> Valérie Malfoy (Traducteur)

ISBN : 2226177175
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 181 notes) Ajouter à mes livres
Ce roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d’un auteur inconnu un véritable phénomène d’édition, le coup de coeur de l’Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sil... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par facteur84, le 17 mai 2011

    facteur84
    Inutile de vous dire que c'est l'adaptation du film qui m'a poussé, presque pressé, de lire le livre éponyme. J'en avais vaguement et lointainement entendu parler. La libraire a finit de me donner l'eau à la bouche…. Pour le livre ! C'est avec un enthousiasme non dissimulé que je me suis plongé dans cette histoire pour voir que quoi il en retournait.

    Quelle plongée ! Après quelques pages sur la situation du héros j'étais vite emporté, je dirais même happé par le train comme le héros. A partir de ce moment, on est en parallèle avec lui, on découvre, subit et vit ce qu'il va vivre. le plus flagrant a été la découverte du monde de l'ombre du cirque de cette époque. Comme cela est très bien présent à l'esprit quand on lit : rappelons que c'est une période économique et sociale difficile durant les années 30, pour les états unis qui ont subit un crac boursier dû au pétrole. La vie devient hors de prix, les écarts sociaux se creusent et la misère s'installe. Malgré que les Etats-Unis soit le pays de la liberté et de l'espoir pour tout étranger qui s'y installe. On est dans cette optique là car les parents du héros sont des émigrés polonais.

    Revenons au cirque. le hasard a fait que notre héros n'est pas tombé dans le plus reluisant des cirques. Conséquence de l'époque ou de ses directeurs, humains ou animaux sont traités comme des moins que rien, et subissent de plein fouet la crise. Malgré qu'il y ait des différences de traitement entre les ouvriers, les artistes et les animaux, aucun des statuts n'est à envier ! La fin sera toujours la même : les rails pour certains ou …. pour les autres je vous laisse lire ou deviner !

    Hormis ces conditions dures, Jacob le héros, fera des rencontres qui changeront sa vie. Notamment parmi les ouvriers et une artiste particulièrement. On découvre ici des personnages complexes et profond. Je pense en premier à Walter le clown bourru mais qui aime les animaux, à Earl le « gorille » avec un cœur ou le magistral August, bipolaire qui peut susciter à la fois l'admiration et la terreur. Personnage que j'ai trouvé magnifiquement repris dans le film. Un personnage qui a du sortir du livre et menacer les scénaristes pour qu'il ait plus d'importance que dans le livre. Et les scénaristes ont eu une très bonne idée de l'adapté comme ça. Dans le livre cela ne dérangeait pas qu'il soit le second du directeur, mais je pense que cela aurait fait défaut et alourdit le film.

    J'ai aussi adoré la relation triangulaire qui se tisse entre Jacob, Marlène et les animaux, notamment l'inoubliable et touchante Rosie, l'éléphante, et le petit singe Bonobo oublié attaché à Jacob au début du livre. de part son intelligence Rosie est un personnage incontournable et qui sera le tournant révélateur et décisif pour nos héros.

    Ce livre ne serait pas complet sans la bonne idée qu'a eu l'auteur de montrer la position et la condition humaine des personnes âgées, qui n'a pas beaucoup changée au niveau de l'image que l'on a parfois ou de l'idée que l'on s'en fait. On ressent une réelle émotion entre les récits du Jacob jeune mêlé à celui du Jacob vieux. On comprend aussi pourquoi les personnes âgées peuvent être encore pleines de vie. Tous simplement parce que grâce ou à cause de leur vie souvent dure qui leur ont forgé le caractère, ils sont plus conscients que nous (plus jeune) qu'ils sont « vivants » et compte encore en profiter. Ils dépassent leurs conditions physiques en esprit mais celle-ci les clouent au sol en leur donnant l'impression qu'ils ne sont plus que des choses inutiles et oublié par leur entourage. J'ai particulièrement été sensible à ce côté très juste qui n'a pas beaucoup changé de nos jours malgré tout ce qu'on fait pour les personnes âgées. Elles retrouvent une vielle amie de la vie longtemps oubliée mais qui revient souvent et implacablement à la fin, la solitude.

