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ISBN : 2253053554
Éditeur : Le Livre de Poche (1990)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Qui saura, entre homme et femme, inventer une passion qui ne s'use pas? Qui saura, malgré le temps qui passe, préserver les belles amours de leurs disgrâces quotidiennes?

Tel est, au fond, le secret de ces deux êtres que tout sépare, mais que d'intenses ferveurs rapprochent. Lui, c'est un marin breton, elle est une intellectuelle parisienne. Ils ne se ressemblent guère, un monde d'usages ou de convenances aurait dû les rendre étrangers l'un à l'autre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
fanfanouche2426 février 2014
J'ai lu plusieurs textes de Benoîte Groult... mais celui-ci je ne le connaissais pas... Je vais m'empresser de le lire, après en avoir vu l'adaptation théatrâle ce soir, 25 février 2014, avec Josiane Pinson et Serge Riaboukine. Deux acteurs fort convaincants...et mise en scène de Jean-Luc Tardieu, au Petit Montparnasse, rue de la Gaieté...
Un très beau moment de théâtre et la découverte d'un texte audacieux, publié en 1988, qui parle de désir, de sexualité, mais aussi d'une histoire d'amour peu banale entre un marin breton et une intellectuelle parisienne. le texte est tour à tour cru, direct, plein de drôlerie, mais aussi poétique, sensible...
A ne pas manquer...|jusqu'à début mars] surtout lorque l'on apprend que l'actrice, Josiane Pinson, s'est battue deux années pour faire aboutir le projet...
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Madame_lit
Madame_lit07 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
Chère lectrice, cher lecteur,
Depuis plusieurs années, je me pose des questions par rapport à mes choix de romans préférés. Qu'est-ce qui fait en sorte qu'un roman me plait plus qu'un autre? Pourquoi l'histoire présentée dans Les Vaisseaux du coeur de Benoîte Groulx me bouleverse-t-elle? Je crois que tout simplement, la narratrice, dans ce récit, a réussi à parler avec intelligence à mon coeur, d'amour, de sensualité, d'affirmation de soi, de complicité. Mais encore, pour réussir à dialoguer avec un coeur, qu'est-ce que l'écrivain ou l'écrivaine doit faire? le processus de lecture est un acte assez complexe. Lors de mes études au cycle supérieur, j'ai analysé l'effet-personnage adolescent à partir de la théorie présentée par Vincent Jouve dans son essai L'effet-personnage dans le roman. En passant, je n'aurais jamais pensé que j'allais à nouveau consulter cet ouvrage ou encore que j'allais le citer. Ce dernier mentionne dans sa partie concernant «le personnage comme prétexte» :

“Pour cette dernière instance, le personnage n'est ni une marionnette, ni une personne, mais un support permettant de vivre imaginairement les désirs barrés par la vie sociale. Si le personnage peut ainsi apparaître comme médiateur entre l'imaginaire et l'auteur et les attentes du lecteur, c'est qu'il existe des invariants fantasmatiques préexistants à l'acte de lecture. Il est légitime de penser que les mécanismes psychiques à l'oeuvre dans la création ne sont pas sensiblement différents de ceux qui déterminent la réception : créée pour combler le désir de l'artiste, l'oeuvre comble également notre propre désir. (p. 150)”
Dans ce roman, je peux, grâce au personnage de George «vivre imaginairement les désirs barrés par la vie sociale». Je crois également que je m'associe beaucoup à elle car c'est une passionnée, elle possède une force de caractère, elle apparaît indépendante, elle est intelligente, elle a une bonne culture et elle a fait des choix en fonction de sa carrière. En plus, ce récit est autobiographique; il impose donc un rapport privilégié entre l'auteur/le narrateur/ le lecteur. Ainsi, il comble un besoin entre les parties. Besoin pour l'écrivaine d'immortaliser une passion hors du commun et besoin pour le lecteur de vivre par procuration cette dernière afin de combler, peut-être, un vide émotionnel. D'ailleurs, Gauvain demandera à George d'écrire leur histoire. Mais encore, au début du récit, la narratrice me fait participer à ce dernier en m'octroyant le rôle de témoin. À la première phrase, elle pose la question suivante et me rend complice de son adultère et de son histoire : « D'abord, comment vais-je l'appeler pour que sa femme ne sache jamais?» et de poursuivre :

