ISBN : 2207111555
Éditeur : Denoël


Note moyenne : 2.62/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Gratteurs d'écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d'un camion, hommes à tout faire d'un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l'hydroquino... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par FaBmNrD, le 28 juin 2011

    FaBmNrD
    Curieux, intriguant ... On peut aborder ce livre avec plusieurs qualificatifs à connotation négative et positive.
    "Des Fourmis Dans la Bouche", c'est le récit de Khadidja Cissé, immigré malienne installée à Paris, tentant de survivre malgré les galères. Mariée de force à 14 ans, elle conçoit un premier enfant au Mali d'un mari qui la répudie aussitôt. Elle part alors pour la France avec l'espoir de réussir
    une vie loin des contraintes du clan et du village. Mais, on ne peut rompre aussi facilement les attaches. Après avoir eu trois autres enfants de deux aventures, elle (sur)vit grâce aux allocations, dont elle envoie la majeure partie dans son village au Mali. Elle vit donc avec ses quatre enfants dans un tout petit appartement dans le réputé quartier de Châteaurouge à Paris. Mais, quand elle se lance dans une aventure avec son propriétaire, riche blanc parisien, l'opprobre général de la communauté d'émigrés africains, et en particulier celle du Conseil des Sages installé à Paris, va lui rappeler que malgré la distance, elle reste liée aux coutumes et traditions de son clan.
    Après avoir été choqué pendant la lecture, sceptique en préparant ma critique, j'ai pris le temps de rédiger et revoir cet avis.
    Ecrit à la première personne, le récit est un lent monologue demandant de l'aide et se lamentant. On est ici face un roman du ressenti, du sensible, face à la vie quotidienne d'une immigrée malienne à Paris. La première impression ressentie, c'est celle de perturber, déranger cette femme dans son intimité, dans son quotidien. On peut aussi regretter rapidement les clichés ressassés (peut-être car ils ont un fond de vérité) sur les immigrés, les musulmans, les africains. Khadi Hane, l'auteur, est une femme de lettres sénégalaise et son récit est probablement puisé et enrichi de témoignages et de vécus.
    En bref, malgré quelques longueurs, c'est un récit assez bouleversant, invitant à la réflexion sur l'histoire et le statut des immigrés venant s'installer en France.
    Citation :
    "Si tout devait être facile dans la vie, on l'appellerait Paradis. Si tout ne devait y être que souffrances, on l'aurait nommée enfer, mais la vie, c'est la vie, un entassement d'évènements heureux et de mauvais moments. S'il t'arrive un jour d'être si heureux que tu te croirais au Paradis, prépare-toi à entrer en enfer le jour suivant et vice-versa. Ainsi va la vie."
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    • Livres 4.00/5
    Par Gangoueus, le 01 septembre 2011

    Gangoueus
    Château Rouge. Petit quartier de la capitale française connu pour son grand marché exotique où afrodescendants de toute l'Ile-de-France viennent s'y ravitailler en denrées venues d'ailleurs, vendues par des chinois, des pakistanais ou des arabes. Khâdidja habite le quartier avec ces quatre mômes dans des conditions extrêmement complexes. Elle ne voit pas le bout du tunnel. Elle ne s'en sort pas. Une relation passionnée avec un toubab fait d'elle l'objet de toutes les railleries sinon insultes de sa communauté. Elle ne s'en sort pas. Madame Renaud, l'assistance sociale use de tous les moyens pour contraindre Khâdidja à poursuivre le père blanc de son dernier môme afin qu'il verse une pension alimentaire. Ce à quoi elle s'oppose farouchement. Elle ne s'en sort pas. Son fils aîné, Karim, la déteste viscéralement et progresse lentement vers le deal de drogue dans le quartier, les premières convocations à la police commencent. Elle ne s'en sort pas. Elle attend du système un peu de riz pour nourrir ces chiots...
    Khadi Hane possède cette capacité décrire la violence que produit sur un individu l'écartèlement entre modernité et traditions (Le collier de paille), entre un communautarisme oppressif et une ville-lumière méprisante. Si dans Le collier de paille, cette violence s'exprime de manière épisodique, ici elle en imprègne constamment le personnage de Khadidja et la romancière charge son écriture du regard extrêmement sévère, voire méprisant de cette jeune mère de famille sur la communauté malienne, sûrement par le fait que ce soit l'une des plus rigides sur ces codes. Ce qui me semble intéressant quand on suit les personnages centraux de Khadi Hane, c'est la mise en scène de leurs contradictions et leur jusqu'au-boutisme si je peux m'exprimer ainsi. Khâdidja est à la fois une mère sans ressource qui ne veut pas qu'on lui retire la garde de ses enfants et qui refuse dans le même temps de suivre une procédure proposée par l'administration pour sauver la situation. Elle ne veut pas poursuivre celui qu'elle aime, celui qui est prêt à la jeter à la rue, elle et ses enfants, celui qui est l'origine de la perte de son emploi, celui qui lui a permis de se réaliser en tant que femme.
    La plus grande violence étant, de mon point de vue, cette incapacité à concilier deux mondes, deux réalités profondément différentes avec tous les compromis nécessaires.
    C'est une lecture énervante, passionnante. Quelle rage! Une fois rentré dans l'histoire, le lecteur que je suis ne lâche pas le texte, car on a envie de savoir le fin mot de tout cela. Ce livre fera polémique. A cause des excès de la charge de Khadi Hane à l'endroit de la communauté malienne. En plus, il est difficile d'écrire sur un quartier comme Château rouge sans sombrer dans quelques formes de caricatures. C'est le cas, ici et certains préjugés seront renforcés, mais quand on a les fourmis dans la bouche, cela ne peut pas se passer autrement.


    Lien : http://gangoueus.blogspot.com/2011/08/khadi-hane-des-fourmis-dans-la..
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    • Livres 2.00/5
    Par val-m-les-livres, le 17 septembre 2011

    val-m-les-livres
    Khadi Hane nous dresse le portrait d'un quartier, Château-Rouge, comme le fit Alain Manboukou dans Black Bazar. Odeurs et bruits se mêlent et rendent cette description très vivante. Elle y dresse aussi le portrait d'une femme rebelle contre les traditions de son pays (la virginité des jeunes filles données à des vieillards en échange d'un mariage qu'ils peuvent annuler), contre la société patriarchale et contre ce que lui offre la France. Difficile d'éprouver de la sympathie pour cette éternelle insatisfaite qui ne cesse de houspiller, voire de frapper ses enfants. Un élément me dérange dans cette histoire: j'ai peur que qu'elle ne donne du grain à moudre à ceux qui reprochent aux immigrés de vivre sur les allocations familiales car ici, non seulement Khadidja ne cherche pas de travail, mais en plus elle envoie tout l'argent de ses allocations à sa famille en Afrique, une famille qui sait la juger mais accepte quand-même de bonne grâce cet argent. Pour l'anecdote, j'ai appris dans ce roman qu'il est inconcevable pour un africain d'embrasser avec la langue. Malgré les qualités de ce roman, j'avoue m'être ennuyée.


    Lien : http://vallit.canalblog.com/archives/2011/09/16/21895875.html#comments
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    • Livres 2.00/5
    Par MlleLit, le 30 décembre 2011

    MlleLit
    Malgré un certain attachement aux personnages ressenti, ce roman m'a paru anecdotique.
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