ISBN : B00182EMF8
Éditeur : Grasset


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Parvenu à sa quarantième année, un homme se retourne vers le passé - un homme comme tous les hommes, qui a conscience de parler en leur non, comme au sien, un " homme de série " qu'oppressent ses souvenirs.
Pourquoi les évoquer ? Il espère voir les jeunes générat... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par JPB, le 09 avril 2010

    JPB
    Parvenu à sa quarantième année, un homme se retourne sur son passé, un homme comme tous les hommes, qui a conscience de parler en leur nom comme au sien, un homme de série qu'oppressent ses souvenirs. Il espère voir les jeunes générations tirer la leçon de la violence de 14-18, qui brisa tant de vies et n'épargna que de justesse la sienne, sans faire progresser d'un pas la cause de la dignité humaine pour qui seule le combat eût été justifié. ce réquisitoire contre la guerre, ce plaidoyer en faveur de la justice sociale a été écrit en 1934, mais reste malheureusement trop actuel.
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Citations et extraits

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  • Par cequejelis, le 08 avril 2012

    Parvenu à ce point de mon récit, il est juste que je salue mes ancêtres, si c'est à ce moment de ma vie que pour la première fois je sentis que pesait sur moi et réglait mes actions un passé sans mémoire. Mes ancêtres, peu d'entre eux me sont connus. Que sais-je de mes grands-parents eux-mêmes ? Mon grand-père paternel était charretier. Son capitaine, en mourant, sur le champ de bataille de Sébastopol, lui avait donné sa montre. J'ai cent fois entendu raconter l'histoire de la montre du capitaine. Mon grand-père maternel était boulanger, fort comme un turc et joyeux ivrogne. Quand à mes grands-mères, elles avaient été deux saintes femmes à robe noire et à coiffe blanche, avaient fait beaucoup d'enfants et étaient mortes jeunes d'épuisement, l'une en me léguant l'air d'une vieille chanson provinciale, la première que j'ai chantée. Voilà toute notre histoire connue. Après quoi, c'est la nuit des siècles, mais une nuit lourde et pesante, toute peuplée par les grandes ombres d'hommes bons pour le gros ouvrage, toujours utiles sinon indispensables, et qui se transmirent les uns aux autres, avec la vie, cette loi de dur service sans récompense que je trouvai dans notre maison. Hommes sans nom, sans histoire, mes ancêtres, à travers le temps infini, quels ont été vos chemins jusqu'à ce que vous soyez cet homme que je suis aujourd'hui, vivant dans la même nuit que vous-mêmes, et sous le même destin ? Hommes anciens de l'Europe, quelles furent vos migrations, vos croisades et vos guerres ? Pour quels princes, quels dieux, quelles idées vous êtes-vous battus ? Quelles illusions m'avez-vous transmises, quelles vertus et aussi quelles vices, quel dévouement et quelle cruauté, pour que je fusse, quand vint mon tour, capable des mêmes besognes que vous-mêmes ? Et quelle nécessité dans tout cela ?

    Journal d'un homme de quarante ans, Le Livre de Poche p. 55
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