    Pour finir, on se doute de la première fin, qui est sommairement raconté au début, et qui est l'une des raisons qui amène Jacob à se souvenir car il a été piqué par un autre vieux vantard de son foyer d'accueil. Mais pour ma part je ne me suis pas un seul instant douté de la fin ultime de Jacob. En y repensant j'en souris encore et j'ai les larmes aux yeux en même temps. Un sourire de la vie qui continue.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 22 novembre 2009

    caro64
    J'ai lu pratiquement d'une traite les 460 pages de De l’eau pour les éléphants, pris au hasard. Magnifique découverte, la magie du cirque a opéré, entre autres !!!
    Jacob a 90 ans, ou peut-être 93. Ce n‘est pas qu'il ne sait plus , c'est plutôt qu'il a décidé de ne plus se tenir au courant. En maison de retraite, « quelle importance, puisque tous les jours, c'est purée de pois, tapioca et couches ? » Jusqu'au jour où un cirque s'installe sur le parking. Et là, les souvenirs resurgissent… Soixante-dix ans plus tôt, sa carrière prometteuse de vétérinaire se réduit à néant quand ses parents meurent dans un accident de voiture, juste dix jours avant la fin de ses études . Complètement bouleversé, il est incapable de continuer sa vie « normalement » et s'échappe de la salle pendant ses examens. Lors de sa fuite au hasard, il longe la voie ferrée et voilà que passe un train, le train de sa destinée. Jacob découvre alors la vie de saltimbanque où personne n'a droit à l'erreur ni à la faiblesse, mais aussi remplie d'aventures et de petits bonheurs. Il tombera amoureux de Marlene, une belle écuyère mal mariée à Auguste, directeur du cirque et dresseur aussi charismatique que sadique. Et va rencontrer Rosie, une éléphante réputée indressable jusqu'à ce que Jacob découvre la façon de communiquer avec elle.
    Alternant les souvenirs de Jacob et sa vie de triste habitant de maison de retraite, Sara Gruen nous balade dans la vie fabuleuse et impitoyable d'un cirque des années 1930. le vieux bonhomme bougon qui commence à perdre la boule est touchant par sa sincérité et sa tristesse face à l'abandon de sa famille, et on se surprend à espérer que quelqu'un arrive enfin pour l'amener une dernière fois au cirque.
    Minutieusement documenté, agrémenté de photos d'époque, ce roman nous livre un riche témoignage sur la vie dans ces entreprises dédiées au spectacle.
    Pendant toute ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de me rappeler le film de Cecil B. DeMille, Sous le plus grand chapiteau du monde (1952), avec des histoires un peu similaires même si certaines anecdotes sont plus tristes et sordides.

    Poignant, drôle, très bien construit, De l’eau pour les éléphants est un roman captivant, plein de surprises et la fin est superbe, il ne faut surtout pas la dévoiler. Un livre à la séduction magique.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 14 mars 2012

    oops
    Jacob Jankowski vit dans une maison de retraite il a plus de 90 ans, il se pose des questions car les pensionnaires sont collés le nez à la fenêtre et sont particulièrement agités aujourd'hui. Poussé par la curiosité il se sort de son fauteuil et s'approche de la fenêtre avec son déambulateur, sur le parking s'est installé un immense chapiteau. Voilà qui font remontées en lui de vives émotions, des souvenirs lui reviennent pendant ces moments d'assoupissements c'est ainsi que l'on apprend qu'à l'âge de vingt trois ans alors qu'il faisait des études pour être vétérinaire, ses parents périssent dans un tragique accident de la route. Accablé par le chagrin le jour de l'examen, il claque la porte et saute dans le premier train. Ce train transporte le cirque itinérant des Frères Benzini. On est alors en 1930, les Etats-Unis sont en pleine crise économique et le monde du cirque en fait également les frais. Pourtant Jacob réussit à se faire recruter pour s'occuper des animaux, commence alors pour lui une nouvelle vie faite de rencontres et d'amitiés, de jalousies et de cruautés, mais aussi d'amours et de sentiments. Outre des personnages principaux attachants nous faisant découvrir l'univers du cirque, de la ménagerie, des saltimbanques. L'intérêt du roman réside surtout dans le fait que l'auteur nous fait découvrir l'envers du décor du cirque des années 30, à savoir que sous les paillettes se cache, la misère, la maltraitance, la rivalité, le profit et qu'en fait que l'on soit manœuvre ou artiste si celui-ci ne rapporte pas, on l'éjecte sans concessions ni plus ni moins. Quand Jacob sort de ces moments d'assoupissement, il nous parle aussi de sa vieillesse et de sa condition de pensionnaire. du fait qu'être vieux ne veut pas dire être invalide pour tout, qu'il est avant tout un être humain qu'il a des désirs qu'il voudrait que l'on respecte et qu'être assisté en permanence l'humilie au plus haut point. le passage de ce cirque comme du temps de sa jeunesse lui ouvre de nouvelles perspectives qu'il n'hésite pas à saisir. J'avais quelques réticences concernant la lecture de ce roman, peur d'un récit un peu mièvre où j'allais m'ennuyer, et bien pas du tout. Ce fût une lecture enrichissante à bien des points de vue, le cirque que l'on soit petit où grand reste un milieu fascinant qui émerveille et l'auteur durant ces quelques pages a su retranscrire avec brio l'atmosphère unique de cet univers.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 18 février 2012

