> Hubert Tezenas (Traducteur)

ISBN : 2253135771
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 3.14/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Depuis des générations une question n'a cessé de hanter les millions de lecteurs des hauts de Hurlevent : qu'advient-il de Heathcliff, l'ancien palefrenier parti désespéré, durant les trois années qui font de lui ce riche gentleman décidé à tout pour reconquérir Cathy ?... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    LiliGalipette
    Roman de Lin Haire-Sargeant.
    Où a disparu Heathcliff après avoir entendu l'aveu partiel de Catherine et l'annonce de son prochain mariage avec Edgar Linton ? Comment est-il devenu riche, dépassant sa condition de rustre domestique pour revenir en terrain conquis à Hurle-Vent ? le mystère qui entoure les trois années d'absence d'Heathcliff s'élucide dans une longue lettre que l'homme a adressé à Catherine la veille de son mariage avec Linton. Il raconte comment Mr Are, un gentilhomme, lui a offert sa protection, a fait de lui un être accompli et lui a permis de connaître ses origines. "Cathy, pour toi, je suis devenu un gentleman." (p. 29) Mais de gentleman, il n'a que l'apparence : sa longue épître révèle les noirceurs d'une âme qu'aucune miséricorde n'a jamais éclairée.
    Certaines en ont rêvé. Lin Haire-Sargeant l'a fait. Elle a osé fantasmer à voix haute sur Heathcliff. Elle a osé combler la lacune des Hauts des Hurle-Vent. Elle imagine même une fin alternative à l'histoire de Catherine et Heathcliff, en réécrivant une partie de l'oeuvre d'Emily Brontë tout en laissant planer des interrogations et des mystères.
    Le récit des années d'apprentissage d'Heathcliff est plaisant. Mr Are est un personnage secondaire suffisamment complexe pour ne pas dénaturer l'esprit du roman d'Emily Bronte. Il a des ambitions de pygmalion : "Quant à mes raisons, que diriez-vous si je vous expliquais que je me suis mis en tête, voilà quelques temps, de façonner quelqu'un à ma propre image ? De m'essayer à l'immortalité en créant un double de moi-même ?" (p. 87) À son contact, Heathcliff quitte ses oripeaux de palefrenier crotté et acquiert les manières policées d'un homme du monde. Mais il est toujours poursuivi par le souvenir de Cathy : il l'entend dans son sommeil, comme si la jeune femme avait commencé à le hanter avant même de mourir. Et sa haine d'Egdar Linton palpite toujours : "Ce garçon est tellement insignifiant qu'il confine au néant." (p. 147) Lin Haire-Sargeant introduit le jeune Linton dans les années dorées d'Heathcliff, permettant à ce dernier d'entamer ses machiavéliques desseins. Au contact de Linton, il révèle la plus noire part de lui-même jusqu'à l'absolue cruauté que représente une mutilation humiliante.
    Mais le plus intéressant dans ce texte, ce sont les clins d'oeil et les références. La lettre d'Heathcliff, conservée pendant des années par Mrs Dean, la gouvernante de Thrushcross Grange, est arrivée entre les mains de Mr Lockwood, locataire des mêmes lieux dans le récit d'Emily Brontë. Mr Lockwood s'apprête à rejoindre Mrs Dean, mourante. Dans le train, qui rencontre-t-il ? Une jeune fille blessée d'amour qui revient de Bruxelles pour soigner son père malade. Cette jeune fille s'appelle Charlotte Brontë. Durant la nuit que dure le voyage, elle lit la lettre d'Heathcliff qui fut un ami de sa soeur Emily. "Je pressentais confusément que les pages qui révélaient les secrets de Heathcliff recelaient également certains des miens." (p. 26) Ainsi, Heathcliff, personnage fictif, attire dans son univers des personnes de chair. Charlotte Brontë devient un être de papier. Mais sa présence dans le texte attire Heathcliff vers la vie. "Jusqu'à ce jour, Heathcliff était pour moi l'ami d'Emily : son ami exclusif, car elle ne nous avait jamais permis de le rencontrer." (p. 71)
    Lin Haire-Sargeant pousse loin le mélange des genres et la réécriture. Si Heathcliff devient "réel", elle fait également de son histoire le substrat d'un autre roman, celui qu'écrira Charlotte Brontë. Les origines d'Heathcliff prennent racine dans un monde où une certaine Jane Eyre et une certaine Blanche Ingram font leur apparition. Quand Heathcliff rencontre Jane Eyre, l'oeuvre des Brontë devient une et indivisible. "Avec Emily, Branwell, et je n'aurais garde d'oublier Anne, nous nous étions créé, dès l'âge le plus tendre, des mondes imaginaires [...] et il nous fallait coucher nos inventions sur le papier comme d'autres tiennent un journal des évènements quotidiens." (p. 69) La boucle est bouclée, Heathcliff, Jane Eyre Mr Are/Rochester et tous les autres retrouvent les univers fictifs d'où ils ont été tirés.
    Ce roman est ambitieux et prometteur mais il souffre d'une "fan-attitude" certaine. Impossible de ne pas ressentir la passion que Lin Haire-Sargeant nourrit pour les textes des soeurs Brontë. La qualité du roman est très inégale. La narration par superposition de voix et l'enchâssement des récits sont des techniques littéraires périlleuses et l'auteure vacille souvent. La bascule de la lettre d'Heathcliff à la lettre de Mrs Dean puis aux réflexions de Charlotte pour en venir aux révélations d'Emily s'avère malaisée voire grossière. De ce texte, je ne retiendrai que la réunion improbable de deux monstres de la littéraire britannique : Heathcliff VS Jane Eyre, un combat au sommet !


