ISBN : 2221113535
Éditeur : Robert Laffont (2010)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
À la fin du XVI° siècle, dans le ghetto de Prague, Le rabbin MaHaRal, le plus grand kabbaliste de tous les temps, façonne un être de boue à la force illimitée qui doit apporter la sécurité à son peuple... le Golem.
Avec le "Kabbaliste de Prague", Marek Halter nou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 20 octobre 2011

    fee-tish
    Je n'avais jamais lu de livres de Marek Halter, aussi je viens de découvrir un auteur qui écrit merveilleuse bien. Plus qu'un auteur, c'est un conteur. Dans ce livre en tout cas. Et surtout, j'ai senti toutes les recherches qu'il a effectué pour écrire ce livre. A noter que j'ai beaucoup apprécié le glossaire en fin d'ouvrage qui ouvre au lecteur les secrets de la foi judaïque au travers du vocabulaire.
    Le Kabbaliste de Prague est un roman biographique (sur David Gans), théologique (la Kabbale et le judaïsme), d'amour (filiale, religieux et romantique), historique (Renaissance, conflits entre chrétiens et juifs, siècle des découvertes sur l'Univers) ainsi qu'un roman sur les légendes urbaines (le Golem). Et tout cela se trouve condensé dans un roman d'à peine 280 pages (éd. Robert Laffont).
    Le lecteur suit David Gans, un jeune homme au début du roman, qui va être un disciple du MaHaRaL de Prague : un rabbi, enseignant de la Kabbale et lié à la légende du Golem, une "créature humanoïde d'argile". Ce grand penseur, comme tous les personnages du roman, ont réellement existés et participent à l'histoire de la religion juive. J'ai découvert tout cela dans l'épilogue puis en faisant quelques recherches sur Internet à la suite de cette lecture.
    Quoiqu'il en soit, David Gans est un philosophe, mathématicien et astronome qui va se retrouver à avoir toute la confiance de son Maître. Notamment concernant la vie privée de ce dernier. En effet, dans le récit, on suit également les enfants du MaHaRaL ainsi que sa petite-fille Eva. Les relations entre tous les personnages font de ce roman un roman passionnel, plein d'émotions et d'érudition. David Gans va être amené à éduquer Eva, qui va devenir très instruite pour une femme de cette époque (on est à la fin du 16e siècle) et qui va également voyagé afin de trouver des scientifiques, des idées nouvelles à ramener à Prague pour l'empereur Rodolphe.
    J'ai vraiment beaucoup aimé le personnage de David Gans qu'a recréé Marek Halter. Il est entier, érudit, dévoué à la Kabbale et à son Maître. Il est aussi un homme avec ses faiblesses, qu'il reconnaît et essaie de combattre ; et d'une grande sensibilité.
    Les personnages de Jacob et Isaac, ses amis et parents du grand MaHaRaL, représentent plutôt les religieux ancrés dans leur foi, qui étudient sans vraiment faire évoluer leurs idées. En tout cas c'est l'impression qu'ils m'ont donné.
    Ce livre est aussi un bel élan d'amour pour le judaïme, religion que je connais très peu. Les conflits historiques entre chrétiens et juifs sont bien retranscrit dans le roman ; dans toute leur horreur d'ailleurs. Pourtant il n'y a pas une volonté de dénigrer la religion chrétienne. Ce que j'ai aimé, c'est me plonger dans cette période historique de la Renaissance qui est fascinante car une floppée d'illustres penseurs ont vécu à cette époque. Ainsi, David Gans va cotoyer Tycho Brahé et Kepler et va rencontrer Galilée lors d'un voyage en Italie. Apparemment, d'après les informations que j'ai trouvé sur lui, ce serait l'un des premiers à parler ouvertement de Copernic et de ses travaux.
    Que dire de plus ? La légende du Golem est peut-être la partie qui m'a le moins passionné. Je la trouve trop fantaisiste, et pourtant que ce soit vrai ou non, l'essentiel est que ce mythe tient une place très importante dans la foi juive.
    Un roman que j'ai vraiment apprécié. J'y ai appris plein de choses en peu de pages. Et surtout, j'ai découvert un auteur et son écriture qu'il me tarde de retrouver dans ses autres livres !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par TINUSIA, le 24 mai 2010

