> Catherine Eyjolfsson (Traducteur)

ISBN : 2264031905
Éditeur : 10-18 (2001)


Note moyenne : 5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
C'est une invitation au voyage que nous propose ici Gudmundsson. Empreinte de poésie et de légèreté, elle a pourtant des accents tragiques car elle mène aux confins de la folie. Sur ces terres du septentrion cernées par la mer, sur cette Is... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 22 mai 2012

    Sharon
    Après les analyses littéraires qui nous dévoilent tout de l'intrigue, et surtout ce que nous, pauvres mortels, devons en penser, je m'insurge contre les critiques littéraires que l'on nous colle en guise de quatrième de couverture et qui insiste sur l'humour du livre. Je ne dois pas avoir le même que le chroniqueur de Pubishers Weekly.
    Il est difficile pour moi de trouver des mots pour chroniquer ce livre. Je pourrai utiliser tous les adjectifs que je veux, je ne saurai être aussi précise que Gudmunsson pour raconter le glissement vers la maladie mentale. Ne vous faites pas d'illusion : Pàll n'en guérira jamais et ne portera jamais une lucidité retrouvée sur ses années de maladie. Il raconte ses actes, ses errances, les réactions de ses frères et soeur et littéralement ne les comprend pas, pas plus qu'il ne comprend comment il peut se retrouver à errer pieds nus dans la campagne, ou à menacer quelqu'un d'un couteau dans un café, et à se retrouver conduit manu militari à Kleppur, l'asile de fou officiel de l'Islande.
    Oui, je sais, je devrai plutôt dire "hôpital psychiatrique". Pourtant, la première fois que Pàll croise des malades, ils ont bien moins de liberté et de considération que les animaux dans les zoos. Il faut que l'opinion publique s'émeuve pour qu'ils aient enfin droit à des vêtements et à des promenades. Les infirmiers ? Ils sont davantage des gardiens, des as de la piqure, n'hésitant pas à forcer les doses, laissant ainsi les malades dans le coaltar afin de passer un weekend tranquille. le psychiâtre ? Il n'apparaît qu'à la moitié du récit, et ne semble guère apporter d'aide à ses patients. Pire : aux yeux des parents de Pàll, il paraît encore plus dépressif que leur fils, comme s'il portait, en plus des siens, tous les tourments de ses patients.
    L'Islande est un si petit pays que le fou est toujours le fils, le frère, l'amant, l'ami; le cousin de quelqu'un que l'on connaît. Tout au long de ses vingt ans d'errance, Pàll égrenera le parcours de ses amis qui le rejoindroint. Il me serait facile de dresser un catalogue de leur pathologie, de leur cause, de leurs conséquences, je m'éloignerai alors considérablement de la fluidité et du naturel de ce récit. En revanche, j'ai été sensible à cette jeunesse (presque tous les internés sont de la même génération) qui ne parvient pas à trouver sa place dans cette Islande en pleine industrialisation. Les parents de Pàll n'ont pas eu des enfances faciles, ils sont souvent allés de ferme en ferme pour trouver du travail, pourtant ils n'ont pas souffert de cette existence, ils ont juste envie d'avoir une vie meilleure, plus stable, comme le montreront leur déménagement successif.
    Un livre à dédier à tous les Pàll, pas seulement à celui qui a inspiré Einar, son propre frère Pàl Orn Gudmunsson (1949-1992).

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-les-anges-de-l-univer..
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 20 février 2012

