ISBN : 2843044219
Éditeur : Zulma (2007)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la " ceinture de sécurité " une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute... Blessé, sous le choc, l'o... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 22 octobre 2011

    litolff
    Tragédie classique dans les territoires occupés.
    Hébron, une des villes les plus explosives de Cisjordanie, où près de 700 colons juifs vivent armés et sous haute protection militaire, au coeur d'une communauté de 180 000 palestiniens dont les moindres pas sont entravés.
    Cham, jeune soldat israélien est pris dans une embuscade. Blessé, il est recueilli par un commando palestinien qui veut en faire une monnaie d'échange. Au terme d'une poursuite, pris dans une souricière, Cham en réchappera miraculeusement et sera recueilli par Asmahane, une veuve aveugle et sa fille Falastin, qui verront en lui, grâce à une troublante ressemblance leur fils et frère disparu. C'est ainsi qu' amnésique et sans papiers, Cham, juif israélien, devient Nessim, palestinien, accepté comme tel par sa famille et les groupes terroristes qu'il intègre.
    La Palestine est un imbroglio politico-miliaire inextricable et ancestral et Cham-Nessim, anéanti, découvre du jour au lendemain les brimades, la terreur, les humiliations que les occupants font subir à son nouveau peuple, le désespoir et la haine qui nourrissent le conflit entre les deux peuples et le terrorisme. Au fil des jours, il rencontrera aussi en Falastin, frêle jeune fille anorexique pleine de dignité, la femme qu'il a toujours recherchée. Mais Falastin à son tour, est broyée par le chagrin et il se laisse entrainer dans la voie du martyre.
    Hubert Haddad nous plonge au cœur de ce terrible conflit, chargé de symboles, et nous conte dans une belle langue sobre mais très poétique un récit fondamentalement humaniste qui prône la nuance et dénonce les excès des deux camps, l'histoire d'êtres de chair, d'os et d'esprit, pris dans un conflit déshumanisé.
    Un roman où j'ai plus appris sur la Palestine occupée que tout ce que j'ai pu lire avant…
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    Roman poignant sur fond de Palestine et d'Israël. Pays divisé, malmené, torturé. Hymne à la paix, hymne à l'acceptation de l'autre. Rejet de la violence terroriste de n'importe quel bord. Personnage fière et fragile, Falastin, la palestinienne, porte ses angoisses au faîte de la souffrance humaine déployée sans relâche : maisons rasées, voitures mitraillées, check-point aux attentes et humiliations interminables et ce mur... Nessim, l'israélien, que l'amour transfigure, découvre ses contraires, ses "ennemis". Il s'offrira en un sacrifice dont on ne sait s'il est utile si ce n'est la désespérance d'un homme impuissant devant les horreurs d'autres hommes, ses frères. Tout au long du roman, nous parcourons une Cisjordanie occupée avec ses paysages poussiéreux, ses gravats accumulés par les bulldozers, ses groupes et sous-groupes influencés par la rancune, la rivalité, la religion... Nous sommes en pleine tragédie; on ne sait toujours pas si la raison l'emportera et si le coeur triomphera comme dans cette histoire qui fait palpiter émotions et espoirs.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin, le 23 mai 2012

    vdujardin
    Un texte fort sur le conflit israëlo-palestinien, mais que j'ai quand même trouvé un cran en-dessous de Opium poppy que j'ai adoré. Une façon poétique et tragique d'aborder ce conflit, l'absurdité de la ligne de séparation, qui entraîne encore plus de révolte du côté palestinien... jusqu'au dénouement final que je ne vous révèlerai pas... Mais quand l'armée israëlienne considère juste comme une erreur d'avoir rasé une maison avec une vieille dame aveugle à l'intérieur (ben oui, elle aurait dû lire l'avis placardé la veille!), comment ne pas comprendre la révolte, tout en sachant que la violence n'apporte que la violence et ne résout pas les conflits...