    TINUSIA
    Dans ce roman, Marek Halter, nous emmène à la fin du Moyen-Âge, au début de la Renaissance.
    Nous sommes à Prague, en 1574. le narrateur est David Gans, cosmographe, historien et astronome, né en 1541 et mort en 1613, l'un des disciples préférés du rabbi Juda Loeb (le « MaHaRal de Prague »). David Gans fait partie de ceux qui ont approuvé la grande théorie de Nicolas Copernic selon laquelle le Soleil se trouve au centre de l'Univers et la Terre tourne autour de lui, au moment même où l'œuvre de ce savant est mise à l'index par l'Église catholique et où l'Église réformée entreprend, elle aussi, une "chasse aux sorcières" contre les adeptes du système copernicien.
    Marek Halter fait référence à des personnages et des lieux existant ou ayant existé, notamment :
    - le MaHaRal (מהר"ל, acronyme hébreux de Moreinu ha-Rav Loew, "notre chef spirituel le rabbin Loew"), l'un des grands penseurs du judaïsme dont la recherche tourne autour du thème de l'exil et de la vocation d'Israël à partir des textes sacrés tel le Talmud et la Kabbale.
    - Tycho Brahe, dit "l'homme au nez d'or", astronome danois, qui produit un modèle d'univers cherchant à combiner le système géocentrique de Ptolémée et héliocentrique de Nicolas Copernic.
    - Johannes Keepler, qui a découvert que les planètes ne tournent pas en cercle parfait autour du Soleil, mais en suivant des ellipses.
    - Rodolphe II, souverain introverti et mélancolique, médiocre politique, piètre combattant, admirateur de la vie et des femmes, protecteur des arts et des sciences, mais aussi furieusement épris d'ésotérisme (son entourage fourmillait d'alchimistes et d'astrologues).
    PRAGUE, Marek Halter nous la décrit dans son roman comme la ville aux deux visages : celui des "Gentils", les non-juifs, et celui des Juifs. Les uns se méfient des autres, chaque clan prétendant que l'autre est nuisible. C'est ainsi qu'ont lieu les persécutions des Gentils envers les Juifs (ce qui a été appelé, au XIXème siècle, "pogrom" [du russe погром], terme décrivant le lynchage massif, spontané ou prémédité, des Juifs) : ce serait eux, bien évidemment, qui auraient volontairement propagé la Peste afin de décimer les Gentils (ils avaient seulement mis en place de strictes mesures de prophylaxie qui avait empêché l'épidémie de se propager dans et hors les murs derrière ils devaient rester confinés).
    (Lire la suite... sur LIVRES OUVERTS)

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    • Livres 3.00/5
    Par Ana76, le 14 mai 2010

