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Marguerite Pozzoli (Traducteur)
ISBN : 274278831X
Éditeur : Actes Sud (2010)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 10 notes)
Résumé :

D'un tableau "non fini" de Rembrandt, La jeune Mariée juive - un des derniers chefs-d'œuvre du peintre dont les personnages, unis par un geste tendrement audacieux, ont suscité bien des interprétations -, Luigi Guarnieri s'empare, en fin connaisseur du XVIIe siècle hollandais, pour construire un roman qui met en miroir deux époques, deux villes, deux histoires. Entre l'Amsterdam des peintres, des médecins et des thé... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
BrunoA
BrunoA15 mai 2013
  • Livres 2.00/5
Après avoir été séduit par La double vie de Vermeer du même auteur, je me suis laissé attirer par la couverture représentant un tableau de Rembrandt qui a d'ailleurs donné son titre au roman, la jeune mariée juive.
A partir de ce tableau, Luigi Guarnieri construit deux histoires parallèles à presque quatre siècles de distance.
On débute la lecture en 1987 et on suit un dénommé Leo Gualtieri, pseudo-double de l'auteur, écrivain raté et narrateur par ailleurs particulièrement médiocre qui nous assomme avec des récits à dormir debout, rédigés avec e plan de Paris sur les genoux et bourré de trop nombreux épithètes qui rendent la lecture agaçante.
On y suit l'improbable histoire d'un pseudo-romancier n'ayant rien écrit qu'un essai au titre tout aussi improbable qui suscite un amour inconditionnel chez une fille de famille vivant dans le Marais.
Les clichés abondent et on a du mal à y croire.
Ensuite, deuxième chapitre, et nous voila projetés dans la Hollande du XVIIème Siècle aux côtés du docteur Ephraïm Paradies et d'Abigaïl Lopez da Costa, censés être les modèles du tableau objet du roman.
J'ai personnellement un peu peiné à établir clairement le parallèle entre Paradies-da Costa et Gualtieri-Rébecca.
Puis on se retrouve en 2003-2004 pour retrouver notre médiocre écrivain qui a pris le temps de se laver et qui recherche Rébecca, celle-là même qu'il abandonna seize ans plus tôt pour lui demander l'autorisation de s'inspirer d'un manuscrit qu'il lui a déjà volé...
Pour clôturer, un dernier chapitre en forme d'épilogue, et intitulé "inachevé" qui caractérise un peu ce livre.
Il m'a personnellement laissé un goût de "pas fini". Au final, on se dit "tout ça pour ça".
J'avoue avoir beaucoup plus aimé la double-vie de Vermeer.
Et le style de Leo Gualtieri m'a assez déplu, je préfère Guarnieri.
Malgré tout, il y a une histoire et on avance dans le livre pour en savoir davantage.
Un peu décevant.
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le-mange-livres
le-mange-livres04 avril 2012
Où les hivers amstellodamois et parisiens font froid dans le dos ;
Où Iguane immortel devient le sexe est un orang-outang qui ne fume que de mauvais cigares, puis Mort du rat à Leningrad, Grammaire des affects et enfin Manuel d'autodéfense amoureuse ;
Où le détective privé corse a un style douteux ;
Où il ne vaut mieux pas se faire passer pour un éleveur de chiens auprès d'un diamantaire ;
Où la quête de l'être aimé est tout de même bien compliquée ;
Comment en suis-je arrivée là ?

J'avais lu précédemment un joli petit livre du même auteur, La double vie de Vermeer, relatant de manière entrecroisée la vie du maître flamand et celle d'Hans van Meegeren (VM), un des faussaires les plus habiles de la seconde moitié du 20e siècle, qui y est parvenu à faire passer ses faux pour d'authentiques Vermeer, y compris auprès de Göring, l'un des collectionneurs les plus acharnés de cette époque, qui compose aussi une des figures majeures du roman, et que l'on découvre là sous un angle assez insolite. Selon mon principe en fonction duquel il faut essayer pour mieux connaître, je tente donc un autre roman de Luigi Guarnieri également édité en poche.

De quoi s'agit-il ?

Et de fait c'est tout à fait différent. Bien sûr, on retrouve les ingrédients qui font le succès du premier, et en particulier une connaissance très fine du 17e siècle des Pays-Bas, à l'ambiance bien restituée. Mais il est cette fois-ci question de Rembrandt, ou plus exactement de l'une de ses oeuvres inachevées, La jeune mariée juive, qui obsède les différents personnages : ceux du tableau, mais aussi une lointaine parente de la jeune mariée en question, qui a mis le grappin sur un écrivain raté et totalement à la dérive, Leo Gualtieri, un pseudo-double de l'auteur.

