> Hussein Emara (Traducteur)
> Moïna Fauchier Delavigne (Traducteur)

ISBN : 2742785418
Éditeur : Actes Sud


Note moyenne : 3.7/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
On se demande pourquoi l’économie est foutue ! s’est exclamé le taxi. Ce sont les gens qui la foutent en l’air. Vous y croyez, vous ? En Egypte, les gens paient plus de vingt milliards de livres chaque année en factures de téléphone. Vingt milliards de livres, ça veut d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par letitbe, le 15 janvier 2012

    letitbe
    Depuis 2011, par le biais des médias, la place Tahrir ne nous est plus inconnue. Vous la retrouverez dans ce livre publié en 2007. Khaled al Khamissi trace le portrait de 58 chauffeurs de taxis et le détail de ses relations avec eux. Fictifs ou réels, qu'importe, le lecteur est transporté au Caire et partage le quotidien des chauffeurs de taxis et de l'auteur. Tracasseries administratives, corruption, éléctions bidons, mais aussi rêves d'une vie meilleure, survie financière, émigration vers les pays du Golfe, problèmes de moeurs, différences religieuses, autant de sujets évoqués qui suscitent notre empathie envers la plupart des personnages évoqués. Il y a aussi les roublards et les résignés, il faut de tout pour faire un monde!
    Une belle mosaïque façonnée dans une langue riche, réaliste et accessible.
    Vous pouvez découvrir "Poils de Cairotes" de Paul Fournel, qui offre le point de vue d'un occidental.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 14 février 2011

    kathel
    Excellente découverte que ce livre de Khaled al Khamissi, écrit de 2005 à 2006 ! Dans cinquante-huit courtes chroniques de quelques pages chacune, l'auteur retranscrit des anecdotes qui lui sont arrivées, accomode ou imagine des conversations très vivantes avec différents chauffeurs de Taxi. Ceux-ci sont témoins, et souvent victimes, de tout ce que la société égyptienne compte de dysfonctionnements : pauvreté extrême, corruption généralisée, abus de pouvoirs, absence de libertés, domination de l'arbitraire… Certains chapitres éclairent les évènements actuels, comme ceux sur les manifestations, les élections, les déplacements de Moubarak, la relation des égyptiens à la politique. Ces passeurs modernes au volant de leur Taxi ont le verbe haut, un avis sur tout, de l'Irak à l'enseignement, en passant par le foot et la démocratie, et beaucoup de blagues à transmettre, mais ce livre est bien plus passionnant que de simples conversations de « café du Commerce ».
    Il faut dire que, davantage qu'une corporation, ces conducteurs représentent un peu toutes les couches de la société, puisque un étudiant, un ex-militaire ou un comptable peuvent transformer une voiture en Taxi pour essayer de nourrir leur famille, de payer leur loyer, de vivre tout simplement. le style est au service de ces petites histoires, il les met en valeur, les rend vivantes, touchantes, humoristiques et instructives à la fois.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-khaled-al-khamissi-taxi-..
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 09 mai 2011

    Cath36
    Et voilà encore un texte où la voix du peuple vaut mieux que tous les discours savants ! Savoureux, colorés, résignés ou en colère, souvent touchants, ces monologues de chauffeurs de Taxi en disent long sur la (triste) réalité d'une Egypte victime de pauvreté et de corruptions en tous genres. Persuadé de pouvoir changer le monde ou sarcastique face au destin de son pays, chacun y va de son commentaire piquant, et l'ensemble donne un tableau fort réaliste de la situation actuelle. Comme on dit, Vox populi...
    Le départ de Moubarak changera-t-il quelque chose ? Souhaitons-le mais son successeur aura fort à faire ! Et ce avec ou sans djinns (de préférence sans...) : "Les djinns, les esprits, les anges et nos frères d'en dessous existent... Les djinns ne se mêlent cependant pas à nos vies tous les jours, ils se manifestent seulement dans des circonstances incompréhensibles pour nos pauvres esprits. Et quand ils décident d'apparaître, la vie se transforme en cauchemar."
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 18 juin 2011