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-palestine-de-hubert-haddad-10..
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  • Par annie, le 06 août 2008

    annie
    Zulma
    Quelque part en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la " ceinture de sécurité " une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien.
    Un soldat tombe sous le feu, un autre est enlevé par le commando bientôt en pleine déroute... Blessé, sous le choc, l'otage perd tout repère, en oublie son nom. C'est, pour lui, la traversée du miroir.
    Seul survivant, sans papiers, en vêtements civils et keffieh, le jeune homme est recueilli, soigné puis adopté par deux Palestiniennes. Il sera désormais Nessim, frère de Falastin, étudiante anorexique, et fils d'Asmahane, veuve aveugle d'un responsable politique abattu dans une embuscade.
    C'est ainsi que Nessim découvre et subit les souffrances et tensions d'une Cisjordanie occupée... Dans ce bouleversant roman, Hubert Haddad transfigure avec Falastin - moderne Antigone - toute l'horreur du conflit en une tragédie emblématique d'une grande beauté.
    Biographie de l'auteur
    Né à Tunis en 1947 d'un père tunisien alors tailleur de pierre et d'une mère d'origine algérienne, Hubert Abraham Haddad n'a rien oublié de ses origines judéo-berbères. Depuis Un rêve de glace, son premier roman, jusqu'aux interventions borgésiennes de L'Univers, étonnant roman-dictionnaire - sans oublier le Camp du bandit mauresque, récit d'enfance, Le nouveau magasin d'écriture ou Oholiba des songes, autre fiction déjà hantée par le conflit du Proche-Orient -, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'intellectuel et d'écrivain.
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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 14 septembre 2010

    yv1
    Je suis comme beaucoup, très loin du conflit israélo-arabe : j'en ai toujours entendu parler dans les médias, à croire pour ma génération qu'il a toujours existé. A force, on n'en connait ni les origines, ni les arcanes. Ce livre ne nous aidera pas à les comprendre : ce n'est pas un traité géo-religio-politique. Dans ce roman, Hubert Haddad nous fait vivre le quotidien des Palestiniens coincés dans leurs villes, par des constructions de colons toutes proches. Ils sont contrôlés, re-contrôlés, subissent brimades et tracasseries, se font arrêter, parfois sans raison apparente, voient leurs maisons réquisitionnées ou détruites pour des motifs fallacieux. De l'autre côté, les Israéliens ne sont pas tous des conquérants et des occupants : certains refusent de servir la cause et deviennent des "refuzniks". Tous sont plutôt victimes, subissent ce qui est décidé. Bien sûr, il y a les extrémistes de tous poils, mais ceux-là, Hubert Haddad n'en parle que très peu.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-palestine-45124558.html
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 22 octobre 2011

    L’idée, c’est de se faire éclater dans un bus ou dans un marché, poursuit Omar. Je sais où trouver les ceintures d’explosifs. Il ne faut pas regretter cette vie d’opprimé. Plus tu fais de morts chez les sionistes, plus tu montes vite au paradis : c’est comme un carburant
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  • Par canel, le 28 juin 2011

    Le style ampoulé :
    Tout en devisant avec l'aveugle, Saïfoudine ne peut quitter la jeune fille des yeux. Sa beauté le subjugue depuis longtemps, les éclats de neige et de charbon de ses grands yeux, les longs frissons de sa crinière couleur d'évanouissement, sa taille cambrée si fine qu'il se retient parfois de respirer. Son profil lui semble un pur joyau sertissant le feu sombre des prunelles. C'est pour lui un vertige que de contempler à la dérobée sa bouche aux lèvres pleines et subtiles où le sourire erre comme l'âme en peine. Sa maigreur est telle qu'il ne lui reste que sa beauté, mais celle-ci en devient si entière qu'elle frappe au coeur avec impudence, comme ces statuettes barbares que la charrue exhume, miraculeusement, autour des ruines protégées. (p. 41)
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  • Par litolff, le 21 octobre 2011

    Si je ne m'occupe pas de moi, qui s'en chargera ? poursuivit le jeune mendiant. Et si je ne m'occupe que de moi, qui suis-je ?
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  • Par litolff, le 21 octobre 2011

    Hier soir, ajouta le jeune villageois, ils ont affiché un avis de démolition sur la porte. Elle n'a pu le voir bien sur, ni personne à cette heure. Le bulldozer a débarqué juste avant l'aube avec l'armée, quand tout le monde dormait encore. Elle s'est laissé enterrer vivante...
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  • Par litolff, le 21 octobre 2011

    Il était de ceux qui pensent que le pays, à moyen et long terme, aurait davantage besoin de cadres intellectuels que militaires ou politiques. Malgré leur père assassiné, il affichait un foi entière pour le processus de paix et prônait l'instauration d'un État binational, sur les positions de l'ancien parti communiste : une société indivisible avec les mêmes droits partagés, à l'encontre des libéraux au pouvoir, des colons et des dictatures arabes.
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