ISBN : 2012374050
Éditeur : Hachette Littératures (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.29/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Jusqu'à ce fameux samedi, il ne s'était jamais rien passé d'extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe à ras et verbe haut, rêvait toujours d'une vie ailleurs. Jacquot, son mari chômeur, creusait une fosse d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par jd, le 10 octobre 2008

    jd
    La littérature est une discipline géniale, et on prend un plaisir fou quand on déniche ce genre de petites merveilles qui ne paie pas de mine, ce style de petit roman qui ne vaudra pas à son auteur une collection à la Pléiade, ni l'honneur d'un Goncourt , certes.
    Certes, mais le nouveau roman de Faïza Guène se lit avec allégresse. Oui, n'ayons pas peur des mots : allégresse. Pas de verbiage, de page qu'il faut relire pour comprendre. Ici, on écrit comme on parle, comme on parle dans les endroits comme à joigny les Deux Bouts. L'intrigue, elle est simplissime : un meurtre a eu lieu à Joigny les deux Bouts, petite ville de banlieue, dernier arrêt de la ligne de RER. L'assassiné, c'est Joel Morvier, le patron du Balto, que personne ne va regretter car il cumule tous les défauts : raciste, acariâtre, avare, voleur et même un peu pervers. Tout Joigny les deux Bouts le déteste, mais tout Joigny s'y retrouve car c'est le seul endroit pour se retrouver.

    Pour les gendarmes, le meurtrier se trouve parmi les habitués. Tour à tour, Faïza Guène se glisse dans la peau de chacun de ses personnages, et même dans celui de Morvier. et l'on va démèler peu à peu avec eux les fils de l'intrigue.
    Il y a Jacquot, le passionné des jeux télévisés, accro aux jeux a gratter, licencié de l'Usine qui était toute sa déprime et toute sa vie. Yéva, sa femme, son autre déprime, la grande gueule que Morvier reluque. Yeznig, leurs fils ainé "dit Bébé ou l'handicapé" qui confond tous les temps, et Tanièl, "dit Tani, Quetur ou bon à rien", le jeune frimeur qui sèche les cours et a le coup de poing facile. Sa meuf, c'est Magalie, qui dit « lol » a la fin de ses phrases et qui fait croire à son keum qu'elle est enceinte, comme ça, juste pour rigoler.. un peu « pétasse » dirait Bégaudeau ;-) Il y a aussi les jumeaux Nadia et Ali qui débarquent tout droit de leur Planète Marseille qui ne s'intègrent pas de la même manière dans cette nouvelle cité…
    Tous ces gens du Balto, c'est une certaine France dans laquelle arrive un malheureux faits divers. Au final, cela donne un polar étonnant, souvent très drôle, qui met en lumière les maux d'une frange de la population : chomage, racisme, haine ordinaire.. Un roman plein de vérité, de poésie, de tendresse aussi parfois ; Et si l'on tend un peu l'oreille, on y entendrait presque comme un couplet de Grand Corps Malade…
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  • Par petitepom, le 24 février 2011

    petitepom
    Le Balto est un bar tabac au centre d'un village près de Paris, il en est le cœur vers lequel on passe plus ou moins souvent ; son propriètaire, joel baigne dans son sang.
    Chaque personnage va les un après les autre, y compris Joel nous racontait sa petite vie et sa soirée du meurtre. Il y a Yeva, jacquot, son mari, Tani leur fils et Magalie la copine, Yeznig, l'autre fils un peu retardé…. Tous nous parlent à la première personne comme si nous étions l'inspecteur chargé de découvrir la vérité.
    Les propos de chacun ne manque pas d'humour, c'est cru, il parle le français des rues sans chichi, on est vite imprégné par l'ambiance de ce village.
    Je ne connaissais pas l'auteur, son humour est évoqué dans les critiques de ces autre romans sur la boblosphère, je voulais lire « du rêve pour les ouf », mais cela ne sait jamais présenté, cet emprunt à la biblio m'aura permis de la découvrir. C'est court et vite lu, je n'en garderai peut être pas longtemps le souvenir mais qu'importe, j'ai passé un bon moment en compagnie de ses personnages sympathiques.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par biblio47, le 27 octobre 2010