    luocine
    J'ai écouté Khaled al Khamissi aux étonnants voyageurs à Saint Malo, j'ai été surprise et séduite par son intelligence et la clarté de ses propos. Je me suis précipitée sur son livre et je n'ai pas été déçue.
    Le procédé est sympathique, l'écrivain narrateur imagine 58 rencontres dans des Taxis du Caire et à partir de leur propos nous fait revivre toutes les facettes de la vie des habitants de cette mégalopole.
    Comme il nous l'a raconté lors de son intervention à Saint-Malo, la vie des habitants pauvres du Caire est une course perdue d'avance pour vivre et parfois même survivre.
    À chaque Taxi, un nouvel aspect des difficultés égyptiennes apparaît : la corruption et l'aspect kafkaïen de l'administration, le prix des denrées et la difficulté de se nourrir, la course vaine aux cours particuliers pour que les enfants réussissent l'école, l'absence de confiance dans les hommes du gouvernement, la maladie, la fatigue l'extrême fatigue …
    Tout cela raconté de façon très drôle mais je suis persuadée que la traduction gomme les effets de style de l'égyptien de la rue.
    Je recommande à tous les Français qui râlent (à juste titre souvent) lorsqu'ils sont confrontés à l'administration de lire le récit du chauffeur 57 qui doit renouveler son permis tous les trois ans, c'est la règle. Je ne peux pas résumer trois jours de queue, de bakchichs, de demandes toutes plus invraisemblables les unes que les autres mais à la fin quand le chauffeur dit
    « Vous avez une idée pourquoi ils nous font ça ? » je trouve que c'est une des meilleures questions du livre, oui pourquoi ? Tant d'absurdité, on a l'impression que tout se ligue pour empêcher ce pays de vivre normalement.
    Khaled al Khamissi avait senti que ce pays était au bord de l'implosion, après avoir lu Taxi on comprend encore mieux que le peuple ait mis Moubarak à la porte à la fin trop c'est trop. Mais le pays me semble trop corrompu pour qu'il puisse facilement s'en sortir.


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par Stemilou, le 06 janvier 2010

    Stemilou
    Résumé et avis
    Taxi est un ensemble de 58 récits de conversations avec des chauffeurs cairotes, dans lesquelles, l'auteur aborde dans chacune d'elle un thème différent se rapportant à la vie au Caire en particulier et la vie en Egypte en général : politique, les difficultés économiques et quotidiennes, société, amour, sexualité, corruption de l'administration, superstitions, en passant même par les grands événements qui se déroulent lors de la période d'écriture du livre qui s'étend d'avril 2005 à mars 2006. Mais cette période est une période charnière pour l'Egypte car il s'agit d'un moment clé dans le règne du président Moubarak qui briguait un cinquième mandat
    Khaled al Khamissi nous dépeint la vraie vie en Egypte, celle des petites gens qui font fonctionner le pays, récit drôle et parfois un peu dur mais toujours plein de fierté ils se débrouillent tant bien que mal face à toutes les injustices qui s'abattent sur eux. Tous exposent leur vie, la difficulté du métier où l'on passe des heures et des heures derrière un volant pour gagner une misère et souvent c'est un deuxième boulot afin de finir le mois et nourrir des enfants affamés.
    Les 58 récits sont ponctués de nokta, ces blagues typiques de l'humour égyptien.

    Ce petit livre nous plonge donc dans la société egyptienne telle qu'elle est réellement, une petite porte sur des rêves de lendemain meilleur et un espoir dans l'avenir du pays. Je me suis litteralement régalée de toutes ces blagues, de ces tranches de vie exposées comme un conte.