“Il serait flatteur et plus facile pour expliquer cet amour d'évoquer une complicité d'idées ou de cultures, une amitié d'enfance, un talent rare chez l'un d'eux, une émouvante infirmité…, mais il faut bien reconnaître la vérité toute nue : ces deux-là étaient faits pour s'ignorer, voire se mépriser, et seul le langage inarticulé de l'amour leur a permis de communiquer […]. (p.14).”
En ce sens, la narratrice, George, intellectuelle parisienne, et Gauvain, marin breton, vont vivre une histoire marquée par le sceau de la chair, mais qui, au fil du temps, va se transformer en amour. Ces deux êtres que tout oppose (classes sociales, études, intérêts) vont s'aimer durant plus de trente ans loin l'un de l'autre, en volant des jours ici et là à la vie. Ils vont réussir à se retrouver un peu partout aux quatre coins de la planète pour donner libre cours à leurs sentiments, à leur passion. Par ailleurs, ma pulsion de voyeurisme est doublement sollicitée. Ainsi, l'objet de voyeurisme se retrouve dans les scènes érotiques décrites par la narratrice dans des chambres et par le fait que cette relation semble interdite (convention, état matrimonial, etc.). le premier chapitre débute ainsi :

“J'avais dix-huit ans quand Gauvain m'est entré dans le coeur pour la vie, sans que nous ne le sachions, ni lui, ni moi. Oui, cela a commencé par le coeur ou ce que je prenais pour le coeur à cette époque et qui n'était encore que la peau. (p. 19).”
Dans ce voyage de la vie, les deux protagonistes empruntent différents chemins, pour en arriver à l'amour. La narratrice, dès le premier chapitre, présente sa relation avec Gauvain comme étant mythique :

“Quels mots d'ailleurs auraient pu rendre compte du sentiment qui nous envahissait et qui était, à l'évidence, totalement incongru et absurde? le sentiment que nos corps et que nos âmes- car ce n'était pas nos cerveaux- aspiraient à se joindre, sans souci de tout ce qui pouvait nous séparer en ce bas monde. (p. 27).”
Elle fait référence bien sûr à Platon et au concept de l'âme soeur. Comment ne pas être séduite? Deux âmes soeurs si différentes… qui se retrouvent, qui se perdent…Car Gauvain propose au tout début de l'histoire le mariage à George et il lui dit qu'il est prêt à suivre des cours, à rompre ses fiançailles et à l'épouser. Cette dernière refuse car elle a trop de préjugés et elle ne souhaite pas qu'il fasse partie de son cercle social. Elle ne se voit pas vivre à ses côtés. Elle dira :

“Je ressentis un frisson de délaissement et maudis notre incapacité à vivre selon nos coeurs, la mienne sûrement, celle de Gauvain, qu'il aurait découverte plus tard. (p. 59)”
George choisit alors d'écouter sa raison. Ensuite, les deux vont se marier à d'autres et avoir des enfants. Toutefois, George divorcera de son époux. Ils se revoient treize ans plus tard, par hasard, à Dakar. Ils retrouvent le langage du corps et du coeur. Ils passeront par la suite un séjour aux Seychelles :

“Il était une fois dans un archipel de l'océan Indien, par le plus grand des hasards- ou était-ce la plus impérieuse des nécessités?- un marin et une historienne que rien ne prédisposait à se retrouver ensemble, l'un et l'autre habités par un désir si physique qu'ils n'osaient le nommer amour; l'un et l'autre incrédules devant cette attirance et s'attendant chaque matin à retrouver raison; l'un et l'autre enfin s'interrogeant sur ce qui leur advenait, comme vous ou moi, comme tous ceux qui ont buté un jour sur ce mystère lancinant dont seuls les poètes ont su sonder les profondeurs, sans pour autant supprimer la question. (p. 85)”
Comme vous le remarquerez, dans cet extrait, le lecteur, par conséquent moi, est directement interpellé par l'emploi du vous. Aussi, ils ont dix jours à eux et George lui avoue qu'elle aime son intelligence amoureuse. Ils repartiront après avoir donné libre cours à toute la frénésie sexuelle dont ils sont capables afin de se rassasier l'un de l'autre. Par la suite, ils se donnent des nouvelles par le biais d'appels téléphoniques, de lettres. Ainsi, Gauvain écrit à George à la fin d'une missive de lui garder une place dans son coeur. Gauvain et George se verront en Floride, en France, au Québec. Ils se retrouvent à Montréal, ils ont cinquante ans. Gauvain dira à celle qu'il appelle malgré tout sa femme :

