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EAN : 9782843044212
160 pages
Zulma (23/08/2007)
3.54/5   204 notes
Résumé :
Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la " ceinture de sécurité " une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute... Blessé, sous le choc, l'otage perd tout repère, en oublie son nom. C'est, pour lui, la traversée du miroir. Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
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Lekh lekha, va vers toi-même...

Ce pourrait être une jolie façon de résumer, en hébreu, Palestine, le beau livre de Haddad.

Cham, permissionnaire malchanceux de Tsahal, disparaît des écrans radars le premier jour de son congé : sans papier, sans arme, sans uniforme, il est enlevé par un commando palestinien dissident , ni Fatah, ni Hamas, dont tous les membres meurent dans une même déflagration. Choqué, blessé, amnésique, Cham  est soigné et recueilli par une palestinienne aveugle et sa fille, Falastin, qui veulent reconnaître en lui Nessim,  un fils, un frère disparu.

Le voici donc Nessim, palestinien, doté de papiers et entouré d'amour. Mais sans souvenirs.

Cham-Nessim vit alors une expérience schizophrénique instructive : il voit et vit sa ville, quelques semaines, avec les yeux, le corps , le coeur de l'autre, ceux de l'ennemi, ceux du  feddayin.

Quand cette connaissance cruelle aura achevé de faire de lui un autre, quand sa " mère", sa "soeur"auront noué leur destin à  la trame noire du malheur,  il ne lui restera plus qu'à accomplir  à son tour le sien, à faire les quelques pas, décisifs, qui le séparent encore de lui-même.

Lekh lekha, va vers toi-même...

Le cache-cache identitaire de Cham à Nessim, et de Nessim à Cham ,  un passeport perdu et retrouvé,  une soeur évanouie  contre un frère perdu pour jamais... le destin, on le sait,  aime les hasards ironiques, les chaises musicales macabres : le destin joue à la vie à la mort.

Une fable poignante et cruelle dont chacun doit chercher l'apologue : quelle reste la part d' espoir pour la paix dans un contexte aussi tendu, aussi exacerbé,  dans cette guerre fratricide entre deux peuples d'une même terre? Se mettre à la place de l'autre, certes, ouvre les yeux...mais on les referme pour pleurer et pour mourir.

Hubert Haddad ne donne pas sa réponse:  il en fait entendre plusieurs, mais la tonalité générale  et la conclusion, superbe, suspendue et néanmoins désespérée,   ne laissent pas grand espoir...

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« Palestine » : ce mot, pour moi, évoque immanquablement la vie de Jésus. Cana, les bords du Jourdain, Jérusalem…
Mais « Palestine », ici, c'est désolation, ruines, chemins piégés, otages, intrusions militaires en pleine nuit, enfants morts, camps de réfugiés, contrôles musclés, prisons…

A vrai dire, je me suis lancée dans cette histoire pour l'écriture d'Hubert Haddad, que l'on m'avait annoncée magnifique. Effectivement, je l'ai appréciée à sa juste valeur. Quelle poésie pour décrire la désolation de la nature et des hommes !
« Une sensation ouatée de privation lui creusait la gorge et le ventre (…) La nuit tombait par syncopes continues ».

Par contre, la situation en Cisjordanie (nous sommes près d'Hébron) me dépasse complètement. L'histoire en elle-même n'a pas retenu mon attention, même si les personnages sont immergés dans des situations tout à fait inhabituelles pour nous, vivant dans un monde en paix, même confiné. La violence quotidienne que connaissent ces Palestiniens n'a aucune commune mesure avec notre vie, même amputée de plusieurs de nos libertés. C'est ainsi que nous assistons à l'attaque et à la prise d'otage de Cham, soldat israélien. Mais cette attaque tourne mal, si je puis dire, et Cham se retrouvera seul, amnésique. Il passera sans le vouloir dans l'autre camp, en étant recueilli par deux femmes, mère et fille, qui lui trouveront une ressemblance frappante avec Nessim, leur fils et frère disparu. Mais ce refuge ne durera guère…La vie en Palestine n'est pas de tout repos.