    Ana76
    Me première rencontre avec un roman de Marek Halter et premier constat : j'aime beaucoup son style d'écriture ; très fluide, des mots bien choisis, à certains moments j'avais réellement la sensation d'entendre parler le narrateur et çà c'est très bon signe.
    J'ai beaucoup aimé cette impression de sérénité intérieure doublée de sagesse qui se dégage de ces phrases, malgré la peste, malgré les persécutions.
    Autre point positif, le côté historique ; ne connaissant pas vraiment les croyances du peuple juif, je me suis laissée conduire à travers Prague, à travers les us et coutumes de ces gens et -même si parfois j'ai eu envie de secouer le personnage principal- ce roman m'a poussée à vouloir en savoir plus. Et ces rencontres avec des personnages célèbres, Galilée, Tycho Brahé….cette naissance de la connaissance scientifique moderne, toute une époque à explorer.
    Côté personnages, je me suis donc très vite attachée à David Gans le narrateur ; comme je le disais précédemment j'ai eu parfois envie de lui dire de se bouger un peu, mais très vite je me retrouvais plongée dans sa façon de penser et là est une des grandes forces de Marek Halter, nous décrire un mode de vie différent du nôtre et nous faire entrer dans l'esprit, voire dans l'affect des personnages. Eva, l'héroïne féminine, véritable passionaria, apporte cette touche de révolte complètement nécessaire, un petit air de romance et surtout le fil conducteur de la parabole.
    Car oui, vient en seconde partie du roman l'apparition du golem, une partie teintée de fantastique mais surtout dotée d'une morale forte ; lequel est le plus humain, l'homme ou l'être de boue ?
    Alors comment dire ? J'ai lu ce roman très vite, véritablement intéressée par la suite des événements, mais j'ai trop ressenti la coupure entre la première partie et l'apparition du golem. Paradoxalement je fais tout à fait le lien entre les 2, je pourrais raconter l'histoire d'un seul tenant en montrant bien le lien de cause à effet et pourtant je ne saurais dire pourquoi j'ai pratiquement eu la sensation de lire 2 histoires différentes avec les mêmes personnages et cette sensation m'a un peu coupé dans ma lecture.
    Ensuite j'aurais voulu mieux comprendre la Kabbale ; c'est vrai que c'est un concept extrêmement complexe, mais là les explications m'ont plus embrouillée qu'autre chose. Je suis toujours à mille lieues d'avoir tout compris à la kabbale et à ses ramifications.
    Au final, un bon roman, très agréable à lire, des personnages attachants et un style qui me plait énormément ; néanmoins pas un souvenir impérissable, peut-être -sûrement même- une ouverture vers d'autres connaissances, d'autres recherches.

    Lien : http://livres76.wordpress.com/2010/05/14/le-kabbaliste-de-prague/
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    • Livres 3.00/5
    Par Alcapone, le 18 juin 2011

    Alcapone
    Nous sommes à la fin du 16e siècle dans un ghetto de Prague. Alors que la Renaissance italienne stimule les grandes découvertes et que les guerres de religions déchirent l'Europe, le MaHaRal décide pour mettre fin aux pogroms des juifs de Prague, de donner vie à Golem... Le Kabbaliste de Prague relate cette histoire au travers du récit fictif de David Gans.
    (...) Mêlant réalité et fiction, ce roman se découpe en deux grandes parties : la première pose lentement le contexte historique avec toutes les questions politiques, religieuses et scientifiques qu'il soulève. La seconde partie plus rythmée, s'attache de plus près à la légende du Golem. On découvre dans Le Kabbaliste de Prague de nombreux détails relatifs aux textes fondateurs du Judaïsme : de la Kabbale2 à la Torah3 en passant par le Talmud4, Marek Halter nous laisse entrevoir au travers de ce roman l'immense richesse de la tradition juive. D'anecdotes en citations, il nous ballade avec érudition dans le dédale des textes et des croyances juives mais certains sujets abordés tels que la Kabbale ou autre Zohar5 restent pour moi confus en raison de leur complexité. J'avais bien conscience en lisant le livre que je ne comblerai pas mon ignorance en la matière. Aussi, j'ai considéré le roman comme tel et cela m'a bien donné envie de m'intéresser plus amplement à ces questions.
    Les personnages sont par ailleurs bien étudiés : je me suis beaucoup attachée au MaHaRal pour son charisme et son caractère énigmatique. Malheureusement, Le Kabbaliste de Prague n'emporte pas mon adhésion. La flagrante rupture entre la première et la deuxième partie du roman m'a génée. J'ai eu l'impression de lire deux romans et bien que j'ai découvert avec plaisir cet auteur que je ne connaissais pas, je n'ai pas vraiment été convaincue par le mélange mal dosé à mon sens, de réalité et fiction, légende et religion et ce malgré un style fluide bien adapté à ce genre de récit. Peut-être l'apprécierai-je mieux après une seconde lecture ?

