ISBN : 2843045118
Éditeur : Zulma (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
La rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, dans le cadre d’une vaste initiative nazie, avait pour nom de code « Opération Vent printanier ». Sur ordre du gouvernement de Vichy, policiers et gendarmes français arrêtèrent à leur domicile quelques treize mille hommes... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 29 janvier 2012

    litolff
    Au travers de quatre très courtes nouvelles, Hubert Haddad, écrivain poète, se fait le chantre des millions d'hommes disparus aux heures les plus obscures de l'humanité : afin qu'on n'oublie pas, afin qu'on garde en mémoire ce dont nous sommes capables, il évoque l'indicible avec délicatesse et suggère avec pudeur le calvaire de familles écartelées et d'enfants abandonnés.
    Hubert Haddad parle des survivants, et ce terme semble très approprié lorsqu'il évoque des vies hantées, passées à tenter d'oublier l'horreur ou à essayer se souvenir des disparus.
    Il rappelle doucement que le sifflement d'un train de marchandises, une gare désaffectée, un uniforme, une chasse au lièvre, peuvent douloureusement ramener au présent des souvenirs enfouis mais jamais oubliés.
    Un très joli petit livre à lire et à relire.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 15 décembre 2011

    yv1
    C'est par de courtes nouvelles que l'auteur parle de cet événement terrible et honteux qu'est la rafle du Vel d'hiv'. Quatre nouvelles aussi poignantes les unes que les autres, avec une mention spéciale pour la seconde qui donne son titre au livre. Mention spéciale, parce qu'elle est reliée de manière directe à l'actualité. Michaï, vieux musicien rescapé des camps, le seul de sa famille à avoir échappé cependant à cette rafle, rencontre Nicolaï, jeune musicien tzigane, qui lui, a évité le démantèlement du camp dans lequel il vivait. Ce camp a été détruit deux jours avant la commémoration de la rafle du Vel d'hiv'. L'auteur rappelle fort justement que les tziganes furent aussi les victimes des nazis et qu'ils furent déportés, reconnaissables au triangle marron qu'ils arboraient en lieu et place de l'étoile jaune.
    A notre époque où il est courant et quasi "normal" de démanteler des camps de Roms, de renvoyer les étrangers en situation irrégulière, sans s'occuper de savoir ce que deviendront tous ces gens, il m'apparaît sain que des écrivains prennent leurs plumes et écrivent sur les pires heures de notre histoire. La finesse d'Hubert Haddad est de lier les événements vécus par ses personnages à des époques différentes. Sa finesse est aussi à trouver dans son écriture, toujours très soignée aux mots choisis et pesés. Point d'envolées lyriques, mais des propos justes et précis. Néanmoins le texte ne manque pas de poésie, dans les descriptions, dans les rêves et pensées des personnages.
    D'Hubert Haddad, je connaissais déjà -et j'avais beaucoup aimé- Palestine et son dernier roman -mais là, je n'ai pas réussi à aller au bout- Opium poppy, toujours chez Zulma.
    Un petit livre pour un grand message normalement universel : "Ce qui mûrit le mieux au monde, ce sont les rencontres." (p.34). Encore faut-il qu'on veuille rencontrer autrui, me permettrais-je d'ajouter.
    Une nouvelle fois les éditions Zulma éditent un incontournable et cette-fois-ci en plus de l'être il est également court et lisible par tous et accessible puisque seulement à 4.50 €. Donc aucune raison de passer à côté.

    Lien : http://www.lyvres.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par krol-franca, le 23 décembre 2011

    krol-franca
    Voilà un petit livre (62 pages) qui regorge de belles phrases, de mots justes qui s'assemblent pour créer chez le lecteur des images fortes. C'est beau et c'est douloureux.
    « Vent printanier » est le nom de code de la rafle du Vel' d'hiv' des 16 et 17 juillet 1942.
    Les quatre nouvelles de ce livre mettent en scène des enfants qui ont subi la cruauté des hommes ou qui ont eu la chance, au détour d'un chemin, de rencontrer un être humain plein de mansuétude.
    Dans ces textes, l'auteur fait un parallèle entre ce qui est arrivé aux Juifs et aux tziganes durant la seconde guerre mondiale et ce qui arrive aujourd'hui à ces mêmes tziganes. Il le fait avec le talent de celui qui sait conter des histoires.
    « Un feu éteint entre quatre pierres, des chaussettes accrochées à un fil, un bidon d'eau, des baguettes de pain détrempées… L'expulsion avait dû être expéditive. C'était presque toujours ainsi : les autorités locales chassaient les descendants des martyrs pour honorer ceux-ci en paix. » Paradoxe cruel !
    J'ai beaucoup aimé sa façon de mêler les époques, pour bien montrer que ce qui était vrai hier, l'est, malheureusement, toujours aujourd'hui.
    J'ai lu chaque nouvelle deux à trois fois, pour bien m'en imprégner, pour les déguster, pour mieux les apprécier.
    Un petit livre rempli d'humanité. A lire absolument.

