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ISBN : 2246129966
Éditeur : Grasset (2004)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un peu avant la guerre de 14, à Saint-Brieuc, un cordonnier essaie de créer dans la ville une section socialiste, puis entreprend de construire de ses mains une "maison du peuple", et son fils - encore un enfant - assiste à ses efforts désespérés pour donner un espoir a... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Novodvorov, le 18 novembre 2014

    Novodvorov
    J'avais vaguement entendu parler du roman « Le Sang noir » et de son auteur, Louis Guilloux. J'ai découvert qu'il était né à Saint-Brieuc, ville à laquelle il est resté attaché toute sa vie, et que son œuvre appartenait au mouvement réaliste. J'aime beaucoup les Côtes d'Armor, j'ai eu la chance d'y séjourner fréquemment, et j'apprécie ce courant littéraire. Je me suis donc lancé dans la lecture de son premier roman, « La Maison du peuple », publié en 1927.
    Ce roman est une chronique familiale, inspirée de l'enfance de l'auteur. Louis Guilloux raconte la vie modeste d'une famille briochine au début du XXème siècle. le père, cordonnier, perçoit des revenus faibles et irréguliers qui lui permettent à peine de subvenir aux besoins de sa famille. Son épouse se charge de l'éducation de leurs trois enfants. le lecteur n'est pas invité à s'apitoyer sur le sort de cette famille. le récit est toujours très simple et poignant, mais il ne tombe jamais dans le pathos. La famille est pauvre mais digne. Voici un exemple de cette dignité : le narrateur ne découvrira le logis de sa grand-mère qu'à sa mort ; celle-ci ne laissait jamais ses proches entrer chez elle pour leur cacher son indigence. Les évènements les plus durs d'une existence sont racontés avec des mots très simples, sans emphase, en courtes scènes : le chômage du père, la maladie de la mère, le décès de l'aïeule, les problèmes d'argent.
    Ce roman est aussi une chronique politique qui raconte le développement d'un mouvement socialiste dans la ville de Saint-Brieuc (ce cadre n'est jamais dépassé). le père participe à la création d'une section locale. Cet engagement n'est pas sans risque. Les militants sont régulièrement sanctionnés, certains doivent même quitter la ville. Il fait campagne pour son parti lors des élections municipales. C'est une victoire et un désenchantement puisque cette élection fera naître de nombreuses divisions au sein du groupe. le mouvement renaît doucement. Les militants décident de construire bénévolement une « maison du peuple », un lieu de rencontre, d'échange, de culture et de propagande.
    Mais la construction de cette maison va être interrompue par la mobilisation de 1914, la Première Guerre Mondiale va débuter… Et interrompre, à Saint-Brieuc comme partout en Europe, l'essor d'un mouvement socialiste et pacifiste.
    Louis Guilloux parvient en quelques mots à restituer un univers familial et le contexte d'une époque. Il rend le plus beau des hommages à ces gens modestes qui ont su rester dignes et ont su trouver, malgré les sanctions, la force de s'engager, de se battre et d'espérer.
    Un très beau texte.
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    • Livres 5.00/5
    Par liratouva2, le 12 mai 2012

    liratouva2
    J'ai beaucoup aimé ce roman qui, contrairement à ce que pourraient faire penser le titre et le résumé, m'est apparu surtout comme un récit d'enfance tendre et chaleureux. Bien sûr les faits sont cruels et rien n'épargne la famille, ni le manque d'argent pour se nourrir ou se vêtir convenablement, ni la maladie et l'hôpital pour les pauvres, ni surtout les humiliations et la nécessité de quémander du travail chez les uns et les autres mais ce qui domine c'est l'amour des enfants pour leur mère, l'admiration pour leur père et la tendresse infinie pour la grand-mère ainsi que l'entraide et la fraternité des Compagnons de travail.
    Ce que j'aime surtout dans ce récit, c'est le talent de conteur de Louis Guilloux qui ne sombre jamais dans la théorie ou les grands sentiments. Tout est suggéré à partir de courtes scènes prises sur le vif et racontées avec précision et entrain comme si on y était.
    Le style est simple et d'un classicisme très efficace. Les phrases sont courtes et vont toujours à l'essentiel L'enfant est là derrière l'auteur et c'est lui qui se souvient si précisément des détails parfois saugrenus.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.fr/2012/05/louis-guilloux-la-maison-du-pe..
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    • Livres 5.00/5
    Par pleporc, le 26 mai 2013

    pleporc
    Dans sa préface à La Maison du peuple, Albert Camus déclare : "j'admire et j'aime l'oeuvre de Louis Guilloux, qui ne flatte ni ne méprise le peuple dont il parle et qui lui restitue la seule grandeur qu'on ne puisse lui arracher, celle de la vérité."En effet, dans ce roman, ni misérabilisme ni haine mais le témoiognage poignant d'un enfant très observateur. A coté de moments et de situations difficiles sont évoqués également les petits mais importants moments de bonheur du quotidien. Un roman plein de vérité et d'émotion, à lire sans hésiter !
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    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 20 janvier 2013

    paulotlet
    J'ai été très touché par cette chronique qui raconte comment un groupe de militants poursuit le projet de construire un mouvement socialiste dans un bourg de province au début du XXe siècle. A travers les yeux d'un enfant, l'auteur évoque la dureté du quotidien, la condition ouvrière et ses difficultés incessantes mais aussi l'enthousiasme de ceux qui prennent leur sort en main. Il montre aussi les petits moments de bonheur qui jalonnent la vie et nous rendent finalement humain.
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Citations et extraits

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  • Par Novodvorov, le 11 novembre 2014

    Comme il ne connaissait pas alors d'autres vies que la sienne, il la trouvait à sa mesure. Elle était pour lui pleine du mouvement et de la lumière de ses vingt ans.

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  • Par AV, le 11 août 2012

    Il se remit à taper sur son cuir. Il maniait le marteau avec violence. Les coups tombaient, nets sur la pierre noire, arrondie aux bords, et creusée au milieu par l'usage, une pierre rapportée de la grève il y avait des années. Ma mère écoutait le marteau sonner sur la pierre. Elle avait appris à reconnaître que le marteau avait un langage, et qu'il ne disait pas toujours les mêmes choses. Il y avait des jours où il était joyeux et d'autres où il était triste. Il y avait aussi des jours où il était violent comme l'orage et défiait le monde entier. Elle écoutait le marteau et comprenait ce qu'il disait : rien ne me fera plier, rien ne me fera plier...
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  • Par AV, le 08 août 2012

    "Il faut dénoncer ce qui n'est pas juste. Dire la vérité est une tâche difficile, mais la seule digne d'un homme. Parce que je dis la vérité, on m'attaque bassement. Vous connaissez les articles des journaux réactionnaires et les bruits qui circulent en ville sur mon compte. On m'accuse d'avoir des maîtresses parce que je défends toujours les femmes, de m'être marié pour de l'argent... Laissons. On dit aussi que je suis un révolutionnaire, un incendiaire..."
    Tous le regardaient, dévorés de curiosité et d'étonnement. Le Docteur s'était brusquement exalté.
    "Eh bien, oui, je suis un incendiaire, mais c'est aux consciences que je mets le feu..."
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  • Par paulotlet, le 21 janvier 2013

    L’hôpital lui faisait peur. Son père y était mort, et après son père, sa mère. "Voilà, Jean Kernevel est sur le flanc"
    "Je vas à mon tombeau" dit-il.

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