à côté de se que je vivais, « la recherche de ce frisson mystérieux qui ne se fonde sur rien que puissent traduire les mots humains. »
Dans ma tête la vielle duègne s'ingéniait à me dire que ce n'était qu'un plan cul. Oui forcément. Mais un plan cul qui ne faiblit pas malgré le temps et la distance qui nous séparaient, vous ne pensez pas que cela porte un autre nom ? Plus de trente ans à s'aimer sans que jamais les corps se lassent, j'ai bien une idée mais George tu ne vas pas l'aimer mon idée. Gauvain était plus honnête avec lui-même, il le disait « tu es un peu ma femme, après tout. »
« Ils ont leurs mots de passe tout de même ; ce stock d'allusions, de plaisanteries, de complicités, de souvenirs de jeunesse aussi, sans lesquels un amour n'est qu'une aventure sexuelle. »
Il va lui demander d'écrire leur histoire « il faut expliquer comment ça peut arriver, une histoire pareille. » Et elle de répondre « il n'y a rien de plus impossible à raconter qu'une histoire d'amour.» « Cette rage de comprendre le sexe comme on comprend les mathématiques ! le sexe n'a d'autres sens que lui-même. »
Alors je te le dis moi aussi « Même quand je te déteste, je t'aime. Tu comprends ça, toi ? » « Cette union que nous vivons, c'est aussi puissant qu'une communion mystique. C'est comme un décret de la nature qu'on accepterait. Et c'est rare de les entendre, les décrets de la nature. »
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fanfanouche24
26 février 2014
J'ai lu plusieurs textes de Benoîte Groult... mais celui-ci je ne le connaissais pas... Je vais m'empresser de le lire, après en avoir vu l'adaptation théatrâle ce soir, 25 février 2014, avec Josiane Pinson et Serge Riaboukine. Deux acteurs fort convaincants...et mise en scène de Jean-Luc Tardieu, au Petit Montparnasse, rue de la Gaieté...
Un très beau moment de théâtre et la découverte d'un texte audacieux, publié en 1988, qui parle de désir, de sexualité, mais aussi d'une histoire d'amour peu banale entre un marin breton et une intellectuelle parisienne. le texte est tour à tour cru, direct, plein de drôlerie, mais aussi poétique, sensible...
A ne pas manquer...|jusqu'à début mars] surtout lorque l'on apprend que l'actrice, Josiane Pinson, s'est battue deux années pour faire aboutir le projet...
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Les critiques presse (1)
LaPresse11 février 2013
Le récit improbable (et pourtant authentique) d'une histoire d'amour entre une intellectuelle féministe parisienne et un marin breton traditionnaliste [...] Le livre le plus poétique de l'auteure.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo08 décembre 2016
À bord, les marins-pêcheurs vivent en système communautaire et sont payés à la part, selon les résultats de chaque marée. Gauvain se montrait très fier de ne pas être un salarié.
Chez lui on privilégiait la compétence, l'honnêteté, le courage ; la santé était une qualité et la fatigue une tare apparentée à la paresse. On mesurait un travail à son utilité, jamais à la peine qu'il coûterait ni au temps qu'il y faudrait.
Chez nous, Parisiens qui flirtions avec l'avant garde artistique (mon père éditait une revue d'art moderne), l'honnêteté passait pour une vertu un peu ridicule, sauf pour une bonne. On avait toutes les indulgences pour les ratés ou les oisifs s'ils avaient de l'esprit et savaient s'habiller, et un certain attendrissement à l'égard des alcooliques mondains assorti de mépris pour les poivrots de village.
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elematt44elematt4423 août 2012
J'avais le privilège de pouvoir regarder sans angoisse les premiers signes du mal sur mon corps, parce que quelqu'un l'aimait. Je tapotais mon ventre un peu bouffi et moins musclé sans trop d'écoeurement parce que quelqu'un l'aimait. Je contemplais avec résignation le ramollissement progressif de mes bras parce que quelqu'un m'aimait. Mon rictus, mes pattes-d'oie qui se creusaient... Tiens, c'est bien ennuyeux mais quelqu'un m'aime. Aucune dégradation ne pouvait m'abattre aussi longtemps que Gauvain me désirerait.
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AmbagesAmbages21 août 2016
- Qu'est-ce que tu veux que j'écrive ? Ils se couchent, ils se lèvent, ils se recouchent, il la baise et rebaise, il la comble, elle le fait reluire, il lui fait des yeux de merlan frit...
- Normal pour un marin !
- Tu as tout sauf les yeux de poisson.
- Les thons ont de beaux yeux, tu sais, noirs bordés d'argent. Dans l'eau je veux dire. Tu les as jamais vus vivants, toi, tu peux pas savoir.
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Endea54Endea5415 février 2010
Et ces simples mots me bouleversent. Il m'a tout offert et ne m'a jamais rien demandé et il a besoin que je lui dise oui, là,tout de suite. Sa détresse, si rarement visible, m'émeut. Il me semble en continuant d'aimer Gauvain que j'obéis à un sentiment très pur, car seul un amour authentique peut expliquer que les obstacles ne nous découragent jamais.
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nelly76nelly7604 novembre 2016
J'ose à peine prononcer ces mots.Mais nous sommes dans l'obscurité et Gauvain ne protesté pas.Il n'a pas peur des grandes choses.Et moi je n'ai plus peur de rien avec cet homme.Je m'autorise toutes les fantaisies, je chante ou danse devant lui comme si j'étais seule.J 'arbore des tenues que j devrais cacher soigneusement à mon retour dans la vie normale.Je porte une chemise de satin mou, véritable《 Arrachez - moi ça 》 comme jamais je n'aurais songé à m'en acheter dans le civil. Oh, moyens que je réprouve ou méprise! Qu'il est doux de vous employer....et d'en tirer tant de bienfaits!
Je me suis même conduite en épouse, allant accompagner Gauvain à son bord pour la première fois, visiter sa cabine, voir où il dormait, où il cachait ses photos de moi et mes lettres.Et j'étais sur le quai le jour où le Raguenès reprit la mer, agitant la main puis le bras puis courant le long du quai à mesure que sa chère silhouette se faisait plus petite et que les hommes disponibles rassemblés sur le pont regardaient s' éloigner la terre, comme ils font dans tous les ports du monde.Et mes yeux e sont embués comme ceux de toutes les femmes du monde qui voient partir leur marin.
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Vidéo de Benoîte Groult
Le 7 mars 2013, François Busnel reçoit :
Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges Alix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, à propos de Françoise Giroud, Histoire d'une femme libre : un manuscrit retrouvé par Alix de Saint-André à l'IMEC et publié par cet écrivaine à titre posthume. Andreï Makine, Une femme aimée Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière
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