ISBN : 2070382362
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 3/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Il ne sait pas encore, ce vieil homme qui soliloque dans les rues d'une ville de province, ce « retraité » dont toute la vie, sans doute, s'est passée à battre en retraite, le plus dignement possible - il ne sait pas encore, ce Coco perdu, qu'il se parle à lui-même parc... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(1)

> Ajouter une critique

  • Par raton-liseur, le 26 février 2012

    raton-liseur
    Monologue de deux jours d'un homme qui voit sa vie se déliter peu à peu. Retraite, retour en province, un ménage qui bat de l'aile. Deux jours qui sonnent comme le début de la fin, celle que l'on ne s'avoue pas, celle d'une vie sans relief.
    Livre court, tout entier fait de la triste solitude d'un homme passé à côté de tout mais qui n'attendait rien d'autre de la vie. Une vie qui s'est déroulée comme une mécanique bien rôdée qui n'a jamais nécessité l'intervention de personne et qui s'achèvera dans la même indifférence qu'elle s'est déroulée.
    Ce livre n'est pas le plus représentatif de l'œuvre de Louis Guilloux, cet écrivain breton et communiste du siècle dernier, mais il est le dernier roman qu'il a publié, deux ans avant sa disparition en 1980. Et le récit de cette fin inéluctable prend alors un autre relief. Il a l'amertume d'une vie qui s'en va sans s'être trouvé un sens, et, chose étonnante, il n'a pas la veine militante dont Louis Guilloux a fait preuve toute sa vie. Je pensais que le Coco du titre serait un communiste sur la fin, mais je n'ai aucune idée, après avoir refermé ce livre, des opinions politiques du narrateur, et c'est le coco pauvre type et non le coco rouge qui narre cette histoire depuis le seuil de la vieillesse.
    Ce livre, sous-titré « Essai de voix » est à la fois une réflexion sur le temps qui passe et un timide essai stylistique pour sortir des conventions de la narration. S'il n'égale pas le grand chef-d'œuvre de Louis Guilloux qu'est Le sang noir, et s'il semble dénoter parmi ses livres sur la grandeur ouvrière (Le pain des rêves) ou la lutte politique, ce court roman dévoile une facette de l'auteur qui ne m'était pas familière, plus humaine, plus résignée. Plus lucide peut-être aussi, une facette qui décrit les limites de la philosophie de l'absurde popularisée par Camus et dont Louis Guilloux est un précurseur.
    Je referme ce livre avec la gorge serrée, quittant ce personnage dont je ne connais même pas le nom et qui me fait penser à mes grands-parents qui eux aussi reprenaient le chemin de leur ville de Bretagne pour prendre leur retraite. Serons-nous tous ainsi lorsqu'il nous sera donné de savoir que les années et les projets sont dorénavant derrière nous ? Donner un sens à sa vie, vivre sans regret, est-ce bien possible, est-ce bien raisonnable. Est-ce seulement possible ?
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 17 novembre 2011
    Sans nostalgie ni acrimonie, et dans une prose lavée de tout slogan, de tout mensonge, l'ex-coco fait le compte, entre Aix et Vitry, des espérances trahies et des illusions perdues. Son petit livre est à la fois le tombeau d'une génération et un précis de solitude. Poignant.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par raton-liseur, le 26 février 2012

    J’ai jamais su qui il était, je lui au jamais parlé, j’ai jamais rien demandé à personne. Je le voyais quelquefois dans la rue (…). Comme ça pendant des années. Et jamais personne avec lui, ni chez lui. Dès qu’arrivait le beau temps, je le voyais sortir de chez lui une petite table en fer, ronde, peinte en vert. Il installait sa table derrière sa maison. Je savais, à ce moment-là, qu’il n’était pas loin de midi. Il allait chercher une nappe, toujours blanche, il en recouvrait la table, ensuite il mettait le couvert. Comme il prenait son temps ! Mais le couvert mis ce n’était pas encore fini. Il manquait les fleurs. Il allait en choisir quelques-unes, il allait chercher un vase, le remplir d’eau à un robinet dans son jardin et, enfin, il posait le vase sur la table d’un côté, la bouteille de vin de l’autre. A ce moment-là, les douze coups de midi sonnaient à l’église. Comme ça pendant des années. (p. 102-103, Chapitre 11).
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par raton-liseur, le 26 février 2012

    Une fois posé là bien tranquille devant un pastis, il vous revient toutes sortes de trucs qu’on croyait pas, tout un cinéma, on se laisse aller, on n’se sent plus responsable même de soi. On regarde, on pense à tout et à rien. On perd le fil, on le rattrape, celui-là ou un autre, on se rappelle des moments quand on était gosse, ou à la guerre, n’importe. Là-dessus voilà un type qui vous dit bonjour, on échange quelques mots et tout est cassé, mais ça fait rien, on regarde devant soi, y a du monde, il faut beau, on regarde et voilà le petit cinéma qui recommence. On se dit des trucs, on pense à la vie. On se dit qu’on a eu tort ou raison, on sait pas bien on se dit qu’entre-temps il y aurait eu autre chose à faire, on sait pas quoi. (…) Je sais bien faut pas nier la chance mais faut pas non plus toujours tout mettre sur le compte des circonstances. On y est bien pour quelque chose, quand même ? Est-ce qu’il y a encore des gens qui croient au Jugement dernier ? Je dis ça comme ça. Moi je peux pas y croire. C’est pas ma faute. (p. 82-83, Chapitre 8).
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Coco perdu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz