Irlandais de naissance, fils d'un nationaliste irlandais viscéralement attaché à la langue gaélique comme expression identitaire et d'une mère allemande, le narrateur, l'auteur, nous raconte comment, enfant, la question de l'identité s'est posé à lui.
Un roman qui pourrait entrer dans la catégorie des classiques selon Colum Mac Cann…
Le style est simple, rythmé et c'est bel et bien par le biais du regard d'un enfant que nous voyons évoluer cette famille germano-irlandaise dans une Irlande récemment indépendante et manquant cruellement de confiance en soi.
L'usage interdit de l'anglais en faveur du gaélique et de l'allemand bouleverse cette fratrie, étrangère chez elle à double titre. Elle parle allemand après la guerre, elle parle gaélique et surtout par l'anglais…Elle en meurt d'envie, elle le fait parfois, au prix de coups de baguette…Car pour que l'Irlande soit l'Irlande, tous ses enfants doivent parler la bonne langue, pas celle de l'ennemi, pas celle du colon. le père utilise ses enfants comme arme de restauration de l'esprit et de l'essence irlandaise. Ces enfants qui veulent, eux, être simplement comme les autres, pas des nazis, pas des irlandais…des enfants qui parlent et jouent comme les autres…
Ces enfants ne comprennent pas tout. Ils ne comprennent pas non plus ce film en noir et blanc, rapporté par bribes par leur mère. Des bribes de plus en plus claires, un film qui retrace l'Allemagne nazie telle qu'elle l'a vécue, telle qu'elle l'a soufferte…
Tout cela est émouvant et drôle à la fois. La jeunesse du narrateur permet de dédramatiser bien des choses tout en les pointant sérieusement du doigt. Il nous rappelle que nous jugeons trop, souvent trop vite…c'est l'histoire d'enfant « brack », tachetés, qui vivent, parlent dorment et rêve en allemand, en irlandais, en anglais…dans un monde où il faut appartenir à une catégorie seulement, les bons ou les mauvais, mais nous sommes tous bons, tous mauvais, tous tachetés…
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