    mimipinson
    « Tout n'est qu'illusion Jacob, et c'est bien ainsi. C'est ce qu'on nous demande, ce qu'on attend de nous. »
    Une petite phrase, tout simple, qui résume à elle seule l'univers du cirque , à cette époque-là.
    Jacob est très âgé, 90 -93 ans, il ne sait plus très bien. Il n'est pas très heureux dans cette maison de retraite. Je n'ai pas ressenti beaucoup d'humanité dans cet endroit-là. Les vieux, on les met là, on leur fait manger ça ; parce que c'est comme ça ! Ses enfants ne viennent pas beaucoup le voir ; ils ont leur vie. Il se distrait comme il peut. Un jour, un cirque plante son chapiteau en face de la maison de retraite. Jacob se souvient…
    « Je m'accroche à ma colère avec le peu d'humanité subsistant dans mon corps ruiné, mais c'est inutile. »
    « Quand ai-je cessé d'être moi ? »
    Il était jeune, brillant, plein d'avenir…mais la vie en a décidé autrement. Un jour, orphelin, et sans le sou, il saute dans un train. Nous sommes dans les années 30, aux Etats Unis, la grande dépression. Ce train n'est autre que le convoi d'un cirque ambulant qui va de ville en ville distraire les populations.
    Avec Jacob, je découvrirai l'univers impitoyable du cirque. Je découvre, horrifiée, la vilenie, la cupidité, mais surtout la cruauté gratuite et inimaginable, tant vers les hommes, que vers (et pour moi, c'est pire encore, plus lâche) les animaux qui sont censés les nourrir.
    « Je m'installe à ne certaine distance de la tente qui abrite les bêtes délaissées, en proie à un désespoir croissant. »
    « Je tourne à l'angle à l'instant même où Pete égorge un cheval gris et décrépit. le cheval hurle tandis qu'un geyser de sang jaillit de la plaie béante. »
    Moi aussi je hurle, mais on ne m'entend pas !
    Jacob fait le dos rond, il lui faudra se faire accepter parmi tous. Il connaît les animaux, sait les soigner ; cela lui facilitera les choses. Il se fera quelques amis. Jacob voudrait bien quitter le train. Que lui manque-t-il ? La force, le courage ? Sans doute un peu des deux.
    « Je retourne à mon wagon et m'allonge sur mn sac de couchage, écœuré par ce qui se passe dans la ménagerie et surtout par ma propre passivité. »
    Mais il se souvient de son père et de ses valeurs.
    « le fait est que je suis le seul à me dresser entre ces bêtes et les pratiques d'August et D'Oncle al ; et à ma place mon père les soignerait. Qu'importe ce que j'ai fait hier soir, je ne puis les abandonner. Je suis leur bon berger, leur protecteur. Et c'est plus qu'un devoir : c'est un pacte avec mon père. »
    La lumière viendra de Marlène, la belle, elle aussi cabossée par la vie, et Rosie, une éléphante, malmenée, elle aussi par ce sale type d' August. Il n'y a pas grand monde pour s'opposer à lui. Tout le monde le craint. Un jour viendra où il récoltera ce qu'il a semé. Mais en attendant, chacun doit jouer son rôle, et passer le plus inaperçu possible.
    L'auteur ne s'est pas contenté d'une histoire de cirque, et de sentiments ; elle a bien montré le caractère particulier de cette époque avec sa crise économique, la prohibition et toutes les dérives qu'elle a provoquées. La vie, et les contraintes d'un cirque ainsi que celles et ceux qui le font vivre sont bien bordées.
    Le style est fluide ; les retours en arrière sont bien maitrisés. Ce roman se lit d'une traite, ou presque, et, laisse un très bon souvenir de lecture.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2012/02/de-leau-pour-les-elap..
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 mai 2011