La citation

« Je crois même pouvoir dire, avec une certitude relative, qu'une bonne moitié de mes rares amis ignore comment je gagne ma vie. Certains pensent, probablement, que je vis aux crochets de ma tante – idée qui, en fait, n'est pas totalement fausse. En outre, si je racontais que je cherche dans tout Paris une mystérieuse jeune fille néerlandaise (mais de vieille famille portugaise) que je n'ai plus revue depuis janvier 1988 et qui possède sans doute des documents très importants pour moi, afin de mener à bien l'élaboration romanesque de l'histoire d'une de ses ancêtres, modèle d'un tableau peint par Rembrandt vers 1665 … Eh bien, j'ai peine à croire que l'on me prendrait au sérieux. » (p. 198).

Ce que j'en ai pensé :
Les deux narrateurs sont aussi antipathiques l'un que l'autre, mais paradoxalement presque attachants ; les deux femmes sont manifestement complètement givrées, et l'ambiance du livre baigne dans une atmosphère étrange, très noire et assez déprimante. On est malgré tout happé dans le récit, qui construit, de manière complexe, une sorte de livre dans le livre assez curieux, au ton parfois drôle (mais grinçant), où la proximité de la folie est toujours inquiétante. Certains passages font un peu penser, pour l'ambiance, à du Carlos Somoza (La théorie des cordes, La Dame n°13, Clara et la pénombre).
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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jovidalens
jovidalens27 août 2012
  • Livres 3.00/5
A partir d'un tableau de Rembrandt, l'auteur construit un roman diablement bien documenté autour de trois personnages incandescents : Rembrandt au soir de sa vie, une jeune fille artiste, scientifique qui s'est intellectuellement formé auprès des chamans de Guyane, et un médecin libre-penseur avant l'heure, adepte d'une médecine scientifique.
Cette histoire est celle qu'essaie de reconstituer, pour mieux comprendre l'oeuvre de Rembrandt, une arrière petite-fille d'Abigaïl, aussi fragile psychologiquement que son aïeule et qui s'amourache d'un jeune écrivaillon. Véritable parasite, celui-ci volera ses notes et seize ans plus tard, se souviendra d'elle pour l'aider à écrire un roman.
Luigi Guarnieri construit son récit en "mille-feuille" , en intercalant un chapitre au 17ème siècle, et un au 20ème siècle.
Les personnages du 20ème siècle sont particulièrement de peu d'intérêt : comment ne pas rester à distance de ce jeune écrivain qui se complet dans la crasse, la paresse et l'alcool pour venir vivre auprès d'une femme qui l'aime ; il la volera et la fuira, pour vivre chichement de sa plume en utilisant les subsides d'une vieille tante. La jeune femme amoureuse de ce triste sire, est particulièrement déjantée et perdra vite la raison.
Très belle descriptions d'Amsterdam et de la vie des juifs du temps de Rembrandt et de Paris fin 20ème siècle et début 21ème siècle pour les lieux branchés et luxueux.
J'ai été agacé par le nombre de description de crasse, de médications archaïques et de maux les plus...triviaux. Certes, ce devait être encore plus douloureux d'être malade il y a trois ou quatre siècle !
Mais, le livre refermé, il me reste la beauté de l'histoire d'amour inspiré par l'énigmatique tableau de Rembrandt.
Donc j'ai hâte de lire d'autres oeuvres de cet auteur.

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mireille.lefustec
mireille.lefustec05 mai 2013
  • Livres 3.00/5
Qui sont les deux amants du tableau le plus mystérieux de Rembrandt "la jeune mariée juive" ? Qui sont ces deux personnes énigmatiques unis pour toujours par le maître hollandais dans un audacieux et délicat geste d'affection ?
La réponse semble contenue dans une centaine de pages couvertes d'une écriture fine , un cahier jaune dont l'étudiante en art ,de nos jours, ne se sépare jamais.
Ce roman émouvant fait se croiser deux surprenantes histoires d'amour ,distantes de trois siècles, liées par un fil bien ténu.
C'est la bataille éternelle entre la passion et la douleur, la difficulté du pardon, la relation ambiguë entre l'écriture et la vie.

