Une nouvelle lecture : un émerveillement, intact comme à la première découverte. J'avais peur d'être déçue ou moins charmée par ce livre, mais il n'en a rien été. L'inconvénient est qu'il me semble toujours aussi difficile d'en parler de façon juste après un tel éblouissement poétique ; je vais pourtant m'y efforcer, en essayant de ne pas trop me répéter par rapport à mon premier avis, afin de vous donner – peut-être – envie de le lire vous aussi.
Ce que j'apprécie particulièrement dans ce texte, c'est l'écriture d'
Yannick Haenel. Il tente de « [t]rouver les phrases qui réveilleront la puissance poétique des tapisseries de la Dame à la licorne. » (p. 12) et y parvient parfaitement selon moi. Lorsque j'avais vu une reproduction de cette œuvre à la fin du livre, j'y étais restée assez insensible : sous les mots de cet auteur par contre, elle prend vie, rougit et me touche profondément. Grâce à cette analyse, j'ai perçu toute la richesse, la beauté et la charge érotique de ces tapisseries. Cela mène le narrateur à une réflexion sur l'art en général, la poésie plus particulièrement, et le désir qui l'anime, la sous-tend.
Yannick Haenel ne fait pas ce parcours initiatique seul, mais y invite son lecteur par l'usage de la seconde personne du singulier : cela a tendance à me déranger habituellement (je n'aime pas me sentir forcée à entrer dans un texte), mais j'ai eu cette fois la sensation d'être « étrangement invité[e] » (p. 15) et prise par la main avec douceur. Les réflexions sont amenées progressivement, en suivant le cheminement de pensée du narrateur, ce qui permet de construire ce savoir avec lui et de mieux l'assimiler.
À nouveau, les mots me manquent pour parler de ce magnifique texte et transmettre mon émerveillement. Je ne peux donc que vous inviter à mon tour à vous laisser emmener par
Yannick Haenel au musée de Cluny, dans la salle des tapisseries de La Dame à la licorne.
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