“-C'est pas ma vie qui compte pour moi, c'est toi dans ma vie. Tu le sais. Sans toi, je me fous de ce qui peut arriver. (p. 254)”
George tant qu'à elle lui répondra :

“Tu es vraiment sinoque! Tu crois qu'on reste trente ans à aimer un ‘'type-pas-pour-soi''? (p. 254).”
Cette histoire me touche depuis deux décennies. Je peux comprendre le fait que Benoîte Groulx ait voulu l'immortaliser. Son écriture s'avère poétique, parfois ironique. Elle écrit bien et grâce à ce récit, elle nous fait vivre par procuration des émotions qui brisent les tabous au nom de l'amour. Les classes sociales sont renversées et la dualité entre le coeur et la raison s'avère une thématique qui vient me chercher… car, j'ai eu à transiger constamment avec cette dernière.
Le titre évoque à lui seul ce voyage à travers les vaisseaux pour aboutir au pays du coeur. À cet égard, c'est en naviguant à travers différents vaisseaux que nos deux protagonistes finiront par réaliser ce que c'est que d'aimer. Mais, en même temps, George perd à tout jamais Gauvain à cause d'un problème cardiaque. Quel paradoxe! Que dire de plus sur ce roman que j'aime tant? Que j'aurais aimé vivre une telle histoire?
Je vous laisse sur ce poème qu'offre George adolescente à Gauvain après avoir passé une soirée avec lui :

“Très purs devant l'océan
Tous deux nous nous sommes assis
Tu étais timide comme un homme-enfant
Qui n'aurait pas lu Gide.
La nuit était douce comme la nuit
Mais moi froide comme la première femme.
Nous sommes restés au bord du temps
Au bord du désir et de la femme en moi
Toi homme et moi jeune fille
Raide et calme
Comme on sait parfois l'être à vingt ans.
Je reviens souvent à Raguenès
Moi qui ai lu Gide
Pour retrouver tes yeux fuyants
Et ta bouche sauvage et tremblante.
Je suis douce aujourd'hui comme la première femme
Mais les nuits sont froides comme la nuit.
Je t'embrasserais si bien ce soir pourtant
Dans le goût du sel sur nos peaux
Toi qui navigues en mer d'Irlande
Dans la violente étreinte des vagues
Bien loin de mes vingt ans
Et de la douce plage où tu me conduisis
Pour pêcher la bête fabuleuse
Qui ne s'est pas montrée.
Et toi?
Viens-tu au rendez-vous parfois
Regretter ce baiser qu'on ne s'est pas donné? (p. 31)”
J'espère avoir réussi à vous faire comprendre mon intérêt pour ce récit. Pour ce faire, j'ai abordé le fait que je peux vivre par procuration une histoire d'amour qui brise les tabous sociaux, j'ai soulevé que ma pulsion de voyeurisme était sollicitée et j'ai mentionné que je suis touchée par la thématique coeur-raison.
Si vous avez envie de plonger dans une mer de sensualité, de briser avec ces deux êtres toutes les conventions et de partir vous aussi à bord de ces vaisseaux du coeur, n'hésitez pas à lire cette histoire où la liberté d'aimer transcende toutes les pages.
Bien à vous,
Madame lit
Références :
GROULX, Benoîte. Les Vaisseaux du coeur, Paris, Bernard Grasset, 1988, 261 p.
JOUVE, Vincent. L'effet-personnage dans le roman, Paris, PUF, 1992, 271 p.