Puisqu'on est dans l'univers de la peinture, l'auteur nous régale de jolis passages sur les couleurs du ciel, leurs reflets sur l'eau.
Autant j'ai aimé l'histoire tourmentée d'Abigaïl vers 1965, autant le comportement du jeune écrivaillon italien venu à Paris en 1987 m'a agacée.
J'admets la nécessité du contraste entre les époques et les personnages,mais je l'ai trouvé trop appuyé.
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lapublivore
lapublivore01 janvier 2011
  • Livres 2.00/5
J'ai lu ce livre après avoir été bluffée par un autre de ses romans sur fond hitorique : La Double Vie de Vermeer, ouvrage récompensé à juste titre, évoquant la vie de l'artiste et de son faussaire, que j'avais adoré !
Ici, deux histoires s'entrelacent autour du mystérieux tableau « La jeune mariée juive » : l'une à l'époque de Rembrandt (la Hollande du XVIIème siècle), l'autre dans les années 80/90 à Paris. le roman est ainsi construit :
Intro : au XVIIème, dans la communauté juive expulsée du Portugal, très documentée
Acte 1 : Paris, octobre, la pluie
Acte 2 : Amsterdam, à la mauvaise saison, à l'époque de Rembrandt
Acte 3 : Paris
Conclusion : au XVIIème.
Les parties historiques relatent l'histoire d'Agigaïl et d'Ephraïm, dans un style poétique, dramatique, voire macabre. Rembrandt est décrit dans sa vie quotidienne, à la fin de sa carrière, une fois les erreurs admises et les déceptions constatées. Cette histoire est mise en parallèle avec les personnages contemporains, où l'écriture est plus légère. On rencontre alors un jeune écrivain paresseux italien, et une jeune femme juive parisienne qui se recontrent.
Au final, j'ai trouvé à ce roman un goût d'inachevé (comme le tableau de rembrandt ? Est-ce voulu ??). Il m'a semblé incomplet, voire obscur. Question de préférence personnelle sans doute, j'aurais préféré passer plus de temps au XVIIème plutôt qu'avec les personnages contemporains. Je n'ai pas destesté – l'art réunit les personnages et transcende leur amour, et c'est pas mal écrit- mais je n'ai pas été autant transportée que dans La Double Vie de Vermeer, que je recommande, en revanche.

Lien : http://lapublivore.wordpress..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens27 août 2012
Et je me suis surpris à penser que la plupart des hommes, moi le premier, ignorent la passion. La passion est extrêmement rare. L'amour est un sentiment différent de l'instinct, du plaisir. Sa fin ultime est la fusion psychique, l'androgynie spirituelle. L'amour n'a pas pour but la satisfaction individuelle, c'est un moyen de transcender - grâce à l'autre, et en sa compagnie - son propre Moi terrestre et d'atteindre ainsi le vrai Soi, la substance impersonnelle et éternelle. Suprême alliance de deux êtres voués à la maladie et à la mort, mais unis par la tendresse. Cette recherche idéale est la seule à donner un sens à l'amour. Qui est un art, comme la musique. Comme la peinture. Et la peinture, comme l'amour, nous sauve de l'effort - douloureux et terrestre - de trouver les mots. Elle nous sauve de l'impuissance de notre langage.
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mireille.lefustecmireille.lefustec05 mai 2013
Qu'en sera-t-il de nous? Il y a quelque chose d'effrayant ,dans une joie dévastée pour toujours. La vie ne tient qu'à un fil . Et parfois, l'amour arrive trop tard. Il suffit de peu pour le rater_pour en avoir peur ,et le laisser mourir; nous sommes hôtes de la vie,tous,pour si peu de temps.Et vivre,au fond, n'est qu'une habitude.
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jovidalensjovidalens27 août 2012
- Si une oeuvre ne peut pas être parfaite, alors il vaut peut-être mieux qu'elle reste inachevée. [...]. Je préfère suggérer, plutôt que décrire. Précarité, pureté. Il ne reste rien d'autre.Savez-vous quel a toujours été mon problème, docteur ? J'étais trop impitoyable. Je voulais peindre la réalité crue, sans illusions. Je voulais surprendre, impressionner. Maintenant, au contraire, mon regard mental voit autre chose.
- Quoi ?
- Je ne saurai le dire avec précision. L'émouvante imperfection de la vie, peut-être.
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mireille.lefustecmireille.lefustec05 mai 2013
Je ne croyais pas,et je ne crois toujours pas, à l'infaillibilité et à la perfection de la science contemporaine. il est trop facile de rester assis sur le trône des postulats et des préjugés, convaincu que l'univers s'arrête aux murs de notre chambre ,et qu'il n'y a rien en dehors de ce que l'habitude nous apprend à considérer comme les limites du réel.
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mireille.lefustecmireille.lefustec05 mai 2013
Avec l'expérience,toutefois, j'ai appris que la vérité _si elle existe_ ne peut émerger que de la confusion et du chaos. La vérité est toujours beaucoup plus improbable que la fiction, car la fiction doit être plausible ,alors que la vie,elle,peut fort bien se passer de cohérence et de logique.
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Video de Luigi Guarnieri (1) Voir plusAjouter une vidéo

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