Curieux, intriguant ... On peut aborder ce livre avec plusieurs qualificatifs à connotation négative et positive.
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Des Fourmis Dans la Bouche", c'est le récit de Khadidja Cissé, immigré malienne installée à Paris, tentant de survivre malgré les galères. Mariée de force à 14 ans, elle conçoit un premier enfant au Mali d'un mari qui la répudie aussitôt. Elle part alors pour la France avec l'espoir de réussir
une vie loin des contraintes du clan et du village. Mais, on ne peut rompre aussi facilement les attaches. Après avoir eu trois autres enfants de deux aventures, elle (sur)vit grâce aux allocations, dont elle envoie la majeure partie dans son village au Mali. Elle vit donc avec ses quatre enfants dans un tout petit appartement dans le réputé quartier de Châteaurouge à Paris. Mais, quand elle se lance dans une aventure avec son propriétaire, riche blanc parisien, l'opprobre général de la communauté d'émigrés africains, et en particulier celle du Conseil des Sages installé à Paris, va lui rappeler que malgré la distance, elle reste liée aux coutumes et traditions de son clan.
Après avoir été choqué pendant la lecture, sceptique en préparant ma critique, j'ai pris le temps de rédiger et revoir cet avis.
Ecrit à la première personne, le récit est un lent monologue demandant de l'aide et se lamentant. On est ici face un roman du ressenti, du sensible, face à la vie quotidienne d'une immigrée malienne à Paris. La première impression ressentie, c'est celle de perturber, déranger cette femme dans son intimité, dans son quotidien. On peut aussi regretter rapidement les clichés ressassés (peut-être car ils ont un fond de vérité) sur les immigrés, les musulmans, les africains.
Khadi Hane, l'auteur, est une femme de lettres sénégalaise et son récit est probablement puisé et enrichi de témoignages et de vécus.
En bref, malgré quelques longueurs, c'est un récit assez bouleversant, invitant à la réflexion sur l'histoire et le statut des immigrés venant s'installer en France.
Citation :
"Si tout devait être facile dans la vie, on l'appellerait Paradis. Si tout ne devait y être que souffrances, on l'aurait nommée enfer, mais la vie, c'est la vie, un entassement d'évènements heureux et de mauvais moments. S'il t'arrive un jour d'être si heureux que tu te croirais au Paradis, prépare-toi à entrer en enfer le jour suivant et vice-versa. Ainsi va la vie."