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/06/le-kabbalist..
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    • Livres 3.00/5
    Par PtiteSouris, le 11 septembre 2011

    PtiteSouris
    L'histoire : Prague, fin du XVIe siècle. David Gans étudie auprès du grand Kabbaliste MaHaRal. Les temps sont durs pour les Juifs, bouc émissaire à tous malheurs. David est tombé amoureux de la petite-fille du Kabbaliste, mais celle-ci, une fille volontaire et audacieuse, est promise au fils d'un de ses amis. Lorsque la peur devient insupportable, le Kabbaliste est obligé de créer un être de boue pour défendre les Juifs.
    Je dois avouer que l'histoire du Golem m'a toujours fascinée. Cet être créé de boue mais qui risque à tout moment de se retourner contre son maître, ou en tout cas, d'être utilisé à des fins inavouables, appartient à ces créatures qui ont peuplé les légendes que je lisais petite.
    Mais ce roman a un défaut principal : il nous ment sur la marchandise (à mon avis). Les trois quarts de l'histoire ne sont pas consacrées au Golem, mais bien à l'histoire de David Gans à partir du moment où il se rend à Prague auprès de MaHaRal. Que sont les études juives à cette époque ? Quelles sont les réalités de la vie dans le ghetto ? Comment David tombe-t-il amoureux d'Eva et pourquoi celle-ci est-elle déjà promise ? Quelle est la personnalité de cette femme ? Voilà quels sont les thèmes du livre... le Golem n'est qu'un incident de parcours qui permet de montrer toute la science des Juifs à ce moment.
    En revanche, l'auteur nous décrit particulièrement bien le cadre de l'époque, les recherches scientifiques (David réalise un voyage en Europe pour le compte de l'empereur Rodolphe II), mais surtout les préjugés envers les Juifs et leur condition de vie éprouvante.
    Pour ce qui est du style, c'est bien écrit, ça se lit vite et même si l'auteur glisse parfois quelques références pas toujours évidentes, l'histoire reste intéressante.

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2011/09/11/le-kabbaliste-d..
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Citations et extraits

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  • Par glycine, le 21 février 2011

    Voilà le mystère qui a fait de moi ce guilgoul, cette métamorphose, ce Juif errant sans autre demeure que la parole, qui va et vient parmi vous, invisible dans vos foules et pourtant présent dans votre mémoire des siècles, quelles que soient vos croyances, vos craintes et vos sciences.
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  • Par Alcapone, le 18 juin 2011

    - Alors tu es comme eux ? Golem te fait peur car il te révèle à toi-même. Tu préfères croire qu’il est une chose ? - Il n’est pas une chose. Il est Golem. Il est né du Verbe. Seul celui qui possède la parole peut entendre le Verbe et devenir une créature de Dieu. Il est Golem. de la boue en forme d’homme à laquelle notre maître a soufflé ce qu’il faut d’existence pour que s’accomplisse sa volonté : nous défendre des massacreurs. - Tu t’exprimes comme mon père. C’est une sottise. Une sottise terrible qui montre combien vos coeurs sont fermés. p.250
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  • Par Alcapone, le 18 juin 2011

    Cela vous semble trop farfelu pour que vous croyiez à la naissance de Golem par le seul souffle du Verbe ? Qu’il soit celui de Dieu ou du MaHaRal ? lui demandais-je. - Oh non ! Certainement pas. Je crois à votre Golem d’autant que j’en ai vu naître un en moi aussi. - Pardon ? - Que croyez-vous qu’ait été le prolétariat dans la pensée de Marx et de Lénine ? Rien d’autre qu’un nouveau Golem. Né du Verbe, comme vous dites et tout aussi bien que celui de votre MaHaRal ! p.276
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  • Par TINUSIA, le 16 mai 2010

    Si le langage est une forêt où chacun peut se promener librement, chaque arbre porte ses propres fruits.
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  • Par pattypp7, le 26 mai 2011

    Nul destin n'est d'avance tracé, ici-bas comme dans la course des astres. Et ce qu'on lit dans l'éclat des étoiles contient plus d'énigmes que de certitudes. La sagesse ... n'est pas d'imaginer l'oeuvre de demain déjà accomplie. Elle serait bien grande déjà si elle nous permettait de comprendre ce qui nous a conduits à aujourd'hui.
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