Lien : https://madamelit.wordpress.com/
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feanora
feanora29 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
Ce livre, écrit par une féministe notoire, n'a pas pris une ride.
Je continue pourtant à me demander comment une passion sexuelle peut durer quarante ans, entretenue seulement par quelques séjours ensemble.
Sont-ce les souvenirs qui continuent à l'entretenir, voire à la magnifier?
Les vaisseaux du coeur sont , pour moi, une histoire d'amour inoubliable.
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lailasamburu
lailasamburu24 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Histoire émouvante d'un amour fort, qui résiste au temps, malgré les différences de chacun dues au milieu social, à l'éducation reçue. Erotique certes à certaines pages mais sans aucune vulgarité ; et si cet amour a commencé par une attraction physique seulement, il est clair que beaucoup de sentiments sont venus s'incruster au fil des années et maintiennent cette relation stable et solide.
L'écriture de l'auteure est superbe, rendant tout en nuances tout ce qui l'a marquée au long de ces années.
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Bazart
Bazart03 mai 2014
  • Livres 4.00/5
J'ai vu la semaine passée la pièce "LES VAISSEAUX DU COEUR" , une adaptation du best-seller de la célèbre romancière Benoîte Groult et se joue depuis le mardi 4 février 2014 au Théâtre du Petit Montparnasse avec Josiane Pinson et l'excelllent Serge Riaboukine .
Voici une excellente adaptation de ce best-seller de la célèbre romancière Benoîte Groult que l'actrice, Josiane Pinson, a adapté au bout d'une lutte de plus de deux ans pour faire aboutir le projet...
on ne peut que saluer le texte audacieux, publié en 1988, et qui avait pas mal fait parler de lui à l'époque, et qui parle de désir, de sexualité, mais aussi d'une histoire d'amour peu banale entre un marin breton et une intellectuelle parisienne. Une histoire d'amour impossible qui rassemble deux êtres trop différents et pourtant fait l'un pour l'autre..Une histoire qui nous ballade.entre émotion, rire, sourire et tendresse...
Lien : http://www.baz-art.org/archives/2014/05/01/29758..
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Les critiques presse (1)
LaPresse11 février 2013
Le récit improbable (et pourtant authentique) d'une histoire d'amour entre une intellectuelle féministe parisienne et un marin breton traditionnaliste [...] Le livre le plus poétique de l'auteure.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
elematt44elematt4423 août 2012
J'avais le privilège de pouvoir regarder sans angoisse les premiers signes du mal sur mon corps, parce que quelqu'un l'aimait. Je tapotais mon ventre un peu bouffi et moins musclé sans trop d'écoeurement parce que quelqu'un l'aimait. Je contemplais avec résignation le ramollissement progressif de mes bras parce que quelqu'un m'aimait. Mon rictus, mes pattes-d'oie qui se creusaient... Tiens, c'est bien ennuyeux mais quelqu'un m'aime. Aucune dégradation ne pouvait m'abattre aussi longtemps que Gauvain me désirerait.
+ Lire la suite
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Endea54Endea5415 février 2010
Et ces simples mots me bouleversent. Il m'a tout offert et ne m'a jamais rien demandé et il a besoin que je lui dise oui, là,tout de suite. Sa détresse, si rarement visible, m'émeut. Il me semble en continuant d'aimer Gauvain que j'obéis à un sentiment très pur, car seul un amour authentique peut expliquer que les obstacles ne nous découragent jamais.
Commenter    J’apprécie          140
tamara29tamara2923 octobre 2012
Le bel âge après tout, c'est celui où l'on sait à quels rêves on tient le plus ; celui où l'on peut encore en réaliser quelques-uns.
Commenter    J’apprécie          320
Madame_litMadame_lit07 octobre 2015
“Il était une fois dans un archipel de l’océan Indien, par le plus grand des hasards- ou était-ce la plus impérieuse des nécessités?- un marin et une historienne que rien ne prédisposait à se retrouver ensemble, l’un et l’autre habités par un désir si physique qu’ils n’osaient le nommer amour; l’un et l’autre incrédules devant cette attirance et s’attendant chaque matin à retrouver raison; l’un et l’autre enfin s’interrogeant sur ce qui leur advenait, comme vous ou moi, comme tous ceux qui ont buté un jour sur ce mystère lancinant dont seuls les poètes ont su sonder les profondeurs, sans pour autant supprimer la question. (p. 85)”
+ Lire la suite
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pasiondelalecturapasiondelalectura21 août 2014
[George enseignera 10 ans dans une université américaine et aura un compagnon universitaire américain prenommé Sydney]
...déménager tout ce que nous avons accumulé en dix ans et enfin, quitter nos amis, ce qui, aux États-Unis, n'est pas le plus simple. Nous courons de party en party et ces adieux répétés finissent par nous déprimer. Mais c'est un rituel inévitable, car en Amérique, l'amitié, la solidarité qui lient tous ceux qui appartiennent au corps enseignant dans un pays plutôt déculturé, tiennent un peu d'une franc-maçonnerie, faisant de nous les membres d'une famille affectueuse mais exigeante, susceptible mais très conformiste. J'aspire à retrouver l'individualisme français, le laisser-aller, le manque d'esprit civique, les rivalités internes élevées à la dignité d'un art...(pg 120)
+ Lire la suite
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Videos de Benoîte Groult (6) Voir plusAjouter une vidéo
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