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/02/19/20398552.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par zorazur, le 28 janvier 2012

    zorazur
    Est-ce une bonne idée, ce roman ? Comme d'autres inconditionnels des Hauts de Hurlevent et autres fans des amours de Heathcliff et de Cathy, j'ai tenu à me plonger dans cette lecure déconcertante. Certes, c'ets bien écrit, l'histoire se tient, le récit révèle bien des surprises, et ce lien entre les oeuvres respectives des différentes soeurs Brontë tombe à pic.
    Mais était-ce nécessaire d'écrire ce roman ? Et de le lire, par conséquent, ce que j'ai néanmoins fait, ne pouvant résister à la tentation de savoir ce qu'il était advenu du héros pendant les trois années de sa disparition.
    Pourtant je l'avais imaginé de mon coté. J'en avais rêvé, des aventures de Heathcliff. Et bien entendu le roman ne correspond pas à mes propres délires.
    Au point de penser aujourd'hui que je n'aurais pas du le lire.
    Et d'une façon générale, est-ce une bonne idée, ce genre de roman ? D'autres auteurs ont imaginé d'écrire ce qu'il était advenu d'Edmond Dantés entre sa découverte du Trésor de l'abbé Faria, et le moment où il réapparait, 10 ans plus tard, sous les traits du Comte de Monte-Cristo.
    Ou, pire encore, une suite ! Une suite au Comte de Monte-Cristo, vous imaginez (d'autant plus que Dumas lui-même y a songé, à cette suite, et en a jeté les bases !)
    Et l'une des plus mauvaises idées de tous les temps n'a-t-elle pas été la suite de Autant en emporte le vent... Combien de rêves brisés à la parution de roman qui n'a rien été d'autre qu'un fastidieux exercice de recopie, heureusement oublié aujourd'hui ...
    J'ai plus d'indulgence pour des transpositions contemporaines de grands romans, comme "Talion", le Monte-Cristo d'aujourd'hui. A prendre néanmoins avec précaution...
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    "Quant à mes raisons, que diriez-vous si je vous expliquais que je me suis mis en tête, voilà quelques temps, de façonner quelqu'un à ma propre image ? De m'essayer à l'immortalité en créant un double de moi-même ?" (p. 87)
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  • Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    "Avec Emily, Branwell, et je n'aurais garde d'oublier Anne, nous nous étions créé, dès l'âge le plus tendre, des mondes imaginaires [...] et il nous fallait coucher nos inventions sur le papier comme d'autres tiennent un journal des évènements quotidiens." (p. 69)
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  • Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    "Je pressentais confusément que les pages qui révélaient les secrets de Heathcliff recelaient également certains des miens." (p. 26)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    À propos d'Edgar Linton : "Ce garçon est tellement insignifiant qu'il confine au néant." (p. 147)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 19 février 2011

    "Cathy, pour toi, je suis devenu un gentleman." (p. 29)
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