    lehane-fan
    Superbe récit sur l'univers du cirque ambulant dans les années 30 !
    Un livre dont le succes semble amplement mérité ! Tout y est pour plaire au plus grand nombre : aventure , trahison , histoire d'amuuuur impossible mais ce qui fascine et nous ramene a l'enfance , c'est le cadre meme de ce roman à savoir l'univers du cirque itinérant durant la grande dépréssion Américaine ! Jacob y est projeté presque par hasard , suite au déces de ses parents le laissant sans le sou et à sa décision d'abandonner ses études de vétérinaire..
    C'est donc dans cet univers lui étant totalement inconnu qu'il va se révéler , s'épanouir , au contact de personnages plus hétéroclites les uns que les autres et dans les conditions les plus spartiates qui soient...
    Il y découvrira les salaires de misere les rares mois ou il sera payé , les conditions de travail déplorables , le harcelement de la part de la hierarchie toujours adepte du slogan " travailler plus pour gagner moins "...Comme quoi un cirque fait rever , y travailler à cette époque beaucoup moins !
    Les personnages sont attachants car différents au possible : Jacob le jeune vétérinaire novice ; Walter , le colocataire de wagon , nain entiché d'un chien comptant plus que tout à ses yeux , se montrant immédiatement antipathique mais se révélant au fil des pages comme des plus attachants ; Oncle al , proprietaire tyrannique de ce cirque aux méthodes expéditives quand elles ne sont pas définitives ; Rosie , personnage incontournable (quoi de plus normal pour un éléphant ! ) , régulierement maltraité et faisant naitre en Jacob des envies de rebellion envers son dresseur et rival ; August , responsable des animaux , etre sournois soufflant le chaud et le froid , et heureux époux de Marlene , écuyere émérite dont s'amourachera Jacob , occasionnant ainsi conflits , rivalités , réglement de comptes...
    L'on voyage donc en train avec tout ce petit monde a travers l'Amérique , l'on souffre , l'on se réjouit , l'on craint et l'on espere avec eux . Car il ne faut pas s'y tromper , c'est bien du cirque et de sa survie dont il est majoritairement question dans ce livre et c'est tant mieux !
    A l'instar de " Little Big Man" , de " La Ligne Verte " , ce livre égrene les souvenirs d'un vieil homme seul ( et ce malgré ses 5 enfants et ses 25324 petits-enfants ) désormais assigné en maison de retraite et y attendant d'y pousser son dernier soupir..
    Impossible , à la lecture de ce roman , de ne pas évoquer le superbe film de Cecil B.DeMille : "Sous le Plus Grand Chapiteau du Monde " , témoin également d'un trio amoureux qui au final conduira le cirque à sa perte .
    De par son contexte historique , le cadre du cirque , theme plutot porteur car il touche petits et grands , et les caracteres multiples de ses personnages : Oncle al qu'on adorera hair , August le tortionnaire qu'on adorera... , Rosie dont on se prendra immanquablement d'affection , Joseph , le romantique et jeune premier au regard bovin (Robeeeeert , avis perso qui n'engage que moi mais quand meme...) , il n'est pas étonnant qu'on en ai tiré un film plutot bon si j'en juge les critiques..
    A noter qu'en édition le Livre de Poche , le récit y est agréementé de superbes photos d'époque en noir et blanc au pouvoir incroyablement évocateur !
    De l’eau pour les éléphants , du petit lait pour les lecteurs !
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 18 juin 2011

