> Sylvette Gleize (Traducteur)

ISBN : 2351760654
Éditeur : Editions Galaade (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Adieu Zanzibar raconte les amours et les illusions de Martin et de Rehana, d'Amin et de Jamila, de Rashid et de Barbara. Ils sont noirs ou blancs, indiens ou arabes, chrétiens ou musulmans et tissent, de Zanzibar à Londres, autant d'histoires d'amou... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 04 août 2011

    nadejda
    Nous sommes en 1899. Hassanali marchand du quartier indigène de Zanzibar en est aussi le muezzin. Comme tous les matins il va lancer ses appels à la prière quand il reste en arrêt devant un homme prostré malade et dépouillé de tout. Cet homme «qu'il prend pour un spectre dans la lumière naissante» est un blanc. Que fait-il dans ce quartier ?
    «Le destin est partout, comme il était dans cette première rencontre, mais le destin n'est pas le hasard, et les événements même les plus inattendus répondent à un plan. Ainsi la suite a-t-elle laissé paraître moins qu'accidentel le fait qu'Hassanali ait été celui qui a découvert l'homme.» p10
    Cette découverte, contée de façon cocasse, débute la première partie de «Adieu Zanzibar». Elle pose un profond dilemme à Hassalani le marchand et va transformer sa vie et surtout celle de sa soeur Rehana que son mari a abandonnée et qui va aimer Pearce, l'homme que recueille Hassalani.
    Abdulrazak Gurnah nous relate ce récit comme il le ferait d'un conte oriental, tout en douceur sans toutefois éluder les répercussions de cette histoire d'amour dans la société coloniale et ancestrale de l'époque, histoire qui se poursuivra avec Jamila, la descendante du couple Pearce-Rehana, dont on fait la connaissance dans la deuxième partie du roman.
    Le titre de Adieu Zanzibar est, en anglais, «Désertion» et effectivement on assiste à une suite d'abandons. La désertion de ceux qui accompagnent Pearce l'anglais abandonné dans la brousse, celle du mari de Rehana qui part en Inde en la laissant seule dans l'incertitude de son retour. Elle sera suivie pour elle d'une nouvelle désertion, celle de Pearce dont elle est devenue l'amante en prenant tous les risques face au code traditionnel de la société dans laquelle elle vit. Il repartira en Angleterre en la laissant enceinte d'une fille Bi Asmah mère de Jamila.
    Le narrateur principal, Rashid, va lui-aussi déserter en quittant l'île de Zanzibar pour l'Angleterre comme Abdulrazak Gurnah qui enseigne la littérature et la théorie postcoloniale à l'université du Kent.
    «Il y a, vous le voyez, un je dans cette histoire, mais je n'en suis pas le sujet. C'est une histoire sur nous tous, Farida et Amin, nos parents, Jamila. Elle dit que chaque histoire en contient beaucoup d'autres, et qu'elle ne nous appartiennent pas mais se confondent avec les aléas de notre époque, qu'elles s'emparent de nous et nous lient à jamais.» p135
    Ce roman nous plonge dans l'atmosphère des quartiers indigènes de cette ville de Zanzibar avec ses odeurs, ses bruits, ses voix qui se croisent, ses croyances. Il nous met aussi face à la confrontation entre l'intolérance et le mépris des colonisateurs et cette vie chatoyante de l'Afrique orientale où se mêlent légendes swahilies et code des traditions ancestrales et familiales.
    Cette découverte d'Abdulrazak Gurnah m'a agréablement surprise et transportée dans un monde étranger et proche à la fois. Car il sait raconter et rendre vivant et coloré le quotidien même le plus banal. Il analyse finement les réactions des blancs, eux-mêmes déracinés et inadaptés à cette Afrique qu'il colonisent, le courage des femmes qui prennent le risque de briser le carcan familial et, en bravant les interdits, se retrouvent exilées dans leur propre pays pour avoir voulu vivre leur vie comme les hommes le sont en s'éloignant d'un pays qui est celui qui garde la magie de leur enfance.
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 04 août 2011

    Il savait que les vieux sages reviendraient plus tard dans la matinée s’asseoir sur le banc qu’il avait installé devant sa boutique à leur intention, lorsque le soleil aurait disparu derrière les maisons les plus proches. ils migreraient ensuite nonchalamment au cours de la journée vers un autre coin d’ombre, ou bien retourneraient au café, puis à la mosquée, avant de réapparaître en fin d’après-midi du côté de la boutique. A la fraîche les bavardages seraient plus amènes, les récits plus longs et plus anciens. Il en allait ainsi depuis l’époque de son père. Les vieillards se succédaient, qui allaient et venaient en traînant les pieds au gré des événements, mais le banc restait à sa place, et ne manquait jamais d’occupants. p35
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  • Par nadejda, le 04 août 2011

    Il y a, vous le voyez, un je dans cette histoire, mais je n’en suis pas le sujet. C’est une histoire sur nous tous, Farida et Amin, nos parents, Jamila. Elle dit que chaque histoire en contient beaucoup d’autres, et qu’elle ne nous appartiennent pas mais se confondent avec les aléas de notre époque, qu’elles s’emparent de nous et nous lient à jamais. p135
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  • Par nadejda, le 04 août 2011

    Pour Rashid, cette maison sentait la décrépitude. Ses sens anticipaient déjà les nuages de poussière que soulèverait l’effondrement de ses étages. Elle sentait aussi les déchets de poisson, la fiente de volaille et l’haleine des hommes, comme à l’intérieur de quelque chose de vivant.... Elle restait debout, année après année, au bord de l’écroulement, têtue comme l’histoire. p137
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  • Par nadejda, le 04 août 2011

    Et puis c’était lui qui avait vu l’homme émerger de l’ombre au petit jour et l’avait pris pour un spectre égaré dans la lumière naissante. Lui que ce regard gris dans la grisaille du matin avait cherché et poursuivi. C’était le hasard de Dieu qui avait fait que les choses s’étaient passées ainsi, et Dieu ne laisse rien au hasard. Ce fardeau avait été choisi à son intention, peut-être pour l’éprouver, ou le punir, ou bien l’évaluer, il répondait à une logique qui ne lui était pas encore lisible. p31
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  • Par nadejda, le 04 août 2011

    Ni lui ni ses amis ni qui que ce soit qu’il connaissait n’avaient la moindre idée de qui étaient ces gens qui habitaient ces immenses demeures, sauf qu’ils étaient les maîtres du pays et s’arrangeaient en toutes circonstances pour ne pas se mêler au reste de la population. Il y avait évidemment des personnes qui savaient qui ils étaient et ce qu’ils faisaient : leurs domestiques, ou le personnel des bureaux d’où ils dirigeaient tout... p186
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