    biblio47
    L'action se passe à Joigny-les-Deux-Bouts, en banlieue. Jusqu'ici rien d'anormal, une banlieue se situant au dernier arrêt du RER jusqu'à ce fameux samedi, où Joël Morvier, le patron du bar-tabac le Balto est retrouvé assassiné… C'était un homme raciste, avare, et chauve, qui n'était pas apprécié de tous.
    Mais qui est le coupable ?
    Tanièl, "dit Tani, Quetur ou bon à rien", le jeune frimeur.
    Magalie, "dite la blonde, la traînée ou la meuf de Quetur", qui parle comme elle écrit des sms, et ponctue ses phrases de "Lol" ou de mots en anglais pour faire plus branchée : "sur mon MSN j'ai cent quatre-vingt-sept amis. Dès qu'il y en a un qui me saoule, je le supprime et j'en add un autre."
    Yeznig, le frère de Tanièl "dit Bébé ou le gros ou l'handicapé" qui confond tous les temps, futur, passé et présent.
    La mère de Tanièl, Yéva, désespérée, car confrontée à un licenciement,
    Le père Jacquot, chômeur vissé devant sa télé à qui Morvier, a, un jour, subtilisé un ticket gagnant de Millionaire .
    Ali, le copain de Tanièl que la victime malmenait parce qu'il était arabe et marseillais
    Deux jumeaux marseillais, Nadia et Ali Chacal.
    Le roman est composé de chapitres où l'on découvre tour à tour les personnages.
    Chaque chapitre est consacré à un personnage plus réel que nature.
    En effet, Faïza Guène brosse le portrait de ses personnages avec talent.
    Tour à tour, elle passe d'un personnage à l'autre avec brio. C'est plein d'humour et de réalisme.
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 30 juin 2011

    canel
    Un cadavre : Joël, alias Jojo, également surnommé Patinoire, le patron du bar-tabac "Le balto" à Joigny-les-Deux-Bouts en région parisienne. Personne ne semble regretter ce vieil aigri xénophobe, macho, vicieux...
    Sept suspects : Taniel, jeune arménien colérique et parfois violent, sa mère Yéva aguicheuse et vulgaire, son frère Yeznig autiste de treize ans et demi, leur père Jacques chômeur scotché à la TV et accro aux jeux d'argent, Magalie la copine de Taniel "blondasse décérébrée", et enfin Ali, copain de Taniel, et sa soeur jumelle Nadia.
    Ces personnages se présentent à tour de rôle, chapitre après chapitre. Puis viennent les interrogatoires de la police, chacun donne à son tour un premier témoignage édulcoré, puis un second qui contribuera à éclaircir l'affaire...
    La construction polyphonique et l'humour rendent la lecture très plaisante, mais le récit est quand même truffé d'invraisemblances (le ton des dépositions, les jumeaux qui témoignent en même temps) et de caricatures (Yeva et Magalie sont particulièrement peu crédibles). C'est néanmoins une lecture agréable, on a l'impression de jouer au Cluedo et /ou d'assister à un vaudeville, bien que le dénouement soit sombre.
    De cette auteur, j'avais découvert en 2007 avec plaisir "Kiffe kiffe demain" mais j'avais été très déçue par "Du rêve pour les oufs".

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    • Livres 4.00/5
    Par yoshi73, le 05 avril 2010