    le_Bison
    Les lieux ont un nom franchement imprononçable : Eyjafjördur, Skeggjagata ou Saudárkrókur. Les habitants se prénomment Páll, Ólafur, Skúli ou Thór, avec une flopée d'accents sur toutes les voyelles. En fermant les yeux, je serais capable de m'imaginer sur la planète Kobaïa et de feuilleter la dernière saga romancée en kobaïen. le voyage ne fut pas aussi long, à seulement quelques longueurs de mon cocon, pourtant je me retrouve en plein « magma ». Une île volcanique, en constante éruption, une odeur de souffre mélangée aux embruns de l'océan, je fais mes premiers pas en terre islandaise : bienvenue à Reykjavik, la « baie des fumées »...
    Einar Már Gudmundsson (encore des accents et toujours imprononçable) me décrit avec poésie son pays natal, un lieu magique plongé dans le noir, entre les tourbes islandaises et les grèves déchiquetées. le froid est saisissant mais la beauté des paysages et les fumeroles s'élevant des sources chaudes adoucissent cette première sensation glaciale. Je reste émerveillé devant ces aurores boréales et mon esprit est enchanté (envoûté même ?) face à une nature aussi resplendissante, aussi poétique. Je sens le souffle des baleines au large répondre aux cris des orques, des cachalots et des rorquals. Des icebergs flottent au milieu des lacs glacés, l'odeur soufré des geysers se mélangeant à celle des embruns marins de l'Atlantique.
    Páll est né en pleines émeutes urbaines, le jour où l'Islande rentre dans l'OTAN. de cet anodin fait, Páll croit en une étrange coïncidence qui tout au long de sa vie troublera la perception de son avenir. Et la destinée de Páll sera pour le moins mouvementée. Entre ces magnifiques landes islandaises, un établissement s'érige au bord des falaises. Une vie autour de ce bâtiment intrigue depuis toujours les sentiments du petit garçon : l'hôpital psychiatrique de Kleppur. Et c'est justement à partir de son internement que Páll, entre hallucinations et moments de lucidité, fera sa « biographie ».
    Einar Már Gudmundsson me plonge vers une descente hallucinatoire d'un adolescent dans la schizophrénie. Pall, jeune islandais anonyme, s'enfonce dans des ténèbres de plus en plus sombres : cruels instants d'une vie, d'une famille. Obscur destin de cette jeunesse islandaise perdue dans ce monde abstrait. Les longs hivers nocturnes agissent peut-être sur la mentalité et la volonté de ces jeunes en leur créant un univers sombre, comme s'ils devaient vivre éternellement dans le sous-sol d'une cave...
    Mais la psychiatrie dans ce pays et à cette époque, cela me fout les j'tons ! Déprimant, Insupportable, Indécent vois Choquant... Ces pauvres âmes perdues, ces « anges de l'univers » ne valent pas mieux que du vulgaire bétail, et certainement même moins... L'hôpital de Kleppur n'est pas un lieu de soins mais un lieu de stockage où le gouvernement place les personnes qu'il ne souhaite pas voir dans sa société.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 20 février 2012

    Du temps d’avant les médicaments, certains services n’étaient que de grandes salles où les malades circulaient tout nus. On n’avait pas le droit d’accrocher des tableaux aux murs, ni d’avoir des fleurs sur les appuis des fenêtres, car on pensait que les malades mangeraient les fleurs et se tabasseraient avec les tableaux.
    On voyait les internés nus aux fenêtres. Ils se tenaient aux barreaux et tiraient la langue. Derrière eux, il y avait des murs nus et des sols brunâtres, à peu près de la couleur des excréments qu’ils excrétaient.
    Ces gens-là ne sortaient jamais à l’air libre, non plus qu’ils ne se lavaient, se peignaient ou se brossaient les dents. Les savonnettes étaient rares et les brosses à dents n’existaient pas. Lorsqu’on prêta attention à ces conditions déplorables et au fait que ce type d’enfermement et d’isolement était injustifiable, on rappela, entre autres, qu’il existait des règlements obligeant les fermiers à faire prendre l’air à leurs bêtes.
    Les malades avaient-ils moins de droits que le bétail ? Valait-il mieux pour eux qu’on n’en entende plus jamais parler ?
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  • Par le_Bison, le 20 février 2012

    Voilà la situation :
    Óli est en communication télépathique avec les Beatles ; Pétur attend de la Chine son titre de docteur, et moi, je suis en relation avec divers grands maîtres du passé notamment Vincent Van Gogh et Paul Gauguin, tandis que Viktor, qui ne pense pas grand-chose des Beatles, disserte avec éloquence de la tragédie grecque et des sonnets de Shakespeare. Il est en outre le pharmacologue de notre groupe et sait tout d’Adolf Hitler, qu’il lui arrive d’incarner quelque fois.
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  • Par le_Bison, le 20 février 2012

    As-tu abordé, beau cygne, au rivage désert où dansent les anges... ?
    De vieux navires viennent à ta rencontre en rêve et la brume se pose près de toi sur le sable.

    On voit pourtant les lumières du château luire d’un éclat gris-jaune, avec l’accompagnement de la mer...

    Les arbres qui entourent l’hôpital psychiatrique ont grandi, mais la plage, qui se revêt de nudité se blottit au sein des grains de sable et des cailloux.
    Le bruit du ressac s’enfle dans les oreilles et les vagues accourent vers la terre ; souvenirs qui se sont attardés dans les ténèbres.
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