Je recommande donc ce roman à ceux qui ne seront pas perdus par les factions armées, qui se promèneront parmi les ruelles, l'oeil aux aguets, sans crainte d'être caillassés par l'un ou l'autre, et surtout qui savent démêler les évènements de cette partie du monde.
Et pour les autres, eh bien, il vous reste l'écriture, survivante flamboyante de ce monde en ruines.
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Tragédie classique dans les territoires occupés.
Hébron, une des villes les plus explosives de Cisjordanie, où près de 700 colons juifs vivent armés et sous haute protection militaire, au coeur d'une communauté de 180 000 palestiniens dont les moindres pas sont entravés.
Cham, jeune soldat israélien est pris dans une embuscade. Blessé, il est recueilli par un commando palestinien qui veut en faire une monnaie d'échange. Au terme d'une poursuite, pris dans une souricière, Cham en réchappera miraculeusement et sera recueilli par Asmahane, une veuve aveugle et sa fille Falastin, qui verront en lui, grâce à une troublante ressemblance leur fils et frère disparu. C'est ainsi qu' amnésique et sans papiers, Cham, juif israélien, devient Nessim, palestinien, accepté comme tel par sa famille et les groupes terroristes qu'il intègre.
La Palestine est un imbroglio politico-miliaire inextricable et ancestral et Cham-Nessim, anéanti, découvre du jour au lendemain les brimades, la terreur, les humiliations que les occupants font subir à son nouveau peuple, le désespoir et la haine qui nourrissent le conflit entre les deux peuples et le terrorisme. Au fil des jours, il rencontrera aussi en Falastin, frêle jeune fille anorexique pleine de dignité, la femme qu'il a toujours recherchée. Mais Falastin à son tour, est broyée par le chagrin et il se laisse entrainer dans la voie du martyre.
Hubert Haddad nous plonge au coeur de ce terrible conflit, chargé de symboles, et nous conte dans une belle langue sobre mais très poétique un récit fondamentalement humaniste qui prône la nuance et dénonce les excès des deux camps, l'histoire d'êtres de chair, d'os et d'esprit, pris dans un conflit déshumanisé.
Un roman où j'ai plus appris sur la Palestine occupée que tout ce que j'ai pu lire avant…
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Cham, jeune Israélien blessé et amnésique, est recueilli par deux Palestiniennes, Falastin et sa mère Asmahane. Il portera désormais le prénom de Nessim.
Palestinien ? Israélien ? Cham ou Nessim ?
Qu'importe, semble nous dire Hubert Haddad. Et il a raison, qu'importe le côté de la frontière, ces deux nations souffrent de la guerre et de ses conséquences. le conflit est si ancré dans les mémoires, si présent dans le quotidien qu'aucun avenir n'est envisageable. Seule la mort violente semble la seule issue, qu'elle soit subie lors d'attentats ou choisie si l'on devient bombe humaine.

La seule éclaircie de ce roman est le personnage de Falastin, si frêle, si menue, si pleine d'espoir et de désir et en même temps si pleine de doute et de souffrance. Un personnage toujours au bord du gouffre, dont on ne connaîtra pas la destinée mais qu'on voudrait pouvoir sauver. Une luciole dans ce monde de ténèbres.