    yoshi73
    Ce roman me permet de croiser une seconde fois cet auteur. Après avoir apprécié la lecture de "Kiffe kiffe demain", "Les gens du Balto" m'a permis de retrouver le style si caractéristique de Faïza Guène avec grand plaisir.
    Le livre est court et se lit quasiment d'une traite. Un matin, Joël, le propriétaire du "balto" est retrouvé baignant dans son sang. Une enquête est ouverte et les habitués du bar sont entendus par la police. Chaque entretien tient lieu de chapitre. Qui a bien pu assassiner cet homme? Tous les doutes sont permis dans la mesure où Joël faisait l'unanimité contre lui. Au-delà de cette enquête qui est juste un prétexte pour réunir tous ces personnages, l'auteur fait une distribution très réaliste : le chômeur qui passe son temps devant sa télé, la femme d'âge mûre qui ne cherche qu'à attirer le regard, les lycéens paumés ... Des personnages qui ont chacun leur langage et qui prennent plaisir à raconter leur vie! le ton est mordant! Certains passages m'ont vraiment fait rire! Un bon moment de distraction!
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2008
    Lecture jeune, n°128 - « France Bleu Île-de-France. Que s’est-il passé au Balto, ce tranquille bar-tabac de Joigny-les-Deux-Bouts, dans la nuit de vendredi à samedi ? C’est la question à laquelle devront répondre les enquêteurs après la découverte, ce matin, du corps de Joël Morvier, le patron de l’établissement que les gendarmes ont retrouvé le ventre lardé de sept coups de couteau et le visage tuméfié ». Pour ce faire les policiers entendront tour à tour les habitants du quartier, habitués de l’endroit : Tanièl, dit « Tani », Quetur ou bon à rien, adolescent en rupture, bien énervé ; sa petite amie, Magalie Fournier, dite la blonde, la traînée ou la meuf de Quetur, qui ponctue son discours de « lol », « dsl » et autres vocables anglais ; sa mère, Yéva dite Mme Yéva, la daronne ou la vieille, sur talons hauts et jupe courte, elle veut plaire encore ; son père, Jacques dit Jacquot, le daron ou Coco, chômeur désabusé, fan de jeux télévisés et de jeux à gratter ; ses amis, Nadia et Ali Chacal, dits les jumeaux, les Marseillais ou les chacals ; son frère, Yesnig, dit bébé, le gros ou l’handicapé. L’auteur convoque également le mort, Joël, dit Jojo, dit Patinoire. Chacun évoque son quotidien, forcément blafard, ses espoirs brisés... Tous en tout cas auraient eu de bonnes raisons d’assassiner le patron du Balto, vieux « dégueulasse », raciste et arnaqueur.

    Avec ce troisième livre, Faïza Guène, jeune auteur à succès de 23 ans s’essaie donc au polar. Mais ce roman polyphonique est surtout l’occasion de donner voix aux « gens du Balto », petites gens d’aujourd’hui, comme bloqués dans une ville du bout du monde, et dont l’existence est marquée par la pauvreté, le chômage, le racisme et l’ennui. Avec justesse et talent l’écrivain crée la personnalité et la langue de chacun. Elle leur offre surtout une belle humanité, toute lumineuse...

    Hélène Sagnet

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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 17 août 2011

    Pendant des années, j'ai joué au psychiatre de service. J'en ai passé des soirées à les écouter parler de leurs emmerdements et de leurs histoires de cul. À côté de mon bar, Sainte-Anne passerait pour un salon de thé. J'essayais d'élever le niveau de la conversation mais ça volait pas plus haut que les remboursements de la sécu. Chaque fois que je regardais sur ma gauche, accoudée au bar, Claudine était là, toujours au même endroit. On ne la voyait même plus tellement elle passait son temps à cette place. Ici, tout le monde l'appelait la Veuve noire. On raconte qu'elle a empoisonné son mari quelques semaines après leurs noces. Paraîtrait qu'elle a fichu de l'insecticide dans sa soupe au potiron.

    Chaque fois qu'elle avait un coup dans le nez, elle avait cette manie de se déshabiller et elle commençait toujours par retirer ses bas. Je suis sympa, j'épargne les détails.

    Un que ça dégoûtait vraiment, c'était Yves Legendre, le gendre du maire de Joigny. C'est pas une blague, il s'appelle vraiment Legendre. Il ne supportait plus d'être dans l'ombre de son beau-père. Sur le ton de la confidence, il finit un jour par m'avouer n'avoir jamais voté pour lui.

    J'étais le seul à savoir que Legendre votait coco. Un jour, au début de l'été dernier, il m'a fait commander un abonnement à un magazine de musculation. Ces bouquins pour les maniaques de la gonflette, avec des pages entières de publicités pour les protéines, du genre de celles qu'on donne aux bœufs de concours. Et bien sûr des tas de photos de types musclés et bronzés qui se foutent de l'huile partout sur le corps. Legendre était devenu rapidement accroc. Il en raffolait. Je n'avais pas cherché à en savoir plus. Encore un pédé, je m'étais dit.