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-vent-printanier-de-hubert-h..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 23 décembre 2010

    saphoo
    ce livre reflète le talent d'Hubert Haddad à nous conter quatre histoires de cette période horrible de notre humanité, tout en apposant de la douceur dans les termes, en rendant les images moins dures et en juxtaposant le présent et le passé qui se mêlent de façon subtile et onirique, où l'enfant portera dans sa mémoire cette douleur jusqu'à son dernier souffle.
    C'est un petit livre de belle facture de par son format, sa matière, et sa conception, très joli, le prendre en main devient caresse, avec délicatesse, s'ouvre la couverture, à peine la lecture s'amorce qu'on se sent happer par la plume d'Hubert Haddad avec un peu d'angoisse de part le thème abordé. Pourtant, la magie opère
    Tout est poésie dans le choix des mots, et la construction des phrases, et malgré la tragédie de ces histoires, rien de ne pourrait nous rebuter dans la lecture. L'auteur a su témoigner d'une grande délicatesse pour décrire les faits bien moins délicats de cette horreur.

    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/12/12/19850022.h..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 21 juillet 2010

    claracambry
    Extrait de la présentation:
    De retour sur les lieux de l'impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d'imaginaire, vraies des milliers de fois hier à Drancy ou ailleurs, et aujourd'hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d'humanité.
    D'Hubert Haddad, je ne connaissais qu'un seul titre Palestine, lecture que j'avais abandonnée. Aussi, quand Julien chez Dialogues m'a proposé ce livre, j'ai été étonnée.
    Sauf qu'il connait mes goûts et je dis merci Julien ( je vous ferai des grosse bises sonnantes la prochaine fois) car ce livre est un bijou !
    Quatre nouvelles à l'écriture ciselée qui nous plongent dans la rafle du Vel d'hiv de 16 et 17 juillet 1942. Sauf que tout le génie de ces textes apparaissent à la lecture car passé et présent s'enchevêtrent dans une symbiose à couper le souffle. Un temps unique qui donne plus de la force à ces nouvelles.
    J'ai été subjuguée par ces textes émouvants et par l'écriture magnifique.
    Un gros coup de cœur …

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/07/hubert-haddad-vent-printannie..
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 23 décembre 2010

    “Il savait où sa flânerie allait fatalement le conduire, comme chaque année aux beaux jours, mais il voulait goûter aux minutes qui précèdent; Où qu’il allât, ceux qui peuvent vous sauver. Des grappes de fleurs croulaient par-dessus un muret de pierres ; cette senteur prenait insolemment la tête. Comment la nature pouvait-elle renaître sans foudroyer chacun de nostalgie ? A ce moment, il crut entendre couiner un harmonica et tourna les yeux vers les grilles des villas, de l’autre côté. Mais il n’aperçut qu’un chat sur un poteau de ciment ; la courte perspective d’un jardin, avec ses plates-bandes et ses charmilles le rappela à la profondeur du mystère que révélait, plus labile qu’une brise dans les lilas, le moindre déplacement de ses pensées.”

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  • Par litolff, le 29 janvier 2012

    Toutes le fleurs des jardins ne sauraient cacher les charniers de la mémoire;
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  • Par saphoo, le 23 décembre 2010

    La neige a des gestes d’endormi sous les réverbères. Comme née des lampes, elle toupille en remous laiteux puis mollement se disperse avant de se perde en déchiquetures d’ombre
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  • Par yv1, le 15 décembre 2011

    L'expulsion avait dû être expéditive. C'était presque toujours ainsi : les autorités locales chassaient les descendants des martyrs pour honorer ceux-ci en paix. (p.21)
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  • Par litolff, le 29 janvier 2012

    Après cela, comment garder mémoire de ce qu'aucun humain n'a connu, en aucun monde ?
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