Un roman qui traite d'une immense tragédie, mais un roman qui ne m'a pas bouleversée comme je m'y attendais. Un roman qui ne me laissera pas une grande impression...
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Cet auteur j'en avais entendu souvent parler mais je n'avais encore rien lu de lui. La terrible actualité m'a poussé à découvrir des écrits sur la Palestine et Israël. Après quand J'étais soldate de Zanetti je découvre cet écrit qui raconte l'histoire d'un jeune qui vient de finir l'armée mais se retrouve entrainé dans un quiproquo dévastateur. Lui il ne sait plus rien, amnésique. Dans cette histoire on découvre comment la guerre colons/palestiniens sapent les rapports humains. Comment on rase une maison, même si elle est encore occupée. Beaucoup d'humanité dans ces pages, une langue luxuriante et poétique nous entraine dans les ruelles avec Falastin qui doit mener le jeune israélien, qu'elle croit palestinien à Hébron.
On retrouve les drames de cet état miné par une guerre qui ne cessera peut-être jamais. Un voyage utile en Palestine avec la belle langue d' Hubert Haddad qui nous entraîne dans une aventure singulière.
Tristement vrai.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
A quoi bon fuir toujours?
A quoi? (…) Nous sommes bannis de chez nous, délogés, dépossédés, tous captifs. Partout des murs dressés, des barrages, des routes de détournement. Est-ce qu’on peut vivre comme ça, parques dans les enclos et les cages d’une ménagerie ? Veut-on nous pousser au suicide, à la dévastation ? Je hais notre sort, je les déteste tous a en perdre l’esprit…
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C'était la première fois depuis l'enfance qu'elle partageait sa chambre avec un homme. Elle éprouvait une torsion, presque une douleur au niveau du diaphragme. Cette promiscuité ne la rebutait pas ni ne l'effarouchait, mais perturbait une perception coite et presque religieuse de l'espace. La nuit derrière les murs était son refuge ordinaire. Elle y recouvrait cette liberté égale au néant, dans la pensée des disparus. La moindre présence, fût-ce celle d'un chat, accaparait vite toute sa vigilance et l'excluait bientôt d'elle-même, comme si d'autres yeux, une autre intention, s'appropriaient le vide de son âme pour des enjeux inconciliables.
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En lisant les romans et les divers expériences écrites, en essaye d'imaginer et de rêver d'un monde meilleur où tout le monde se coutoie, cependant à chaque fois qu'on en finisse un, on se rend compte qu'il s'agit d'un joli rêve.
Ce qui se passe a GAZA me déchire le coeur, des enfants et des femmes mutilés, carbonisés... De quel droit ?
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L'esprit ailleurs, elle saisit une poignée de lentilles sur la table pour les égrener entre deux doigts. Le fracas des blindés sur la route bitumée des colons ne l'effraie guère. Plus rien ne saurait l'inquiéter. Les années ont éloigné d'elle toute forme d'espérance ou d'intérêt. Sans rien montrer, pour ne pas souffrir, elle s'est endurcie jusqu'au détachement, avec une désinvolture alerte, presque inhumaine. La plus grande violence est celle qu'on s'inflige. Délibérément, depuis sa douzième année, à force d'ascèse ingénue, elle n'est plus de ce monde. L'état d'apesanteur totale auquel elle aspire se confondrait assez avec la grâce des martyrs.
Éditions Zulma, 2007, p.39
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Falastin sourit, yeux mi-clos dans son giron. Ce n'est rien, mamma des ténèbres, rien qu'un peu de sang de ta fille aux entrailles asséchées. Ses règles autrefois la faisaient bien plus souffrir. Ni le ventre ni les yeux ne veulent couler désormais. Les larmes de plomb ont été ravalées, bouillantes jusqu'au fond des os.
( p35)
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Videos de Hubert Haddad (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Haddad
Avec Katerina Apostolopoulou, Caroline Boidé, Bruno Doucey, Mohammed El Amraoui, Hubert Haddad, Marie Pavlenko & Murielle Szac Accompagnés par le musicien Issa Hassan
Prenez le mot Grâce. Soupesez-le pour en estimer la richesse de sens. Puis déployez-le, en éventail, de manière à faire apparaître ses innombrables significations. Qu'y a-t-il au-delà de ce don accordé, de cette faveur ou non divine ? Un état, un moment, l'extase. Une supplique, une embellie, d'autres extases encore. Sans oublier ces vies que l'on épargne, ce coup souvent fatal, ces inquiétudes et cet accueil, le consentement ou le refus. Les uns disent « Grâce à Dieu », tandis que d'autres ne croient qu'en la chaleur d'une main dans la leur. Mais de textes en textes, de mots d'amour en chants des morts, de cimes en abîmes, les 118 poètes de cette anthologie entonnent sans relâche la grande partition de la vie. Et s'ils viennent de tous les horizons – si elles viennent, car plus de la moitié sont des femmes –, c'est pour dire d'une voix multiple et une : Gracias a la vida !
À lire – Grâce… Livre des heures poétiques, Anthologie établie par Thierry Renard & Bruno Doucey, éd. Bruno Doucey, 2024.
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