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  • Par urbanbike, le 18 novembre 2008

    Mais je n'avais pas le droit de me retourner. Si j'avais fait ça, j'aurais enfreint une des règles d'or. Dans le numéro 97 du magazine BM — Bonne et Mignonne, il avait un article extra que j'ai découpé et accroché sur mon mur, près des photos à moi sur la plage. L'article s'intitulait : « Les règles d'or à ne pas enfreindre pour être toujours irrésistible ». En numéro 3, il est écrit qu'à la fin d'un rancard, quand tu t'en vas, tu ne dois JAMAIS JAMAIS (c'était marqué deux fois en rouge dans l'atrticle) te retourner. Si tu te retournes, t'es une vraie looseuse parce que ça t'enlève tout ton charme et tout mystère.
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  • Par ChezLo, le 17 août 2011

    Joël, dit Jojo, dit Patinoire

    Je m'appelle Joël Morvier et j'ai décidé de raconter mon histoire moi-même. Depuis trente ans, je vis au milieu des journaux alors on me la fait pas. Je vois très bien comment ils déforment la réalité. Je préfère me fier à ma bouche.

    J'aurais eu soixante-deux ans en avril, le 12 du mois. Je dis ça pour information, je n'ai jamais fêté un anniversaire de ma vie.

    Il paraît que je suis un homme antipathique. Je dirais plutôt que j'ai reçu moins d'amour et de compassion que ce que je méritais. On me fait de faux procès. Je ne suis pas raciste. J'ai des valeurs et visiblement, ça dérange.

    Je suis tel que l'usine de la nature m'a fabriqué. On me traite d'insensible mais je n'ai pas eu le choix des options au commencement, ce qui n'a pas empêché la voiture de rouler. Fabrication française je précise.

    À les écouter, faudrait s'émouvoir du moindre enfant violé.

    Moi aussi je regarde des images à la télévision, les attentats, les accidents, les ouragans et les vieillards qui crèvent de chaleur. Rien à faire. Ça ne me touche pas.

    J'ai perdu mon père assez jeune. Je ne suis pas le seul. Un père, ça meurt un jour ou l'autre. C'est pas pour faire chialer que je raconte ça, seulement pour expliquer.

    J'ai vécu quelques années avec mon oncle Louis dans l'appartement au-dessus du bar. Puis à son tour, il a claqué. Un cancer. Mon vieux, lui, a eu une mort aussi bête que sa vie. Un accident de chasse. D'ailleurs tout a été accidentel chez lui, même moi.

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  • Par ChezLo, le 17 août 2011

    Mon seul petit moment agréable de la journée, c'était aux alentours de 19 heures quand Mme Yéva passait acheter ses Gauloises blondes. Sacrément bien chargée. Une belle femme, ça oui. Elle laissait toujours derrière elle une traînée de parfum, comme un grand nuage rose, un nuage d'amour.

    Une odeur sucrée qui arrêtait le temps dans le bar. C'est pas que je sois un sentimental mais Mme Yéva, c'est spécial. C'est le genre de femme qui donne de l'inspiration. Il est arrivé qu'une fois ou deux, je lui mette discrètement la main au derrière. Elle l'a vraiment mal pris. Je me suis défendu en disant que je l'avais pas fait exprès mais elle m'a fait une grosse scène. Pendant qu'elle me hurlait à la figure des noms d'oiseaux, je pensais qu'elle avait un sacré caractère et ça m'attirait encore plus fort.
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  • Par MarcPruvost, le 24 mars 2012

    J'ai entendu dire à la radio que pour 200 000 Euros on pouvait partir en apesanteur trois minutes à cent kilomètres au dessus de la terre. Ca voudrait dire que bientôt un type va claquer l'argent que je vais mettre ma vie à réunir, le temps d'une clope.
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Videos de Faïza Guène

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Vidéo de Faïza Guène

Michel Field / Faïza Guène : Les gens du Balto .
Interview de l'écrivain Faïza Guène par Michel Field pour son roman "Les gens du Balto" paru aux Editions Hachette Littératures www.hachette.com www.rentree-litteraire-2008.fr








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