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-taxi-de-khaled-al-khamissi-385..
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 29 novembre 2011
    A travers ces propos rapportés, a priori anecdotiques, Al Khamissi brosse sans en avoir l'air un portrait acide de l'Egypte de Moubarak au bord de l'explosion, avec sa répression policière, ses conflits sociaux et ses problèmes du quotidien.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeFigaro , le 27 octobre 2011
    Tel Albert Cossery, Khaled Al Khamissi use d'une plume mordante et comique. Son sens de l'observation, son écoute et son humour permettent de mieux comprendre un pays. C'est un livre prémonitoire qui explique pourquoi l'Égypte en est aujourd'hui là. Il faut aussi saluer l'écriture remarquable de l'auteur.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 14 février 2011

    Le chauffeur était en train de fumer une cigarette et me crachait sa fumée au visage. je n’ai pas supporté de voir ce serpent qui dansait dans l’air et se dirigeait vers mes narines. Mes poumons ont envoyé un ultimatum sans équivoque à mon cerveau : il fallait réagir immédiatement pour que cesse cette danse silencieuse.
    J’ai un peu réfléchi et me suis dit que, si je lui demandais poliment d’avoir pitié de mes poumons et d’éteindre ma cigarette, il refuserait avec dédain. J’ai donc décidé de tenter la méthode brutale pour qu’il s’imagine un instant que j’étais officier, qu’il s’incline devant mon autorité, et jette sa cigarette.
    - Jette cette cigarette, lui ai-je lancé d’une voix dure. Il y a suffisamment de pollution à l’extérieur.
    Il a scruté mon visage pour voir s’il cadrait avec celui d’un officier. Puis il a jeté sa cigarette par la fenêtre. Je me suis ainsi rendu compte que je pouvais passer pour un policier.
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  • Par kathel, le 14 février 2011

    Mon Dieu ! Quel âge pouvait avoir ce chauffeur de taxi ? Et quel âge pouvait avoir sa voiture ? Je n’en croyais pas mes yeux quand je me suis assis à côté de lui. Il y avait autant de rides sur son visage que d’étoiles dans le ciel. Chacune poussait l’autre tendrement, créant un visage typiquement égyptien qui paraissait sculpté par Mahmoud Mokhtar. Quant à ses mains, qui tenaient le volant, elles s’étiraient et se rétractaient, irriguées par des artères saillantes comme le Nil allant abreuver la terre desséchée. Le léger tremblement de ses mains ne faisait basculer la voiture ni à gauche ni à droite. Elle marchait droit en avant, et les yeux du chauffeur, recouverts de deux énormes paupières, laissaient transparaître un état de paix intérieure qui suscitait en moi et dans le monde entier une profonde quiétude.
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  • Par bibliopmo, le 08 septembre 2009

    On se demande pourquoi l’économie est foutue ! s’est exclamé le taxi. Ce sont les gens qui la foutent en l’air. Vous y croyez, vous ? En Égypte, les gens paient plus de vingt milliards de livres chaque année en factures de téléphone. Vingt milliards de livres, ça veut dire que si on ne parlait pas pendant deux ou trois ans, l’Egypte serait transformée. Les Egyptiens sont tarés, je vous jure. Ils n’ont pas de quoi manger mais chacun se balade avec son téléphone portable et une cigarette à la bouche.
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  • Par wictoria, le 07 janvier 2010

    Quand j'ai quitté cet ange noir, j'avais comme un goût sucré à la bouche et un parfum de chèvrefeuille dans mon esprit. Grâce à lui, j'ai pour la première fois rompu le jeûne tranquillement, sans précipitation, en profitant de tout ce que j'avais autour de moi.

    Cela m'a donné envie de transformer ma maison en nid comme celui qu'il m'avait décrit.

    Mais où pourrais-je trouver des ailes comme les siennes ?
    (extrait de la dernière nouvelle - n°58 - ma préférée)
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  • Par Kro, le 12 juillet 2010

    LE PREMIER CANTIQUE:
    Le taxi: je suis comme un poisson et la voiture est mon aquarium.L' aquarium est une petite prison dans laquelle le poisson va et vient. Il se cogne à la vitre d'un côté puis il se cogne à la vitre de l'autre côté.
    Moi aussi, si j'étends un bras, je me cogne à la vitre de ce côté et, si je tends l'autre bras, je me cogne de l'autre côté. C'est vrai que je tourne toute la journée, mais je ne vois que l'intérieur du taxi. Mes frontières sont les vitres de la voiture. Une prison pour l'éternité dont la sortie est la tombe.
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Elise Costa présente le livre Taxi de Khaled Al Khamissi pour Madmoizelle.








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