    J’ai quatre-vingt-dix ans. Ou quatre-vingt-treize. C’est ou l’un ou l’autre.
    Quand on a cinq ans, on sait son âge – au moins près. Même à vingt ans, on sait son âge. J’ai vingt-trois ans, dit-on, ou vingt-sept. Puis, à la trentaine, un étrange phénomène se produit. Ce n’est qu’une simple hésitation, au début. Quel âge as-tu ? Oh, j’ai… – dit-on avec assurance, et là on cale. On allait dire : trente-trois, mais on n’a pas trente-trois ans. On en a trente-cinq. Et là, c’est embêtant, car on se demande si c’est le commencement de la fin. C’est le cas, bien sûr, mais il se passera des dizaines d’années avant qu’on ne l’admette.
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  • Par Morgouille, le 18 juin 2011

    — Dis-moi, crois-tu vraiment que ce soit le plus grand spectacle du monde ?
    Je ne réponds pas.
    — Eh bien ? dit-il en me donnant un coup d’épaule.
    — Je ne sais pas.
    — Tu parles ! On en est loin ! On marche au tiers des capacités de Barnum. Tu sais déjà que Marlène n’est pas une princesse roumaine. Quant à Lucinda… ? Elle est loin de faire quatre cent quarante kilos, plutôt deux cents, tout au plus. Et crois-tu vraiment que Frank Otto ait été tatoué par les cannibales de Bornéo ? Tu parles ! Il plantait des piquets avec les gars de l’Escadron Volant… Ses tatouages sont le fruit de neuf années de travail ; et tu veux savoir ce qu’a fait Oncle Al, quand l’hippopotame est mort ? Il l’a mis dans du formol pour pouvoir continuer à l’exhiber. Pendant deux semaines, on a voyagé avec un hippopotame en bocal… ! Tout n’est qu’illusion, Jacob, et c’est très bien ainsi. C’est ce qu’on nous demande, ce qu’on attend de nous.
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  • Par Morgouille, le 18 juin 2011

    — Qui s’assoit là-bas… les artistes ?
    Camel me lance un regard noir.
    — Bon sang, môme ! Ferme-la tant que tu sais pas comment qu’on appelle les gens… !
    Il s’assoit et, aussitôt, fourre un morceau de pain dans sa bouche. Ayant mastiqué pendant une bonne minute, il me regarde.
    — Oh, voyons, te vexe pas ! C’est pour ton bien. T’as vu Ezra, et, lui, c’est une bonne pâte. Allez-ramène-toi…
    Je le considère encore un moment, puis m’approche du banc. Ayant déposé mon assiette, j’examine mes mains dégoûtantes, les essuie sur mon pantalon, et, ne les trouvant pas plus propres, attaque néanmoins mon repas.
    — Alors, comment les appelle-t-on… ?
    — Des saltimbanques, dit-il, la bouche pleine. Et ton rayon, c’est les chevaux de trait. Jusqu’à nouvel ordre.
    — Et où sont-ils, ces saltimbanques… ?
    — Ils vont arriver d’un instant à l’autre. Il y a encore deux sections du train qui sont attendues. Ils se couchent tard, se réveillent tard, et arrivent juste à temps pour le p’tit déj’. Et, au fait, va pas les traiter de « saltimbanques » en face… !
    — Comment veulent-ils qu’on les appelle ?
    — Des artistes.
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  • Par grazou, le 07 mai 2011

    "C'est cruel l'âge. Au moment où vous commencez à vous débrouiller dans la vie, il vous prive de vos jambes, vous rend bossu. Il vous inflige des douleurs, vous brouille les idées et répand sournoisement le cancer à l'intérieur de votre épouse."
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  • Par Nono19, le 22 juillet 2011

    On se met à oublier des mots: ils sont sur le bout de votre langue-et le hic, c'est qu'ils y restent! On va chercher quelque chose, et en cours de route, on ne se rappelle pas quoi. On appelle un enfant par le nom de tous ses frères et soeurs et même celui du chien, avant de tomber sur le bon.
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